Nouvelle Societe

19-12-05

06 Dématérialiser

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:30

Il faut créer une structure monétaire et bancaire honnête et efficace, malgré la violente opposition de ceux qui profitent du système actuel. Ce ne sera pas facile. Ce sera sans doute l’ultime décision à prendre pour passer à une Nouvelle Société ou, plus probablement, le premier geste à poser pour en assurer le fonctionnement quand celle-ci se sera imposée.  Le premier geste de l’État sera donc  de prendre le contrôle du système bancaire et de contrôler l’émission de monnaie et le crédit.

Il ne s’agira évidemment pas de supprimer monnaie et valeurs symboliques et de risquer un retour à une économie de troc. La monétarisation a été un grand pas dans l’évolution et elle est irréversible. La  transformation du système financier actuel n’impliquera pas que nous fassions marche arrière, mais que nous allions jusqu’au bout de l’action pour compléter la monétarisation de l’économie,

Dans une Nouvelle Société, toute richesse, comme aujourd’hui, sera exprimée en termes de monnaie, mais cette monnaie cessera de reposer sur un support matériel. La richesse monétaire de tout citoyen doit consister en son crédit global à son compte bancaire… à la seule banque qui est la Banque de l’État. Il faut donc terminer la dématérialisation totale de la monnaie

Rien là de surprenant ; on a déjà dématérialisé presque totalement les valeurs en bourse !  Les titres au porteur que volait Arsène Lupin – monnaie encore mise à part, pour l’instant, bien sûr – n’existent plus, en effet, que pour soutenir des opérations illicites ou tout à fait marginales dans quelques pays éloignés.  Quand on en voit encore des titres, ce ne sont généralement que des pense-bêtes, comme des billets d’avion électroniques ; le véritable titre, la véritable preuve de propriété d’un nombre donné d’actions d’une société cotée en bourse, c’est la notation aux livres de cette dernière, corroborée par un courtier dûment reconnu et par les institutions responsables.

Les trillions de dollars de valeur en Bourse, (milliers de milliards, pour ceux qui préfèrent cette formulation) – sont déjà dématérialisés. Il ne s’agit que de compléter l’opération pour les espèces. La menue monnaie.  On pourra le faire sans rien changer au système, simplement en demandant à chacun d’aller porter ses espèces, dites archaïquement « sonnantes et trébuchantes », à la Banque de l’État et d’en accepter en échange un crédit pour la même somme. Un crédit qui s’ajoutera  à ce qu’il possède déjà et lui donnera alors accès à TOUTE sa richesse… et à tout son credit.

L’opération est triviale. La Banque de l’État ouvre un compte à tout adulte qui en fait la demande et lui émet un carte qui lui donne accès à tout l’argent qui est déposé à son compte, ainsi qu’à la marge de crédit que lui consent la la Banque et dont nous voyons au prochain texte comment elle est établie. Pour chaque individu ou société, il doit y avoir un seul numéro d’identification de base; on doit savoir avec qui on traite. A partir de ce numéro de base, toutefois, le détenteur du compte peut ouvrir autant de sous-comptes que le requiert sa propre comptabilité, chaque sous-compte étant identifié par un numéro supplémentaire.

Cela fait, on retire de la circulation les billets de banques. Ceux qui en possèdent n’ont qu’à faire créditer leur compte de la valeur de ces billets.  Gênant, pour ceux qui détiennent des sommes significatives non déclarées dans un coffret de sûreté ?   Peut-être, mais sont-ce les gens honnêtes qui auront des explications à donner. Les piécettes peuvent rester, pour la joie des collectionneurs…

Il y a beaucoup d’avantages à  dématérialiser la monnaie. Quand on remplace la monnaie par un système universel de crédit, on règle d’abord  le problème du vol. Non seulement parce qu’il n’y a plus d’argent à voler, mais surtout parce que quiconque vole quelque chose n’en tire un avantage que dans la mesure où il peut l’utiliser lui-même – ou l’échanger directement contre autre chose qu’il puisse utiliser – ce qui ramène le « système économique » des voleurs à des milliers d’années en arrière, sans nuire en aucune façon aux échanges honnêtes.

Sans monnaie, fini le vol organisé à grande échelle, car toute transaction passant désormais par une institution financière et, étant automatiquement enregistrées, les transactions honnêtes se font facilement, mais il est difficile, pour un receleur, par exemple, de verser au compte d’un voleur notoire un paiement pour des marchandises volées….

Tout aussi important, si tout paiement doit être déduit d’un compte en banque et ajouté à un autre, il est bien difficile pour un trafiquant ou tout autre commerçant illicite d’expliquer la provenance de l’argent qui entre à son compte. Très difficile aussi, pour qui que ce soit, de cacher une part de son revenu si toutes ses entrées doivent être déposées à un ou plusieurs comptes à son nom…et son capital doit rester en réels, visibles.  La fraude fiscale en est bien réduite.

Ne serait-ce que pour ces avantages de réduire le vol et le trafic et de rendre l’impôt honnête, il vaudrait déjà la peine de remplacer la monnaie « physique » par autre chose. Mais l’utilisation du système est aussi bien commode. En 1992, cette proposition était novatrice. Aujourd’hui, personne ne s’en étonne et la procédure de virements aux fournisseurs que nous proposions, bien avant que l’usage n’en devienne courant, n’exige plus aujourd’hui d’explications.

Au lieu de traîner des bouts de papier qu’on peut perdre, il n’y a que des avantages à avoir un « crédit » à son nom à la Banque de l’État et à exécuter toutes les transactions simplement en faisant des additions et des soustractions entre les comptes.

Tout ça est si facile, qu’on peut se demander pourquoi la monnaie n’est pas déjà disparue, alors que la contrefaçon est devenue si courante… La seule explication qui tient est que la face cachée de notre économie – vols, trafics, blanchiment d’argent et évasion fiscale – en constitue aujourd’hui un élément essentiel. Si l’on décidait tout à coup d’en réduire le poids de façon dramatique, il faudrait remettre trop de pendules à l’heure. Mais on le fera… dans une Nouvelle Société.

Pierre JC Allard

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