Nouvelle Societe

17-09-08

Secteurs primaire et secondaire

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:35

On scinde traditionnellement le volet de production des biens tangibles entre un secteur primaire qui nous procure les ressources naturelles et un secteur secondaire qui les transforme. Pourquoi cette distinction ? Il n’y a pas vraiment solution de continuité dans le processus de production de biens tangibles qui va de la découverte de la ressource naturelle a sa consommation, en passant par sa transformation.

Aussi longtemps qu’on se fixe sur la production massive de type industriel, la production au primaire ne diffère plus tant de la production au secondaire. Les méthodes de ces deux secteurs se sont largement confondues avec les progrès de la mécanisation et obéissent maintenant aux mêmes règles. L’une est en amont et l’autre en aval, mais, on produit de la même façon.

Leurs activités artisanales respectives sont encore différentes, bien sûr, celles du primaire se retrouvant essentiellement – mais pas exclusivement – dans la branche alimentation, pour satisfaire une autoconsommation, alors que celles du secondaire répondent à un goût qui croît avec l’abondance pour le « sur mesure », mais c’est un critère bien marginal pour distinguer entre deux grands secteurs de production.

La production de biens tangibles constitue un processus unifié. Il faut trouver la source des matières premières requises, puis en confier les transformations successives et ensuite la distribution aux travailleurs compétents. C’est une suite de décisions. Pourquoi parler encore de primaire et de secondaire ? D’autant plus que la frontière entre les deux apparaît de pure convention, puisqu’on met bien où l’on veut le seuil à partir duquel une ressource naturelle peut être dite « transformée ».

Même si elle est en partie arbitraire, toutefois, la distinction entre primaire et secondaire garde néanmoins un énorme intérêt, car dès qu’on parle matière et biens tangibles le Capital a un rôle prépondérant à jouer. Or, la légitimité du rôle du Capital dans ces deux secteurs n’est pas du tout la même et le rôle que doit jouer l’État y est donc différent.

Au secteur primaire, ce sont les ressources elles-mêmes qui sont le véritable capital à exploiter. L’appropriation initiale d’une ressource naturelle s’étant toujours faite par la force, toute propriété d’une ressource naturelle au-delà des droits que peut conférer le travail qu’on a investi dans sa transformation est donc illégitime, voire immorale. Le gain qu’on en retire est une extorsion.

C’est en transitant par le processus de transformation qu’une ressource naturelle devient un produit, dont la valeur légitime sera alors la somme des valeurs ajoutées par le travail qu’on y aura investi. À cette valeur travail peut s’ajouter une provision qui permette d’assurer la perpétuelle disponibilité de cette ressource ou, le cas échéant, sa substitution par une ressource équivalente, mais ce qui excède de ce travail et de cette provision est injustifié.

Seule la collectivité – idéalement une gouvernance globale, mais en son absence un État national – peut être propriétaire de bon droit des ressources naturelles. Le capital privé, comme propriétaire des ressources, n’y a pas sa place. Le propriétaire de la ressource, c’est l’État et il apparaîtra toujours donc à ce titre comme un partenaire obligé du processus de production au secteur primaire.

Au secondaire, au contraire, la propriété privée doit être la regle. Pourquoi ? Parce qu’alors que la propriété de la ressource naturelle ne repose que sur un brigandage. La création du capital fixe, facteur crucial de la production au secteur secondaire, est au contraire la résultante d’un travail et de l’apport d’une matière qui, si on en supprime la composante « extorsion », a acquis elle aussi une valeur-travail. L’appropriation du capital fixe par ses créateurs est parfaitement justifiée.

On peut regretter que ce ne soit pas toujours ceux qui ont participé à la création des moyens de production du secondaire qui en soient les propriétaire, chacun selon son mérite, mais c’est un autre débat. Ce qu’il faut noter ici, c’est que la propriété individuelle du capital fixe au secteur secondaire est légitime, alors qu’au primaire celle de la ressource naturelle ne l’est pas.

C’est donc à ce critère plus qu’a tout autre qu’il faut se référer pour déplacer la frontière entre les deux secteurs. Il importe peu, en termes d’exploitation, que mettre le riz en ballot, le bois en billots ou le minerai de fer en lingots soit perçu comme une activité du secteur primaire, ou secondaire… pour autant qu’on maintienne la propriété de l’État sur la resource en voie de transformation, aussi longtemps que la valeur ajoutée par le travail n’a pas rendu négligeable la composante du prix de la resource brute dans celui du produit en trasformation.

Le rôle de l’État en production, dans une Nouvelle Société, n’est pas sauf exceptions de produire, mais d’AIDER à produire. Dans le volet des bien tangibles, cette aide prend deux (2) formes. Une participation active au processus continu d’dentification de la demande qui est la condition sine qua non d’une production pour la “satisfaction” et un soutien à la concurrence qui est la meilleure garantie de la motivation des producteurs et d’un sain dynamisme économique.

Dans le secteur primaire, connaître la demande est relativement facile. La demande pour une resource se déduit de la somme : a) des marchés pour ses extrants remis directement aux consommateurs et b) de ceux qui servent d’intrants à l’industrie. Les quantités sont significatives pour chaque produit et les erreurs d’estimation se compensent. C’est maintenir la concurrence qui est le défi, exigeant souvent que l’État s’interpose, pour créer des espaces où les producteurs pourront rivaliser à armes égales

Dans le secteur secondaire, à l’inverse, la concurrence pourra jouer plus facilement puisque la spécificité de chaque produit devient pour chaque producteur l’occasion d’exprimer sa créativité, ce qui est une forme loyale de compétition. En revanche, cette même spécificité rend ardue l’estimation de la demande et l’État doit intervenir pour favoriser une transparence dont le coût n’est tolérable que s’il est pris en charge par la collectivité et réparti sur tout le processus de commercialisation.

Dans les textes suivants, nous discuterons en deux temps, d’abord du secteur primaire et du rôle vital que doit y tenir l’État, puis d’un secteur secondaire où c’est l’entrepreneuriat qui doit occuper presque toute la place.

Pierre JC Allard

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