Nouvelle Societe

28-03-05

30. Le pouvoir en équilibre

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:14

Quand l’État accepte l’exception et la dissidence et gère un espace démocratique rétréci, où l’innovation arrive systématiquement de lobbies et d’associations d’encadrement (AE) dans l’espace libertaire, est-ce que l’État, comme premier mandataire de l’individu et responsable du respect de ses droits fondamentaux, ne se trouve pas en péril imminent de perdre son sens et les pouvoirs qui se rattachent traditionnellement à son rôle? Ne risque-t-il pas, tout au moins, que son rôle soit si diminué qu’il ne puisse plus efficacement apporter à la société le leadership dont elle a besoin? Il faut répondre à ces deux préoccupations.

D’abord, la montée en puissance des lobbies et des AE ne crée-t-elle pas le risque que les pouvoirs de cette structure parallèle viennent supplanter ceux de l’État lui-même? La réponse à cette question est que, dans l’espace démocratique – et c’est dans cet espace commun qu’on veut maintenir le pouvoir de l’État – le pouvoir de la structure-gigogne ne rivalisera pas avec celui de l’État. Les lobbies et les AE ne deviendront jamais une alternative au gouvernement. Ils ne le peuvent pas.

Non seulement ces structures ne disposent-elles pas de la force elle-même – « Ultime argument des Rois » – mais la nature même de leur pouvoir ne le leur permet pas. 

Ils ne ne le peuvent pas, parce que le pouvoir politique d’un lobby ou d’une AE tient à ce que ceux-ci peuvent cibler l’attention des citoyens sur un aspect et un seul du gouvernement de l’État. Ceci leur donne un pouvoir énorme, mais essentiellement un pouvoir d’opposition et un pouvoir précaire et, surtout, ceci leur interdit de s’écarter de leur cible.

Sur toute autre question que celle qui est de leur compétence, leur crédibilité est nulle et leur opinion de peu d’impact. Ce n’est donc que si leur grief est d’une telle importance qu’il pourrait prévaloir sur toute les autres considérations réunies-  pour déterminer le vote au moment de l’élection, par exemple – qu’un lobby ou un AE pourrait s’ériger en rival du gouvernement.  

Ceci n’arrivera pas, puisque tout gouvernement à l’écoute de la volonté populaire aura satisfait, bien avant l’échéance électorale, à une exigence dont semble ainsi dépendre sa ré-élection.

Or, dans la mesure où l’État aura acquiescé à la demande du lobby – ou, plus probablement, s’en est lavé les mains en accordant aux dissidents le droit d’en faire à leur tête dans le cadre d’une « administration dérogatoire » – l’opinion du lobby ou de l’AE n’a plus d’impact sur le choix électoral du citoyen, lequel, satisfait, s’empresse de rayer ce critère de la liste de ceux à partir desquels il portera son verdict. En concédant systématiquement le droit à la dissidence, sauf lorsque le contrat social l’interdit en toutes lettres, les partis politiques se mettent à l’abri du pouvoir des « lobbies ».

L’expérience prouve, d’ailleurs, que lorsqu’un le gouvernement ne cède pas à la pression d’un lobby, c’est qu’il a de bonnes raisons de croire que l’exigence que celui-ci lui formule ne représente pas la volonté de la population. On a vu, au Canada, à quel point le mouvement syndical n’a jamais pu « livrer le vote » au NPD qu’il prétend soutenir, ce parti n’ayant jamais proposé une politique de travail et de main-d’oeuvre suffisamment distincte de celles des autres partis pour que l’on ait pu faire porter au gouvernement ni aux autres partis la responsabilité des insuffisances de la politique en place  et en faire l’enjeu d’une élection!

Quand les groupes d’affiniés et autres lobbies sur Internet auront le pouvoir accru des opinions exprimées par leurs membres et « visiteurs », ils seront, en contrepartie, totalement démunis quand cette opinion ne leur sera pas favorable et ne se manifestera pas avec énergie. Le temps de la liberté sera aussi le temps de la vérité. Le pouvoir d’un lobby est ciblé: c’est sa force, qui aide à soutenir l’espace libertaire… et sa faiblesse qui a l’avantage de ne pas en faire une menace pour l’État à l’intérieur de l’espace démocratique.

Quand au « leadership », l’initiative des idées passera à la société civile… et c’est tant mieux . On n’a pas craindre, cependant, que des AE puissent s’allier et devenir une alternative crédible aux partis politiques.  Le pouvoir des groupes d’affinités qui enfourchent un même cheval de bataille est augmenté parce qu’ils visent un impact ponctuel. Pour les AE de hauts niveaux qui doivent garder de façon permanente le soutien de leurs memberships respectifs, conserver ce soutien dans le contexte d’une alliance est une entreprise ardue.

Les AE se regroupent dans toutes les dimensions, mais chaque AE  ne se définit que par un seul but : sa force tient au caractère ciblé de son action. Des groupes d’affinité dont les buts convergent gagnent en pouvoir en s’alliant; mais, si on veut  simplement mettre à profit en les unissant les potentiels de loyauté que commandent des AE dont le objectifs ne sont pas reliés, on ne jouit pas d’un avantage évident.

Cette alliance, en effet, fait alors face au même problème que tout parti politique qui cherche a concocter un projet de gouvernement: chaque nouvelle AE qui se joint à l’alliance avec ses objectifs propres – comme chaque nouvel article qu’un parti politique ajoute à son programme – lui fait perdre l’appui de ceux dont l’opposition à ces nouveaux objectifs est plus forte que leur soutien aux autres objectifs auxquels ils s’étaient auparavant ralliés.  Or, rien n’est plus fort qu’UNE idée.

Une alliance de AE laissant son rôle d’opposition et de critique pour proposer une vision globale de la société serait soumise à cette règle  et deviendrait simplement l’embryon d’un parti comme les autres.  Les partis naissent tous dans la société civile. Il ne serait  ni bon ni mauvais, mais indifférent, qu’un parti politique naisse formellement dans la matrice de la structure-gigogne.

Le leaderhip ? Il psssera à des partis politiques, qui seront devenus des « clubs », de petits groupes où l’on pense.  Quant au pouvoir. il naîtra, comme toujours, d’une alliance entre ceux qui pensent, ceux qui ont les outils et ceux qui agissent.

Par le legislatif , qui en est l’expression ordonnée et corretement formulée, la société  civile est alors la vraie force dominante dans la société, l’éxécufiz issu de la gouverence en étant VRAIMENT le serviteur.  Et c’est bien auinsi que les choses devraient être. Une démocratie « direte » autant que faire se peut, mais « représentatve » dans la mesure où la competence est la pierre d’assise d’une sociéte complexe qui veurt que croisse indéfiniment la maîtrise sur son environnement dont elle tire son sens… jusqu’a ce que naisse une autre sagesse dont nous ne pouvons rien dire.

Pierre JC Allard

 

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