Nouvelle Societe

20-11-11

Dieu est mort: les oeuvres sans la foi

   

 
 

L’Occident, qui gère le monde depuis quelques siècles, le fait de droit divin.  Vous ne saviez pas ?  C’est que vous n’avez pas prêté attention au discours en sourdine derrière les bruits de bottes. Parce que nous avons conquis le monde au son d’une musique militaire, vous avez vu comme un simple prêchi-prêcha, l’antienne de la mission civilisatrice qui fait alterner la croix et le sabre.

Erreur.  Car si on ne croit pas que Dieu est avec nous, Chrétiens, et qu’a défaut de faire du bien aux corps qu’on maltraite on fait du bien aux âmes, bien des gestes héroïques apparaissent comme d’assez répugnantes saloperies.

Voyez comment, après les règlements de compte entre hérésies qui ont été les premiers divertissements de l’Occident chrétien, on a eu les schismes, les croisades, les guerres de religions puis la colonisation des colorés de toutes teintes sous couvert d’évangélisation. Voyez comment, christianisme bien en place sur la planète, on est passé à nos guerres entre Chrétiens, toujours menées au nom de notre éthique chrétienne, par des « bons » contre des « méchants ».

Ces guerres se sont toujours terminées par la victoire des « bons », puisque le certificat de bonne conduite était délivré au gagnant avec le reste du butin.  C’est ainsi que, de victoires en victoires – Dieu  toujours solidement avec eux –  les « bons » se sont enrichis au détriment des autres en ne faisant que du bien et que le droit divin s’est imposé. Le droit de l’Occident chrétien à gouverner le monde et celui des riches à gouverner l’Occident.

Tout se passait bien. Mais là, sans réfléchir, on a tué Dieu ! Grave erreur.Des philosophes brillants, honteux d’avoir l’air sot, ont tué la notion de Dieu, parce qu’elle avait été jointe à des religions reposant sur des tissus d’absurdités. Triste coquetterie, car on a ainsi jeté le bébé avec l’eau du bain.

En enlevant la notion de Dieu, d’un Dieu qui soutenait les Chrétiens – et que Dieu existe ou non n’a ici aucune importance –  on a enlevé le « droit divin » qui légitimait la gouvernance de l’Occident et celle des riches.

Dieu parti, les yeux humblement  fermés s’ouvrent et l’on voit tout sous un jour nouveau. Aujourd’hui, par exemple, on voit comme une répugnante saloperie – parmi tant d’autres, mais c’est la plus récente – la « geste héroïque » d’avoir été tuer chez eux des milliers de Libyens sans défense et qui ne nous avaient rien fait.

Dieu parti, on s’enhardit et on regarde de plus près comment quelques familles milliardaires, gérant quelques douzaines de consortiums, ont pris non seulement la gouvernance, mais la PROPRIÉTÉ du monde… On voit tout à coup comme une impardonnable couardise de les laisser continuer. Il y a donc des gens dans la rue pour protester, à Wall Stret et ailleurs. Simple question de temps avant qu’on ne passe des cordes aux lanternes.

La vieille morale apprise par cœur et acceptée comme divine apparaît soudain humaine, trop humaine… et contestée. On pense à d’autres solutions… Rien de mal à y penser, mais n’oublie-t-on pas l’essentiel ?  De quel droit va-t-on gouverner, si ce n’est pas de « droit divin » ?

Démocratie ? On sait bien que la démocratie n’est PAS une valeur absolue, seulement un mécanisme.  Quelqu’un croit-il que, dans un groupe de trois (3), deux (2) aient le droit de se mettre d’accord pour décider de la vie du troisième ?  Pense-t-on qu’une génération qui se proclame de « purs Aryens » puisse légitimement, parce qu’ils sont une majorité, décider de l’extermination d’une minorité de Juifs ?

Il faut un « droit divin ».  Il faut une éthique transcendante, quel que soit le nom qu’on lui donne  – Constitution, contrat social, etc … –  qui encadre et limite la démocratie, puisse évoluer avec le temps selon sa propre dynamique…  mais qu’on ne s’accorde pas la liberté de modifier au gré des engouements et des caprices !

En Occident, cette éthique transcendante se confond avec la morale chrétienne qui a servi de tuteur à la croissance de notre culture. Cette morale chrétienne est dans toutes nos fibres. Elle a évolué depuis des siècles pour intégrer des concepts plus raffinés de justice, d’égalité, de liberté  – et, paradoxalement, de laïcité !    C’est la seule éthique qui puisse faire  consensus chez-nous.  Ce qui s’y opposerait serait  rejeté comme un greffon incompatible…  à moins de parvenir à faire mourir l’arbre lui-même.

Attention, pourtant, de ne pas confondre cette éthique avec l’un ou l’autre des salmigondis de croyances plus ou moins ridicules que des meutes de clercs ont érigé en dogmes au cours des siècles, pour marquer leurs territoires de prédation et d’extorsion !  On ne parle pas ici de religion, car l’éthique est affaire de comportements. St-Jacques, dans une Epître qui a fait une belle carrière, dénonçait "la foi sans les oeuvres" . Faisons un pas de plus et parlons d’une éthique où la foi n’a même pas sa place. Une éthique qui ne juge que des œuvres.

On pourrait définir ici cette « morale chrétienne »  comme « le plus grand commun diviseur » des interdits que s’imposent et des contraintes auxquelles s’astreignent tous ceux  qui adhèrent au précepte du Christ de s’aimer les uns les autres.  Que celui qui respecte cette exigence se définisse ou non comme chrétien est sans importance ; ce sont ses « œuvres » qui importent.

Sans importance aucune, non plus, pour la société, que celui-ci ait une foi, une autre, ou aucune en un dieu quelconque : il peut avoir les œuvres sans la foi… Il peut bien, en son for intérieur, croire en tout ce qu’il veut et même créer ses propres superstitions… mais sans embêter personne, C’est ça le vrai sens de la laïcité.

Quand le corps social fait consensus et que cette morale chrétienne, expurgée de tout dogme et de toute croyance, est acceptée comme l’éthique transcendante qui détermine en dernier ressort de la légalité des règles, il y a harmonie entre l’ordre civil et cette morale dont le respect joue alors le rôle de l’appartenance à une religion sans en avoir les défauts.

C’est cette « religion » sans dogme, tout entière définie par une éthique et où il n’y a plus que les oeuvres qui comptent, qui serait la seule acceptable en société. Ne serait-il pas opportun que tous les Chrétiens de toutes obédiences s’y rallient, libre à chacun de croire aussi tout ce qu’il veut, mais sans l’imposer à qui que ce soit ?

Les Chrétiens – en fait tous ceux qui veulent témoigner de la parole du Christs pour l’amour et la charité – constitueraient alors une force énorme pour le bien dans le monde. Ils pourraient, ensemble, se choisir un « Pape », lequel  n’aurait aucun pouvoir matériel, mais une autorité telle, grâce à ce mandat universel qu’il aurait reçu, que sa parole pèserait lourd pour séparer le bien du mal au palier des consciences … là où des individus libres doivent décider des gestes qu’ils posent.

Pourquoi un synode épiscopal universel, auquel seraient invitées à participer aussi les églises protestantes et orthodoxes,  n’élirait-il pas le prochain homme – ou la prochaine femme – qui siègera sur le trône de Pierre ?   Le monde changerait si nous avions ce pape-guide, avec pour seul objectif que ce qui est BIEN soit clairement énoncé au profit de tous les hommes de bonne volonté… même ceux qui ne croient en rien.

Pierre JC Allard

07-10-10

Le leurre de la démocratie

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 2:09
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On parle de tout sauf de ça, mais c’est de ça qu’il faut parler. Nous avons atteint l’abondance. La science, la technologie, l’industrie nous ont apporté l’abondance. La pauvreté que nous avons dans les pays industrialisées est un choix de la pauvreté. La misère que nous avons dans le tiers monde est un choix de la misère. C’est un choix gratuit, politique, d’abord d’inconscience, mais qui, conscientisé, devient le choix de la méchanceté.

Le choix d’une toute petite classe de dirigeants-possédants, qui a fait main basse sur le pouvoir, d’exploiter comme un cheptel le reste de la population. Elle ne l’exploite même pas pour en tirer plus; ceux de cette classe ont déjà bien plus de richesse qu’ils n’en pourraient consommer ! Ceux qui sont « en haut » exploitent ceux qui sont « en bas » pour en tirer le plaisir de les manœuvrer dans leurs jeux de pouvoirs. Rien d’autre. Les « puissants» s’amusent des faibles et des pauvres pour meubler leur désoeuvrement, dans une société qui n’a plus de valeurs, plus de principes plus de buts tangibles réels.

Ils s’amusent. Rien ne s’oppose à ce que nous doublions, triplions et plus notre production en quelques années pour satisfaire non seulement les besoins, mais la plupart des désirs de tous les habitants de cette planète. Nous avons les connaissances et les ressources pour le faire. Il suffit d’un plan, d’une formation des ressources humaines, de leur affectation à la production et à la distribution.

Facile. Techniquement facile, c’est l’humain qui fait obstacle. Il faut que le Système invente inlassablement des problèmes, des obstacles, des crises et des guerres pour nous détourner du but évident et bien accessible qui serait de réaliser et de partager l’abondance.

Le système a bien des astuces pour nous convaincre de rester pauvres pour le plaisir des riches ; mais, de toutes ces astuces, la plus importante et la plus infâme est de nous faire croire que c’est NOUS qui le voulons.  De nous persuader que c’est NOTRE libre choix de ne produire qu’une fraction de ce que nous pourrions produire et que nous sommes tous d’accord pour que seule une petite minorité de l’humanité profite de l’abondance.  C’est cette astuce, cet attrape-nigauds qu’on appelle la démocratie.

Il est urgent d’en parler, car il ne reste que cet obstacle, sur le chemin d’une  prise de conscience  qui s’impose de cette réalité que l’abondance est là et que la richesse pour tous n’est qu’un choix politique faire. La démocratie est une leurre. Il faut le voir.

Pour les détails, comme l’éducation, la santé, la justice et les autres babioles, nous avons la démocratie…. et Tarzan est heureux!    Mais pour le choix crucial qui conditionne tous les autres, celui du partage entre ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas, le peuple ne choisit pas, le peuple ne décide pas.

Pour l’argent, la monnaie, le credit, le capital, les banques – les choses sérieuses – le peuple n’a que le choix entre bonnet blanc et blanc bonnet : celui de choisir celui ou celle qui recevra du pouvoir financier le mandat d’appliquer la politique… dont décide le pouvoir financier. La  seule politique. Non négociable. Celle par laquelle le peuple est exploité sans vergogne. Instrumenté. Bafoué.

La démocratie se confond aujourd’hui  avec le modèle corporatiste des USA, une pseudo démocratie de manipulation et de corruption.  Les arnaques alternatives des Républicains et des Démocrates – interchangeables – sont un jeu qui rappelle celui des Bleus et des Verts a Byzance.  Nous avons un fascisme collégial et une partie de go surréaliste est sans cesse en marche entre puissants qui laisse les hors-jeu sans appuis et sans espoir.

Ce modèle de démocratie a été copié dans tout l’Occident, car aucun autre ne donne tant de pouvoir à la  simple richesse.  C’est un jeu qui est d’autant plus malsain qu’il est plus « démocratique », car les luttes de pouvoir entre « ceux d’en haut »  occupent plus de place, au fur et a mesure que s’élargit la liste des joueurs… sans pourtant que jamais une vraie majorité n’y soit conviée !

Y a–t-il une chance que nous échappions à cette fausse démocratie de manipulation et de corruption ?  Peut-être… par le pire.  Car il y a une usure du pouvoir inhérente à cette pseudo démocratie, dans la mesure où les changements les plus évidents et qui rendent  tous les Tarzans heureux étant rapidement acquis, on en arrive ensuite a un inéluctable jeu de partage inégal des avantages arbitraires.

C’est quand on en arrive au partage de ces dépouilles arbitrairement distribuées  – tout ce fric qui découle de toutes ces « affaires » qui scandalisent la France  – qu’une réaction anti-démocratique revient en force, se faisant des alliés de ceux que déçoit chaque nouvelle distribution puisque celle-ci est toujours au détriment des alternatives qui auraient été possibles…

Avec les magouilles se généralise alors, au sein de la population d’en bas comme d’en haut, Le désir d’un État « non-démocratique», autoritaire, le seul qui puisse travailler pour le bien commun contre les intérêts factieux et partisans. On a alors la politique du pire.

La politique du pire, car, rejeté par cette volonté populaire, même le peu de démocratie réelle qui persistait dans l’apparence de démocratie que l’on avait  se détériore, puis cède la place à un désir d’autorité.  Une minorité plus restreinte va accéder au pouvoir. Une période malheureuse, mais il y a des degrés dans ce malheur, selon que cette toute petite minorité, étant elle même au-dessus de la mêlée – (pensez à l’ex-URSS ou à la Chine aujourd’hui) –  veut  ou ne veut pas au moins un peu le bien du peuple …

Une période difficile, mais cette autorité, plus ou moins débonnaire, va néanmoins mettre les pendules a l’heure, rétablir l’ordre et relancer la demande pour la démocratie.  Pour une meilleure démocratie, moins corrompue au moins au départ,  moins factice… Le mal de l’autoritarisme vécu, on aura peut-etre fait un pas en avant.

Nous sommes dans les derniers jours de pseudo-démocratie avant cette phase autoritaire.   On ne l’évitera pas. Il faut gérer cette situation… et penser l’avenir.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/171-karcher/

09-11-09

La presse citoyenne

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Vivre en société a permis à l’homme la division du travail et l’apprentissage en commun: les deux grands pas en avant qui ont accéléré son évolution. La condition essentielle de cette évolution a été la diffusion de l’information. L’information est le sang d’une société, la communication sa circulation. Une société a un besoin essentiel d’information qui va croissant au rythme où le changement s’y accélère et où les échanges s’y multiplient.

On communique, dans une société, mais émetteurs et récepteurs ne sont pas sur un pied d’égalité. L’auditeur ne peut toujours écouter qu’un seul message à la fois, mais le locuteur peut s’adresser à plusieurs, ce qui est bien utile pour l’ordre et le développement de l’autorité; celui qui parle à le pouvoir et c’est celui qui a le pouvoir qu’on écoute.

Les moyens modernes de communication, cependant, ont tant exacerbé cette inégalité entre la capacité de dire et d’entendre que le citoyen moderne se contente souvent d’écouter. « Informer » — qui est une source cruciale du pouvoir — a été récupéré politiquement par l’État pour devenir propagande et par la structure économique dominante pour devenir publicité. Une situation qui n’est idéale ni pour la propagation des connaissances et donc le progrès de l’humanité ni, surtout, pour l’exercice honnête de cette forme de gouvernance qu’on appelle démocratie.

Elle est Idéale, toutefois, pour l’exercice d’une forme autoritaire de gouvernance. Celle qui peut reposer sur la manipulation de l’information et qui permet donc de respecter la forme extérieure de la démocratie, sans que les citoyens ne s’écartent jamais des choix qu’on veut qu’ils fassent, puisque ces choix sont les seuls qu’ils puissent raisonnablement faire à partir de la vision du monde qu’on leur a transmise.

C’est ce système de démocratie « médiatique » qui prévaut dans nos sociétés occidentales. Cette forme efficace de gouvernance a été compromise par l’avènement de l’Internet qui passe le micro à tout le monde. Le doute s’est installé. Ainsi, le résultat des récentes élections municipales à Montréal, qui a reconduit au pouvoir une administration qui sue la corruption par tous ses pores. Une remise en question s’impose.

L’explication rassurante de ce qui s’est passé à Montréal est qu’il ne s »agit que d’un vice de fonctionnement : les voix du bien contre le mal se sont divisées et un scrutin à deux tours aurait résolu ce problème. Vous croyez ? Peut-être, mais il y a une explication plus brutale. Celle que la population voit le processus démocratique comme une manipulation, ne CROIT plus à la démocratie … et ne vote plus. C’est hélas le raisonnement que semblent avoit fait plus de 60% des électeurs

Le système peut réagir à ce défi par un contrôle plus strict de l’information, ou par une gestion plus pointue des réactions à la transparence. Dans le premier cas, il faut une censure de plus en plus difficile à exercer et une montée progressive de l’autoritarisme. Dans le second, une pression est simplement exercée sur l’interprétation des faits, ce qui équivaut à une transformation ciblée, plus ou moins subtile, des critères éthiques eux-mêmes. Je ne porte pas de jugement sur la valeur morale de cette option.

Il existe une troisième option, qui serait que le pouvoir veuille s’adapter à la volonté populaire, mais elle est trop improbable pour que l’on perde ici du temps à en discuter. Je pose donc l’hypothèse que la seconde solution sera retenue et que le système préférera s’en remettre à sa capacité de parfaire ses mécanismes de manipulation, plutôt que de risquer une dérive ostensible vers le dictatorial.

Si on accepte cette hypothèse, une nouvelle structure d’information peut et doit être mise en place, qui soit manipulable au palier des interprétations, mais désormais VRAIE quant à son contenu objectif et parfaitement transparente. Dans une société technologiquement avancée comme la nôtre, cette structure pourrait être celle décrite ci-après et dont les éléments seraient ceux qui correspondent aux exigences du processus d’information lui-même. Je n’en donne ici que le schéma.

D’abord, il faut capter l’information à sa source, aussi exhaustivement que possible, puis que celle-ci soit universellement diffusée Elle doit alors pouvoir faire l’objet d’une contestation et d’une réponse de la part de tous ceux auprès desquels elle l’a été, ce qui en garantit la véracité et l’authenticité. Cueillette et contrôle exhaustifs exigent que tout le monde ait accès au micro. Quiconque apprend quoi que ce soit doit pouvoir le transmettre librement à tous sans censure, sous réserve d’en porter le responsabilité devant la loi.

Cette liberté d’informer génère une masse énorme de renseignements. Il faut donc que l’information transmise soit organisée et structurée, que les principes de son organisation soient connus de tous et fassent eux-mêmes l’objet d’une diffusion universelle prioritaire. On doit enseigner à trouver l’information avec la même urgence qu’on met à enseigner à lire. Ne pas le faire est une manoeuvre pour garder le peuple dans l’ignorance.

Le véhicule nécessaire et suffisant pour transmettre cette masse d’information est l’Internet. Comprenons bien que rien ne doit interdire que qui que ce soit puisse aussi publier quoi que ce soit, sur Internet ou sous tout autre format, mais tout ce qui est information publique doit être publié par l’État sur Internet. C’est là que s’exprime le droit de l’individu à l’information, droit auquel correspond une responsabilité de l’État d’informer.

L’État s’acquitte de cette responsabilité en posant deux (2) gestes : a) Il fournit à tous les citoyens un accès individuel ou collectif gratuit à Internet ; b) il gère le processus de publication et de structuration de l’information. À quelques restrictions près concernant le respect de la vie privée et la sécurité publique, tout doit être publié. À l’individu de juger par la suite si l’information qu’il reçoit d’autres sources confirme ou contredit celle qu’il reçoit de l’État, auquel cas l’État doit avoir des comptes à rendre.

Dans cette structure, tout le monde peut et devrait être un joueur amateur ; c’est ce qui en garantit la crédibilité. Chacun peut jouer comme reporter apportant des faits bruts, comme journaliste les mettant en contexte et les agençant impartialement pour leur donner un sens objectif, ou comme chroniqueur pour les interpréter et aider chacun à se former une opinion personnelle. Mais à ce jeu, doivent aussi intervenir des professionnels.

Il doit y avoir des reporters de métier, des investigateurs professionnels – autonomes ou regroupés en agence de presse. Il doit y avoir des journalistes chevronnés, capables d’expliquer le sens de ce qui se passe et aussi des chroniqueurs, des experts qui peuvent faire les liens et façonner l’opinion publique en influençant, pour le meilleur ou pour le pire, ceux qui leur font confiance. Ces professionnels doivent être rémunérés. Comment ? Par le biais d’une structure à trois (3) volets.

a) L’État doit créer une agence de presse où travailleront ceux qui veulent se faire un métier de chercher l’information et, au premier chef, ceux qui le font déjà pour les agences ou les médias traditionnels. On réglera avec leurs syndicats les conditions de leur embauche et de leur rémunération. Leur nombre et ces conditions évolueront et nous verrons ci-après comment c’est le public qui en sera le juge. Leurs contributions sont publiés à l’état brut.

b) L’État doit créer une « rédaction » ou salle de presse, à laquelle se joindront tous les journalistes de tous les médias qui choisiront de le faire. Chacun pourra au départ se faire reconnaître dans un ou quelques domaines de spécialité ou d’expertise et sa tâche consistera à écrire sur les sujets de cette compétence à partir des données brutes que fourniront les agences de presse et reporters autonomes, amateurs ou professionnels. Chacun pourra aussi écrire sur tout autre sujet, mais son statut comme auteur sur ces sujets sera celui d’un amateur et non d’un professionnel.

c) L’État doit créer enfin un « aréopage » de chroniqueurs, dont il est entendu que la tâche consiste à émettre des opinions en s’appuyant sur les faits bruts et sur l’interprétation des faits par les journalistes. Les chroniqueurs peuvent être biaisés, mais leur réputation dépendra de leur sincérité à admettre qu’ils le sont. Participeront au départ à cet aréopage les chroniqueurs les plus populaires des médias actuels, mais c’est le verdict populaire qui en modifiera vite la liste:

Que doit-on publier ? TOUT. Quand on ne pense plus papier mais pixels, ce qui peut être publié sur un site de l’État – qui pourrait s’intituler simplement « Information » – n’est plus limité que par ce qu’il est possible de structurer efficacement. Tout ce que publient les reporters, journalistes et chroniqueurs, amateurs aussi bien que professionnels est publié et demeure indéfiniment accessible.

C’est le positionnement, cependant, qui détermine la visibilité relative des nouvelles. Au « Fil de presse » les nouvelles apparaissent par ordre chronologique. Dans la section « Nouvelles », c’est un comité des journalistes qui choisit la préséance d’apparition des articles et leur positionnement de parution de départ, sur une page générale et sur les pages spécialisées qu’on jugera bon de créer. Dans la section « Chroniques », c’est la popularité du chroniqueur au cours de la semaine précédente qui détermine le positionnement initial de ses articles.

Une heure plus tard, cependant, c’est le nombre des lectures qui déterminera le repositionnement d’heure en heure par la suite des articles et des chroniques, selon le nombre de demandes de lectures qu’elles ont reçues dans leurs sections respectives

Les reporters, journalistes et chroniqueurs professionnels devraient toucher un salaire de base auquel s’ajouteraient des primes selon le nombre de demandes de lecture qu’auraient suscité leurs textes. Tout le monde peut, à sa demande, être publié dans « Information », sans préjudice à son droit de publier lui-même sur internet et d’être rémunéré pour le faire , y compris par les lecteurs eux-mêmes.

Les « amateurs » seront aussi rémunérés. Pour chacune de leurs contributions, ils recevront une prime plus modeste, mais au prorata de la rémunération d’un professionnel de la même catégorie – nouvelles ou chroniques – ayant reçu un nombre identique de lectures. Un index alphabétique de tous les auteurs d’articles, amateurs comme professionnels nous donnerait la liste des textes qu’ils ont publiés et nous dirait aussi combien chacun a eu de lecteurs.

La quantité de textes et d’images qui circuleront sans censure rend inévitable que des faussetés soient diffusées et toute image peut être bien tendancieuse, mais la possibilité de commenter sert de protection et un Conseil de presse sera là pour mettre les pendules à l’heure pour une population qui deviendra bien moins crédule quand elle aura cet ancrage solide dans une réalité objective au moins consensuelle.

Cette forme d’autogestion de l’information par les professionnels de l’information eux-mêmes semble la façon la plus pratique d’en assurer l’impartialité, mais il faut y ajouter un contrôle citoyen. La gestion de la publication et diffusion des textes doit donc dépendre d’une Régie autonome de l’Information, sous l’égide d’un « Conseil de presse ».

Ce Conseil consistera en deux (2) sections. La première sera composé de douze (12) citoyens, élus pour la durée d’un mandat (5 ans) renouvelable à l’occasion de chaque élection générale et la seconde de trente (30) citoyens choisis au hasard pour un mois. Ces derniers seront rémunérés pour leur peine à leur revenu actuel plus 15 % et jouiront à la fin de leur mandat du droit inconditionnel de réclamer de leur employeur leur réintégration dans leur fonctions précédentes.

Toute décision du Conseil de presse doit l’être à la majorité de chacune des deux (2) sections. En cas de désaccord, c’est le Tribunal qui tranchera immédiatement et toutes affaires cessantes, tout appel étant entendu lui-meme avec la même priorité.

Nul travailleur de l’information ne sera forcé de se joindre à « Informations », mais on peut supposer que les travailleurs de Quebecor en lock-out – et ceux de Gesca qui pourraient l’être bientôt – trouveraient avantageux d’accueillir cette proposition. Au gouvernement de décider comment il devrait dédommager les journaux et groupes de presse actuels auquel rien n’interdira de poursuivre leurs activités, mais dont il est clair que celle-ci seront perturbées par l’arrivé de ce nouveau media plus crédible… et gratuit

Surtout que, sur le site « Information », il n’y a pas d’autre publicité que celle gratuite, considérée d’intérêts publics. La diffusion de l’information facilitant l’accès des consommateurs aux produits offerts sur le marché est traitée autrement. J’en parle ailleurs – voir le lien – car c’est un tout autre sujet.

Je suis conscient que cette proposition est bien dérangeante et écrase de gros doigts de pied. À peu près tout sera fait pour qu’elle ne soit jamais mise en place. Si vous croyez qu’elle devrait l’être, il faudra donc que vous vous battiez pour qu’elle le soit. Transmettez la RAPIDEMENT à tous les sites et à tous les médias que vous connaissez. Si vous le faites, il y a une chance, seulement une chance, que j’en vois la réalisation de mon vivant.

Pierre JC Allard

02-11-09

Les fossoyeurs de la démocratie

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La population de Montréal a t-elle donné hier son aval à la corruption institutionnalisée ?  Il a suffi que 60% des gens s’en fichent et qu’environ le tiers de ceux qui ont pris la peine de voter ne la voit pas ou la pardonne, pour que la magouille semble reconduite. N’est-il pas clair que  nous pouvous raisonnablement nous attendre à ce que tout continue comme avant, au moins le temps de trouver une autre façon de faire la même chose ?  Quand on aura trouvé, on pourra dire, comme le personnage du Guepard de Visconti. que « tout aura changé pour que rien ne change ».

Est-ce inéluctable ?  Non bien sûr, rien n’est inévitable…  Le maire Tremblay qui ne voyait rien peut maintenant tout voir.  Ses conseillers peuvent tout voir autrement, les habitudes de l’industrie de la construction et des syndicats peuvent être régénérées, la nature humaine peut devenir meilleure….  Rien n’oblige la nouvelle administration de Montreal à persister dans le modèle nauséabond qu’on nous a révélé au cours des dernères semaines. Ne condamnons pas des présumés innocents. Ayons tous la foi, l’espérance… et la charité.

Il reste néanmoins que les Montréalais ont donné  démocratiquement leur aval pour que le même pilote garde la main sur la barre et que les même moussaillons traînent dans l’entrepont   Il est POSSIBLE qu’ils aient eu raison, mais difficile de penser que ce soit probable.  Pourquoi les Montréalais ont-ils fait ce choix un tantinet risqué ?

D’abord… parce que ce n’est PAS le choix qu’ils ont fait ! Les deux-tiers d’entre eux ont voulu que Tremblay parte. La division du vote a voulu qu’il ne parte pas. Un scrutin a deux 2 tours aurait vraisemblablement permis que Harel ou même Bergeron  gagne, au deuxième tour, un duel contre Tremblay.  Ce que nous avons n’est pas vraiment la démocratie.

Cela dit, pourquoi cette faille systemique a-t-elle joué ici en faveur de Tremblay ?  Deux (2) facteurs ont contribué à ce résultat.  D’une part, le clivage ethno-linguistique évident dès le départ et qui rendait Harel inacceptable à la vaste majorité des Anglophones.  Pour triompher de Tremblay, il aurait fallu, soit  que Harel obtienne un pourcentage du vote francophone qui aurait correspondu aussi à une polarisatio ethnique du vote – ce qui n’était  ni probable ni souhaitable –  soit que Bergeron  fasse sauter l’embâcle ethnique et obtienne un appui solide des Anglophones.

Le voeu de ceux qui souhaitaient un changement était que cet embâcle saute et que le vote anti-corruption – francophone comme anglophone – propulse Bergeron en tête.    Tout a fait  réalisable, mais il y avait un danger pour la minorité anglophone que si seul le vote anglophone faisait ce pas,  ce soit Harel qui beneficier du transport des votes anglophones d’un Tremblay alors affaibli… vers un Bergeron qui n’aurait pas la note de passage.

C’était un risque que la communauté anglophone ne voulait pas courir; elle donc resté un temps dans l’expectative. Quand les prises de position contre Bergeron des choniqueurs de Gesca ont convaincu la presse anglophone que l’Establishment québécois  ne laisserait pas tomber le systeme en place – va pour Harel, tout étant  là pour montrer que les même forces resteraient  au  pouvoir, mais pas un facteur imprévisible comme Bergeron  –  The Gazette a jeté son glaive dans la balance et soutenu Tremblay, produisant le résultat que nous avons eu. L’analyse détaillée du vote d’ici un jour ou deux confirmera ce scénario.

Quelle conclusions tirer de ce cafouillage  ?  D’abord modifier le scrution uninominal a un tour qui ne vaut que pour une démocratie bipolaire à l’americaine.  Si les gens commencent à reflechir et qu’on pense à des tierces options, ce type de scrutin n’a plus sa place.

Ensuite, rendre le vote obligatoire, tout en introduisant l’option de refuser tous les candidats. C’est l’inertie qui  a permis à 14% de l’électorat de créer la situation que nous allons vivre. On peut facilement imaginer que la population  qui aurait eu l’obligation de faire une choix n’aurait pas fait celui-là.

Enfin – et surtout – une lueur d’espoir.  En quelques semaines, entre la confirmation par Labonté du cloaque qu’était devenu Montreal et l’élection municipale,  le soutien à Projet Montréal a doublé !  La seule information libre a laquelle l’électeur a eu droit a été celle des blogues, mais la vague Bergeron a  doublé et est monté à 26%, malgré la mauvaise foi et tous les efforts des médias traditionnels.   Il s’en est fallu de bien peu…

C’est sans doute la dernière de ces vagues populaire qui n’aura pas emporté la digue. Il suffit  d’extrapoler la tendance, pour comprendre que la prochaine élection ne se gagnera pas dans le médias traditionnels,  discrédités encore un peu plus  lors de ce scrutin par ces fossoyeurs de la démocratie, comme Alain Dubuc, qui ont traité d’hurluberlu  un candidat auquel finalement aura fait confiance  26 % de la population. Elle se gagnera aur les medias citoyens, où l’on pourra se parler à l’abri de la corruption et de l’hypocrisie de ces pseudo journalistes à la solde d’une presse qui ne veut pas informer, mais manipuler.

Gesca a menacé de fermer ses journaux le 1er décembre.  Tant mieux.   Il y a une alternative à l’Évangile selon Desmarais Je la proposerai ici la semaine prochaine.

Pierre JC Allard

16-07-09

287 Cheney dans la mire

J’ai écrit, il ya quelques semaines, que les criminels de guerre de l’administration Bush ne perdaient dans doute rien pour attendre. À la première bonne occasion, l’Amérique d’Obama s’offrirait leur liberté sinon leur têtes, pour se donner bonne conscience et, aussi, pour redorer son blason après ces années d’infamie qui l’avaient conduite au nadir absolu de sa popularité. Il semble bien que le moment soit venu.

Pour lancer l’opération qui restituerait sa vertu à Amérique, on a ciblé celui qui a été généralement perçu comme la véritable âme damnée de l’administration précédente: Dick Cheney. Cheney, largement soupçonné d’avoir été le copilote que l’Establishment avait imposé à Georges Bush père, avant de permettre que son fils moins doué ne mette la main sur le volant. Cheney, qui a réussi à attirer sur lui tout le mepris et toute la haine de ceux qui maudissaient cette administration. S’il faut un sacrifice humain pour régénérer l’Amérique, Dick Cheney est la personne idoine. C’est donc lui que l’on a ciblé

Il y a quelque jours, le rapport d’un quelconque inspecteur général est venu révéler le rôle-clef du Vice-Président Cheney pour liniter à un tout petit nombre de fonctionnaire les détails du programme d’écoute téléphonique sans mandat de la NSA; une discrétion exagérée, a conclu le rapport, qui a nui à l’efficacité des efforts pour surveiller les activités terroristes. De quoi faire froncer les sourcils, mais c’est hier qu’est venu le véritable assaut.

C’est Leon E. Panetta lui-même cette fois, Directeur de la CIA, qui a lancé la bombe. Pendant huit (8) ans, dit-il, sur les ordres personnels de Dich Cheney, l’Agence a du cacher au Congrès et au Sénat l’existence d’un "programme spécial" de lutte antiterroriste. Prétendant qu’il vient d’en apprendre l’existence, Panetta met fin au programme et en avise les Comités de surveillance des activités de contre-espionnage (intelligence committees) du Sénat et du Congrès. C’est une très grave accusation.

Est-ce objectivement la plus grave des félonies qu’on pourrait reprocher à Cheney ? Avant de devenir Vice-Président des USA, il a été le numéro #1 de Halliburton, la société qui a sans doute profité le plus effrontément de la guerre en Irak; n’aurait-on pas pu chercher contre lui des preuves de corruption ? Il s’est aussi prononcé ouvertement pour la torture a Guantanamo et l’y a maintenue, malgré des décisions judiciaires ordonnant qu’on y mette fin. Abus de pouvoir ?

On aurait pu aussi lui faire grief d’avoir fomenté l’invasion de l’Irak en inventant de toutes pièces cette histoire d’armes de destruction massive… et l’accuser de tant d’autres choses… Pourquoi l’attaquer sur ce point particulier d’avoir caché la vérité aux sénateurs et congressistes ? Parce qu’en le faisant, il a porté atteinte à l’équilibre sur lequel repose tout l’édifice de la démocratie aux USA.

La constitution américaine est là depuis plus de deux siècles, avec quelques amendments occasionnels qu’on numérote scrupuleusement, mais qui n’en changent pas l’essence, ce qui fait des USA l’un des plus vieux États du monde. Les "vieux pays" d’Europe, la Grande Bretagne exceptée, ont des gouvernances plus volatiles.. C’est ainsi que la France, depuis que les USA maintiennent leur première et seule constitution, a passé par 3 monarchies, 2 empires, 5 republiques et quelques autres singularités, genre Directoire, Consulat, Communes, etc. Les USA tiennent à leur constitution.

Une constitution dont la pierre d’accise est justement cet l’équilibre à maintenir entre les trois (3) pouvoirs, executif, legislatif et judiciaire. Quels que soient les crimes qu’ait pu commettre Cheney, il n’en est donc pas de pire que celui de les avoir commis sans que le législatif ( Sénat et Congrès) n’en aient été dûment informés et n’en soient donc devenus complices: c’est cette connivence qui seule aurait évité que les USA ne soient une dictature.

En reconnaisant que, pendant huit (8) ans, l’Exécutif a agi sans que Sénat et Congrès n’aient donné leur aval, on avoue a posteriori que la Présidence Bush a agi hors de la légalité et, en fait, s’est comportée comme une dictature. On trouvera bien l’excuse de la raison d’État, mais personne n’y croira. Un dur choc pour la population américaine.

Quand la population aura digéré cette information et que les médias l’auront expliquée comme il se doit, il ne restera plus à Obama qu’à sévir. Sans doute à la fin septembre, quand le G20 de Pittsburgh fera connaitre les nouvelles règles du jeu international et qu’on pourrait avoir intéret à ce que la politique domestique reçoive toute l’attention. Et de un.

Pierre JC Allard

21-06-09

262 Les trois (3) problèmes en Iran

Je ne reviens pas souvent deux fois sur une même question. Exception aujourd’hui que je crois nécessaire, car j’ai passé une bonne partie de ma journée en discussions sur divers médias, sur ce thème que j’abordais hier de l’intrusion des Américains dans la démocratie iranienne à grands coups de Twitter

Il y a présentement en Iran deux (2) problèmes domestiques graves: celui de sa gouvernance et celui de la démocratie. Le troisième problème, qui lui vient d’ailleurs, est qu’on confond les deux premiers problèmes à plaisir pour des intérêts inavouables.

1. Le problème de la gouvernance en Iran, c’est celui d’un peuple qui a connu de meilleurs jours, que le pétrole a enrichi par castes et donc de façon bien inégale, d’un pays manipulé par des intérêts étrangers et leurs alliés nationaux et dont la couche la moins prospère et la moins éduquée s’est réfugiée dans sa religion.

Ce qui exerce le pouvoir réel en Iran – et on ne devrait pas prétendre le connaître – fonctionne sous l’étendard d’une théocratie chiite, dont le pouvoir s’étend en vertical, d’une tête sans doute aussi agnostique et corrompue que celle des autres religions, jusqu’à un bas clergé, parfaitement obscurantiste, sans doute pas si différent dans ses moeurs que celui qui occupait l’Europe au Moyen-Âge. Ce qui nous amène au deuxième problème.

2) Le deuxième problème est celui de la démocratie. Ce bas clergé en Iran est assez intégré dans cette cette couche majoritaire « moins prospère et moins éduquée » de la population et il y est si dominant, que toute décision qui sera prise démocratiquement en Iran le sera selon les instructions de ce clergé. La démocratie en Iran conduit à l’obscurantisme. Toute évolution en Iran passe donc par une mise en veilleuse de la démocratie le temps de diffuser une éducation moderne.

Ce qui donne beau jeu pour intervenir à ceux qui ne souhaitent PAS une évolution en Iran. Le Shah a tenté cette évolution et, bien sûr, on lui a opposé une résistance populaire quand on a voulu s’en défaire. Ce qui est original, aujourd’hui, c’est que les Américains prétendent se débarrasser de la démocratie obscurantiste en lui opposant une autre "démocratie".

C’est du Novlang à la 1984, car c’est une « démocratie » conforme à la vision USA et dont le peuple ne veut pas. Cette gouvernance peut être évolutive si on veut, mais certes pas démocratique au sens réel du terme qui est de correspondre au désir de la majorité. Si on parvient à imposer une rvolution, on aura tout sauf une démocratie. On aura une mainmise étrangère et c’est le troisième problème. Immédiat.

Les Américains tentent d’installer en Iran, pour des raison que nous n’avons pas à discuter ici, un bypass qui va contrôler la psyché des Iraniens le temps de changer pour eux le gouvernement contre la volonté de la majorité et de dire qu’ils l’ont voulu. C’est du Goebbels 2.0.

Pour le justifier, on veut convaincre l’Occident qu’il y a en Iran une contestation qui est le fait de tous les Iraniens, alors qu’elle n’intéresse qu’une petite partie de la population. J’ai passé des décennies dans des pays pourtant opprimées, où la liberté telle que nous a concevons n’entrait pas à l’agenda des populations. C’est le cas en Iran. La majorité de la population iranienne aime les mollahs et a voté pour Ahmadinejad.

On veut donc feindre une décision démocratique en s’appuyant sur une élite contre la majorité. Cette approche est dangereuse. Bien sûr, on a aussi fait la révolution française en s’appuyant sur une élite, mais il suffisait alors d’une toute petite partie de la population pour la faire. Aujourd’hui, le développement des communications rend la démocratie, au sens réel de consensus, de plus en plus incontournable

En imposant une "démocratie" contre le consensus, on va donc va faire face à de graves dissonances cognitives qui vont mener à une catastrophe. Comme partout où les Américains sont intervenus récemment.

Si le gouvernement en place en Iran et auquel la population vient d’accorder sa confiance est évincé, on va créer un espace ininterrompu d’anti-occidentalisme, d’anarchie et de rébellions plus ou moins ouvertes de Herat à Gaza. Même les USA ne peuvent pas contrôler un tel espace hostile, lequel, incidemment, est encerclé par la Russie, la Chine et l’Inde.

Ne me voyez surtout pas comme pro-islamiste. Je n’ai aucune amitié pour la théocratie ni le brassage des cultures. Je ne veux que la paix, le respect des autres et notre propre développement comme Occidentaux. Je dis seulement que l’on fait des bêtises.

PIerre JC Allard

15-06-09

256 Un mauvais moment…

J’ai dit souvent récemment, sur mon blogue et ailleurs, que je suis bien satisfait de la façon dont l’Éstablishment américain est à réaliser sa conversion, d’un système capitaliste générateur de trop d’inégalités, vers un système plus paternaliste dont c’est la mission d’Obama de réaliser la mise en place sans effusion de sang.

Quand je dis satisfait, cependant, comprenons bien, que c’est la satisfaction d’un malade en phase terminale qui approuve les arrangements qu’on a fait pour ses obsèques. J’aime la créativité, l’initiative dans l’effort, la liberté d’expression et j’ai passé la plus grande partie de ma vie à fraterniser avec d’autres cultures. Pour ceux qui ont ces idéaux, il y aura un mauvais moment à passer.

Ce n’est pas de gaieté de cœur que je constate que le monde DOIT aller vers un forme de collectivisation, de normalisation, d’enrégimentement, accompagné pour chacun d’un repli sur ses valeurs et ses frontières. Cette orientation m’attriste, mais je l’accepte, car je la vois absolument nécessaire : il n’y a pas d’autre moyen de corriger le mauvais virage que notre civilisation a pris il y a 60 ans.

On aurait pu, il y a 60 ans, prendre un autre virage. Au lieu de la Guerre Froide avec l’URSS, on aurait pu accepter, à la dimension de tout l’Occident, une lente évolution vers un plus grande présence de l’État dans la société, jointe à un respect des droits acquis et d’un nécessaire esprit d’entreprise. On aurait pu choisir de permettre de raisonnables inégalités, tout en faisant barrage à la misère.

Barrage à la misère que nous avions laissée s’installer chez-nous et aussi à celle que nous avions contribué à créer chez les autres. Au lieu de cette décolonisation sauvage qui a transformé les esclaves en serfs, libres surtout de se cannibaliser sous peine de mourir de faim, l’Occident aurait pu assumer la responsabilité de conduire à l’autosuffisance et à une autogouvernance efficace les peuples dont nos prédations avaient interrompu le développement. Si, au lieu d’un Rideau de fer, on avait bâti des ponts entre l’Est et l’Ouest, on aurait pu aussi en créer entre le Nord et le Sud.

Mais on ne l’a pas fait. On a choisi l’antagonisme. On a suivi, dans le monde dit « libre », l’attachement à courte vue à un néoliberalisme en forme de martingale pyramidale, ne pouvant survivre que par une création de richesse fictive dont l’irréalité serait tôt ou tard découverte. Dans le monde des république dites « démocratiques », on a suivi l’attachement doctrinal à des recettes que l’avènement de l’abondance rendait désuètes et à des politiques coercitives fatales à la liberté et à la créativité.

Est et Ouest se sont enlacés comme les scorpions dans la bouteille, dans un conflit qui a perduré jusqu’à la chute du Mur de Berlin. Lorsqu’il est tombé, on s’est aperçu qu’étaient morts non seulement le «socialisme», qui aurait pu donner un idéal à l’humanité – pour dérisoire qu’on ait pu le juger – mais aussi le « capitalisme », déshonoré par le mal qu’il avait causé et qu’on n’attendait pour enterrer que la découverte de la supercherie de cette richesse factice dont il avait voulu faire une raison de vivre.

Le voile est tombé en octobre dernier, quand l’argent a perdu toute valeur. Nous sommes désormais dans un monde où il n’y a plus d’idéal politique crédible, ni de symboles financiers auxquels on puisse accorder confiance. Nous sommes dans une situation où il faudra rebâtir la société, tout en réglant au jour le jour des questions de survie. Il va falloir mettre en mouvement concerté une population désabusée.

On ne pourra le faire que si des directives cohérente sont données et suivies, ce qui ne sera possible que si la population est dirigée avec fermeté et qu’on ne lui laisse que bien peu de discrétion pour s’en écarter. Des gouvernement autoritaires vont donc se mettre en place, refermés sans doute sur des zones identitaires culturelles que leur homogénéité rendra plus faciles à gérer.

J’ai bien peur que la démocratie, déjà bien malade, ne parte en vacance pour la durée des travaux. Elle reviendra, car la liberté est le système par défaut, dans le monde d’interdépendance qui est à se créer et qui ne pourra vraiment fonctionner que par consensus. Elle reviendra, et ceux qui l’accueilleront à son retour vivront une vie meilleure dans un monde meilleur.

Il n’y en aura pas moins un moment à passer où les choses et les idées que nous aimons ne seront peut-être pas là… Un mauvais moment à passer, mais il sera moins long si nous gardons la volonté inchangée d’œuvrer pour l’avenir auquel nous croyons.

Pierre JC Allard

04-06-09

Une démocratie en tutelle

Ce qui se passe au parlement européen intéresse peu. On voit ces gens qui s’agitent sans avoir même le goût d’en changer. Ils inspirent plus de pitié que de colère ou de mépris, car ce serait leur rôle, en cette période de crise, de réaliser un programme que la population aurait choisi en les élisant et de fixer les moyens d’y parvenir, mais on sait qu’ils ne le peuvent pas: le pouvoir est ailleurs.

Les élections européennes nous rendront un grand service, si elles nous ouvrent les yeux et nous font constater que cette situation n’est pas vraie qu’au parlement de l’Europe, mais dans tous les parlements. On aura fait un grand pas vers le renouvellement de nos institutions, si on comprend que le problème fondamental de la démocratie actuelle est que ce ne sont plus les élus qui ont le vrai pouvoir de décision. L’élu est devenu impuissant… et un intermédiaire inutile.

Inutile, parce qu’il faut une connaissance spécialisée des dossiers pour pouvoir faire le choix des moyens. Les élus n’ont pas cette connaissance, puisque leur spécialité, à eux, c’est d’être politiciens. Se faire élire est un job à plein temps et, s’ils voulaient connaître aussi les subtilités de l’éducation ou des finances, les députés et les ministres ne feraient pas leur travail de politiciens. Les élus délèguent donc le choix des moyens aux hauts fonctionnaires.

Mais les hauts fonctionnaires ne peuvent pas non plus être des spécialistes en éducation, en finance ou quoi que ce soit d’autre que l’administration, puisque leur mission est de gérer des centaines ou des milliers d’employés et un budget de centaines de millions ou de milliards d’euros. Le haut fonctionnaire est donc un administrateur.

Qui connaît les dossiers des finances, de l’éducation, de la justice, etc ? Des fonctionnaires, aussi, mais d’un autre niveau. Du niveau “professionnel” qui se situe beaucoup plus bas dans la hiérarchie. Des fonctionnaires qui ne sont pas consultés quand les décisions sont prises, seulement quand il s’agit de les justifier.

Parce que les décideurs sont des administrateurs, c’est la logique administrative qui prévaut quand ils décident des moyens: programmes, critères et procédures. Hélas, le choix des buts étant inextricablement lié à celui des moyens, les objectifs qui ne satisfont pas à la logique administrative – (qui ne permettent pas, par exemple, une utilisation optimale des ressources disponibles) – sont perçus comme impossibles à atteindre. Les buts définis par les représentants du peuple sont alors “reformulés” pour coller aux besoins du système. En fait, ils sont mis au rancart.

La démocratie représentative ne fonctionne plus, parce qu’elle a conduit à une situation où nous ne sommes plus gouvernés, mais sur-administrés. Ceux qui savent ne peuvent pas, ceux qui peuvent ne savent pas et les politiciens, impuissants, sont renvoyés pour des décisions qu’ils n’ont pas vraiment prises… alors que les vrais décideurs, les mandarins en contact direct avec les lobbies, qui ne veulent surtout pas le changement, mais seulement la pérennité du système et son fonctionnement sans heurts, ne portent pas la responsabilité de leurs erreurs ni surtout de leur indécision.

Il faut transformer radicalement le système démocratique. La démocratie, ce serait de soumettre au peuple des choix et de le laisser décider des buts, mais qu’ensuite le mandat d’atteindre ces buts soit confié à “ceux qui savent”, que ceux-ci aient la responsabilité formelle de décider des moyens et qu’ils soient responsables de leur décision, directement devant l’électorat.

Je suis tout à fait conscient des implications énormes de consulter la population sur le choix d’un président de banque centrale ou d’un chef d’Etat-Major. C’est une révolution. C’est l’avènement de la démocratie. Y sommes nous prêts ? Si les coups d’épée dans l’eau qu’on donne au palier de l’Europe nous font comprendre que le problème de l’absence de contrôle de la population sur le fonctionnement des institutions est le même aux autres paliers, cet exercice des élections européennes aura été bien utile.

Pierre JC Allard

03-06-09

Les élections européennes

Entre les 4 et 7 juin prochain (2009), les 27 Etats membres de l’Union Européenne vont voter au suffrage universel par circonscriptions et se choisir 736 représentants.  En principe, les élus au Parlement de Strasbourg – qui siègent la plupart du temps à Bruxelles – constitueront le volet démocratique de la gouvernance de l’Union Européenne.  Les trois quarts au moins des lois adoptées par les États nationaux devant se conformer aux directives de l’Union, on pourrait penser que ce qui se discute dans ce Parlement n’est pas sans intérêt.    Et pourtant….

Pourtant, les élections européennes n’intéressent pas beaucoup les Français, ni les Allemands et les Anglais encore moins. Les Belges oui, mais c’est chez eux…  Généralement la moitié des Européens ne votent pas à ces élections et il semble que cette fois ce sera pire. Pourquoi ce manque d’intérêt?   Parce que le Parlement européen n’a ni vrai pouvoir ni autorité.

Pas de pouvoir, parce que, même si on lui demande bien son avis et qu’il a un droit de censure, il n’a pas l’initiative législative. Il ne propose pas des lois; il est le tampon sur des lois qu’on lui soumet.  Les lois, c’est la Commission Européenne qui les propose, la Commission, qui est une création des États et non des peuples de l’Europe.

Le Parlement peut bien se prononcer sur ces lois qu’on lui propose, mais sur quelle base ?  Les dossiers sont nombreux, complexes et leur technicité en rend la maitrise ardue.  Les membres de la Commission ont derrière eux chacun une armée de fonctionnaires nationaux pour étudier les dossiers, les députés européens n’ont que des opinions.  Ce sont donc ceux de la Commission qui ont, non seulement l’initiative des lois, mais aussi tous les atouts pour en discuter. Ils ont le haut du pavé, car ils parlent le langage des Eurocrates de Bruxelles et personne ne doute que ce soient eux qui aient le vrai pouvoir.

Les députés au parlement européen n’ont pas le pouvoir, soit, mais pourquoi leur en faire grief ?  Le député au Luxembourg en a-t-il davantage ?  C’est l’expertise, désormais, qui mène le monde et elle est a Bruxelles.  On leur en fait grief, parce qu’ils n’ont pas non plus l’AUTORITÉ.  Si un Président de l’Europe était élu au suffrage universel et devait rendre des comptes à ce Parlement européen, ce Président aurait l’autorité de la légitimité de son mandat populaire et le parlement celle de son mandat de surveillance des gestes de ce Président.

Même sans pouvoir exécutif, le Parlement européen aurait la force de cette autorité. On ne le contredirait pas à la légère, ni à la Commission, ni à Bruxelles.  La population se sentirait REPRÉSENTÉE et elle s’impliquerait dans le choix de ses représentants. Impliquée, elle voterait davantage, augmentant d’autant  la crédibilité des députés européens… et on serait sur la voie de bâtir une appartenance à l’Europe

Une vraie appartenance, car ces députés, responsables d’une politique européenne, ne suivraient que de très haut les méandres de la réglementation; les Eurocrates de Bruxelles peuvent le faire sans un suivi quotidien. Il se consacreraient à imaginer un avenir pour l’Europe et à en concevoir les grandes politiques.  Ils ne se rangeraient plus ipso facto sous les  bannières, Droite (PPE), Centre (ADLE) ou Gauche (PSE) qui font du parlement européen une projection caricaturale des clivages politiques nationaux. Ils se regrouperaient selon des critères pertinents à leur mission.

Les députés européens seraient utiles. Ils seraient intéressants. On voterait aux élections européennes avec passion, plutôt que de souhaiter qu’après 30 ans de leurs inepties, quelque Cromwell vienne enjoindre à ces notables en probation ou en préretraite – au nom du Christ ou du simple bon sens ! – de ramasser leur maroquins en rodage et de rentrer chez eux.

La semaine prochaine, on voudra nous dire ce que signifent les résultats de ces élections.  Une autre démarche inutile, car nous savons déjà ce que signifie l’abstention qui en sera le résultat le plus marquant;  elle  signifie la profonde désaffection des Europens pour une démocratie reduite à un rideau de scène derrière lequel le vrai pouvoir s’agite.

L’attitude envers les élections européennes est emblématique de cette désaffection. On a rendu la démocratie inutile. On l’a rendue rididule et il n’en reste qu’une image de corruption et de non-signifiance. Il faut rebâtir la démocratie. On pourrait commencer à Strasbourg.

Pierre JC Allard

01-06-09

Gauche, droite… libertaire ?

Il y aura bientôt 12 ans que j’écris sur Internet des textes qu’on a un jour décidé d’appeler des blogues. Plus d’un millier de textes parlant de politique, décrivant l’avènement d’une « Nouvelle Société » plus juste. Comme au départ on disait de gauche tout ce qui prônait plus de justice, je me suis vite dit de gauche.

Deux fois candidats pour le Nouveau Parti Démocratique  –  parti centriste selon les critères universels, mais à gauche de l’échiquier politique canadien –  personne ni moi, n’avons plus jamais douté de mon allégeance. Jusqu’à ce que l’on me souligne des divergences entre mes prises de positions et la Gauche orthodoxe.

Par exemple, j’ai un grand respect pour l’ordre.  Pas l’ordre établi, mais un ordre juste, qui reste à établir; quand elle semble s’opposer à la clémence envers les coupables, ma priorité va à la défense des innocents.  De même, quand il apparait que trop de remises en questions  peuvent mener à l’inaction, ma priorité va à l’efficacité.  Suis-je vraiment à gauche ?

J’ai aussi beaucoup de respect pour les appartenances identitaires, avec  un refus des brassages de cultures imposés par la pauvreté ou les impératifs stratégiques.  Ce respect des cultures me rend bien à l’aise au sein de la gauche quand je dénonce férocement l’impérialisme occidental au tiers-monde,  les incursions militaires qu’on y entreprend et quand je soutiens que le mondialisme est une sordide arnaque.

Je m’y sens moins à ma place, toutefois, quand le même respect des cultures m’amène à souhaiter qu’on ne se mêle des affaires des autres que s’ils nous invitent à le faire. Encore moins quand  le respect de NOTRE culture me fait dénoncer l’immigration et que je dis que c’est chez eux et non chez-nous qu’il faut aider les autres. Je me retrouve alors souvent avec une Droite que d’habitude je ne fréquente pas.

Je fais aussi froncer les sourcils de mes camarades de la gauche, lorsque je dis que la redistribution de la richesse ne doit pas conduire à une parfaite égalité, sous peine de réduire dangereusement la motivation dont nous avons besoin pour progresser, mais à une société tendanciellement égalitaire, dont la misère est supprimée, mais où subsistent les inégalités qui récompensent l’effort et qui répondent aux exigences éthiques de la justice commutative.

Je reçois de même, parfois, des oeillades assassines de la gauche tout autant que de la droite, quand  je dis que le véritable clivage, quand on pense à bâtir une nouvelle société, n’est plus entre travailleurs et patrons, mais entre d’une part un capitalisme élitiste s’appuyant sur l’assistanat  et, d’autre part, un entrepreneuriat auquel la créativité et l’initiative inhérentes à une société complexe font désormais accéder tous les travailleurs. 

Pour coiffer le tout,  mon coeur est-il bien à gauche, si je crois que l’ultime objectif social du citoyen  n’est pas son enrichissement – qui n’est qu’une condition préalable nécessaire -mais le pouvoir que lui donne cet enrichissement pour affirmer sa liberté et se réaliser comme individu ?  Avec tous ces petits travers, puis-je néanmoins me dire un homme de gauche ?

Je l’espère, car ayant une position ferme pour l’intervention de l’État et soutenant la nécessité d’une redistribution massive  de la richesse, je suis inacceptable à droite.  Ou suis-je ? Qui suis-je ?  Étais-je un libertarien qui s’ignore ?  J’ai consulté les défenseurs du dogme et l’on m’a vite détrompé…

Pourtant, m’interrogeant moi-même, j’en ai conclu que je l’étais à moitié, car la Nouvelle Société que je souhaite est à deux paliers. A la base, un palier qui correspond  à cette division du travail que permet la vie en société et qui nous enrichit.  À ce palier, il faut  reconnaître notre interdépendance et promouvoir la solidarité. Il faut mettre en commun. Il faut accepter l’État et c’est le domaine de la démocratie. 

Sur ce basilaire, cependant,  un deuxiéme palier se construit, au rythme de notre enrichissement collectif, où notre individualité  et notre désir de liberté doivent prévaloir.  Ce désir de liberté est légitime. Être de gauche, à mon avis, ce n’est pas s’opposer à la construction de ce piano nobile libertaire dont chacun aménagera sa parcelle à son goût.   C’est s’assurer qu’est construite prioritairement la base collective qui garantit la dignité  de chacun et le bien être de tous, à la mesure des moyens que nous fournit notre société  d’abondance et de la volonté de partage que détermine le consensus social.   En bas, il faut que ce soit tous pour un. À l’étage, vive l’individu et sa liberté !

Pierre JC Allard

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