Nouvelle Societe

19-12-05

16 Taxer la monnaie

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:18

La façon la plus simple de taxer le capital monétaire est de programmer une inflation qui en soustrait une parcelle de la valeur au profit de l’État, ce qui peut se faire sans même que le contribuable ait à poser quelque geste que ce soit. La richesse monétaire a toujours été toujours soumise à cette taxe spéciale sur le capital qu’on appelle l’inflation et une inflation contrôlée est un excellent outil fiscal

C’est par l’inflation qu’on doit taxer la monnaie… et on évite ainsi toute évasion. Pour taxer la monnaie, un gouvernement n’a qu’à imprimer plus de billets. Quand il imprime des billets, il crée en principe une inflation égale à la dilution de la valeur de chaque billet par l’ajout de ces billets supplémentaire, puisque rien n’est venu s’ajouter à la réalité que ces billets représentent

On dit «imprimer » par tradition, mais on en est désormais au tout virtuel ; la somme de ces billets consiste uniquement en une note écrite puis manipulée dans les livres de l’État. Hélas, quand on est au tout-virtuel, l’inflation, ne dépend plus principalement de l’émission de monnaie tangible ou intangible par l’État, mais surtout des manipulations des institutions financières et des spéculateurs. Aussi longtemps qu’il en est ainsi, l’inflation ne peut pas être contrôlée ni donc utilisée à bon escient par l’État.

Que se passe-t-il, aujourd’hui, si le gouvernement veut dépenser un milliard de dollars ou d’euros de plus que ce que ses recettes lui permettent ?  Il s’adresse à un consortium financier et promet de lui verser, selon le taux du marché,  2, 4, 6.., 8%  par année en “intérêts”, pour le privilège de prétendre que l’État n’a PAS imprimé cet argent, mais qu’il s’agit de l’argent du consortium financier.

Quand il a rempli cette formalité, le gouvernement fait dans ses livres les modifications nécessaires, comme si, ayant reçu la bénédiction des capitalistes, l’État était miraculeusement devenu plus riche. Quand il a fait ces modifications, il peut disposer du milliard. Il imprime les chèques, traites, effets et billets qu’il veut à hauteur d’un milliard.

En passant par l’intermédiaire obligé des shylocks, on crée ainsi une dette qui entraîne chaque année, en intérêts, un transfert gratuit de richesse vers les nantis encore plus important que les transferts que l’État fait à ses déshérités!  Si, au contraire la monnaie est créée à la Banque de l’État et que sa politique monétaire est transparente, l’État le dit à tout le monde… mais ne rien promet rien à personne…

Il annonce loyalement au monde entier que sa masse monétaire a augmenté d’un milliard et que la valeur réelle de chacune de ses unités monétaires a donc baissé. Cette baisse constitue une taxe à la source prélevée de chaque détenteur de billets. De combien la valeur de ses unités monétaires a-t-elle baissé?

Aujourd’hui, le rapport entre l’argent et la réalité est devenu si élastique que personne ne peut plus savoir l’impact exact sur sa valeur d’une augmentation de la monnaie en circulation. C’est la rumeur qui la détermine. Mais si l’argent en circulation est de nouveau un rapport direct avec les biens réels qu’il est censé représenter, toutefois, le calcul est enfantin: doubler la masse monétaire circulation et chaque billet perd la moitié de sa valeur d’achat. Augmentez-la de 5% et vous diminuex sa valeur unitaire dans le même rapport.

Quand le Gouvernement ne se finance plus via les marché financiers, mais par une inflation contrôlée, il décide du taux qu’il appliquera et une “inflation fiscale” est provoquée sciemment par une augmentation précise et totalement transparente de la masse monétaire. La même taxe est perçue sur le capital réel, comme nous le verrons plus loin. Prenons pour hypothèse de travail un système dont les shylocks ont été chassés et voyons comment, cette formalité préalable ayant été accomplie, le reste d’un régime fiscal équitable et efficace basé sur l’imposition du capital peut être mis en place.

Le taux de taxation du capital est une décision qui dépendra des orientations politiques de l’État. A titre d’illustration, toutefois, considérons que l’État, pour face face à ses obligations courante de l’années, sans redistribution accélérée de la richesse – donc sans bouleversement de l’ordre social – et excluant le remboursement de la dette dont nous parlerons plus loin, croit devoir disposer d’une somme égale à 7,2% de la masse monétaire présentement en circulation. 

Pour obtenir ce résultat, il ne la perçoit pas, il l’imprime. Pour chaque cent milliards de masse monétaire en circulation l’État a ajouté à celle-ci 7,2 milliards.

L’État augmentee la masse monétaire de 0,6% par mois, diminuant donc d’autant le pouvoir d’achat de l’argent en circulation. Toutes choses étant égales par ailleurs, les prix augmentent de 0,6% par mois. 

Ce n’est pas un cataclysme. Ce n’est pas la vision dantesque des milliards de marks sans valeur du début des années trente, évoquée par les shylocks qui ne veulent pas qu’on les court-circuite.

Une inflation de 0,6% par mois, c’est moins que ce que des pays comme l’Italie ou la France ont connu à maintes reprises durant les « Trente Glorieuses » sans que ne souffle la panique. Une inflation de ce type est ce que nos États ont vécu pendant des décennies, sans s’en porter plus mal. Où serait l’innovation ?

L’innovation, c’est qu’au lieu d’être remis aux banquiers du capitalisme, ces 7,2 milliards iront dans les coffres de l’État. L’État ne cherchera pas à couvrir tous ses besoins financiers à partir d’ajouts à la masse monétaire; il doit, en toute équité, taxer aussi les biens à valeur consensuelle, mais Il retirera de l’inflation fiscale des sommes substantielles.

Il ne faut pas croire, en effet, que l’inflation se limitera à taxer les détenteurs de billets de banque, ce qui est la menue monnaie de notre économie; elle taxera aussi tous les détenteurs d’effets non-indexés libellés en monnaie légale…  Les seuls dépôts bancaires représentent aujourd’hui des milliers de milliards, la dette publique également, et il y a le papier commercial et ces opérations hors-bilan dont nous avons déjà parlé … Beaucoup d’argent.

Pierre JC Allard

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