Nouvelle Societe

22-09-08

ONAE : Les activités extractives

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 6:16

Le premier sous-secteur du primaire dont nous traiterons est celui des activités extractives : mines, carrières, gaz, pétrole. C’est celui ou le principe de la propriété par l’État et de l’exploitation en concessionariat s’applique le mieux et avec les résultats les plus avantageux.

Même aujourd’hui, les ressources minières, le pétrole, le gaz sont parfois considérés comme propriété nationale et c’est l’exploitation qui en est donnée en concession. Ceci semble aller dans le sens que nous proposons, mais cache une fourberie. À toutes fins pratiques, en effet, même si elle n’en est que concessionnaire, c’est la minière ou la pétrolière qui bénéficie aujourd’hui de la valeur de rareté de la ressource qu’elle exploite.

C’est elle qui encaisse les hausses fulgurantes de prix si l’approvisionnement semble menacé. C’est elle aussi, en principe, qui subit un dommage si la demande s’effondre, mais, dans la réalité, la production est simplement alors réduite et ce sont les travailleurs qui écopent. L’exploitation est mise en veilleuse sans dommages pour l’exploitant, car la ressource restera enfouie, bien à l’abri, en attendant des jours meilleurs.

Dans la situation présenteæd’exploitation privée des ressources naturelles et des matières premières, c’est la minière ou la pétrolière concessionnaire qui est en fait maîtresse du jeu dans le sous-secteur de l’extraction. Elle n’a pas seulement partie liée avec les spéculateurs, elle EST la spéculation. Sa première fonction, avant même celle de produire, est d’être le lieu du passage aller-retour entre la richesse réelle qu’elle produit et la richesse virtuelle qui se crée autour de sa valeur boursière. On n’extrait pas du sol d’abord pour satisfaire aux besoins de la production, mais pour servir d’aval à des transactions financières, d’autant plus profitables qu’on aura créé sciemment des déséquilibres offre-demande, corrigés ensuite à volonté au moment opportun pour les spéculateurs.

Ce n’est pas la situation que l’on souhaite prolonger dans une Nouvelle Société et il est facile d’y remédier. Les besoins globaux en matières premières sont bien connus et leurs variations sont facilement prévisibles. Elles le sont avec une marge d’erreur assez étroite pour qu’on puisse modifier la production dans les délais nécessaires et éviter toute pénurie, simplement en laissant fluctuer le volume des stocks de réserve le temps que les erreurs soient corrigées. Il est facile de constituer des stocks adéquats, mais le système économique actuel choisit de laisser l’équilibre s’établir par des variations de prix et de main-d’oeuvre plutôt que par une gestion des stocks. C’est une crapulerie du Système. Un cadeau aux spéculateurs dont la population mondiale paye le prix.

Dans une Nouvelle Société, l’État est le seul propriétaire du sol et des matières premières. Son but, concernant le sous-secteur « extraction », est d’abord d’assurer l’approvisionnement au meilleur coût, mais il cherche aussi à aplanir la courbe de production, celle des prix de vente et des coûts de revient, il cherche à mettre en place la gestion la plus efficace des opérations et à optimiser l’exploitation par l’utilisation du meilleur équipement.

Parce que c’est toute la collectivité qui supporte les risques de fluctuation des cours, il vise à réduire la spéculation. Il accepte qu’avec une technologie de plus en plus performante on puisse n’utiliser progressivement dans ce sous-secteur qu’une main-d’oeuvre moins nombreuse, mais il ne permet pas que cette baisse systémique de l’emploi soit compliquée par les aléas du marché.

Dans ce sous-secteur, comme dans tous les autres du secteur primaire, l’État n’entend pas assumer directement la fonction de production, mais plutôt en laisser la tâche aux entrepreneurs du secteur privé. Il assume cependant sa responsabilité qui est de contrôler les volumes d’extraction et de forage et de garantir l’approvisionnement en matières premières des producteurs du secteur secondaire, comblant par des importations les déficits de la production nationale tout en écoulant les surplus de celle-ci sur les marchés mondiaux.

La stratégie de l’État qui récupère le contrôle du sous-secteur « extraction » est d’obtenir et de mettre à profit une meilleure connaissance de la demande présente et future, de constituer des stocks de réserve et d’absorber, au palier de la gestion de ces stocks, les variations saisonnières et les fluctuations de la demande des utilisateurs. Son objectif est de maintenir ainsi relativement constantes – ou en courbes lentes avec un minimum d’inflexions – les quantités de matières premières tirées du sol.
Pour s’acquitter de cette mission, le premier geste que doit poser l’État est la création d’un Office National des Activités Extractives (ONAE) ayant rang de direction générale au sein d’un Ministère des ressources naturelles et de l’environnement.

Cet Office a la responsabilité de la gestion des produits miniers et pétroliers et il a l’exclusivité de l’importation et de l’exportations de ces produits. Il doit optimiser la production des sites d’extraction, ainsi que la constitution de stocks adéquats à partir de la production nationale et des achats qu’il peut devoir faire à l’étranger. Il doit répondre sans délai à la demande d’approvisionnement des producteurs nationaux et gérer, au mieux des intérêts nationaux, la vente de gré à gré ou sur les marchés mondiaux de denrées des surplus de la production nationale.

L’ONAE a l’autonomie administrative et financière qui caractérise les Offices Nationaux. Il établit ses objectifs selon le but que lui aura fixe le gouvernement, mais c’est à lui de tracer son plan d’action et sa stratégie comme de choisir les moyens de les atteindre. Il sera jugé selon ses résultats. Son PDG est nommé par le Ministre des ressources naturelles et de l’environnement. Il l’est pour un an, mais peut être indéfiniment reconduit dans ses fonction.

L’ONAE remet chaque année un rapport de ses activités, lequel fait l’objet d’une évaluation par un tiers impartial agissant comme auditeur, puis est soumis au gouvernement qui doit y ajouter ses commentaires et en faire la présentation aux législateurs avant de prolonger le mandat de son PDG.

Pierre JC Allard

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Un commentaire »

  1. merci pour cet article, hate de vous lire

    Commentaire par Shane See — 02-04-15 @ 4:28


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