Nouvelle Societe

08-12-05

07 Le soutien à la création

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 7:12

Le premier volet d’une politique culturelle est la conservation du patrimoine au sens large ; le deuxième volet en est de soutenir la création de nouvelles œuvres dont chacune, en plus de sa valeur objective, devient un témoignage de la pensée et de la vie de son époque et un élément d’une continuité dont être cultivé exige que l’on soit conscient.

Le soutien que l’État apporte à la production culturelle est d’abord systémique. Le premier et le plus riche cadeau de l’État aux créateurs, c’est le loisir qui vient de pair avec la mise en place d‘un régime de revenu-travail garanti. Dans une Nouvelle Société, quiconque le souhaite a un revenu qui lui est versé en contrepartie d’un travail qui ne l’occupera qu’une fraction de son temps.

Il peut consacrer le temps qui lui reste à un travail autonome et augmenter son revenu…ou à une activité sans retombées lucratives immédiates, qu’il peut voir alors comme un loisir ou comme un investissement dans sa propre créativité. C’est la responsabilité de l’individu de faire ce choix et, s’il choisit d’être un créateur l’État ne subventionnera pas sa démarche au-dela de ce revenu qui lui accordé à lui comme à tous. Pourquoi cette réticence à financer plus généreusement la création culturelle ?

Parce que l’État ne se croit en aucune façon investi d’un talent, qui viendrait avec le pouvoir, de déceler le génie de produire la culture qui plaira à ses commettants. Il se perçoit dans le seul rôle d’un dispensateur prudent des deniers de la collectivité qu’il représente. On ne peut tout donner à tous pour créer ; l’État choisit donc de laisser les aspirants créateurseux-mêmes porter le jugement préalable que ce qu’ils produiront correspond bien à une demande de la population.

Si c’est bien le cas et que celle-ci qui y prend plaisir, elle sera consentante à rémunérer le créateur au prix que celui-ci juge acceptable pour ses efforts. Sinon…. c’est au créateur de s’adapter. Ce n’est pas le rôle de l’État de donner raison au créateur contre le monde ordinaire, en lui donnant l’argent que celui-ci lui a confié pour promouvoir une culture qui lui plaise.

L’État est un facilitateur qui se veut impartial. Il pourra, à certaines conditions avancer des fonds pour la production de biens culturels, mais ce sera une mesure consentie avec l’espoir raisonnable et non frivole que cette avance sera remboursée. Même l’État qui acquiert une œuvre – en réalisant le plan d’un architecte pour un édifice public, par exemple – devra s’assurer que cette décision n’est pas arbitraire, mais est bien l’expression d’une volonté populaire.

Au-dela du revenu garanti qui est la base de tout, le soutien systémique qu’apportera l’État visera donc essentiellement à faciliter la promotion, la diffusion et la commercialisation des produits culturels. En tout premier lieu, il s’agira de faire connaître les travailleurs de la culture et de les rendre accessibles. L’État publiera donc annuellement un “Annuaire des Arts & Lettres”.

Cet annuaire est un bottin descriptif en deux (2) volets des ressources du champ de la culture. Dans un premier volet (#1), tous les intervenants dans les divers domaines de ce vaste champ la culture sont inscrits avec leurs coordonnées, un bref résumé de leurs antécédents académiques et professionnels et la description de l’activité professionnelle pour laquelle ils se prétendent qualifiés.

Dans une Nouvelle Société, des bottins sectoriels similaires existent pour tous les secteurs d’activité. Dans d’autres domaines – en santé, par exemple – cette information est préparée par l’individu concerné, mais ne peut être introduite à l’Annuaire idoine que par un corps professionnel compétent autorisé à ce faire et disposant du code requis.

Dans le champ de la culture, toutefois, l’obligation que l’inscription soit faite par un organisme reconnu est levée. Chacun, peut toujours s’y inscrire et se décrire lui meme ainsi que sa démarche, dans l’espace mis à sa disposition au volet #1. Le propre de la culture est d’être libre et librement structurée ; on ne doit donc pas avoir à demander à qui que ce soit de confirmer que l’on est un artiste ou un écrivain. Quiconque peut se dire artiste ou écrivain et il n’appartient pas à l’État de mettre en doute cette affirmation.

Dans un deuxième volet (#2) on trouve la localisation, la description et le détail des services, équipements et ressources pertinentes à la culture. Les éditeurs, correcteurs, agents litteraires de même que les salles de spectacles, galeries, espaces et autres lieux d’art et établissements dont les services sont reliés à l’art et aux lettres peuvent s’y inscrire eux-mêmes. Toute fausse représentation, toutefois, sera réprimée et sévèrement punie.

L’Annuaire des Arts & Lettres” permettra aux ressources humaines qui veulent oeuvrer dans le secteur de la culture de se faire connaître, de promouvoir les “produits” qu’ils offrent et d’initier des relations commerciales en ligne. On pourra ainsi, à partir de cet annuaire, créer l’embryon d’un marché transparent pour les produits culturels, littéraires et artistiques. Il n’en coûtera pas bien cher à l’État de le faire, puisque cet annuaire sera publié sur le site Internetd de l’État, dans une société qui garantit à tous un accès gratuit à ce site.

L’État en fera-t-il plus ? Il faut distinguer ici entre deux types de création culturelle. D’abord, la création d’œuvres qu’on voudrait durables et dont on prévoit qu’elles seront des ajouts permanents au patrimoine. Ensuite, cette activité ininterrompue dans une société d’événements culturels qui ne visent rien d’autre que le plaisir qu’ils procurent dans l’instant présent. C’est le domaine de l’éphémère..

Dans les deux (2) prochains textes (08 et 09), nous traiterons du soutien à la création d’œuvres faites « pour durer ». Dans le texte suivant (10), il sera question de l’aide à la production de culture pour consommation immédiate : le monde du spectacle et des interprètes. Ce soutien passe par leur diffusion, ce qui est le troisième volet de la politique culturelle de l’État.

Pierre JC Allard

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