Nouvelle Societe

26-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -22

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

26 novembre (22/33)

À BIEN Y PENSER…

Il n’est pas si faux qu’on pourrait le croire de prétendre que cette campagne commence avec le débat d’hier. La stratégie du système, consistant a dire que Charest est le seul gagnant possible, a été menée rondement, mais qui fréquente les blogues ne voit pas cette vague de fond. Ne la voit tellement pas, qu’on en vient à en douter…

Un scepticisme qui s’accroît encore, quand on se souvient de tous ces sondages dont on nous a abreuvés durant la campagne fédérale et dont force est de constater qu’ils n’ont pas seulement été erronés, mais publiés pour tromper. La manipulation qui est l’essence de la démocratie médiatique semble s’être hissée a un nouveau palier… Mais il y a les médias-citoyens. Un hâvre pour la liberté quand souffle l’ouragan du mensonge.

Charest avait-il 14 point de pourcentage d’avance au sein de la population avent le débat ? On ne le saura jamais, mais les sondages qui suivront devront tenir compte des limites à la crédulité populaire. Osera-t-on nous dire que Marois, hier, n’a pas marqué des points ? Et si on en tient compte, déterminera-t-on le nouvel écart « correct » par un savant calcul, ou ira t-on au plus pressé d’affirmer simplement qu’il y en a un… disons de 7 ou 8 points ?

Si on en met trop, la population ne croira pas que la performance lamentable de Charest – et les FAITS qu’elle a tenté de dissimuler – peuvent avoir eu si peu d’impact ; si on l’écart trop mince, on risque de déclencher un effet d’entrainement en faveur du PQ, perçu alors comme en remontée.

Et il y a Dumont. Il y a des semaine qu’on veut le montrer en totale décrépitude ; or, on vient de le voir habile, déterminé, meilleur orateur que Charest, beucoup plus créatif…… et infiniment plus sympathique.

Je ne vois pas Mario en premier ministre. On nous a tant convaincus qu’il ne pouvait pas prendre le pouvoir, toutefois, que les défauts de Dumont n’ont plus d’importance. Ses qualité, au contraire, apparaissent bien utiles dans l’opposition, si nous devons être gouvernés par un Jean Charest dont on sait plus que jamais qu’il n’a pas de respect pour la population québécoise et qu’il peut dissimuler et mentir sans vergogne.

Si j’avais voté adéquiste l’an dernier, et que j’avais vu la performance de Dumont au débat, je ne suis pas du tout certain que je changerais de loyauté… Un gouvernement Marois minoritaire avec un bonne présence adéquiste serait le meilleur résultat pour le Québec. Puis on irait voir combien de milliards sont disparus de la Caisse… et on ferait pour le mieux.

Pierre JC Allard

25-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -21

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

25 novembre (21/33)

LES VRAIES AFFAIRES

Il y aura un débat des chefs ce soir… De quoi nous parleraient nos politiciens, s’ils voulaient vraiment que la population ait un mot à dire dans sa gouverne ? Ils nous parleraient des choses que vous avez toujours voulu savoir, mais que vous n’osez plus demander.

1. D ‘abord, s’il y a une crise et qu’on veut des sous, pourquoi pas un impôt sur le capital ? Pourquoi s’en tenir aux REVENUS, alors que c’est l’argent des milliardaires qui roupille et qui cause problème ?

2. Pourquoi ne pas ne pas mettre en place un système de travail-revenu garanti pour tous, plutôt que ces mesures sottes de création d’emplois alternant avec des paiements de transfert pour ceux qu’on n’arrive pas à caser ? On ne réalise pas combien il est stupide de dire qu’on manque de travail dans une société où il y a encore tant à faire ?

3. Ensuite, quand on parle santé, pourquoi ne pas former en grand nombre les ressources médicales spécialisées nécessaires, qu’on rémunérerait le tiers ou la moitié du revenu d’un docteur en médecine – qui n’est pas toujours ce dont on a besoin – … et fournir a chaque Québécois un médecin qu’on payerait par capitation et qui l’ACCOMPAGERAIT dans sa démarche de santé ?

4. Pourquoi pas une éducation reposant sur une relation personnelle entre une élève et un enseignant, comme Illytch en parlait, il y déjà trente ans, plutôt qu’une formation en polyvalentes qui ne sont que des garderies pour adolescents ? Pourquoi ne pas s’en remettre aux enseignant pour toute pédagogie ne laissant à l’État que l’évaluation normative ?

5. Et si on parlait un peu de la justice GRATUITE ? C’est une ignominie que, dans un État de droit, on doive payer pour obtenir justice et qu’il n’y ait donc pas de justice pour le monde ordinaire.

6. Il y a aussi à la question de la criminalité. Va-t-o comprendre enfin que le but premier de la justice qu’on dit pénale ne devrait pas être de punir ni de réhabiliter les criminels, mais de protéger et d’indemniser les innocents ? Qu’est-ce qu’on attend pour proposer une nouvelle approche ?

7. Quant à la culture, il faut qu’on sorte d’une rémunération basée sur la limitation de l’accès aux œuvres – une méthode qui incite à la tricherie et qui brime la diffusion de la littérature comme des arts – pour passer à une rémunération, pour chaque créateur, correspondant à sa part déterminée par les consommateurs de ce que le consensus social choisit de consacrer à la création artistique et littéraire.

Et ce n’est qu’un aperçu de ce dont il faudrait discuter. Pendant ce temps, des gens qui n’y connaissent rien énoncent des chiffres, nous demandant si on prefère investir 1 000 000 000 ou 600 000 00 de dollars en création d’emplois… alors que ce sont naturellement les circonstances qui dicteront la marche à suivre. On ment, on dit des bêtises… et on évite surtout soigneusement toutes les vraies questions.

Pierre JC Allard

24-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 20

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

24 novembre (20/33)

LA LIBERTÉ COMPLAISANTE

Madame Marois a fait bonne figure à Tout Le Monde En Parle. Le contraire aurait été bien étonnant. Quoi qu’en dise Guy A. Lepage, il est tout à fait évident que le traitement réservé aux invités n’est pas le même pour tous. La presse est libre… elle peut être complaisante.

Avant de hurler à la partialité, à l’ostracisme, au favoritisme et que sais-je, il faudrait tout de même, cependant, jeter un regard lucide sur le comportement des médias en général et s’interroger sur la loi électorale.

La loi qui limite les dépenses électorales est une fumisterie, puisque l’on interviendra avec fermeté pour porter plainte contre le citoyen ordinaire qui distribue quelques tracts de son crû, on dénoncera avec vigueur une publicité de trop par un parti qui ne l’aura pas comptabilisée, on aboiera contre un blogueur, mais sans trop de véhémence, car la blogosphere commence a avoir des muscles … mais on accepte sans broncher qu’un journaliste – ou pire, un groupe comme Gesca – soutienne a pleines pages un parti ou un candidat.

Il y a la liberté de la presse à défendre… Oui, oui, on veut bien, mais il faudrait être stupide pour ne pas voir que l’opinion d’un chroniqueur comme Foglia ou Lagacé, ou d’un éditorialiste comme Pratte ou Sansfaçon, a sur le vote une influence autrement plus forte que celle du premier quidam venu. Ici, l’hypocrisie est totale.

Totale, car on ne peut pas sérieusement prétendre qu’on égalise les chances entre les partis en contrôlant leurs dépenses, alors que la publicité gratuite – ou apparemment gratuite – qui suinte de tous les médias a un impact que n’aurait pas une fortune en publicité payée. On pourrait corriger cette situation, mais on ne le veut pas.

Pourquoi ne pas baliser la liberté et la complaisance ? Ce n’est pas pour favoriser un parti plutôt qu’un autre, car tous les partis susceptibles de prendre le pouvoir ne sont que des factions d’un seul grand parti unique du statu quo qui permet que notre élite financière nous applique son programme. C’est toujours, pour l’essentiel, bonnet blanc et blanc bonnet.

Il ne s’agit pas tant d’en favoriser un que de les favoriser tous et le processus avec eux, de soutenir l’intérêt des électeurs dans notre démocratie médiatique dont toutes les discussions qui prêteraient vraiment à controverse sont résolument bannies. On a transformé le processus électoral en spectacle, en favorisant les aspects ludiques et surtout ce qu’on peut y introduire de suspense.

Dans ce contexte, que TLMEP devienne un petit écrin douillet pour Madame Marois ne me semble pas une ignominie. Tout au plus un élément d’un problème autrement plus vaste : les vraies questions ne seront jamais abordées. ON y apportera les réponses correctes et on nous tiendra au courant. Quand ce sera absolument nécessaire…

Pierre JC Allard

23-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 19

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

23 novembre (19/33)

HIPPOCRATE ET LES HYPOCRITES

Si mon toubib arrivait chez-moi à l’aube sans prévenir, pour m’éveiller et me dire de ne pas m’inquiéter, je pense qu’il me faudrait un peu de Valium… Si ce n’était pas mon toubib, mais un de ses collègues, me disant que le mien a besoin de repos pour quelques temps, il m’en faudrait un peu plus et je regarderais avec une certaine appréhension toutes ces fioles sur ma table de chevet. Dites, Docteur, votre collègue mon toubib en titre, vous êtes sûr qu’il était reposé quand il m’a donné cette liasse de prescriptions ?

Quand Fernand Perreault, « président pas intérim de la Caisse » vient nous rassurer un vendredi soir par une conférence de presse qui coincide presque avec la fermeture des marchés pour le week-end, il nous fait bien plaisir. D’abord, on sait qu’il y a vraiment un nouveau barreur, ce qui est prudent avec toute cette houle et le vent qui ne tombera pas avec le serein. Ensuite il nous replace dans une problématique de bon sens.

Le bon sens, c’est que, comme je le soulignais hier, la Caisse est le lac vers lequel affluent nos épargnes ; elle n’a rien à inventer pour s’enrichir, juste à ne pas faire de bêtises. Donc, quant on nous dit que le flux des entrées et sorties da capitaux la Caisse est positif et le sera encore pour des années, on dit exactement ce qui est vraiment important.

Il me rassure encore plus quand il précise qu’il calcule ses liquidités sans tenir compte des 12 milliards de papier commercial à ses livres, vu que la valeur de tout ce papier commercial est disons… incertaine. Merci Docteur , je vois que la Caisse respectera la première admonestation d’Hippocrate » : Primum non nocere. D’abord ne pas nuire. Gestion prudente. Compris. J’aime Hippocrate.

Quand Perreault nous dit que la Caisse va « bien » – ce qui est formellement vrai – il évite toutefois soigneusement de nous donner un bulletin de santé qui, hélas, ferait vraisemblablement la preuve qu’elle ne va pas « mieux ». Sinon, on l’aurait dejà su… Vous savez, ces 12 milliards… Passons.

Pourquoi parler de mieux, alors que l’essentiel est qu’on n’ait pas chaviré et qu’on pense gagner la jetée sans encombres ? Parce que la Caisse avait une régate à gagner contre le Dow Jones. Si elle ne retire pas un meilleur rendement de nos épargnes que nous pourrions le faire en éparpillant nos jetons au hasard sur le tapis vert, elle ne devrait pas se mêler d’investir. Alors dites moi, skipper, cette régate, on la gagnera ?

C’est a dessein que je vous promène entre deux métaphores. Si vous m’avez suivi, donnez-vous tout bon : vous pouvez suivre le parcours de Jean Charest. Vous comprenez que le gouvernement exige de la Caisse une performance de placements à risque, car il faut gagner cette régate, mais avec une gestion de médecin de famille, car il y a une méchante grippe qui rôde et il ne faut pas compromettre le bas de laine des Québécois.

Bravo. Il ne vous reste plus qu’a comprendre que le gouvernement n’intervient pas dans la gestion de la Caisse, afin d’éviter de politiser les activités de celles-ci, mais que, par un simple effort de pensée, il peut susciter chez celle-ci un vif désir de s’exprimer en pleine campagne électorale pour rassurer les badauds. Compris. Mais je n’aime pas les hypocrites.

Pierre JC Allard

22-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 18

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

22 novembre (18/33)

LA GROSSE CAISSE

Monsieur Richard Guay, PDG de la Caisse de depot et de placement du Québec, s’est mis en congé-maladie. J’espère que ce n’est pas grave. Je ne le connais pas et je ne lui souhaite que du bien. Je suis tout de même un peu perplexe. La Caisse, c’est ce qu’on a de plus gros au Québec. Bombardier et SNC–Lavalin, le Cirque du Soleil et Celine… des broutilles à côté de la Caisse.

Ce n’est pas juste de comparer la Caisse avec nos autres entreprises qui doivent faire de l’argent. La Caisse doit en faire, bien sûr, mais si elle en a tant, c’est parce qu’on lui en met plein les poches : on lui demande surtout de ne pas le perdre. Or la rumeur veut qu’elle en ait perdu 30 milliards depuis le début de cette crise … et ce n’est évidemment pas fini.

Alors je m’inquiète un peu. Car si j’avais perdu le portefeuille de ma femme ou même la tirelire de ma fille, je les chercherais avant d’aller me coucher. Je les chercherais avec beaucoup de diligence, même si j’avais une grosse migraine. Si j’étais TRES malade, on me mettrait sans doute au lit, mais je demanderais qu’on téléphone vite chez moi. Pour rassurer mes proches quant à mon état de santé, mais aussi pour leur dire que je ne les oublie pas …

On ne sait pas trop ce qui a rendu Monsieur Guay malade. On espère que ce n’est pas grave. On espère que ce n’est pas la situation de la Caisse qui l’a rendu malade. Monsieur Charest devrait nous parler de la santé et de la gestion de Monsieur Guay

Concernant sa gestion, il devrait surtout nous dire si les actifs de la Caisse ont baissé plus ou moins que la moyenne des cours de la Bourse. Ne serait-ce pas la seule façon objective d’évaluer son travail ? Concernant sa santé, il devrait nous confirmer que, qu’elle que soit l’évaluation que l’on fasse de la performance de Monsieur Guay, le seul fait qu’il ait dû s’absenter durant cette crise suffit à établir que sa santé est précaire et qu’il sera remplacé. On ne laisse pas au volant d’un autocar quelqu’un qui a des absences. L’évaluation de sa performance est sans pertinence quant à cette décision de le remplacer; elle ne peut que déterminer la couleur de son parachute.

Cela fait, on devrait aussi s’étonner que le Premier Ministre n’ait pas vu venir cet incident. Comment prétendre qu’on va gérer l’économie avec doigté, quand la plus belle fleur de la gerbe se fane sous nos yeux sans qu’on s’en préoccupe ? Il a peut-être aussi besoin de repos. Ce sera à nous, le 8 décembre, de décider s’il a une bonne excuse pour ne pas l’avoir vu, ou s’il ne devrait pas quitter le monticule et se diriger vers les douches.

Pourquoi Pauline et Mario, qui encore une fois chantent à l’unisson, ne nous facilitent-ils pas la vie en concluant une alliance qui permettrait qu’une majorité incontestable de la population signifie son congé au lanceur partant qui n’arrête pas de décevoir ? C’est ce front commun contre Jean Charest qu’ils constitueraient, s’ils mettaient l’intérêt de la nation au-dessus de leurs ambitions personnelles.

Pierre JC Allard

21-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 17

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

21 novembre (17/33)

HONNEUR AUX SOLDATS INCONNUS

Patrick Lagacé, sur son blogue de Cyberpresse, nous disait hier du bien d’un Adéquiste. Sébastien Proulx, candidat dans Trois-Rivières. J’en suis bien heureux. Pas parce que je suis adéquiste, je ne le suis vraiment pas, même si je souhaitais, après les dernieres élections, que PQ et ADQ s’allient pour nous débarrasser de Charest dont je prévoyais lévolution vers la non signifiance. Pas parce que j’aime particulièrement Sébastien – je ne le connais pas – mais parce que je pense qu’il est bon qu’un citoyen insoumis du Royaume Gesca sorte du prêt-à-porter et nous parle d’un candidat.

Pas d’un parti, mais d’un candidat au poste oublié de député. C’est une bonne nouvelle qu’on se souvienne que, même si on les traite comme des jetons dans les parties de poker-menteur que jouent les partis politiques, leur fonction de député a un sens et ils devraient avoir un autre rôle que de se lever l’Assemblée pour voter comme on leur dit de le faire. Les députés devraient être indépendants, ils devraient être élus pour représenter leurs électeurs et voter les lois qu’il considèrent les bonnes, sans être inféodés à un parti.

Évidemment, ce n’est pas le cas. Mais ça pourrait le devenir, si on repensait cette mochetée de démocratie que nous avons et qui n’est qu’une mauvaise plaisanterie. Bonne idée, donc, que profitant de ces élections – qui n’ont aucun autre enjeu que de dispenser le gouvernement de nous rendre plus tard des comptes, quand la crise commencera vraiment a faire des ravages – on parle un peu des candidats qui ont une valeur personnelle, sans égard au parti dont ils portent l’étendard.

Ayons une bonne pensée pour les poilus qui se débattent dans les tranchées de cette guerre électorale, moins cruelle, bien sûr, mais aussi bête que la Guerre de 14-18 dont Brassens nous vantait les « mérites ». Une bonne pensée pour Sebastien Proulx, qui est peut-être un élément de la réserve pour l’après-crise, puisque Patrick l’a remarqué, et pour autres aussi, dans tous les partis, que nous ne connaissons pas assez et qui nous consoleraient peut-être de ceux que nous connaissons trop…

Guy A. Lepage devrait nous présenter en gerbes quelques-un de ces jeunes génies qui ont encore une pensée personnelle. Nous les présenter 4 ou 5 à la fois, pour qu’on puisse les comparer… Ce sont eux les options pour l’avenir. Invictis cras victoribus

(Cette petite perle en latin est juste une devinette pour ceux qui m’accusent d’utiliser des mots qui tiendraient jusqu’à Pontoise et des citations abstruses…) ☺

Pierre JC Allard

20-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 16

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

20 novembre (16/33)

LE VRAI POUVOIR

Quand je dis que j’écarterais avec plaisir les trois (3) candidats qui ont une chance sérieuse de gagner ces élections, il y a toujours quelqu’un pour me souligner que c’est un questionnaire fermé et qu’il faut bien en choisir un. Alors le meilleur ? Le moins mauvais, si vous voulez… ? On le met où, ce X ?

Comme je le disais la semaine dernière, vous devriez donner votre aux Verts et contribuer a préparer la relève. Si vous craignez que par votre faute le meilleur candidat ne gagne pas, c’est que vous ne comprenez pas comment fonctionne l’État. Voyons voir…

Vous allez voter dans votre circonscription pour un candidat que vous ne connaissez sans doute pas. Ce n’est pas vous qui l’avez choisi, c’est son Parti. C’est donc pour le Parti que vous votez. En fait, vous allez voter pour un Premier ministre qui aura tous les pouvoirs..

Votre député n’a aucun pouvoir et les ministres désignés n’en auront pas davantage. Le Premier Ministre, en effet, n’est pas responsable devant le Conseil des ministres ; ceux-ci sont ses créatures et il peut les limoger à sa discrétion. C’est au Premier Ministre que vous donnez un mandat populaire pour gouverner.

Le fait-il ? En pratique, ce sont des fonctionnaires largement inamovibles qui vont gèrer les affaires de l’État. Ces fonctionnaires prennent leurs instructions des sous-ministres qui ne sont PAS nommés par leurs ministres respectifs, mais par le Secrétaire général du Conseil exécutif.

Ce dernier se rapporte au Premier Ministre et c’est là qu’une administration permanente nommée reçoit en principe ses directives d’un gouvernement élu. C’est à point charnière que prend effet votre volonté démocratiquement exprimée… mais il y a un os.

C’est l’élu qui a le pouvoir formel, mais ce sont les fonctionnaires qui ont les connaissances, l’expérience, les contacts avec le secteur privé au palier où l’on agit. C’est cette armée de fonctionnaires qui SAIT ce qui doit être fait …et c’est ce qui se fera. Qu’un Premier ministre veuille s’écarter du plan que les fonctionnaires lui tracent et il est sans appui, sans ressources… Ses commanditaires lui suggèreront – fermement – de s’y conformer.

Que le Premier Ministre soit l’un ou l’autre des candidats, le plan sera donc suivi. Le plan concocté par des experts… et des banquiers. Ne vous inquiétez pas de savoir si l’un ou l’autre des candidats a les compétences pour régler nos problèmes, car aucun d’entre eux ne peut les avoir.

Si l’un d’eux avait pris le temps de les acquérir, il n’aurait pas eu celui d’apprendre son vrai boulot de politicien, qui est de convaincre la nation du bien fondé du plan qui est suivi… Politicien est un job à plein temps. L’élu sera la cerise déposée sur le clafoutis. Choisissez seulement la couleur qui vous plait. Tout ira pour le mieux. Comme le système le souhaite.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/603.html

19-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 15

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

19 novembre (15/33)

L’inexcusable

Mario Dumont a fait des excuses. Qu’on les accepte ou non est un autre débat – j’en parlais hier – mais il en a fait. Ça mérite le salut du bon entendeur. Madame Marois, elle, ne s’excuse pas. Elle reste droite dans ses étriers et ne regarde rien sous le naseau de son cheval. Elle a été complice de la pire infamie de l’histoire récente du Québec, mais, comme la môme Piaf, elle ne regrette rien : elle se fout du passé.

Pas moi. J’ai eu jadis des mots très durs pour les responsables de cette mise à la retraite anticipée de nos médecins et infirmières qui, couplée a la limitation des inscriptions en médecine, a fait de nous sur le plan de la santé un pays en voie de sous-développement. J’aimerais en avoir de plus cinglants encore, maintenant que le scénario sordide que prévoyais n’est plus une prévision, mais une réalité

On a sacrifié un système de santé performant que nous avions mis une génération à bâtir et qui nous avait coûté des milliards pour… équilibrer le budget. Comment peut-on avoit été aussi ignoble ? Si Madame Marois, complice de de qui me semble un crime, venait a genoux, la corde au cou comme une bourgeoise de Calais implorer son pardon, on pourrait peut-être y songer : il faut bien faire avec ce qu’on a…

Mais quand avec cette morgue qu’on est unanime à lui reprocher elle vient nous dire que cette décision était justifiée, elle justifie seulement qu’on ravive une rancune tenace et qu’on l’ajoute au mépris qu’on ne devrait jamais avoir oublié pour tous ceux qui ont participé à cette affaire.

Ce sont ceux qui nous parlent d’indépendance qui ont alors accepté, sans aucune pudeur, leur totale servitude envers les agences de crédit étrangères. Ce sont des banquiers américains qui nous ont dicté notre politique. Cette humiliation était peut être inévitable, résultat d’une faiblesse qu’on répugne à s’avouer, mais la suite ne l’était pas. S’il fallait boucler ce budget, un gouvernement qui se dit social-démocrate aurait pu demander un peu d’argent aux riches. Il a préféré prendre celui du monde ordinaire et mettre en gage notre vie et notre santé à tous. Vous étiez là, Madame Marois. Vous êtes inexcusable.

Pierre JC Allard

18-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 14

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

18 novembre (14/33)

LE JOUR DES EXCUSES

Dumont a pris sur lui le blâme et la faute. Il l’a fait avec empressement, presque générosité. Pourtant, il ne semble pas qu’on sera bien prompt à lui pardonner. Pourquoi ?

Parce que c’est une chose de pardonner au gens ce qu’ils font, c’est est une toute autre de les excuser de ce qu’ils sont. Ce ne sont pas vraiment des « péchés » que Mario a commis, ce sont ses « vices » qui se sont manifestés. Son vice, en fait, car le politicien en lui n’en a sans doute qu’un vice qui soit mortel : la temporisation.

Dumont est intelligent, habile et connaît mieux que ses adversaires la réalité québécoise. Il sait et il sent ce que veut le Québec profond. Le Québec profond qui a encore le pouvoir démocratique dans le régime politique où nous vivons, mais est sur le point de le perdre. Ce Québec-là est encore plus rural qu’urbain, plus prés de Henri Bourassa et du Curé Labelle que de Michel Tremblay et des bars du Plateau.

Ce Québec-là peut être manipulé par les médias, mais il ne les écoute pas. On lui triture l’inconscient et il fait un peu par négligence ce qu’on lui dit, mais dès qu’il s’en aperçoit il réagit par la rébellion. On aurait bien tort de prendre pour acquis que le petit catéchisme et la révolte des berceaux, c’est de l’histoire ancienne. L’erreur de Dumont a été de les écouter, lui, les journaux et de vouloir ménager la chèvre et le chou. De vouloir subtilement donner une vision jazzy des vieux airs de folklore.

On disait de Hannibal qu’il savait vaincre, mais pas profiter de la victoire. Dumont a misé sur le Québec profond, mais n’a pas voulu aller au bout de son choix. Il a raté un rendez-vous avec sa clientèle qui l’attendait un peu plus à droite Il a, en quelque sorte, manqué d’extrêmisme

Ceux qui se disent progressistes et se félicitent de la baisse de popularité de l’ADQ auraient donc tort de penser que c’est parce que leur message à eux a passé. La population ne s’est pas éloignée de Dumont parce qu’elle lui reproche d’être réactionnaire, mais parce qu’elle est déçue. … Elle attendait de lui plus de courage. Plus de force…

Nous avons un peu de cet atavisme des villages de Vendée, où il y a presque toujours au grenier de vieilles photos de communiantes… et une cane de Camelot du Roi. Ici c’est un beret blanc. Après les excuses, voyons quel langage Dumont tiendra.

Il est difficile à un électorat qui cherche un homme fort de lui pardonner la faiblesse. Mais si Dumont dit « Adieu Prudence ! », se radicalise et paraît fort, convaincu, dur, sans concessions, il pourrait remonter bien vite dans les suffrages.

Pierre JC Allard

17-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 13

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

17 novembre (13/33)

QS: UN TEMPS POUR FAIRE DES PLANS

Depuis maintenant 11 ans que je m‘exprime sur le Web – bien avant que le mot « blog » ne soit même inventé – j’ai reçu plus de 700 00 visites, dont 150 000 depuis un an. Je suis identifié comme « de gauche ». Pourquoi, ne suis-je pas aux barricades avec Québec Solidaire ? Parce que ce n’est pas le moment . Je suis plutôt à tirer QS par la manche en lui soufflant qu’il y a des marées dans la destinée des idées comme des hommes et qu’il devrait regarder l’almanach.

Quand QS a été créé, en 2006, j’ai dit que ce parti ferait peut-être un jour du bien, mais qu’il ferait d’abord du mal en fragmentant la gauche contre une droite en ascension. Ça n’a pas loupé et l’on a eu l’ADQ qui a coiffé le PQ au poteau lors des dernières élections pour devenir l’opposition officielle.

Il a manqué au PQ précisément les 6 comtés que les votes pour QS lui ont fait perdre. Si on n’a pas pleuré dans les chaumières comme Ralph Nader aurait dû pleurer quand il a fait passer Bush contre Gore aux USA, c’est qu’on ne sait pas compter dans les chaumières

On me dira que le Parti Québécois n’est pas la gauche, que l’Action démocratique n’est pas la droite et qu’être la Loyale Opposition de Sa Majesté n’est pas gouverner…. mais vous voulez qu’on recommence ?

Et cette fois c’est pour vrai : les votes pour QS vont sans doute faire la différence entre une victoire libérale et un victoire péquiste. Est-ce qu’on veut que Charest gère cette crise à l’américaine, en lançant les bouées de sauvetage aux institutions financières et aux corporation pendant que les petits écopent ?

S’il est vrai que le mérou, poisson hermaphrodite, naît mâle et devient femelle a 5 ans quand le cerveau se développe, peut-on espérer que les deux cheftaines, pequiste et cuhèciste, vont se battre ensemble le temps de ce scrutin pour nous éviter le pire ?

En deux mouvements. 1) QS retire tous ses candidats à ces élections 2) Le PQ nomme, dans six (6) circonscriptions « sûres » dont ont ils (elles) conviendront, les candidats à « sensibilité QS » que ce parti lui désignera avant de se mettre en dormance.

Résultat : un gouvernement majoritaire ou au moins minoritaire du Parti Québecois. Un Parti Québecois qui reste centriste et n‘effraie donc personne, mais avec une aile gauche qui peut s’exprimer et apporter des idées neuves.

Si on ne le fait pas, j’en concluerai que, contrairement à la rumeur qui circule dans certains milieux surtout universitaires, les femmes, du moins en politique, ne sont sans doute PAS plus intelligentes que les hommes.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org

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