Nouvelle Societe

08-12-05

08 L’éditeur universel

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 7:15

Le premier véhicule de la culture demeure le livre. Le livre dans le sens de sa forme, mais de son contenu qui est celui que nous avons associé à la Bibliothèque. La pensée évolue et les idées foisonnent, au rythme des événements, de l’imagination et des volutes de la culture elle-même qui grandit. Cette évolution suggère plus de livres qui trouveront leur place à la Bibliothèque et créeront plus de culture…. S’ils sont écrits, publiés et diffusés.

Il y a quelques décennies, avec l’explosion des connaissances et du nombre de ceux qui avaient l’éducation et surtout le loisir d’écrire, être publié est devenu un privilège, une faveur rendue par un éditeur et un distributeur… Puis l’internet a changé la donne. Vraiment ? Changé la donne en apparence, seulement, car si tout le monde maintenant peut se publier, il est de plus en plus difficile de sortir du rang, de se faire remarquer parmi tous les volontaire-sécrivains qui ont fait un pas en avant… et d’être lu.

En réalité, les menottes sont tombées et chacun peut désormais gesticuler dans l’écriture, mais éditeurs, distributeurs, agents littéraires et assimilés – qui seuls peuvent accéder au réseau des médias copains – restent les geôliers de la culture. Sans contention, mais ils ne vous laisseront pas échapper de la prison de anonymat si vous ne leur payez pas hommage et tribut.

De sorte que n’est vraiment diffusé et offert à la population qu’une fraction de ce qui pourrait l’être. Être lu, pour le quidam qui se veut auteur, est déjà un gros défi. Être rémunéré pour l’être en est un plus grand encore et, s’il veut vivre de sa plume, il rencontrera des obstacle qui tendront à devenir insurmontables. Une société qui veut optimiser la culture doit pourtant libérer toute sa créativité. C’est l’État qui doit devenir l’éditeur universel.

L’État devrait assurer la publication sur le Web de tout livre, essai, ou autre document littéraire, à la simple demande de tout citoyen qui en est l’auteur Tout ce qui sera produit ne sera évidemment pas bon, mais les lecteurs pourront séparer le bon grain de l’ivraie. L’auteur qui soumet un texte à l’État pour publication en ligne sera considéré avoir satisfait à toutes les formalités de copyright, d’obtention de numéro ISBN et de dépôt légal aux bibliothèques nationales concernées. L’État prendra en charge pour lui ces formalités.

Surtout, il l’aura ce faisant enregistré à la grande Bibliothèque virtuelle de l’État, rendant ainsi son oeuvre accessible au monde entier. En éliminant les contraintes physiques et matérielles à la publication des ouvrages, on permet un essor inouï de la production littéraire et scientifique. Tout le monde y viendra, mais la première nation qui posera ce geste prendra une longueur d’avance sur toutes les autres sur le plan de la diffusion de sa culture.

L’accès au patrimoine culturel est un droit sacré de l’individu et le télédéchargement d’une œuvre, à l’intérieur de certaines limites généreuses, doit être gratuit pour le lecteur. L’auteur, pourtant n’en doit pa moins être rémunéré pour son travail. Qui payera les droits d’auteur? Nous, bien sûr – car il n’y a finalement que le citoyen pour payer quoi que ce soit ! – mais l’État sera l’intermédiaire par qui la culture arrive. L’État mettra simultanément en place une procédure simple permettant de percevoir du lecteur et de payer à l’auteur le montant convenu pour en autoriser la lecture en ligne ou le télédéchargement.

Comment le fera-t-il ? L’État consentira à chaque citoyen adulte un crédit annuel applicable au paiement des droits d’auteurs à acquitter pour l’accès à chaque texte. Pour éviter la collusion, toujours possible dans les marchés triangulaires ou l’un achète, un autre vend et un troisième paye, le prix à payer obéira a des normes simples : un prix fixe au mot et trois (3) catégories selon la complexité ou valeur présumée du texte, chaque catégorie ayant son barème. Le roman facile aura son prix et le texte sérieux le sien. C’est l’auteur qui décidera de la catégorie où son livre est placé, le versement de droits d’auteurs à ses ayant-droits cessant 20 ans après son décès.

C’est l’État qui paye pour l’accès aux livres, mais ce montant est sans surprise. L’État fixe chaque année le montant global de ce qu’il veut que soit la rémunération des auteurs. Il crédite alors chaque citoyen adulte de sa quote-part de cette somme, tous les citoyens étant présumés égaux devant la culture. Si – ce n’est qu’une illustration, pas une suggestion ! – on fixait à 25 milliards d’euros la rémunération globale des auteurs et qu’on répartissai les crédits entre 50 millions de lecteurs potentiels, on aurait pour chaque lecteur un crédit de 500 euros.

Quand un lecteur choisit de lire ou de télédécharger un texte, le prix en est débité de son compte et crédité à celui de l’auteur. Quel sera ce prix ? Minime si on le compare au prix actuel des livres, car en moyenne les droits d’auteurs ne représentent pas 10% du coût d’un volume. À dépense égale, on lira dix fois plus : 500 euros qui en valent 5 000 créent l’opulence.

Et la clientèle sera d’autant vaste que le lecteur qui ordonne le paiement n’a à payer que s’il excède la limite fixée avec cette grande générosité. C’est par cette approche que passe la rentabilité du métier d’écrivain, car l’auteur ne touchera peut-être, selon la nature de ses écrits, qu’un 1/200e, 1/100e ou 1/20e de centime du mot, mais à ces conditions des dizaines ou des centaines de milliers, voire des millions de gens voudront le lire.

On peut faire encore plus. L’État peut, au moment de la publication en ligne de son livre, accorder à tout auteur une avance sur les droits qu’il touchera de cette publication sur le Web. Le montant de cette avance peut varier selon la nature de l’oeuvre (poésie, roman, essai…), selon sa taille… et selon le simple succès de ses oeuvres précédentes, succès facile à mesurer par les montants qu’on lui a précédemment versés en droits d’auteur.

Cette approche sera la planche de salut pour les auteurs, surtout ceux des “petits pays”, chaque site national ayant la responsabilité de recueillir les droits d’auteur dus par ses citoyens-lecteurs et de virer les fonds obtenus au site national d’origine du texte qui les versera à l’auteur. Le faisant scrupuleusement au profit des auteurs étrangers, chaque site national sera dans une position de force pour demander qu’on le fasse aussi ailleurs pour ses propres auteurs.

Ce que nous disons des oeuvres littéraires vaut, a fortiori, pour les oeuvres musicales. L’État assurera le télédéchargement gatuit de toute œuvre dont le compositeur et les interprétes sont décédés depuis plus de 20 ans. Personne n’obligera un compositeur ni un interprète à s’en remettre à l’État pour la diffusion d’une œuvre nouvelle, mais l’État leur rendra ce service à demande, télédéchargeant leurs oeuvres au prix qu’il leur auront eux-memes fixés, à tous les auditeurs qui auront établi leur crédit.

Pierre JC Allard

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Un commentaire »

  1. bonjour, je vous découvre à travers un lien qui a été laissé sur un commentaire d’un article que j’ai écrit pour agoravox. je voulais vous remercier pour la qualité de votre site et son message !

    Commentaire par béhar — 04-04-12 @ 3:17


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