Nouvelle Societe

16-10-07

26 La vie en CDZE

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:44

Il suffit de choisir un site bien isolé autour duquel on n’aura pas besoin de barreaux. Il faut y installer une usine ou des ateliers pour créer le plein emploi et laisser ensuite s’y organiser la vie de la façon la plus normale possible. Dans ce Centre de Détention en Zone Éloignée sans barreaux, les détenus reçoivent un salaire, ils paient leur logement et achètent leur nourriture. Ils ont des services de santé gratuits et la pension à 65 ans.

Les visites sont permises et même encouragées. Chaque détenu peut, deux fois par année, inviter pour une semaine une personne dont le transport sera payé par l’État. À condition de ne pas y passer plus d’une semaine, d’avoir été invité par un prisonnier, de passer une inspection rigoureuse et de payer ses frais, quiconque peut d’ailleurs y venir une fois pas mois. À ses risques.

Il y a dans le CDZE un service d’ordre; le moins visible possible, mais qui n’entend pas à plaisanter. Les gardiens sont des volontaires. Ils reçoivent un excellent salaire, une prime d’éloignement et un système de rotation, après six semaines en poste, leur accorde deux semaines de congé qu’ils DOIVENT prendre et qu’ils ne peuvent cumuler. Ils habitent une section protégée, sont lourdement armés et contrôlent la piste d’atterrissage et les autres voies et moyens de communications ainsi que les approvisionnements. Leurs conditions de travail sont bonnes, mais c’est un emploi à risque: la décision irrévocable de l’État est de ne jamais engager de négociations avec les détenus, même s’il y a prise d’otages.

En plus de la section générale où vivent la majorité des détenus, on doit créer au sein du CDZE trois (3) secteurs réservés: pour les malades, pour les jeunes et pour les femmes

Au secteur des malades, on trouve ceux dont les psychiatres ont décidé qu’ils n’avaient pas toute leur raison. Chacun y recevra les traitements que justifie son état, mais nul ne sera relâché sous prétexte qu’il es « guéri », sauf sur le rapport unanime de cinq (5) psychiatres déclarant que l’individu est normal et apte à vivre en société. Si, une fois relâché, il récidive, les 5 psychiatres qui ont fait ce rapport ne seront plus autorisés à pratiquer leur profession dans le cadre du système correctionnel.

Pratiquement, ceci aura pour effet que les médecins, prudents, ne laisseront sans doute relâcher personne. Est-ce à dire que toute chance est perdue dans sortir ? Non, car il reste la grâce obtenue du peuple souverain, se prononçant sur la pétition sur internet lancée par quiconque estime que le cas le mérite. Parfois, ce sera le Protecteur des accusés et détenus et ce sera la voie la plus crédible. La barre sera haute: au moins 2/3 de « oui’ pour au moins un tiers des citoyens, mais la possibilité sera là. Il ne faut jamais que TOUTES les portes soient fermées.

Un secteur pour les mineurs. Veut-on vraiment condamner un jeune de 16 ans et plus à perpétuité ? Quelle autre alternative pour un récidiviste de crimes de violences graves ? On peut bâtir une geôle expressément pour eux, mais un secteur étanche au CDZE n’est plus qu’une décision logistique. La vraie question est: peut-on être irrécupérable à 16 ans ? Triste, mais il semble que oui et il n’est pas question de préparer les caids de demain a partir d’une population de jeunes extrêmement violents, jouissant de l’impunité à cause de leur âge et qu’on remettra en circulation quand ils seront « prêts ».

L’exception à leur concéder, en plus de leur retranchement de la population générale, c’est une revue de leur cas à 21 ans, avant qu’ils ne soient intégrés à la section générale. Dans cette optique, l’éducation pour eux remplace en partie le travail, la surveillance est beaucoup plus serrée et l’accent est mis sur la réhabilitation. Mais leur libération doit aussi être conditionnelle au rapport unanime de cinq psychiatres. Il leur reste donc la pétition en grâce… avec l’avantage de leur jeunesse en argument…

Il n’est pas évident qu’il faille créer un secteur pour les femmes. N’oublions pas que les visites sont permises au CDZE et que des invitées y circuleront donc en permanence. On peut songer à un secteur où seules les femmes seraient admises, mais gardant le droit d’aller vivre dans la section générale quand elles le voudraient et pour aussi longtemps qu’elles le voudraient.

Cette situation pourrait favoriser une dynamique d’apaisement, en donnant aux femme une position dominante de rareté à laquelle la présence constante d’une sécurité forte ne permettrait pas aux hommes de réagir par la force brute. Mais veut-on tenter cette expérimentation dans un espace clos où fourmillent les violeurs? Que les psychiatres nous en parlent…

Les deux grands dangers de ce genre de systèmes de détention sont l’arbitraire des gardiens et la menace des gangs de détenus eux-mêmes. Pour y pallier, douze (12) citoyens ordinaires qu’on appelle “Témoins” vivent en permanence dans l’enclave pendant trois mois et ont accès à toutes ses installations. Ils sont remplacés au rythme de quatre (4) par mois, les nouveaux arrivants étant ainsi mis au courant de la situation qui prévaut par ceux dont le mandat se poursuit encore deux mois. C’est la présence de ces Témoins qui sert à prévenir les abus

Le Protecteur choisira les Témoins qui seront invités à vivre à la CDZE, maintiendra le contact avec eux durant leur séjour, pourra leur faire des recommandations quant à certains points à surveiller et accordera toute son attention à leurs rapports de fin de mission.

Au retour de leur mission, les Témoins font chacun un rapport individuel anonyme et l’ensemble de ces rapports est remis au Ministre et au Protecteur des accusés et détenus dans une boîte scellée, ouverte en présence de journalistes. Ces douze (12) citoyens sont bien rémunérés, mais, comme les gardiens et les visiteurs, ils sont prévenus des risques.

Le Protecteur scrutera aussi avec attention les conditions de vie dans la CDZE. La détention est une condition exceptionnelle dans une Nouvelle Société et constitue uniquement une mesure de protection; elle ne doit jamais être utilisée comme un moyen de punition. Ceci est d’autant plus important que, nous l’avons vu, peuvent être sujet à détention à la CDE des individus qui ne sont pas des criminels mais des malades mentaux qu’il faut traiter.

Cela dit, si un gardien de la CDZE est menacé, on ne lui en voudra pas d’abattre froidement un détenu; ce ne sont pas des enfants de choeur et il faut que l’ordre règne; il y aura une enquête, mais ce ne sera pas une chasse aux sorcières. Cette rigueur nécessaire n’autorise pas, toutefois, les gardiens à maltraiter ni à insulter les détenus. Le Protecteur a le mandat de s’assurer que tous les détenus sont traités non seulement avec humanité mais avec courtoisie.

Ce que l’on propose dans ce projet pour assurer l’ordre est une solution pour MAINTENANT. Les circonstances changeront, les techniques changeront, même la conscience populaire évoluera. Quand apparaîtra une façon plus efficace de faire respecter l’ordre public qui soit conforme au Contrat Social, il appartiendra aux législateurs d’y apporter des réformes.

Pierre JC Allard

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