Nouvelle Societe

10-03-08

050. Rouler sur l’or

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 1:08

Généralement, je n’ai pas beaucoup de bonnes nouvelles à offrir sur cette page. Même les projets que je propose le sont dans d’autre sections du site, de sorte qu’on est ici dans le territoire des grincheux. Pourtant, aujourd’hui, je voudrais faire une fleur à l’Abitibi. Et pas une gerbe mortuaire: le bouquet de la Mariée.

Mais commençons par le commencement. Vous avez vu la plongée de notre pauvre dollar canadien? Avant de vous plaindre, voyez ce qui se passe en Russie! Au moment où j’écris ces lignes, le rouble passe la barre des 20 pour un dollar. C’était 6 pour un dollar en juillet, de sorte qu’à peu près tout en Russie, sauf le pain et la vodka, va bientôt coûter 3 fois plus cher. 10 fois plus cher à Noël, sans doute. Cent fois plus cher à Pâques et, à la Trinité, l’argent russe en Russie ne vaudra probablement plus rien: on aura atteint l’égalité presque parfaite de la pauvreté pour tout le monde.

Et il n’y a pas que les Russes et nous. Au Japon, l’argent a perdu 35 % de sa valeur; en Thaïlande 50 %, en Indonésie 95%… et la Chine va bientôt dévaluer elle-aussi. En Amérique latine, selon les pays, l’argent se dévalue de 10%, 100% ou 1000% par année. L’argent qui ne vaut plus rien? Il y a des précédents; la France après la guerre, l’Allemagne, surtout, au début des années « 30.

Bien sûr, vous allez me dire qu’il y a le tout puissant dollar américain; mais vous vous trompez. Le dollar semble une valeur de tout repos quand on le compare aux autres monnaies – et c’est certainement le dernier qui tombera – mais c’est celui justement qui emportera tout l’édifice. Le dollar aussi va se casser la gueule.

Pourquoi? Parce qu’un billet de banque n’a pas de valeur en soi; il représente seulement la promesse de pouvoir acquérir un bien ou un service et il exige deux choses: a) un État fort capable d’imposer le cours de son argent de façon crédible… et b) une relation raisonnablement stable entre les billets de banque en circulation et les biens et services que l’on peut obtenir. Or, il n’y a plus, depuis longtemps, une relation raisonnablement stable entre l’argent en circulation et ce que l’argent permet d’acheter.

Chaque année, tout ceux qui ont du fric veulent toucher un intérêt de 5%, 10%, 25%… voire, 50% dans certains pays du tiers-monde. Une partie de cet argent vient de la poche des plus pauvres, naturellement, mais on ne peut leur prendre plus, car alors ils n’auraient plus d’argent pour consommer et les entreprises des riches feraient faillite. Alors on imprime la différence. En fait, on n’a même plus à imprimer: avec l’argent virtuel électronique, on n’a qu’à annoncer qu’il existe… et c’est ce qu’on fait. Mais, hélas, on ne peut pas créer de la même façon les biens et les services réels que cet argent devrait représenter… il y a un déséquilibre croissant.

On peut vivre avec un déséquilibre à deux conditions. D’abord, que l’argent « de trop » ne soit pas vraiment en circulation. C’est ce qui arrive quand tout cet argent est donné aux riches, car celui qui a tout ce qu’il veut ne dépense pas plus quand il reçoit davantage. Il épargne cet argent, le place, spécule avec, en fait un outil de pouvoir… mais ne le dépense pas. On ne s’aperçoit donc pas qu’il n’existe pas de richesse concrète représentée par tout cet argent.

La deuxième condition, c’est qu’il y ait la foi. Il faut que tout le monde – et surtout ceux pour qui l’argent est encore une façon de payer leur loyer et l’épicerie – CROIENT qu’ils peuvent le faire avec leur chéquier, leur carte de crédit, leur REER et la menue monnaie qui a encore une forme tangible. Or cette foi peut disparaître d’un seul coup. Elle disparaît quand le bon peuple voit les riches traiter l’argent de façon si cavalière qu’il perçoit confusément qu’il y a là quelque chose qu’on ne lui dit pas. Il commence à douter

Dans le doute, le bon peuple court à la banque retirer son argent, comme il l’a fait en Russie, comme il le fait peu à peu au Japon. Ou il vend ses stocks en bourse pour des dizaines de milliards de dollars, comme c’est arrivé une journée la semaine dernière aux U.S.A. Le système s’empresse de corriger le jour suivant, mais c’est un bluff; c’est de la fausse monnaie mise en mouvement pour lui donner l’apparence d’être vraie. Si le peuple ne retrouve pas la foi TRÈS vite, le système s’effondre.

Quand l’argent ne vaut plus rien, votre maison est toujours là. Tous les biens sont toujours là et la capacité d’en produire n’a pas changé. Pourtant, toute l’économie s’écroule, faute d’un moyen d’échange auquel les gens puissent croire. Est-ce qu’on peut prévoir une solution de rechange pour limiter le cataclysme de la perte de foi en la monnaie et relancer l’économie? Il y en a une qui est connue depuis environ 5 000 ans. L’OR.

Il y a un atavisme qui fait que l’or est universellement accepté comme ayant une valeur. Quand le papier de vos billets de banque et de vos obligations ne vaut plus que son poids en papier, l’or vaut toujours son pesant d’or. Le pays qui aura la sagesse de se constituer une réserve d’or suffisante traversera la crise qui s’en vient comme Noé le déluge.

Si le Gouvernement du Québec achetait immédiatement, même au dessus de la valeur du marché, toute la production que l’on peut tirer au cours des cinq prochaines années de toutes les mines d’or exploitables du Québec, il se constituerait une réserve contre la crise qui lui serait bien utile. L’opération étant l’équivalent d’un achat à terme sur le marché boursier, le gouvernement en tirerait aussi un profit spectaculaire si le prix de l’or monte… et il montera. Enfin, la relance des mines d’or en Abitibi et ailleurs créerait enfin des vrais emplois utiles et apporterait une nouvelle prospérité dans une région qu’on a bien oubliée.

Faisons le vite, car une semaine ou l’autre, cette année ou l’an prochain, le Dow Jones chutera de 1500 ou 2 000 points et rien ne roulera plus que ce qui roulera sur l’or.

Pierre JC Allard

Précédent Suivant

8 commentaires »

  1. Pierre JC Allard

    Vous êtes un « prophète » qui aurait sauvé le Québec de l’endettement si vous auriez été le gouvernement il y a douze ans.
    Lors de la « révolution tranquille » nos élus auraient dûs faire une loi pour acheter l’or produite au Québec au lieu de donner des subventions aux multinationales.
    Cela aurait eu comme résultat de garantir les prêts et les emplois ainsi que son indépendance.
    Aujourd’hui, la vente de cette or aurait été merveilleux pour le peuple.
    Éliminer la dette et planifier des grands travaux.
    Le chômage serait à « ZÉRO ».
    Au lieu d’être à huit millions, la population serait peut-être à vingt millions et plus.

    RÊVE PASSÉ, À OUBLIER MALHEUREUSEMENT

    Fernand Cloutier
    Val-d’or

    Commentaire par Fernand Cloutier — 21-11-10 @ 10:54

  2. @ FC

    Je ne crois pas que nous serions beaucoup plus nombreux, mais nous serions un peu plus riches.. 🙂 Aujourd’hui. il FAUT nationaliser les banques au PC, mais on ne le fera pas, bien sûr, aussi longtemps qu’il n’y aura pas une risque sérieux que les banquiers se retrouvent dans la mire…

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 21-11-10 @ 11:07

  3. Bonjour,

    N’ ayez pas trop de regrets car…vous tous êtes toujours là, vivants.

    Vous n’ évoquez nul part les stocks d’ or que toute banque centrale sérieuse doit avoir en contrepartie de la masse de papier-monnaie émise et qui doit garantir justement une valeur or des billets de banque mis en circulation!

    Mais, imaginer ratisser tout l’ or du monde à son seul profit nous éloignerait des vrais valeurs qui donnent un sens à la vie.
    A bientôt et courage.

    Commentaire par yvan gavoille — 22-11-10 @ 10:56

  4. @ YG

    Il n’y a rien que l’on puisse faire qui donnera « in se » un sens a la vie; c’est le sens qu’on donne à la vie qui détermine ce que l’on fait… Le faire est la manifestaion et donc le signe de l’être, mais il n’en est pas la cause.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 22-11-10 @ 2:17

  5. Bonsoir Monsieur,

    Tout théorème a son corollaire et inversement. C’ est l’ histoire de l’ œuf et de la poule.Le fait de donner un sens à la vie passe fatalement par l’ intelligence intrinsèque de chacun. L’ environnement ne doit être qu’ un des éléments considérés. En conséquence, agir dans un sens (bien) ou dans un autre ( mal) sera toujours de la responsabilité de chacun. Agir mal en utilisant un prétexte quelconque constitue à mes yeux un déni d’ intelligence.
    A bientôt – YG

    Commentaire par yvan gavoille — 23-11-10 @ 4:39

  6. @ YG »

    Bien s�r. Mais il faut un accord sur les criteres d’evaluation. Qu’est-ce qui est ‘bien' » ? Pour qui ?

    PJCA

    Commentaire par Pierre JC Allard — 23-11-10 @ 6:46

  7. Bonjour,

    « Aussi longtemps que les banquiers se retrouvent dans la mire… »

    Une vieille idée de Fidèle reprise par le footballeur Eric Cantonna est en train de faire le tour de la planète….
    http://www.bankrun2010.com/

    Bien à vous,

    Eric Lacasse

    Commentaire par Lacasse — 26-11-10 @ 3:13

  8. @ Eric Lacasse

    Ca donne une illusion d’agir, mais ça n’a aucune importance réelle, car ce que vous retirez de la banque n’a pas d’autre valeur que celle que lui donne le système. Votre fric ne vaut rien et le systeme bancaire, quoi que vous fassiez, peut mettre en ‘bottom line » le chiffre qu’il veut.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 30-11-10 @ 6:04


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.