Nouvelle Societe

11-09-08

Le scénario optimiste

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:37

Après avoir obtenu le désistement en sa faveur de la Gauche, un Parti DC doit mettre d’abord dans sa mire les tiers partis de quelques imortance. Au Québec, c’est l’ADQ. Ce qui est vrai pour les partis de gauche l’est encore plus pour les tiers partis qui ont peu de chances de faire élire un nombre significatif de députés à une prochaine élection, mais cherchent à augmenter leur visibilité et à préparer l’avenir en offrant des solutions crédibles.

Ces partis ont tout à gagner à une victoire de la DC. Il est connu que, dans un scrutin à deux tours, les intentions de vote au premier tour augmentent pour les partis dont on n’espère pas qu’ils accèdent au gouvernement. Au Québec, par exemple, un sondage maison – que confirmerait indubitablement le sondage scientifique que pourraient tenir les intéressés – a indiqué clairement que l’ADQ fait des gains spectaculaires dans les sondages pour le premier tour d’une élection à deux tours.

Avantage, donc, pour ces tiers partis, d’avoir l’occasion d’une présentation équitable de leur programme dans le cadre d’une élection pour l’Exécutif selon les règles de la démocratie contractuelle. Avantage, aussi, la certitude d’être présent par le suite à la Chambre Consultative et de pouvoir diffuser leurs idées. Il n’est pas exclu qu’après une analyse sans complaisance de la situation, un tiers parti fasse le constat que ces motifs – (de même que l’avantage de consacrer toutes ses ressources à une élection pour l’Exécutif plutôt que de les saupoudrer sur 120 courses sans espoir!) – justifient qu’il se désiste partout au profit de la DC sauf dans les quelques circonscriptions où il a l’assurance de faire très bonne figure.

La DC et ce tiers parti y gagnent alors tous deux. Le tiers parti est finalement jugé sur le pourcentage de votes obtenu dans les circonscriptions où il a présenté des candidats… ET sur l’augmentation des intentions de vote en faveur de la DC dans les sondages qui suivent son désistement en faveur de celle-ci. Or, les intentions de vote en faveur de la DC n’augmenteraient pas alors uniquement de celles venant du parti qui s’est désisté, mais aussi de celles d’une foule d’indécis convaincus d’y adhérer par la simple crédibilité accrue de la DC résultant de ce désistement. Un gain net pour l’image du tiers parti et aussi, comme nous l’avons vu plus haut, pour sa trésorerie.

La DC, d’autre part, raffermie d’un 10 à 12% supplémentaire des intentions de vote que lui apporte le désistement en sa faveur du tiers parti – en plus du 5% que pourrait lui apporter la Gauche – passerait sans doute le seuil des 20 % à partir duquel il serait vraisemblable que certains de ses candidats soient élus. Quand ce seuil est atteint, une toute nouvelle dynamique est créée.

En effet, un Parti DC qui recueille plus de 20% des intentions de vote à l’échelle du Québec – et dont certains candidats ont une chance raisonnable d’être élus – devient la source de nouvelles la plus prometteuse pour les médias, lesquels doivent porter 125 jugements différents sur 125 candidats disparates, sans que le principe même de la DC, toutefois, ne puisse vraiment être remis en cause par aucun de ces jugements.

Quand ce seuil du 20% est atteint et que l’attention des médias se concentre sur la DC, la sympathie déjà connue de la population pour la démocratie contractuelle n’est plus freinée par la certitude de son échec électoral. Chaque point gagné dans les sondages en attire donc d’autres; un effet d’entraînement est créé qui peut mener à un raz de marée en faveur des candidats de la DC. Tout devient possible.

Quand tout devient possible, les partis traditionnels doivent réviser leurs stratégies pré et post-électorales. voir si le vote DC semble avoir été acquis majoritairement à leurs dépens ou à ceux de leurs adversaires, mais surtout tenir compte de la notion de “deuxième chance ». Ils doivent supputer leurs chances de gagner, si la démocratie contractuelle est instaurée et qu’est lancée une nouvelle consultation pour choisir le Gouvernement sur la base du suffrage universel et d’un scrutin à deux tours.

Ainsi, au Québec, un Parti Libéral tirant de l’arrière quant au nombre de circonscriptions, mais convaincu que son chef pourrait l’emporter au suffrage universel, aurait tout intérêt à ce que la DC triomphe et impose une nouvelle élection sur cette base. Or, un appui tactique important – voire le désistement pur et simple – du candidat libéral dans les circonscriptions qui semblent acquises au PQ, mais où celui-ci n’a pas la majorité absolue des votes aurait, pour conséquence l’élection d’un nombre non négligeable de députés DC.

La même approche peut d’ailleurs convenir au Parti Québécois dans toutes les circonscriptions où la proportion de non-francophones exclut l’espoir d’une victoire péquiste. Le Parti Québécois peut aussi faire alors le calcul de la “deuxième chance”, misant sur le charisme de son chef pour une victoire au suffrage universel dans un régime de démocratie contractuelle, si un partage inopportun du vote lui faisait perdre une majorité des circonscriptions dans une élection selon les règles actuelles.

Si un Parti DC peut montrer dans les sondages ce 20% des intentions de votes, les jeux deviennent totalement ouverts et toutes les alliances sont possibles puisque la DC, par définition, serait absente d’un nouveau scrutin pour l’élection du Gouvernement. Une victoire de l’option DC peut apparaître alors, pour chacun des deux partis traditionnels, un moindre mal que l’élection du parti traditionnel rival et même une chance inespérée de reconquérir ex-post, selon les règles de la DC, le pouvoir qu’il aurait perdu selon les règles électorales actuelles.

Ce scénario optimiste a-t-il une chance de se réaliser? C’est une chance qui dépend pour une part de ceux qui prendront le flambeau de l’option DC et de leur acharnement à diffuser son message, mais qui, curieusement, dépend, surtout, de l’habileté dont feront preuve les leaders des autres formations politiques.

En effet, la DC, de par sa nature, peut susciter des candidats prestigieux locaux, mais pas de véritable chef puisque son objectif n’est pas de former le gouvernement. C’est sur ceux pour qui l’avènement de la DC représenterait un avantage au moment de l’élection démocratique d’un Premier Ministre et de son équipe qu’il faut donc compter pour ramener chez nous la démocratie par le biais de la DC. S’ils ne le font pas aujourd’hui, d’autres viendront demain qui le feront.

Pierre JC Allard

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