Nouvelle Societe

15-11-05

25 La formation en entreprise

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:52

Comment monter un système de formation en entreprise? D’abord, les entreprises ou les groupements de professionnels autonomes qui souhaiteraient offrir de la formation s’inscrivent au Ministère du Travail comme “Centres de formation”.

Elles font ensuite les démarches requises pour former certains de leurs travailleurs comme enseignants professionnels, ce qui exige que celui qui a déjà certaines compétences pour lesquelles il a reçu un certificat de compétence professionnelle (CCP) obtienne aussi l’attestation faisant foi de sa capacité à l’enseigner (module pédagogique), puis le certificat du Ministère de l’Éducation l’autorisant à enseigner et en faisant un “maître”.

Il ne faut pas, en moyenne, plus de six semaines pour montrer à un bon ouvrier qualifié à enseigner ce qu’il sait. 

Pendant que se construit ainsi la compétence d’enseigner, les entreprises qui prévoient avoir des besoins de main-d’oeuvre qualifiée – ainsi que les travailleurs autonomes qui veulent obtenir une formation – présentent une demande à cet effet au Ministère du Travail en indiquant les postes à pourvoir ou leur statut de travailleurs autonomes.

Les demandes des employeurs et des travailleurs autonomes sont confidentielles, mais permettent au Ministère du Travail de déterminer, à tout moment, la demande pour chaque module de formation de la maquette modulaire puisque l’équivalence entre celle-ci (pédagogique) et les postes de travail aura été définie par une analyse universelle des tâches.

Cette information sur la demande de formation est diffusée périodiquement aux entreprises et groupements qui se sont inscrits comme centres de formation et qui disposent de “maîtres”, ces travailleurs à qui l’on a enseigné à enseigner. Toute entité formatrice et régulièrement inscrite qui souhaite former des travailleurs pour les postes pour lesquels elle estime qu’il existe une demande peut, en tout temps, faire une offre au Ministère du Travail précisant quand, selon quelles modalités et à quel prix elle est disposée à offrir cette formation.

Une entité formatrice, dans certains secteurs, peut être un professionnel autonome aussi bien qu’une multinationale. Ainsi, un avocat peut en former d’autres, mais il est clair qu’on n’enseigne pas à naviguer si on n’a pas de navire, ni le protocole de surveillance de hauts-fourneaux dans un sous-sol de banlieue.

Les conditions de ces offres de formation sont publiques et spécifiquement transmises aux demandeurs de formation, entreprises et travailleurs. Les premières peuvent faire une offre de travail ferme d’une durée déterminée aux travailleurs pour les inciter à se qualifier. Ceux-ci pourront choisir d’accepter cette offre et d’assumer le coût de leur formation en bénéficiant d’un prêt du Fonds Éducation dont nous verrons plus loin les mécanismes de fonctionnement.

Les entreprises peuvent aussi se prémunir contre le risque d’avoir à embaucher un travailleur qu’elle jugerait incompatible en favorisant l’embauche du candidat de leur choix avant que ne débute la formation, ou en en sélectionnant un le plus tôt possible parmi ceux qui seront inscrits et en payant dès lors elle-même les coûts de sa formation.

Quand un nombre suffisant des demandeurs de formation sont satisfaits des conditions offertes par l’entreprise formatrice et acceptent d’en payer le prix, le contrat intervient. Le Ministère du Travail s’en porte garant et c’est alors que la formation a lieu: PAS AVANT. C’est pour répondre à un besoin ferme seulement, en effet, qu’il faut offrir une formation professionnelle spécifique; une formation spécifique “à l’aveugle”, dans un système de production en mutation comme le nôtre, est une perte de temps et d’argent.



Il y aura normalement plus de candidats à la formation que de places disponibles. Qui reçoit la formation? Prioritairement – (le Ministère du Travail imposant ses priorités en se portant garant du paiement du prix de la formation par le Fonds Education) – ce sont les travailleurs totalement autonomes et ceux qui sont déjà à l’emploi d’une entreprise qui souhaite qu’ils soient formés et qui paye leur formation qui ont préséance.

À la mesure des places disponibles, ces candidats sont acceptés d’office. 

Ensuite, viennent deux clientèles:

a) les travailleurs touchés par le partage du travail et qui ont choisi d’être affectés à une formation ou aux travaux d’intérêt collectif plutôt que d’entreprendre un travail autonome en parallèle;

b) tout étudiant qui en fait la demande (avec l’accord de son précepteur, s’il a entre 15 et 17 ans), à condition que sa formation antérieure lui ait déjà assuré les pré-requis nécessaires à la formation qu’il veut entreprendre.

S’il a 17 ans et plus, l’étudiant (i. e l’individu qui est encore en formation initiale) a deux (2) options, s’il est accepté:

a) maintenir son statut en formation initiale si la formation à laquelle il s’est inscrit est approuvée par son orientateur et correspond à son plan d’études, bénéficiant alors d’un prêt du Fonds Éducation, ou

b) s’intégrer au marché du travail et toucher le revenu d’un travail partagé (au taux qui correspond sans doute au salaire minimum, vu son inexpérience), passant ainsi en formation continue.



Parmi les candidats de ces deux (2) dernières clientèles, c’est le Ministère du Travail qui choisit ceux qui recevront la formation, au vu de critères équitables établis dans le meilleur intérêt de la collectivité. Toutefois, l’entité formatrice peut les tester et en refuser certains pour bonne cause, auquel cas le Ministère du Travail en désignera d’autres pour parfaire le nombre prévu au contrat.

Ce contrôle préalable de l’entité formatrice est raisonnable, puisque souvent elle sera l’employeur éventuel de tout ou partie des travailleurs formés et que, de toute façon, sa réputation de formateur serait ternie si un nombre anormal de candidats ne pouvaient, en fin de piste, recevoir l’attestation faisant foi de leur apprentissage.

C’est le Ministèredu Travail qui vérifie cet apprentissage quand la formation est terminée. Il vérifie les connaissances des postulants et décerne l’attestation qui reconnaît leur compétence pour les modules auxquels ils ont été formés. Ceci n’est qu’une application particulière du principe général que seul l’État doit décerner des diplômes ou des certificats et formellement “reconnaître les acquis”.



Sauf l’exception d’une entreprise qui prend charge du coût de la formation, ce qui lui donne le privilège concret de choisir son candidat, c’est le travailleur qui bénéficie d’une formation qui en paye le coût, généralement à partir d’un prêt du Fonds Éducation.

Ceci nous amène à parler du financement de l’éducation spécifique.

Pierre JC Allard

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