Nouvelle Societe

14-11-06

Les hurluberlus de Gesca

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:22

La population de Montréal a t-elle donné hier son aval à la corruption institutionnalisée ? Il a suffi que 60% des gens s’en fichent et qu’environ le tiers de ceux qui ont pris la peine de voter ne la voit pas ou la pardonne, pour que la magouille semble reconduite.

N’est-il pas clair que nous pouvous raisonnablement nous attendre à ce que tout continue comme avant, au moins le temps de trouver une autre façon de faire la même chose ? Quand on aura trouvé, on pourra dire, comme le personnage du Guepard de Visconti. que « tout aura changé pour que rien ne change ».

Est-ce inéluctable ? Non. Le maire Tremblay qui ne voyait rien peut maintenant tout voir. Ses conseillers peuvent tout voir autrement, les habitudes de l’industrie de la construction et des syndicats peuvent être régénérées, la nature humaine peut devenir meilleure…. Rien n’oblige la nouvelle administration de Montreal à persister dans le modèle nauséabond qu’on nous a révélé au cours des dernères semaines. Ne condamnons pas des présumés innocents. Ayons tous la foi, l’espérance… et la charité.

Il reste néanmoins que les Montréalais ont donné démocratiquement leur aval pour que le même pilote garde la main sur la barre et que les même moussaillons traînent dans l’entrepont Il est POSSIBLE qu’ils aient eu raison, mais difficile de penser que ce soit probable. Pourquoi les Montréalais ont-ils fait ce choix un tantinet risqué ?

D’abord… parce que ce n’est pas le choix qu’ils ont fait ! Les deux-tiers d’entre eux ont voulu que Tremblay parte. La division du vote a voulu qu’il ne parte pas. Un scrutin a deux 2 tours aurait vraisemblablement permis que Harel ou même Bergeron gagne, au deuxième tour, un duel contre Tremblay Ce que nous avons n’est pas vraiment la démocratie.

Cela dit, pourquoi cette faille systemique a-t-elle joué ici en faveur de Tremblay ? Deux facteurs ont contribué à ce résultat. D’une part, le clivage ethno-linguistique, évident dès le départ, et qui rendait Harel inacceptable à la vaste majorité des Anglophones. Pour triompher de Tremblay, il aurait fallu, soit que Harel obtienne un pourcentage du vote francophone qui aurait correspondu aussi à une polarisatio ethnique du vote – ce qui n’était ni probable ni souhaitable – soit que Bergeron fasse sauter l’embâcle ethnique et obtienne un appui solide des Anglophones.

Le voeu de ceux qui souhaitait un changement était que cet embâcle saute et que le vote anti-corruption – francophone comme anglophone – propulse Bergeron en tête. Tout a fait réalisable, mais il y avait un danger pour la minorité anglophone; si seul le vote anglophone faisait ce pas, c’est Harel qui beneficierait du transport des votes anglophones de Tremblay alors affaibli, vers un Bergeron qui n’aurait pas la note de passage.

Un risque que la communauté anglophone ne voulait pas courir. Expectative, donc… Quand les prises de position contre Bergeron des choniqueurs de Gesca ont convaincu la presse anglophone que l’Establishment québécois ne laisserait pas tomber le systeme en place – va pour Harel, tout étant là pour montrer que les même forces resteraient au pouvoir, mais pas un facteur imprévisible comme Bergeron – The Gazette a jeté son glaive dans la balance en soutenant Tremblay, produisant le résultat que nous avons eu. L’analyse détaillée du vote d’ici un jour ou deux confirmera ce scénario.

Quelle conclusions en tirer ? D’abord modifier le scrution uninominal a un tour qui ne vaut que pour une démocratie bipolaire à l’americaine. Si les gens commencent à reflechir et qu’on pense à des tierces options, ce type de scrutin n’a plus sa place.

Ensuite, rendre le vote obligatoire, tout en introduisant l’option de refuser tous les candidats. C’est l’inertie qui a permis à 14% de l’électorat de créer la situation que nous risquons de vivre. On peut facilement imaginer que la population qui aurait DÛ faire une choix n’aurait pas fait celui-là.

Enfin – et surtout – une lueur d’espoir. En quelques semaines, entre la confirmation par Labonté du cloaque qu’était devenu Montreal et l’élection municipale, le soutien à Projet Montréal a doublé ! La seule information libre a laquelle l’électeur a eu droit a été celle des blogues, mais la vague Bergeron a doublé et est monté à 26%, malgré la mauvaise fois et tous les efforts des médias traditionnels. Il s’en est fallu de bien peu…

C’est sans doute la dernière de ces vagues qui n’aura pas emporté la digue. Il suffit d’extrapoler la tendance, pour comprendre que la prochaine élection ne se gagnera pas dans le médias traditionnels, discrédités encore un peu plus lors de ce scrutin, par ces gens comme Alain Dubuc qui ont traité d’hurluberlu un candidat auquel finalement aura fait confiance 26 % de la population.

Elle se gagnera aur les medias citoyens où l’on pourra se parler à l’abri de la corruption et de l’hypocrisie de ces pseudo journalistes à la solde d’une presse qui ne veut pas informer, mais manipuler. Gesca a menacé de fermer ses journaux le 1er décembre. Tant mieux. Il y a une alternative à l’Évangile selon Desmarais. Je la proposerai ici la semaine prochaine.

Pierre JC Allard

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