Nouvelle Societe

28-02-06

Le monopsone bienveillant

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:18

L’ONPA est l’acheteur universel des produits des sous-secteurs agriculture/élevage. Au contraire du secteur minier, où il est ab initio le propriétaire et où il n’a à payer à l’exploitant que le service de le transformer, il est ici l’acheteur d’un produit dont c’est la valeur ajoutée par l’exploitant comme entrepreneur qui est la composante principale. Sauf si la concession a été accordée à un exploitant qui n’y avait aucun droit antérieur ou si l’ONPA lui a consenti un prêt, l’exploitant reste pourtant libre d’accepter ou de refuser cette offre d’achat de l’ONPA.

L’État se porte en principe acquéreur de toute la production, en exécution de contrats conclus avant même que la production n’ait débuté et que quoi que ce soit n’ait été investi pour la produire. Il l’achète à un prix fixé de telle manière qu’il soit suffisant pour rembourser toutes les dépenses que le producteur a dû faire pour produire et que soit rémunéré adéquatement le travail que celui-ci a apporté à cette production. Le processus d’achat passe par les étapes suivantes.

Une fois l’an, à une date fixe qu’il juge opportune, mais toujours la même, l’ONPA divulgue avec transparence sa politique et ses intentions dans un rapport annuel. Il y ajoute des commentaires quant aux cultures dont il souhaite à terme diminuer ou augmenter le volume ou la surface cultivée, ainsi que les efforts qu’il entend mettre pour améliorer l’équipement et augmenter les rendements dans chaque type de culture. Ceci, afin que les agriculteurs comprennent dans quel contexte se situent les

changements qu’on leur suggère et puissent prévoir le soutien financier et technique dont ils disposeront.
L’ONPA, par exemple, si sa politique a moyen terme est de diminuer l’usage du tabac et d’en réduire progressivement ses achats d’une année à l’autre, le dira clairement et proposera une ou des cultures de substitution. Il autorisera inconditionnellement le passage vers ces cultures de substitution et l’encouragera en offrant pour celles-ci des prix plus élevés, en mettant prioritairement l’expertise technique de ses conseillers au service de ceux qui veulent ainsi transformer leur exploitation, en leur proposant au besoin une formation professionnelle ad hoc et en accordant des crédits spéciaux pour l’achat des équipements nécessaires à cette nouvelle culture. C’est ce genre d’information que diffuse, entre autres, le rapport annuel

Le rapport annuel de l’ONPA rend public également le calendrier d’émission des offres d’achat de produits agricoles qui seront proposées en cours d’année aux producteurs, indiquant pour chacune les quantités approximatives que l’ONPA compte acquérir. Les offres d’achat elles-mêmes sont émises aux dates ainsi indiquées au calendrier, une ou plusieurs fois par année selon la nature du produit. Ainsi, par exemple, si un type de culture permet deux récoltes par année, les offres d’achat seront émises deux fois par an, chaque 60 jours avant le moment normal des semences. Le principe directeur est que l’exploitant puisse accepter ou non l’offre d’achat d’un type de production avant de s’être commis à la produire.

L’offre d’achat est publiée sur le site de l’État sur Internet. (Même dans les pays les plus pauvres, une Nouvelle Société qui s’installe offre immédiatement à tous ses citoyens un accès universel à l’Internet.) L’ONPA décrit le produit qui fait l’objet de l’offre d’achat en en donnant les spécifications et annonce le prix offert, s’engageant à acheter à ce prix toute quantité du produit dont le producteur est prêt à lui confirmer la livraison au moment de la récolte. Dans les 30 jours suivant la publication de l’offre, le producteur peut accepter cette offre pour la quantité qu’il veut produire, confirmant son accord sur le site Internet de l’État

Dès que le délai de réponse à son offre d’achat est expiré – un mois avant les semences ou l’événement déclencheur qui en tient lieu s’il s’agit d’un autre type de production – l’ONPA, au vu des quantités dont on lui a confirmé la livraison qu’on lui a confirmés et de son estimation des besoins (consommation interne et exportation), peut faire aux producteurs une deuxième offre, à un prix différent. Cette offre n’est faite que si la quantité dont on lui a confirmé la livraison est insuffisante.

L’ONPA qui fait cette deuxième offre ne s’engage cependant cette fois qu’à acheter la quantité dont il a besoin. La page ONPA du site Internet de l’État confirme, dès qu’il les reçoit, les acceptations de son offre que les producteur lui font parvenir et, quand le seuil qu’a fixé l’ONPA est atteint, la confirmation automatique que retournait le site aux producteurs est remplacée par un avis les informant que leur acceptation a été tardive et qu’ils doivent désormais s’intéresser à une culture différente.

Les offres d’achat, respectent les cycle de production des divers produits, mais sont décalées dans la mesure du possible, de façon à ce que leur refus de s’engager dans un type de production aux conditions qui leur sont offertes laisse au producteur une marge de manoeuvre pour accepter une autre offre et produire autre chose. Des offres distinctes sont faites pour tous les types de culture, les produits laitiers, la laine, le bétail d’abattage, etc., et les conditions de livraison varient évidemment selon la nature du produit.

l’ONPA se porte ainsi, sans aucune contrainte, acquéreur de la production agricole. Il le fait en principe selon son estimation des besoins, mais rien ne lui interdit – dépendant de la nature du produit, bien sûr – d’acheter plus et de se constituer une réserve pour faciliter la transition d’une culture à une autre, ou d’acheter moins et d’encourager ainsi certains producteurs à écouler une partie de leur production directement auprès des consommateurs.

L’agriculteur, en effet, a ici le meilleur de deux mondes. Il peut d’abord vendre sa production à l’ONPA et se mettre ainsi à couvert des aléas de son métier; ce qu’il va produire est alors vendu avant même que la graine ne soit en terre et une assurance le protège contre tous les risques sauf son ineptie. Rien ne l’oblige à le faire, cependant. Il peut spéculer que la demande sera plus forte que ne l’a prévu l’État, s’abstenir de vendre tout ou une partie de sa production à l’ONPA et chercher à la vendre lui-même. C’est son droit et son risque.

Devenu acquéreur d’une très large part de la production agraire, l’ONPA en prend livraison et approvisionne les grossistes nationaux qui en assureront la vente aux consommateurs, selon la cédule dont il a convenu d’avance avec eux. Il vend ensuite sur les marché mondiaux, de gré à gré ou au cours des denrées, les produits dont la production nationale est suffisante pour en faire l’exportation. Il importe de la même manière, en quantité suffisante et au meilleur prix, les produits pour lesquels la demande nationale est supérieure à la production nationale.

Pierre JC Allard

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