Nouvelle Societe

08-12-05

02 L’acculturation

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 6:10

L’État a des outils pour promouvoir la culture… mais de quoi j’me mêle ? Acceptons comme hypothèse de travail que l’État reçoit le mandat consensuel de ses commettants de véhiculer la culture identitaire sans trop brimer les choix individuels. Qu’est-ce qui est « trop » ?

Il doit favoriser le développement et l’enrichissement de la « culture », mais toutes les sociétés sont déjà ou deviendront « pluriculturelles » – le rôle de l’État est-il de définir la culture, ou de faire le constat quasi-quotidien des choix culturels des sociétaires, facilitant la genèse de l’ensemble culturel unique et évolutif que créent ainsi ces choix ?

Pour parodier une boutade du siècle dernier, une société produit une culture comme le “foie secrète la bile” … et il semble que dans le cadre d’un projet de société – et de la gestation du citoyen de cette société – on a tout intérêt à la laisser faire sans vouloir la diriger. Chercher à en privilégier certains aspects au détriment d’autres aspects apparaît comme une aventure d’apprenti sorcier.

Une société repose sur une contrat social, explicite ou implicite, dont nous parlons ailleurs et qui doit être respecté. Ce contrat détermine les limites des divergences conciliables avec l’appartenance au groupe, libre à chacun d’en être… ou ne pas y être. Dans le cadre de ces limites, qui doivent préciser les critères qui permettent de juger de l’acceptabilité des comportements, on peut poser le postulat d’un État « culturellement impartial ».

L’État qui veut intervenir efficacement à la promotion de la culture collective servant de socle aux cultures individuelles doit alo le faire en utilisant quatre (4) procédés complémentaires.

1) faciliter à ses citoyens un accès gratuit à l’apprentissage formel des éléments de connaissance donc ils bâtiront leur culture;

2) mettre gratuitement à la disposition des citoyens les équipements essentiels leur permettant de compléter leur apprentissage et d’étayer les modalités culturelles qu’ils ont choisi d’acquérir par la mise à profit du patrimoine culturel commun ;

3) Soutenir la création et la diffusion d’œuvres culturelles représentatives de la culture commune et, aussi, des modalités culturelles propres a divers groupes, dans le mesure où elles ne visent pas la destruction de la culture consensuelle, mais peuvent être considérées comme des ajouts et un enrichissement.

4) Subventionner la « consommation » des produits culturels, afin que, compte tenu de la rareté relative des facteurs permettant leur production et de l’espérance de gain nécessaire pour inciter à leur création, le citoyen puisse jouir d’une gamme plus variée de produits culturels que ne le permettrait la seule loi du marché.

Le premier de ces procédés est mis en branle quand l’acculturation débute. A la naissance, avec l’éducation. Celle par les parents puis celle inculquée par le système d’éducation. Dans un cas comme dans l’autre, ne nous leurrons pas, il s’agit d’un conditionnement. On peut parler du « viol bienveillant » de l’enfant et, toute bienveillance prise en compte, il faut que la société, si elle erre, le fasse en imposant moins et non plus.

Quand il s’agit de l’école, la question se règle en posant des limites a ce qui peut être enseigné et à la façon de le faire. Quand il s’agit de l’influence familiale, le problème est plus complexe et nous en parlons dans la section « Éducation ». On peut influer sur l’influence parentale, mais vouloir s’y immiscer par des contraintes est inefficace… et dangereux. Le meilleur remède est de contrer à l’école ce que peut avoir de socialement inadmissible ou de grossièrement incompétent le message des parents

Va, sous cette réserve, pour la culture inculquée d’office à l’école. L’État a indubitablement la responsabilité de mettre à l’agenda de l’éducation des éléments autres qu’utilitaires qui serviront à chacun d’identifiants et à tous de points de convergence dans une commune appartenance. Mais APRES l’école ?

Quand se termine la phase d’éducation formelle universelle, le processus d’acculturation ne cesse pas. Il se poursuit sans solution de continuité au palier des relations interpersonnelles et par l’action des moyens modernes de communication. L’État, ne peut pas ne pas conserver, toute sa vie durant, un impact sur la culture de l’individu. Quel doit être son rôle dans le domaine de la culture ?

L’État, ayant pu mettre à profit le Cycle général d’éducation pour faire accepter à chaque individu l’indispensable d’une culture identitaire, doit par la suite laisser le champ libre aux goûts et à l’esprit critique de chacun. Il doit s’efforcer que son action soit neutre quant à l’orientation du développement de la culture et accepter de n’être qu’un facilitateur pour en promouvoir sans préjugés la diffusion dans sa richesse et sa diversité.

L’État s’en remet alors à ses trois (3) autres procédés : protéger et maintenir le patrimoine culturel, l’enrichir par un soutien aux créateurs de biens culturels et aux mécanismes de diffusion de la culture, favoriser la consommation de biens « culturels » dans une société où des forces puissantes luttent pour que la priorité soit sur le matériel, le mercantile et l’utilitaire… ou ce qui est présenté comme tel.

Pierre JC Allard

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