Nouvelle Societe

19-12-05

08 Crédit gratuit

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:40

Quand toute valeur monétaire converge vers la Banque de l’État, chaque individu a toujours ses biens réels qui ne changent pas, mais toute transaction qu’il effectue dans le miroir de la richesse symbolique  revêt la forme d’un simple changement de notation à son compte à cette Banque de l’État. Vous avez payé ? Vous avez moins. On vous a payé ? Vous avez plus.

À la Banque de l’État, une somme peut passer d’un compte à un autre, gracieusement ou contre valeur reçue, mais, si elle est déposée à un compte elle doit sortir d’un autre compte.  Peut-être celui qui est crédité  a-t-il contracté une dette envers quelqu’un qui a approvisionné son compte –  et celle-ci alors apparaîtra à leurs bilans respectifs – mais cette dette ne concerne pas la Banque. Rien ne se perd, rien ne se crée.

Une somme ne peut apparaît à un compte sans sortir d’un autre compte que si un CREDIT est  consenti.  Seul l’État peut le faire : car c’est lui qui change la notation au compte crédité. Quand l’État accorde un crédit, aucune richesse n’est créée. L’État a simplement accordé un droit de dépenser à celui qui reçoit le crédit et donné son aval à sa promesse de ce dernier de le rembourser qui est un engagement envers la société.

Il remboursera quand il aura cette somme. Probablement quand il l’aura gagnée en posant un geste qui aura contribué au bien-être de quelqu’un ou de la société et pour lequel un individu ou l’État l’aura rémunéré.  Peut-être quand quelqu’un la lui aura donnée. Peut-être quand on lui en aura fait remise, dans l’équivalent de ce qu’on appelle aujourd’hui un ajustement structurel. L’important, c’est de comprendre que quand il la recevra, c’est qu’elle sera sortie d’un autre compte.

En attendant, il a une dette envers l’État. Un jour, il la remboursera… mais rien ne presse.  Et on ne lui chargera pas un intérêt. C’est lui qui nous rend service… Quelle est la logique derrière le paiement d’un intérêt ?  C’est la transposition vers le symbolique de la préférence pour la jouissance immédiate des services que peuvent rendre les biens qui constituent la richesse réelle.  Cette préférence n’est pas contestée; mais le prix qu’on demande aujourd’hui pour satisfaire cette préférence et sa récupération par le Capital sont une arnaque.

Dans une société qui a atteint l’abondance, consommer plus vite n’est PAS toujours à l’avantage de l’utilisateur et au désavantage du fournisseur; c’est souvent le contraire.  Ce dernier, qui est prisonnier de ses schèmes de production et qui porte le coût de la gestion de ses stocks, ne demande qu’à accélérer le processus et à livrer le produit avant d’en toucher le paiement. Il ne demande pas un intérêt pour le faire, il est prêt à consentir un rabais… Le temps lui coûte !

C’est dans le passage du réel au symbolique que la table tourne et que l’avantage est toujours du côté du prêteur… qui réclame un intérêt.  Un intérêt que rien ne justifie, sauf le fait qu’il peut être exigé, puisque la possession de richesse symbolique, contrairement à celle d’un bien réel, ne donne AUCUN autre service.  On a une situation où seule la rareté du capital monétaire – totalement arbitraire, puisque la monnaie est créée de façon discrétionnaire par la banque du capitaliste – sert à justifier l’exigence d’un intérêt croissant avec le temps, même si. au palier du réel, la valeur de ce temps est NÉGATIVE !

Le consommateur paye un intérêt, le producteur consent un rabais, seul le capitaliste gagne … à la mesure de son pouvoir de biaiser le rapport entre richesse réelle et symbolique. Si la première arnaque du système capitaliste est sa création discrétionnaire de monnaie et la distribution de cette monnaie à sa guise,la deuxième est la perception d’un intérêt universel imposé sur tout crédit, comme un droit de cuissage. Sur vous, sur moi et sur toute activité économique de la société.  Même sur l’État lui-même, qui en est convaincu par la corruption.

Quand l’État devient le banquier, il peut utiliser le crédit pour ajuster la demande à l’offre, et maintenir la demande effective dans le miroir sur le court terme sans cesser de promouvoir l’évolution de la capacité de production, pour que, dans la réalité, elle s’ajuste à moyen terme à la demande de consommation.

Dans ce contexte, le crédit accordé au consommateur n’est PAS une faveur qu’on lui fait. C’est l’État qui accorde la crédit à la consommation. C’est un outil de gestion de l’économie, dont tout le monde tire profit. Le consommateur n’a  pas à assumer le coût d’un intérêt sur ce crédit fluctuant que lui consent l’État, puisque rien ne lui a été donné, si ce n’est un accord de consommation anticipée qui est utile à la société encore plus qu’à l’individu. La condition d’un intérêt posée à cet accord serait une forme de chantage. Une extorsion, comme celle que pratique aujourd’hui Méphisto ; l’État ne fera pas chanter ses citoyens.

L’individu moyen sera toujours plus ou moins en dette envers l’État, dont ce sera une partie essentielle de la politique financière de consentir ces avances. L’individu en viendra a considérer comme normale cette relation d’une crédit ouvert avec l’État, laquelle se substituera à la relation néfaste qu’il entretient aujourd’hui avec des organismes de crédit privés.

Le crédit globalement accordé par la Banque de l’État sera  concrètement défini au vu des besoins de l’économie, dont la consommation des particuliers est une variable importante.  Il y a naturellement une limite au credit que l’État peut consentir à chaque individu, mais elle ne sera plus arbitraire. À moins que ses biens ne soient sous curatelle, on prêtera à chacun, sans discussion, à la hauteur de ses deux (2) actifs reconnus.

1)  son patrimoine, à la valeur réelle qu’auraient ses biens s’il souhaitait les réaliser – nous verrons plus loin comment cette valeur est déterminée, et 2) son espérance de revenu par son travail – un montant déterminé par sa certification professionnelle et son l’espérance de vie au moment de l’emprunt – moins un réserve égale, au montant minimum sans lequel on considère qu’il ne pourrait assurer sa subsistance.

Pierre JC Allard

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4 commentaires »

  1. @ Pierre JC

    Vous me pardonnerez cette petite critique, mais vous semblez ignorer tout de la réelle fonction de l’intérêt dans une économie. Je vous conseille de lire les ouvrages de Eugen von Boehm-Bawerk qui a été le premier à développer le concept de préférence temporelle. Ne savez-vous donc pas que toutes choses étant égales, les gens préfèrent recevoir de l’argent dans le présent que dans le futur et donc qu’ils accordent une plus haute « valeur » à ce qu’ils peuvent avoir maintenant? La nature de l’intérêt, c’est que c’est le prix qu’on paye pour recevoir une somme d’argent maintenant qu’on ne pourrait autrement avoir que dans le futur, en épargnant. Pendant ce temps, le prêteur doit lui s’abstenir de consommer dans le présent, ce qui représente un coût pour lui. Il doit donc être récompensé pour son attente. Puisque la valeur présente est plus grande que la valeur future, une prime doit être ajoutée à la valeur future pour égaliser les comptes. C’est ça la vraie fonction de l’intérêt.

    Commentaire par Philippe David — 15-03-10 @ 9:46

  2. @ Philippe David

    Mais oui, je connais… Autrement, on ne m’aurait pas donné mon papier à Paris… :-)). C’est justement ce que remet en question mon paragraphe 5 .  » Dans une société qui a atteint l’abondance, consommer plus vite n’est PAS toujours à l’avantage de l’utilisateur ….  »

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 16-03-10 @ 7:14

  3. Effectivement, s’il n’y avait pas une prime à payer sur la consommation présente, on voudrait tout tout de suite. L’intérêt met un frein à la surconsommation et encourage l’épargne.

    Commentaire par Philippe David — 16-03-10 @ 3:22

  4. @ Philippe David:

    Vous êtes conscient que vous n’argumentez pas, mais faites itérativement profession de foi ? Je connais les théories économiques, dont celles de Mises, Hayek, etc. Mais le monde a changé. Ce n’est plus la demande qui détermine l’offre, mais le contraire. Vous pouvez appeler ça « corporatisme » – et c’est bien ainsi que je l’appelle aussi – mais vous en tirez une justification d’un capitalisme utopique, qui n’existe plus et ne peut désormais exister que comme corporatisme.

    Voyez ces liens vers deux articles qui sont en fait la suite l’un de l’autre. Il y a une douzaine d’articles qu’il faudrait lire en préalable à ceux-ci, mais prenons ici le train en marche:

    https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/18/le-baccarat-des-inities/
    https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/19/les-joueurs-bien-eleves/

    Quand les amis des chiens ont compris que le dingo australien était plus féroce que n’importe quel loup, ils ont nié, et nié…. mais que le dingo soit un chien, comme le disent les zoologistes, ou soit autre chose, comme le voudrait la SPCA anglaise…. le dingo tue, il mange les moutons et il faut l’abattre.

    Le système que je propose est celui qui peut nous sortir de l’impasse actuel avec un minimum de problèmes, injustices et de violence…. Le « tea party » américain est à un cheveu de devenir un mouvement insurrectionnel… et il a raison. Mais il faudrait tout essayer avant de sortir le guillotine. Si Obama était assassiné, ce serait la fin du monde que nous connaissons.

    PJCA

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 17-03-10 @ 1:57


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