Nouvelle Societe

08-12-05

03 La culture à l’école

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 6:56

Le premier outil du développement culturel, c’est la somme des programmes du Cycle Général du Ministère de l’Éducation. C’est là que l’individu est initié à la culture. Il se cultive comme Monsieur Jourdain fait de la prose, car tout peut être objet de culture : ce n’est pas le contenu d’un programme de formation qui en détermine le caractère culturel, c’est l’intention de l’apprenant.

Est culturel pour l’individu ce qui n’est pas appris pour en faire un gagne pain, mais par plaisir ou marquer son appartenance au groupe. Dans cette optique, une maquette complète de programmes permettant d’apprendre tout ce qui peut être appris pour en faire une activité professionnelle permet ipso facto à l’individu d’en acquérir la connaissance formelle pour élargir sa vision du monde, en tirer son plaisir ou parfaire son développement comme être humain.

L’apprentissage culturel comporte un volet obligatoire. C’est ce que l’État juge indispensable de le lui enseigner pour lui donner un sentiment d’identité et d’appartenance et ce qui sert de prérequis à tout le reste. L’objectif premier de la société, sur le plan de la culture, est de souder la collectivité en un tout ; nous n’avons pas à entrer ici dans les détails de ce qui devrait être obligatoire au curriculum pour satisfaire à cet objectif. Que chaque entité nationale fasse loyalement l’effort d’en arriver à un consensus sur cette question.

Ce volet culturel ne doit pas être lourd. Que faut-il y inclure ? des valeurs communes et savoir lire, écrire, et compter, un pré-requis qui s’applique aussi bien à l’éducation professionnelle qu’à la culture. Au-delà de ce pré-requis,, il n’y a pas vraiment de consensus. Le curriculum général actuel est affaire d’opinions et de tradition, privilégiant arbitrairement – parfois en alternance – une théorie éducative puis une autre, un thème ou un autre. La seule constante est de chercher à utiliser les enseignants qu’on a sous la main pour enseigner ce qu’on leur a enseigné.

Disons, intuitivement, qu’en plus de savoir lire, écrire et compter, l’éduqué devrait acquérir des notions simples d’Histoire générale et de géographie, pour se situer dans le temps et l’espace, sans oublier que l’Histoire générale recouvre celle des arts, de la littérature et de la science. Une culture n’existe pas sans ses racines ; on ne parle pas de Michel Tremblay ou de Pablo Neruda sans allusions à Molière ou à Tirso de Molina, mais le principe de base est que obligatoire doit se limiter à l’essentiel et être accessible à tout individu normal.

Des allusions, donc plutôt que des cours. Soyons modestes. Combien de citoyens d’un État contemporain peuvent citer le titre d’une seule pièce d’Aristophane? Combien peuvent dire avec assurance en quel siècle vivait Virgile et en quelle langue écrivait Ptolémée? Le volet obligatoire culturel n’aurait pas à s’étendre bien loin pour élargir les horizons… ! Ne cherchons pas à avoir plus, sinon en exigeant beaucoup moins. Le volet obligatoire de l’éducation dite “culturelle” ne devrait pas occuper plus de 20% du temps que l’éduqué consacre à sa culture.

Quant aux modules discrétionnaires, les civilisations humaines ont appris à connaître des faits, mais elles ont aussi échafaudé une grandiose construction de spéculations, d’opinions, de commentaires qui, parfois, cherchent à expliquer le pourquoi des choses, mais qui peuvent aussi n’avoir qu’une valeur ludique ou esthétique. Qu’est-ce qui est prioritaire dans ce trésor?

 Que l’État laisse l’individu faire ses choix.

Il faut, compte tenu de nos ressources, faire en sorte que l’individu puisse en retirer autant qu’il le peut et le veut, mais toute connaissance apprise n’a as à être enseignéee ; elle peut faire font l’objet d’un module d’apprentissage autodidactique. Ces modules devraient recouvrir l’ensemble de nos connaissances et être accessibles à tous ceux qui s’intéressent à un aspect ou un autre du savoir. On atteindra cette exhaustivité, mais il faudra un peu de temps.

Le système d’éducation deviendra essentiellement autodidactique, mais on transformera d’abord les modules indispensables à nos activités économiques ; la priorité doit être accordée au professionnel, qui est la cause de l’enrichissement alors que la culture en est une conséquence. La culture suivra de bien près, cependant, puisque chaque module représente une pièce de la maquette qui doit viser à recouvrir l’ensemble des connaissances humaines. L’individu peut avoir accès pour son développement culturel aux modules conçus à des fins professionnelles.

Il doit aussi exister au sein d’une société, en sus du potentiel d’apprentissage autodidactique, un réseau d’enseignement formel dont le citoyen peut bénéficier pour des fins culturelles. Le coût des facteurs en étant significatif, l’usage ne peut en être illimité. Comment l’État doit-il promouvoir un accès équitable à cet enseignement culturel ?

Après le Cycle Général, dès l’âge de 17 ans et jusqu’à son décès, chaque individu recevra annuellement, une subvention annuelle applicable au paiement des frais de scolarité de cours de son choix auprès de toute institution d’enseignement reconnue. Le montant de cette subvention sera le même pour tous et elle ne sera ni transférable, ni négociable. Ce montant variera selon les ressources dont disposera la société et selon la priorité qu’elle accordera à la culture et au développement personnel de ses citoyens. Ce sont les citoyens eux-mêmes qui seront consultés pour déterminer cette priorité

Cette formation culturelle doit être entièrement discrétionnaire: le citoyen se dote de la culture qu’il veut. Il peut bénéficier des avis d’un conseiller en orientation, l’un des professionnels payés par capitation dont l’État, dans une Nouvelle Société, garantit les services gratuits à tout citoyen, mais c’est celui qui apprend qui prend la décision.

Le citoyen est libre de ses choix culturels, mais il est prévu qu’il déploie une certaine diligence minimale à maîtriser ce qu’il a voulu apprendre. Tout enseignement, culturel comme professionnel, fait donc l’objet d’une évaluation. Si le citoyen qui s’est prévalu de la subvention culturelle ne passe pas avec succès le test, ne reprend pas avec succès l’examen raté et n’obtient pas l’attestation, l’État ne lui consentira pas de subvention pour le financement de son éducation culturelle au cours des deux (2) années qui suivront

Pierre JC Allard

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