Nouvelle Societe

06-09-08

La demande effective

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:49

1. Le meilleur estimateur

Le but explicite que fixe le système néolibéral au système de production est de satisfaire la demande effective. À partir de là, l’État, ayant son agenda qui transcende la simple production apporte d’innombrables entorses au but énoncé et intervient sans vergogne pour s’assurer que le résultat final soit politiquement rentable et donc socialement acceptable. Le mot-phare, cependant, demeure : demande effective.

Je suis de ceux qui s’opposent à la philosophie néolibérale. Certains qui partagent cette opposition trouvent une cible facile dans cette limitation des objectifs concrets de la production à ce qu’exprime la demande effective. Mais cette attaque est-elle justifiée ? J’ai toujours trouvé bien agaçant cette coutume, largement répandue, de poser inlassablement le même diagnostic négatif sur une situation sans jamais proposer d’alternative concrète pour y remédier. Qu’est-ce qui peut mieux que la demande effective déterminer les objectifs de la production industrielle ? Une analyse théorique des besoins et leur hiérarchisation par des experts ? C’est très peu plausible.

Si on pense au modèle d’une économie de subsistance, on peut certainement déterminer les besoins essentiels en protéines, en carbohydrates et en combustibles, mais le défi de notre monde n’est plus de gérer ce type d’économies, si ce n’est que de façon transitoire, mais de les transformer pour qu’elles accèdent à l’opulence. Une Nouvelle Société, nous l’avons dit souvent, n’est possible qu’en pays développé ; une Nouvelle Société globale, avant de tenter l’application intégrale de ses politiques, met d’abord ses principes au service du développement même de ceux qui n’ont pas atteint le seuil où ils pourraient en profiter pleinement. C’est à une société d’opulence qu’il faut penser à fixer des objectifs de production.

Dans le secteur industriel d’une société d’opulence, l’analyse théorique est dans une position beaucoup plus difficile pour connaître les besoins. On ne cherche plus ici à estimer la demande pour quelques denrées, mais la demande pour des myriades de produits dont chacun a sa spécificité et qui, dans l’esprit du consommateur tout au moins, ne sont pas interchangeables. Si on voulait connaître par estimation les détails de la demande dans le secteur industriel, ce sont des millions de prévisions que le secteur industriel devrait faire et avec pour chacune des marges d’erreurs insupportables.

Le problème apparaît dans toute son ironie simpliste si l’on se remémore la frustration ­ qui de nous ne l’a pas vécue ? – de chercher en vain, d’une boutique à l’autre, une chaussure pointure 36 du modèle « A » qui n’est plus disponible nulle part pendant que des douzaines de chaussures de pointures 41 de ce modèle attendent qu’on les envoie à la casse et que ce sont les pointures 36 du modèle « B » – en rupture de stock partout pour les pointures 41 – qui ne trouvent pas preneurs. Quelqu’un n’a pas prévu. Qui aurait pu prévoir ?

On ne peut pas prévoir avec exactitude la demande pour les innombrables produits manufacturés que produit le système : il y a trop de variables et c’est le simple caprice du consommateur qui y tient rôle principal. Plus l’on s’écarte du niveau de subsistance pour aller vers une économie d’opulence, plus la part augmente des produits du secteur industriel dont le but n’est pas de répondre à des besoins essentiels mais tout à fait discrétionnaires et plus une prévision théorique de la demande du consommateur devient donc erratique, puisque celui-ci peut alors acheter ou non selon son caprice, prendre ou laisser avec la plus grande désinvolture. Une Nouvelle Société veut laisser au consommateur la liberté de son caprice et le plaisir de sa désinvolture.

Notre opinion, qui s’inscrit dans la philosophie générale de ce site, est que l’on doit en priorité satisfaire les besoins essentiels de tous, mais ensuite tous les désirs légitimes de chacun, ce qui est possible si nos ressources et notre capacité croissante de production sont gérées avec intelligence. Il est difficile de voir quel mécanisme pourrait mieux permettre d’atteindre cet objectif celui d’une réaction à la demande effective.

Si on va au fond des choses, on voit que l’argent ou tout autre numéraire est conçu comme la confirmation par l’État, représentant la collectivité, que le détenteur à donné quelque chose ou rendu un service à quelqu’un et qu’il devrait en retour recevoir un bien ou service de son choix dont la valeur par consensus est présumée la même. La supériorité de l’argent sur toute forme de troc est justement que celui qui a donné ce qu’il pouvait donner peut recevoir en retour CE QU’IL VEUT, en principe sans contrainte de temps ni donc de disponibilité immédiate. Déterminer la production en fonction de la demande effective, c’est produire selon ce que veulent ceux qui ont droit de recevoir un bien ou un service de leur choix parce qu’ils ont déjà eux aussi donné. Ce qui est parfaitement juste.

Ce qui ne va pas, c’est d’abord que, dans la société actuelle, ne donne pas -et ne peut donc recevoir en retour -qui veut, mais uniquement celui à qui la structure du système permet de contribuer à la production des biens et services par son travail et ce n’est pas tout le monde. C’est ensuite que la valeur relative des biens et des services ­ et en particulier du travail – n’est pas établie par consensus, mais par les lois du marché, manipulées par ceux qui ont le pouvoir. Ce qui est parfaitement injuste.

Cette injustice fait que la majorité de la population mondiale est dans la misère ou au seuil de la pauvreté et a pour conséquence que la demande pour la satisfaction d’une grande partie des besoins essentiels n’est pas effective. Le système de production, répondant à la demande effective, ne produit donc pas les biens et services dont l’humanité a besoin en priorité. Cela est un fait. Mais la réponse adéquate est-elle de donner à la production un autre but que de produire pour la demande effective ou de prendre les mesures nécessaires pour rendre effective la demande pour les besoins essentiels ?

La question n’est pas académique. Il est possible de produire en priorité pour les besoins essentiels tels qu’estimés, sans référence à la demande effective : l’État peut le faire directement en prenant sous sa coupe les moyens de production, ce qui est la solution socialiste traditionnelle. Il peut le faire indirectement en subventionnant la consommation elle-même, donnant en fait gratuitement certains bien et services, l’eau ou les services médicaux, par exemple. Il peut en arriver au même résultat en biaisant la valeur comparative des produits, par des taxes sur les produits non essentiels ou par des subventions aux producteurs de biens essentiels, rendant relativement plus accessibles les biens dont en veut faciliter la consommation.

Toutes ces interventions ont le même mérite et démérite de substituer le jugement de l’État à celui des consommateurs. Le mérite, puisqu’il semble souhaitable que l’on produise des aliments plutôt que des cigarettes et que l’on construise des hôpitaux plutôt que des salles de danse. Le démérite, aussi, puisque le but ultime est que l’individu soit libre et responsable. Dans une Nouvelle Société, on met sous curatelle les criminels, les faibles d’esprit les insolvables (Texte 702 A) et l’administration des intérêts des mineurs et incapables est soumise à des contrôles stricts (Textes 704 et 702 B) ; on ne voit pas pourquoi l’individu majeur et ayant sa pleine capacité légale se ferait dicter ses patrons de consommation. On peut aimer le vin et être allergique au lait, ça ne regarde pas l’État; à moins que l’on ne soit déclaré incapable ou que l’on ne dilapide le bien d’autrui, ça ne regarde personne. L’État n’a pas à se piéger dans ce traquenard de vouloir décider pour l’individu de ce qui pour lui devrait être essentiel.

Une Nouvelle Société fera appel à des estimations des besoins pour déterminer sa politique d’achat des produits du secteur primaire, tant ceux destinés à la consommation directe que ceux appelés à servir d’intrants au secteur secondaire. Elle posera le choix d’assumer par capitation le coût des services jugés essentiels, comme on le voit aux textes consacrés à la santé, à l’éducation, à l’administration et à la justice et comme on en résume la démarche à la section « Production: les services ». Une Nouvelle Société globale utilisera certainement une estimation théorique des besoins durant la période de mise à niveau des économies sous-développées. Cela mis à part cependant ­ et particulièrement en ce qui concerne le secteur secondaire ­ l’État n’a pas à imposer de façon systématique un type particulier de production.

Le rôle de l’État est de voir à ce que personne ne soit privé d’un revenu qui rende effective sa demande pour les biens essentiels, tels que définis par un consensus social. Quand ce revenu minimum est garanti à tous, on peut dire que la demande est effective pour les besoins essentiels et on ne doit demander aux entreprises du secteur secondaire rien d’autre que de produire efficacement pour cette demande effective et avec pour seul but d’optimiser leurs profits ; c’est le seul mandat qu’on puisse espérer qu’elle remplisse avec enthousiasme et ce qu’elle ne ferait pas avec enthousiasme serait mal fait.

2. Rendre la demande effective

La responsabilité de l’État est que chaque citoyen dispose d’un revenu minimum lui permettant d’acquérir les biens nécessaires à sa vie et au confort qu’un consensus social juge légitime de garantir à chacun, libre à chaque adulte ayant la jouissance de ses droits, toutefois, de gérer ce revenu comme il l’entend. C’est ailleurs sur ce site que nous décrivons les mécanismes du paiement des salaires, des revenus d’appoint, des pensions, des profits, des intérêts, toutes manières complémentaires de mettre entre les mains de l’individu ce revenu minimum. C’est ailleurs, aussi, que nous parlons du crédit, de l’inflation et de la fiscalité. Compte tenu du choix que nous posons de laisser la demande effective déterminer la production, toutefois, il semble utile de résumer ici brièvement la façon dont l’État va s’assurer que la demande pour les biens essentiels est effective pour tout le monde.

Comment rendre la demande effective. En donnant à tout le monde qui peut travailler un revenu en salaire d’un travail et à tous les autres une pension. On demande parfois où prendre l’argent pour le faire. C’est un non-sens. C’est le travail qui produit la valeur. Si un travailleur s’ajoute au marché du travail et exécute un travail utile, c’est-à-dire qui correspond à une demande réelle, il crée une valeur supplémentaire qui, par définition, correspond à la rémunération que mérite celui qui l’a créée. En termes de valeur réelle, le travail produit le revenu nécessaire pour acquérir ce qui a été produit.

D’abord le revenu du travail. Une Nouvelle Société garantit à toute personne apte au travail un salaire conforme au statut professionnel qui lui a été reconnu par concours, au vu de sa formation et dans les limites des besoins de la société pour ce type de professionnels. Chaque travailleur peut obtenir ce salaire de l’État, en en faisant la demande et en se rendant disponible pour le travail qu’on lui assigne pour un nombre d’heures déterminés, variable selon la condition de l’économie, mais toujours significativement inférieur à ce qui est présentement considéré comme une journée de travail normale. Le revenu minimum lié à ce travail est toujours au moins égal – et la plupart du temps bien supérieur – à celui considéré comme nécessaire pour rendre effective la demande du travailleur pour tous ses besoins essentiels.

Il y a des distorsions inévitables au moment de séparer l’argent qui en est le symbole, sous forme de rémunération entre ceux qui ont contribué à la création de cette valeur ; mais il n’y a aucune excuse, dans une société d’abondance, pour que ces distorsions entraînent une baisse de la rémunération même des plus défavorisés en deçà du seuil où devient effective leur demande pour les biens essentiels. Il y a même des différences de rémunération qui sont souhaitables et qui DOIVENT continuer d’exister, car la motivation de l’effort exigent ces inégalités. Celles-ci n’ont d’impact, dans une Nouvelle Société qu’au palier de consommation où l’on ne doit plus parler de besoins mais de désirs à satisfaire et où bien d’autres facteurs que la simple richesse influent sur la décision d’acquérir.

Un revenu pour tous les travailleurs, mais aussi un revenu pour tous ceux qui ne sont pas aptes au travail. Ici il n’y a pas de production qui corresponde au revenu distribué ; c’est une valeur retranchée de celle du travail des actifs. Ceci est un choix de société. D’autres sociétés ont choisi de s’en remettre à la charité pour pallier les besoins des inactifs. D’autres ont choisi de les abandonner en montagne en hiver ou de les exterminer au Zyclon-B. D’autres simplement de les ignorer. Je prends ici pour acquis un consensus social pour la solidarité que je ne justifie pas, car ce site ne s’adresse pas à ceux qui n’en sont pas partisans.

Dans cette optique de solidarité consensuelle, malades, infirmes, vieillards touchent aussi – sous forme d’une pension mensuelle qui leur est versée de plein droit, à eux ou à leurs gardiens – un montant au moins égal au revenu minimum fixé comme suffisant pour satisfaire à l’acquisition des biens essentiels. Le gardien de chaque enfant – car tout enfant doit avoir un gardien légal qui est souvent, mais pas nécessairement, son père ou sa mère – touche aussi, jusqu’à la majorité de celui-ci, un revenu mensuel suffisant pour procurer à ce dernier les biens jugés essentiels, revenu que le gardien ne peut simplement unir à son propre patrimoine, mais dont il doit rendre compte. L’étudiant, dès qu’il entre en formation spécifique, touche aussi le salaire minimum. Il n’y a donc aucun risque dans une Nouvelle Société d’une insuffisance chronique de la demande effective.

Le problème qui peut se poser est tout à fait à l’opposé. Le changement opératoire le plus lourd de conséquences qu’apporte une Nouvelle Société, en effet, est que le travailleur, même s’il sollicite de l’État et obtient de droit un emploi salarié, peut aussi, dans les temps libres que lui laisse cet emploi dont la durée va en diminuant, travailler concurremment de façon autonome ou comme entrepreneur et en tirer un revenu d’appoint sans cesser de toucher son salaire. On l’encourage même à le faire, comme on le voit à la section « travail et revenu ». Ceci augmente considérablement le revenu disponible et rend permanente une tendance inflationniste qu’une Nouvelle Société apprivoise, contrôle et utilise pour sa politique fiscale.

Dans un système où l’inflation est apprivoisée et utilisée de façon constante pour fin fiscale, cependant, il faut prévoir le cas rarissime mais intolérable d’une pénurie ou d’une panique, spontanée ou fomentée qui ferait que le prix d’un bien essentiel s’envole. C’est alors qu’interviennent l’impôt mensuel  ainsi que le recours automatique au crédit et le rééquilibrage de la masse monétaire, outils de politique financière dont nous traitons en détail dans la section « Finance et fiscalité » mais dont nous résumons ici l’essentiel.

Chaque citoyen d’une Nouvelle Société a son compte à la Banque de l’État, sur lequel sont faites les transactions entre lui et l’État . Paiement fiscal mensuel, droits à acquitter, dépôts de garantie, pénalités à payer, etc. d’une part pensions diverses, salaires touchés en vertu du programme de Revenu/Travail garanti et tout autre versement de l’État à l’individu d’autre part. L’État peut, au soutien de sa politique économique, consentir à chaque titulaire d’un compte ­ (c’est-à-dire à tout le monde ou son gardien, car qui n’a pas de relations financières avec l’État !) ­ une marge de crédit variable prenant en garanti son revenu garanti et la somme des biens déclarés à son bilan. Nous voyons ailleurs les modalités de ce crédit, mais voyons en ici les conséquences sur le maintien de la demande effective.

Grâce au contrôle de la monnaie et du crédit dont elle a récupéré la gestion des shylocks du système financier, une Nouvelle Société n’est pas sous la coupe du mirage monétaire ; c’est elle qui en manipule les images. Le « manque d’argent « n’est donc jamais une excuse pour ne pas faire ce qui doit être fait. Un manque ou un surplus d’argent est perçu pour ce qu’il est, une représentation monétaire inadéquate de la richesse réelle, et traité comme il se doit, par un rééquilibrage de la masse monétaire.

Si une inflation malvenue n’est pas générale, mais touche des biens spécifiques, il faut voir d’abord si une spéculation indue en est responsable. Si c’est le cas, c’est à la justice d’y mettre fin. Si ce n’est pas le cas, cette hausse de prix doit être interprétée comme le signe de la rémunération excessive consentie à l’un ou l’autre des apports à la production de ce bien et c’est cette erreur qui doit être corrigée. Elle l’est avec d’autant moins de délai qu’elle touche des biens essentiels

On pourrait corriger cette erreur en réduisant certains salaires, mais cette mesure déplaisante n’est pas nécessaire. Tout le système étant en inflation contrôlée permanente, les ajustements peuvent se faire sans odieux, simplement en augmentant moins la valeur monétaire de ce qui doit être réajusté à la baisse. Ceci, d’ailleurs, est la façon dont procède le système actuel pour les salaires, la différence étant qu’il le fait à tâtons, sans plan d’ensemble, et sans avoir en vue la justice ni l’efficacité mais seulement les impératifs immédiats du profit et ses exigences politiques.

Concrètement, dans une Nouvelle Société, l’État réagit à une hausse relative injustifiée du prix de certains biens essentiels de deux façons complémentaires. Il planifie l’application sur la période qui lui semble opportune d’un réajustement à la baisse de la rémunération des facteurs responsables de la hausse et, pour que ceux dont le revenu se situe au bas de l’échelle des revenus n’en souffrent pas préjudice, il augmente le revenu minimum mensuel dans la proportion correspondant à cette hausse du prix des biens essentiels. Cette augmentation venant s’ajouter à celle accordée chaque mois pour compenser la tendance inflationniste systémique, elle ne fait l’objet d’aucun débat : le revenu ajouté au compte de l’individu à la Banque de l’État est simplement légèrement plus élevé qu’il ne l’aurait été.

Ce faisant, est-ce qu’on ne nourrit pas l’inflation, encourageant la bête qu’on dit apprivoisée à s’échapper de sa cage ? Pas du tout, puisque le taux d’imposition du capital, fixé mensuellement, est aussi modifié de façon à ce que les rentrées prévues pour l’État correspondent exactement aux sorties, tenant compte de cette augmentation légèrement supérieure aux prévisions du revenu minimum. Le résultat net est qu’est repartie sur tous les contribuables, au prorata de leur richesse respective, le coût de maintenir la demande effective au niveau qui permet à tous l’accès aux bien essentiels.

En pratique, la variation introduite par cet ajustement est minime. En bonne logique, cependant, l’État ne peut permettre que sa politique des revenus soit systématiquement biaisée à la hausse par des ajustements à sens unique. C’est pourquoi les augmentations consenties doivent en fait être considérées comme des prêts plutôt que comme des dons. L’État, ayant établi les objectifs qui seront les siens pour une redistribution à long terme de la richesse dans une société qui sera «tendanciellement égalitaires », verra à ce que les écarts résultant des hausses de revenu plus fortes que prévues accordées certains mois soient compensées par des hausses plus faibles accordées plus tard, quand les erreurs de rémunération ont été corrigées, de sorte que ces objectifs a long terme soient respectés.

Ayant ce contrôle efficace de la masse monétaire, on peut laisser la demande effective jouer son rôle discriminant et, dans toutes les situations « normales », conserver la satisfaction de cette demande comme but de la production industrielle. En cas de guerre ou de catastrophe naturelle, si un produit n’est matériellement pas disponible en quantité suffisante, une Nouvelle Société devra bien, comme l’aurait fait tout société précédente, gérer la pénurie par un rationnement. Le propre de ces tragédies est justement de nous ramener pour un temps en arrière, en espérant toujours que ce ne soit au Moyen-Âge ou à l’Âge de pierre. Il serait oiseux, cependant, de chercher ici des réponses à ces situations problématiques. Quand État fait ce qu’il doit faire, Il n’y a pas de raison valable, en circonstances normales, pour que le système de production se donne une autre mission que celle de produire pour la demande effective.

Pierre JC Allard

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