Nouvelle Societe

22-09-08

ONPA: produits agraires

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 2:55

L’agriculture et l’élevage sont deux activités bien distinctes et peuvent constituer deux sous-secteurs différents. Les rivalités entre éleveurs et cultivateurs ont d’ailleurs fourni le scénario d’au moins la moitié des films Western et le prétexte à un nombre significatif des guerres de l’Histoire. Sans parler des luttes de la préhistoire, dont on peut supposer que la plupart ont opposé des sédentaires protégeant leurs champs à des nomades voulant y faire passer leurs troupeaux. Même aujourd’hui, dans certaines régions du Brésil, de l’Argentine, de l’Ethiopie et du Sahel, la paix entre éleveurs et cultivateurs est loin d’être faite.

Ces antagonismes, cependant, ne militent pas en faveur de la création de deux Offices distincts s’occupant l’un de l’agriculture et l’autre de l’élevage. C’est en les réunissant sous un seul Office National des produits agraires (ONPA) qu’on parviendra le mieux à les départager lorsqu’ils s’affrontent, et qu’on pourra plus facilement hiérarchiser l’allocation fine des sols aux usages qui en optimisent la rentabilité. On peut d’autant plus facilement réunir ces deux sous-secteurs qu’on doit appliquer à l’un comme à l’autre une même politique de rationalisation de la production et de soutien à la commercialisation.

Le premier défi de l’État dans les sous-secteurs agriculture et élevage est de gérer la production traditionnelle, mais d’autres types de production seront sous l’égide de ONPA, par analogie ou simple commodité. Il ne faut pas oublier l’impact qui ira grandissant dans les pays développés des méthodes de cultures intensives : culture en serres, hydroponique, etc. Il faut se souvenir, aussi, que l’élevage n’est pas seulement l’image d’Épinal du gaucho dans la pampa…. Quand on définit l’élevage, dans une Nouvelle Société, on y inclut naturellement l’élevage des porcins et l’aviculture, l’apiculture, la sériciculture, toutes techniques où l’usage du sol peut être différent.

Les politiques d’une Nouvelle Société sont conçues pour être globales… mais sont élaborées pour des pays développés. Une approche qui ne signifie pas que les pays qui ne sont pas développés sont laissés pour compte, mais simplement que des mesures qui ne sont pas propres à la vision NS du monde, mais de simple bon sens, doivent d’abord être appliquées dans le tiers-monde pour l’amener au seuil de développement à partir duquel les principes d’une Nouvelle Société peuvent être mis en application.

Nous parlerons donc d’abord du fonctionnement de l’ONPA en pays développés, mais nous reviendrons ensuite exceptionnellement, dans un texte suivant, sur les implications que peut avoir pour les pays sous-développés une application partielle des principes d’une ONPA, puisque c’est là que la rationalisation des politiques agraires aura le plus d’impact, non seulement pour eux, mais pour le monde entier.

Dans les pays développés, les « nouveaux paysans » sont une rareté et seul un engouement durable pour la vie eu grand air, dans une situation où le travail à domicile devient plus facile, pourrait créer une demande pour un retour à la terre. Les sols cultivables sont déjà cultivés et, si les lois du marché et la démographie n’ont pas mené à leur urbanisation, ils sont déjà cultivés de façon productive. La reprise par l’État de la propriété des sols utilisés pour l’agriculture et l’élevage en pays développés n’est donc, la plupart du temps qu’une opération comptable : la propriété passe, mais la possession demeure.

L’exploitation est confiée au propriétaire actuel s’il le désire et il n’a à payer que l’impôt sur le capital correspondant à la valeur qu’il fixe lui-même à son entreprise…. sous l’épée de Damocles de la règle de l’OVI qui fait de cette valeur fiscale le prix de vente qu’il convient d’accepter pour cette entreprise. L’exploitant reçoit les subventions liées à la production mêmeque nous verrons ailleurs. La reprise de propriété du sol par l’État se traduit donc, pour l’agriculteur ou l’éleveur d’un pays développé, par une amélioration nette de sa condition.

Le but concret que vise une Nouvelle Société nationale – non globale – est d’amener sans contrainte les producteurs à produire, au vu des besoins nationaux et des opportunités d’exportation, ce que l’État considère comme la gamme la plus rentable de produits, en quantité, type et qualité. En pays développés, la productivité est l’alpha et l’oméga de la politique agricole et n’est soumise à d’autres contraintes que le respect de l’environnement et du patrimoine.

LA DGAT n’oblige pas le propriétaire devenu concessionnaire à modifier la destination de son exploitation au moment de la reprise, lui interdisant seulement d’en changer par la suite sans y être autorisé. Le contrôle de l’État sur les productions agraires que gère l’ONPA ne s’exerce donc pas uniquement par sa reprise de la nue-propriété des terres, mais aussi et surtout par son action au palier de la distribution. La reprise du sol et la concession de droits d’usage est l’affaire de la DGAT, mais quant les règles ont été faites et les documents signés, se sont les Offices Nationaux spécifiques – ici, l’ONPA – qui s’occupent des achats et distribution des produits eux-mêmes.

L’ONPA met en place une structure d’assistance technique et financière aux exploitants au palier de la production, mais surtout de la commercialisation des produits. L’ONPA intervient comme expert-conseil et aussi comme banquier, pour mettre le crédit nécessaire à la disposition de ceux qui veulent s’établir et produire. Il intervient comme acheteur et distributeur, enfin, pour que producteurs comme consommateurs soient traités équitablement. Dans une Nouvelle Société, l’État est le principal acheteur et distributeur de la production agricole.

Notons que, contrairement au sous-secteur des produits miniers, où L’ONAE est le meneur de jeu, l’État par le biais de l’ONPA ne joue dans les secteurs agraires qu’un rôle auxiliaire. Sauf si l’exploitant a reçu pour s’établir une aide financière de l’État, les conseils qui lui sont donnés sont des recommandations, pas des directives. Il peut aussi, à son gré, accepter ou refuser les offres d’achat de sa production qu’on lui soumet.

La ressource exploitée est ici renouvelable, des mécanismes de distribution adéquats en assurent l’abondance et c’est l’entrepreneur qui porte le poids de ses erreurs. À moins d’une catastrophe créant une pénurie, l’exploitant qui paye ses impôts doit pouvoir faire ce qui lui plait.

Pierre JC Allard

Advertisements

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.