Nouvelle Societe

04-09-08

13 Un outil taxinomique ad hoc

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 6:35

Une société postindustrielle, par définition, va au-delà de la production industrielle et met l’accent sur les services. Mais quels services ? Nous allons tenter de les identifier. Il y a déjà des classifications des activités, de professions, des produits… La taxinomie s’en est donné à cœur joie. A-t-on les outils nécessaires pour s’y reconnaître dans l’univers des services ?

La taxinomie est la science de classer. Classer intelligemment, pour mieux comprendre et s’y retrouver. Pour définir avec précision les modalités qui permettront de fournir et de recevoir de façon adéquate les services du secteur tertiaire, il faut classer ces services et les activités qui le composent. Il faudrait savoir à quels besoins répond chaque service, à quelles compétences et à quelles ressources (intrants) il fait appel, définir le ou les résultats qui en découlent (extrants) et déterminer sur cette base les modalités de sa prestation. Existe-t-il des outils pour le faire ? Oui… et non. Malgré les efforts de classification très nombreux qui ont été tentés jusqu’à présent, les scalpels qu’on nous tend pour disséquer le tertiaire ne sont pas bien acérés…

L’analyse d’un « secteur », ici le tertiaire, devrait normalement appeler une classification par branches d’activités. L’outil taxinomique qui semblerait le mieux approprié serait donc une classification par branches activités, l’ISIC – International Standard Industrial Classification – ou l’une des nombreuses classifications du même type, comme le NAISC (North American Industrial Standard Classification ) qui s’en sont inspirées.

Ces classifications par activités, cependant, ont été établies au départ pour « donner une adresse » taxinomique à des entreprises industrielles. Elles ne sont jamais très instructives quand on veut connaître la nature même d’une activité ou son rôle dans la maquette de production, mais elles le sont encore moins quand on veut les appliquer spécifiquement au activités de services. Détailler le secteur tertiaire en utilisant les catégories ISIC serait une perte de temps.

Notre but n’étant pas ici de corriger la taxinomie du système de production, mais d’offrir une image valable du fonctionnement d’une société où prédomine une économie tertiaire, nous pouvons penser à une alternative. Il n’existe pas que des classifications par activités, mais aussi par fonctions (professions), par produits et aussi pour identifier les programmes d’éducation. En existe-t-il une que nous puissions utiliser ?

Une solution de rechange serait de mettre à profit le recoupement entre activités et professions, lequel est considérable, lorsqu’il s’agit de services. Ainsi, une vaste majorité des médecins travaillent dans une branche d’activité « médecine » et une majorité des juristes dans une branche d’activité « services juridiques ». Puisque les frontières des professions tendent à se confondre au tertiaire avec celles des branches d’activités, ne pourrait-on pas appliquer au secteur tertiaire, à défaut d’une classification par activités vraiment satisfaisant, une classification fonctionnelle (professionnelle) de type ISCO – International Standard Classification of Occupations ?

On peut le faire, mais avec prudence, car non seulement le recoupement n’est pas parfait et cette solution n’est-elle pas scientifiquement justifiable, mais cette approche ajouterait encore à la confusion qui apparaît souvent entre « fonctions » et « activités ». En choisissant l’ISCO, l’on semblerait aussi cautionner un système global de classification dont les insuffisances doivent absolument être corrigées. Ainsi l’ISCO, sa structure ni son vocabulaire ne permettant de décrire comme un tout sans discontinuité la réalité de l’éducation/formation et celle du travail. Pour cette raison, c’est un outil fondamentalement vicié.

Le même reproche peut être fait aux classifications du type ISCED que l’on utilise pour l’éducation/formation et qui ne sont pas extensibles aux exigences cognitives réelles du marché du travail… Il serait intellectuellement séduisant de vouloir utiliser une classifications par produits du type CPC – après ce qui devrait être un complexe transposition de la notion de produit à celle de service – mais il est difficile de penser qu’on en obtiendrait l’outil que l’on cherche, puisque, par souci de maintenir un semblant de cohérence avec les classifications par activités, on en a reproduit les déficiences

On pourrait souhaiter une ou plusieurs classifications complémentaires qui nous éclaireraient sur les fonctions et les activités du système de production en tenant compte, d’une part des ressources (intrants) qu’elles exigent – dont au premier chef la ressource humaine qui, à tout moment de sa préparation, peut elle-même être assimilée à un « extrant intermédiaire » – et, d’autre part, des besoins que chaque produit/service (extrant final) vise à satisfaire. Un tel outil, cependant, n’existe pas.

Je ne tenterai pas de créer une typologie, ce qui serait une entreprise longue et complexe. Les lacunes des classifications existantes m’incitant à les éviter, nous prendrons simplement comme critères d’identification des services, les besoins auxquels ils s’adressent. Nous créerons ainsi, pour les fins de notre propos, une liste ad hoc de catégories de services auxquels l’individu doit avoir accès.

Chacune des catégories de services que nous identifierons se rapprochera d’une représentation fonctionnelle, mais sans suivre le modèle ISCO. En trouvant leur expression dans le cadre de l’une ou l’autre des diverses activités qui en sont autant d’environnements d’application, les catégories de « besoins » pourront aussi, parfois, presque se confondre avec une branche d’activité de l’ISIC ; mais on comprend que la notion de besoins n’en constitue pas moins une dimension différente de l’activité, cette dernière voulant décrire la réalité du producteur, alors que le besoin cible le consommateur.

Nous ne mentionnerons pas une à une toutes les activités qui peuvent satisfaire un besoin. Le principe posé, cet exercice serait fastidieux, dépasserait le cadre du présent sujet et n’apporterait pas une meilleure compréhension du fonctionnement du tertiaire. On trouvera, néanmoins, dans les articles suivants, quelques exemples qui permettront au lecteur d’en développer la liste au niveau de détail qu’il jugera nécessaire pour bien comprendre les mécanismes de production de services dans une Nouvelle Société

Pierre JC Allard

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