Nouvelle Societe

27-11-11

Traître et blasphémateur…

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 11:50

 

 
J’avoue. Inutile de fouetter davantage les chevaux pour m’écarteler. J’avoue que je suis un traître et un blasphémateur. Pourquoi cet aveu auquel ne se joint, je le souligne, ni remords, ni repentance ? C’est que j’ai rencontré Michel, un vieux copain. Copain enfin, n’en mettons pas trop… Nous avons pris quelques pots et échangé quelques notes quand j’étais en fac à Paris, Place du Panthéon, dans les années “60.

- « Tu te souviens de Emile James, le doyen ? » – qu’il me dit le copain – « Et Guitton ? Et Jean Lhomme, LE grand expert sur la bourgeoisie qui, cette année-là, nous parlait de la Monarchie de Juillet ? Il nous dictait son cours, nous écrivions. Au niveau doctoral ! C’était avant Mai 68, bien sûr… Ah ! Les choses ont changé, heureusement ! » Michel, il y a cinq (5) décennies était un progressiste, un peu de gauche, mais sans excès.

Bien sûr que je me souvenais d’avoir pris scrupuleusement les notes que nous dictait lentement le Professeur Lhomme… Alors on a jasé. La Contrescarpe, le petit bar chilien de la rue Monsieur le Prince. Paris qui, pour un Canadien, ne coûtait pas encore très cher… Ce qu’on pensait en France en 1963…. Comment tout avait changé en 1968…. C’est là qu’on s’est un peu perdu.

Entre vieux, on s’entend vite sur le passé. Dame, on a vécu le même passé et on l’a vu ensemble, alors… Mais quand on revient vers le présent, on voit qu’on a divergé. J’ai bourlingué sur la planète. Michel, lui, s’est déplacé dans la galaxie sociale.

Il s’est fait une jolie carrière. Il s’est créé une bonne situation. Il a une large famille élargie. Il est à sa retraite depuis 15 ans. Il s’intéresse beaucoup à l’évolution des carillons à travers les époques, de la Belgique au Portugal, avec des pointes vers l’Est… Il pourrait écrire un bouquin là-dessus… Michel est heureux.

Je suis heureux aussi, mais avec une certaine fébrilité que Michel n’a pas. Michel n’est pas seulement un type qui a bien tourné ; il est celui qui a tourné dans la même direction que le bateau et qui est toujours resté en phase. Les pieds solidement plantés à plat sur le pont et le regard fixé sur le cap qui est celui du navire.

Pourtant – il le dit lui-même – il est un homme aux aguets. L’innovation, l’évolution…. C’est en “68 qu’il a compris qu’il fallait faire table rase et mettre en place une éducation moderne. Utile. La meilleure. Puis il a voulu penser qu’on l’avait fait et il s’est transformé.

Il est devenu pompidolien sans cesser d’être gaulliste, puis il a compris la nécessité du « virage à gauche » de Mitterrand. À gauche… mais pas trop vite ; d’abord, Giscard : il l’avait prévu et il en a été. Juste le temps qu’il fallait. Après Mitterrand, retour à Chirac. Chirac était son homme. Le manque de loyauté de Balladur l’a chagriné : Sarkozy ? Manque un peu de classe, Sarko, mais il s’est ressaisi. Pour 2012, qui d’autre que Sarkozy, d’ailleurs, pourrait diriger la France ?

Cette France dont Mai 1968, pour Michel, est resté le grand moment de la liberté reconquise. La revanche des Communards… Après “68, tous comptes payés dans une fraternité gauche droite au Boul’Mich, est née une France de conscience sociale et de modernité, qui a tout bon et qui ne fait pas d’erreurs.

Moi, j’en fais, des erreurs… Comme on divergeait beaucoup, je lui ai refilé l’adresse de mon site… Quand on s’est reparlé, il ne m’aimait plus vraiment…

Pourtant, Michel ne s’énerve pas, quand tous les quidams qui lui vendent son pain ou ses légumes, qui le véhiculent ou qui le blanchissent, lui disent que le pays va au diable. Il ne bronche pas. Il SAIT que c’est parce qu’ils n’ont pas compris. Parce qu’ils n’ont pas lu Schumpeter, Walras, la théorie des jeux et n’ont pas eu la chance de voir une éducation vieillotte se refaire une jeunesse… il y a 40 ans et en rester là. Mais moi, je l’énerve…

Je le mets en rogne, parce qu’il se demande comment, ayant reçu la grâce rue Soufflot, je puis ne pas comprendre. Comment pourrais-je de bonne foi ne pas voir que nous vivons dans le meilleur des mondes, puisque tous les médias-Pangloss, citant les économistes, nous expliquent que les mains ont bien tort de ne pas s’ajuster aux gants ?

Quand j’écris ce que les gens simples disent tous les jours sans qu’on les réprimande – à savoir que l’argent ne vaut plus rien, que ces bouts de papiers ne correspondent a aucune réalité et ne sont encore utilisés que parce que les médias nous font croire qu’ils valent quelque chose et que l’État a les fusils pour en imposer l’usage – Michel ne m’aime plus du tout. Sénilité ? Perversité ? Il ne sait plus.

Que les gens simples se plaignent, ce n’est pas grave pour Michel, parce que Michel ne les écoute pas. Mais si je le répète, je suis méchant, car ça pourrait faire scandale. Je suis un traître à la caste de ceux à qui l’on a donné un DES en Sciences économiques et un Doctorat d’université. N’est-ce pas une forme d’ingratitude de ne pas me taire, puisque j’ai tiré parti de ces titres et parchemins, même si j’ai gagné ma croûte à faire tout autre chose ?

Je suis un traître, parce que je dis que les prédictions des économistes ne se réalisent que quand ceux qui contrôlent l’argent et l’économie leur disent à l’avance les gestes qu’ils vont poser. Je suis un blasphémateur, parce que j’insinue – c’est un euphémisme – que si on ne le leur disait pas, leurs boules de cristal ne feraient pas mieux que celle de Madame Soleil.

Ceux dont on dit qu’ils n’y connaissent rien peuvent le dire à raison tous les jours, mais mois je blasphème Bien pire, encore, quand je dis qu’on pourrait – et qu’il faudrait – rembourser la dette publique tout de suite et en imputer le remboursement à tous les contribuables au prorata de leurs actifs. Suis-je conscient que ce serait une forme de redistribution de la richesse ? Est-ce pour dire ça qu’on m’a ouvert le portes du savoir ?

Ça c’est pire que le blasphème ou la trahison… puisque c’est la solution. Puisque c’est d’une telle évidence, qu’on n’ose pas en parler, même pour le nier. C’est une référence à l’incantation taboue. C’est le concept de sorcellerie monétaire dont aucun Harry Potter d’économiste ne se risquerait à prononcer le nom. Je vais au delà du blasphème et de la trahison ! Je touche la vérité ! Alors Michel cherche un autre nom méchant pour m’en affubler. On cherche…

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/08/08/la-dette-remboursons-la-bon-dieu/

20-11-11

Dieu est mort: les oeuvres sans la foi

   

 
 

L’Occident, qui gère le monde depuis quelques siècles, le fait de droit divin.  Vous ne saviez pas ?  C’est que vous n’avez pas prêté attention au discours en sourdine derrière les bruits de bottes. Parce que nous avons conquis le monde au son d’une musique militaire, vous avez vu comme un simple prêchi-prêcha, l’antienne de la mission civilisatrice qui fait alterner la croix et le sabre.

Erreur.  Car si on ne croit pas que Dieu est avec nous, Chrétiens, et qu’a défaut de faire du bien aux corps qu’on maltraite on fait du bien aux âmes, bien des gestes héroïques apparaissent comme d’assez répugnantes saloperies.

Voyez comment, après les règlements de compte entre hérésies qui ont été les premiers divertissements de l’Occident chrétien, on a eu les schismes, les croisades, les guerres de religions puis la colonisation des colorés de toutes teintes sous couvert d’évangélisation. Voyez comment, christianisme bien en place sur la planète, on est passé à nos guerres entre Chrétiens, toujours menées au nom de notre éthique chrétienne, par des « bons » contre des « méchants ».

Ces guerres se sont toujours terminées par la victoire des « bons », puisque le certificat de bonne conduite était délivré au gagnant avec le reste du butin.  C’est ainsi que, de victoires en victoires – Dieu  toujours solidement avec eux -  les « bons » se sont enrichis au détriment des autres en ne faisant que du bien et que le droit divin s’est imposé. Le droit de l’Occident chrétien à gouverner le monde et celui des riches à gouverner l’Occident.

Tout se passait bien. Mais là, sans réfléchir, on a tué Dieu ! Grave erreur.Des philosophes brillants, honteux d’avoir l’air sot, ont tué la notion de Dieu, parce qu’elle avait été jointe à des religions reposant sur des tissus d’absurdités. Triste coquetterie, car on a ainsi jeté le bébé avec l’eau du bain.

En enlevant la notion de Dieu, d’un Dieu qui soutenait les Chrétiens – et que Dieu existe ou non n’a ici aucune importance -  on a enlevé le « droit divin » qui légitimait la gouvernance de l’Occident et celle des riches.

Dieu parti, les yeux humblement  fermés s’ouvrent et l’on voit tout sous un jour nouveau. Aujourd’hui, par exemple, on voit comme une répugnante saloperie – parmi tant d’autres, mais c’est la plus récente – la « geste héroïque » d’avoir été tuer chez eux des milliers de Libyens sans défense et qui ne nous avaient rien fait.

Dieu parti, on s’enhardit et on regarde de plus près comment quelques familles milliardaires, gérant quelques douzaines de consortiums, ont pris non seulement la gouvernance, mais la PROPRIÉTÉ du monde… On voit tout à coup comme une impardonnable couardise de les laisser continuer. Il y a donc des gens dans la rue pour protester, à Wall Stret et ailleurs. Simple question de temps avant qu’on ne passe des cordes aux lanternes.

La vieille morale apprise par cœur et acceptée comme divine apparaît soudain humaine, trop humaine… et contestée. On pense à d’autres solutions… Rien de mal à y penser, mais n’oublie-t-on pas l’essentiel ?  De quel droit va-t-on gouverner, si ce n’est pas de « droit divin » ?

Démocratie ? On sait bien que la démocratie n’est PAS une valeur absolue, seulement un mécanisme.  Quelqu’un croit-il que, dans un groupe de trois (3), deux (2) aient le droit de se mettre d’accord pour décider de la vie du troisième ?  Pense-t-on qu’une génération qui se proclame de « purs Aryens » puisse légitimement, parce qu’ils sont une majorité, décider de l’extermination d’une minorité de Juifs ?

Il faut un « droit divin ».  Il faut une éthique transcendante, quel que soit le nom qu’on lui donne  - Constitution, contrat social, etc … -  qui encadre et limite la démocratie, puisse évoluer avec le temps selon sa propre dynamique…  mais qu’on ne s’accorde pas la liberté de modifier au gré des engouements et des caprices !

En Occident, cette éthique transcendante se confond avec la morale chrétienne qui a servi de tuteur à la croissance de notre culture. Cette morale chrétienne est dans toutes nos fibres. Elle a évolué depuis des siècles pour intégrer des concepts plus raffinés de justice, d’égalité, de liberté  – et, paradoxalement, de laïcité !    C’est la seule éthique qui puisse faire  consensus chez-nous.  Ce qui s’y opposerait serait  rejeté comme un greffon incompatible…  à moins de parvenir à faire mourir l’arbre lui-même.

Attention, pourtant, de ne pas confondre cette éthique avec l’un ou l’autre des salmigondis de croyances plus ou moins ridicules que des meutes de clercs ont érigé en dogmes au cours des siècles, pour marquer leurs territoires de prédation et d’extorsion !  On ne parle pas ici de religion, car l’éthique est affaire de comportements. St-Jacques, dans une Epître qui a fait une belle carrière, dénonçait “la foi sans les oeuvres” . Faisons un pas de plus et parlons d’une éthique où la foi n’a même pas sa place. Une éthique qui ne juge que des œuvres.

On pourrait définir ici cette « morale chrétienne »  comme « le plus grand commun diviseur » des interdits que s’imposent et des contraintes auxquelles s’astreignent tous ceux  qui adhèrent au précepte du Christ de s’aimer les uns les autres.  Que celui qui respecte cette exigence se définisse ou non comme chrétien est sans importance ; ce sont ses « œuvres » qui importent.

Sans importance aucune, non plus, pour la société, que celui-ci ait une foi, une autre, ou aucune en un dieu quelconque : il peut avoir les œuvres sans la foi… Il peut bien, en son for intérieur, croire en tout ce qu’il veut et même créer ses propres superstitions… mais sans embêter personne, C’est ça le vrai sens de la laïcité.

Quand le corps social fait consensus et que cette morale chrétienne, expurgée de tout dogme et de toute croyance, est acceptée comme l’éthique transcendante qui détermine en dernier ressort de la légalité des règles, il y a harmonie entre l’ordre civil et cette morale dont le respect joue alors le rôle de l’appartenance à une religion sans en avoir les défauts.

C’est cette « religion » sans dogme, tout entière définie par une éthique et où il n’y a plus que les oeuvres qui comptent, qui serait la seule acceptable en société. Ne serait-il pas opportun que tous les Chrétiens de toutes obédiences s’y rallient, libre à chacun de croire aussi tout ce qu’il veut, mais sans l’imposer à qui que ce soit ?

Les Chrétiens – en fait tous ceux qui veulent témoigner de la parole du Christs pour l’amour et la charité – constitueraient alors une force énorme pour le bien dans le monde. Ils pourraient, ensemble, se choisir un « Pape », lequel  n’aurait aucun pouvoir matériel, mais une autorité telle, grâce à ce mandat universel qu’il aurait reçu, que sa parole pèserait lourd pour séparer le bien du mal au palier des consciences … là où des individus libres doivent décider des gestes qu’ils posent.

Pourquoi un synode épiscopal universel, auquel seraient invitées à participer aussi les églises protestantes et orthodoxes,  n’élirait-il pas le prochain homme – ou la prochaine femme – qui siègera sur le trône de Pierre ?   Le monde changerait si nous avions ce pape-guide, avec pour seul objectif que ce qui est BIEN soit clairement énoncé au profit de tous les hommes de bonne volonté… même ceux qui ne croient en rien.

Pierre JC Allard

14-11-11

Le facteur “psycho”

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 8:34

La démocratie se casse la gueule ? C’est peut-tre qu’on a négligé le facteur “Psycho”… Bon, attention, ce n’est pas si simple, on reprend ça dans l’ordre….

Fukuyama avait pourtant monté un bon dossier. « Fin de l’Histoire », disait-il, “puisque l’humanité, avec la démocratie libérale, a terminé le tour de son jardin sociopolitique. Son agitation peut continuer aussi longtemps que celle du petit lapin mû par sa pile Duracell, mais sa façon de s’organiser et de se gouverner ne changera plus. Elle a atteint la Félicité. Bravo”.

Bravo, mais, à l’echelle du monde, il y en a pour qui l’Histoire n’est pas finie et qui semblent plutôt courir dans d’autres directions. Ne parlons même pas du tiers-monde, que nous avons mis en coupe réglée.  Que font ceux qui ont un choix ? Se ruent-ils vers la démocratie ?  La Chine, en possession tranquille de son succès, va plutôt vers une dictature éclairée. Les pays d’Islam, dans la mesure où ils ont le choix, préfèrent un à un fonder leurs sociétés dans l’au-delà, évacuant la question même d’une gouvernance politique.

Même en Occident, paraissons nous si heureux dans nos démocraties libérales, dites porteuses de félicité?   Y a-t-il une faille dans notre rêve de démocratie?  A première vue, il est facile de trouver  cette  faille: c’est l’injustice qui prévaut à tous les paliers ! Mais c’est une faille dont on peut penser qu’elle se corrigera d’elle même.

Une société est le reflet de ceux qui la composent. Nous avons une société d’injustice, parce que l’égoïsme de la nature humaine ne veut PAS une société juste.  Heureusement, la nature humaine changera avec le temps, partie par le travail de chacun sur lui-même, partie par la rétroaction positive sur l’individu de la société elle-même. La société changera, surtout, parce que nous avons atteint l’ABONDANCE. Plus  facile plus d’être justes, quand les désirs peuvent  être mieux satisfaits. Or, l’industrie et la technologie nous enrichissent constamment.

Nous sommes connectés à un picc-line qui nous donne goutte à goutte l’abondance. Au palier des BIENS matériels, globalement, tous les besoins peuvent déjà être comblés. Au palier des SERVICES, ils ne le seront jamais (car la demande est infinie), mais il y en aura de plus en plus.  Surtout, la répartition des services disponibles pourra être plus juste. dans la mesure où elle obéira à des règles que soutiendra une majorité effective de ceux qui sont demandeurs de services…. et l’on en remerciera la démocratie.

Il ne faudra simplement pas oublier que ce soutien n’existe que quand une majorité effective croit que soutenir ces règles leur apporte plus que s’y opposer. Chaque individu a son seuil – qui dépend de sa perception de son besoin comme de son conditionnement – au-dela duquel son égoïsme l’amène à s’opposer à ces règles qui assurent la justice. C’est  la responsabilité de la société de veiller alors à ce que cette opposition ne contrecarre pas l’application des règles qui assurent la justice.

Avec l’abondance, les oppositions vont s’estomper. Le temps travaille pour la démocratie.   Pouvons nous donc considérer le débat comme clos et donner la démocratie gagnante ?  Pas tout à fait… car il y a un espace où l’abondance ne suffit pas.  Celui des désirs que ne peut JAMAIS satisfaire une offre de biens ou de services, car ils n’ont pas d’objets réels, ce sont des créations de l’individu en réaction à ce qu’il est ou à la condition humaine. Quand l’individu cherche à satisfaire ce type de désirs autrement que par une action sur lui-même, il devient dangereux. C’est là qu’entre en scène le facteur “Psycho”.

Certains veulent gagner ou détenir plus de richesses qu’il n’en faut pour satisfaire les désirs qui, objectivement, PEUVENT être satisfaits par la richesse.   Ils sont irrationnels.   Leur  démarche prend la forme d’un jeu à somme nulle qui les oppose à tous les autres, dont les besoins et les sentiments ne les touchent plus.  Il se conduisent comme des psychopathes.

Le psychopathe devient un obstacle à ce que les autres aient accès aux biens et services que permet l’abondance et c’est la responsabilité de la société de veiller à ce qu’il soit mis hors d’état de nuire. De même, s’il cherche tant de pouvoir qu’il en devient un obstacle à ce que d’autres aient toute la liberté à laquelle ils ont droit dans le respect de celle des autres.

Psychopathes ? En juin 2010, François Marginean a écrit sur ce site un article qu’il est bon de relire  Il en découle l’hypothèse que le pouvoir attire davantage  ceux qu’on peut ainsi voir comme des psychopathes… et leur échoit davantage.  Suite à cet article, j’ai été un peu plus loin dans l’étude de cette hypothèse et je ne crois pas qu’elle puisse être rejetée  sans discussions

http://www.realitysandwich.com/psychopathy_financial_meltdown

La faille fondamentale de la démocratie serait-elle dans cet avantage dans la course au pouvoir dont jouiraient précisément ceux dont le comportement sera la plus néfaste pour le reste des citoyens? Si c’est le cas, on comprend qu’il ne faut plus chercher le défaut dans le concept même de démocratie, mais dans une certaine négligence de la population qui ne se prémunit pas contre certains individus qui ne devraient pas accéder au pouvoir.

Cela dit,quelles sont les responsabilités que devraient assumer une société pour les en empêcher ? Dans une démocratie parfaite, ces responsabilités serient déterminées par consensus. Mais cette démocratie parfaite ne serait possible, hélas, que si chacun était irremplaçable, ce vers quoi tend une société, mais sans jamais l’atteindre. En pratique, les responsabilités de la société sont donc déterminées par les règles qu’y établit sa majorité effective.

Il en résulte une démocratie imparfaite, où joue à plein, justement, si cette hypothèse est avérée, l’influence de ceux qu’on peut pourrait considérer comme psychopathes !  Dans ces circonstances, il devient clairement  impossible qu’une société où ces derniers exercent le pouvoir effectif puisse en arriver démocratiquement à mettre en place des mesures qui les en excluraient.

Dns cette démocratie imparfaite, la seule défense qui reste  contre les psychopathes en marche vers le pouvoir est celle d’une action individuelle. Le remède d’une « subsidiarité inversée » qui incite tout échelon inférieur de la société, incluant l’individu, à réaliser lui-même ce qu’un échelon supérieur devrait faire, mais ne fait pas.

On a ainsi un « principe de supplétivité » dont l’individu, prisonnier d’un régime dit démocratique,  mais manipulé par des psychopathes et fondamentalement néfaste, pourrait s’autoriser pour poser, même seul, des gestes par définition illégaux… mais dont  sa conscience lui dirait qu’ils sont légitimes.

La mise hors d’état de nuire des psychopathes serait le cas d’espèce emblématique de ce genre de gestes à poser. Cela, hélas, sans garantie aucune que celui qui les pose ne soit pas lui-même un psychopathe…

C’est dans cette optique qu’un contestataire indigné, un rebelle ou un révolutionnaire devrait voir son action et chacun de ses gestes, puis assumer ses responsabilités, leurs conséquences et son propre destin

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/161-un-temps-pour-lanarchie/

http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/05/31/puerta-del-sol-on-brise-la-boussole…/

http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/06/26/quand-lindividu-se-fache-2/

Le facteur “Psycho”

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 8:33

 
 
 
La démocratie se casse la gueule ? C’est peut-tre qu’on a négligé le facteur “Psycho”… Bon, attention, ce n’est pas si simple, on reprend ça dans l’ordre….

Fukuyama avait pourtant monté un bon dossier. « Fin de l’Histoire », disait-il, puisque l’humanité, avec la démocratie libérale, a terminé le tour de son jardin sociopolitique. Son agitation peut continuer aussi longtemps que celle du petit lapin mû par sa pile Duracell, mais sa façon de s’organiser et de se gouverner ne changera plus. Elle a atteint la Félicité. Bravo.

Bravo, mais, à l’echelle du monde, il y en a pour qui l’Histoire n’est pas finie et qui semblent plutôt courir dans d’autres directions. Ne parlons même pas du tiers-monde, que nous avons mis en coupe réglée ; que font ceux qui ont un choix ? Se ruent-ils vers la démocratie ?  La Chine, en possession tranquille de son succès, va plutôt vers une dictature éclairée. Les pays d’Islam, dans la mesure où ils ont le choix, préfèrent un à un fonder leurs sociétés dans l’au-delà, évacuant la question même d’une gouvernance politique.

Même en Occident, paraissons nous si heureux dans nos démocraties libérales, dites porteuses de félicité?   Y a-t-il une faille dans notre rêve de démocratie?  A première vue, il est facile de trouver  cette  faille: c’est l’injustice qui prévaut à tous les paliers ! Mais c’est une faille dont on peut penser qu’elle se corrigera d’elle même.

Une société est le reflet de ceux qui la composent. Nous avons une société d’injustice, parce que l’égoïsme de la nature humaine ne veut PAS une société juste.  Heureusement, la nature humaine changera avec le temps, partie par le travail de chacun sur lui-même, partie par la rétroaction positive sur l’individu de la société elle-même. La société changera, surtout, parce que nous avons atteint l’ABONDANCE. Plus  facile plus d’être justes, quand les désirs peuvent  être mieux satisfaits. Or, l’industrie et la technologie nous enrichissent constamment.

Nous sommes connectés à un picc-line qui nous donne goutte à goutte l’abondance. Au palier des BIENS matériels, globalement, tous les besoins peuvent déjà être comblés. Au palier des SERVICES, ils ne le seront jamais (car la demande est infinie), mais il y en aura de plus en plus.  Surtout, la répartition des services disponibles pourra être plus juste. dans la mesure où elle obéira à des règles que soutiendra une majorité effective de ceux qui sont demandeurs de services…. et l’on en remerciera la démocratie.

Il ne faudra simplement pas oublier que ce soutien n’existe que quand une majorité effective croit que soutenir ces règles leur apporte plus que s’y opposer. Chaque individu a son seuil – qui dépend de sa perception de son besoin comme de son conditionnement – au-dela duquel son égoïsme l’amène à s’opposer à ces règles qui assurent la justice. C’est  la responsabilité de la société de veiller alors à ce que cette opposition ne contrecarre pas l’application des règles qui assurent la justice.

Avec l’abondance, les oppositions vont s’estomper. Le temps travaille pour la démocratie.   Pouvons nous donc considérer le débat comme clos et donner la démocratie gagnante ?  Pas tout à fait… car il y a un espace où l’abondance ne suffit pas.  Celui des désirs que ne peut JAMAIS satisfaire une offre de biens ou de services, car ils n’ont pas d’objets réels, ce sont des créations de l’individu en réaction à ce qu’il est ou à la condition humaine. Quand l’individu cherche à satisfaire ce type de désirs autrement que par une action sur lui-même, il devient dangereux. C’est là qu’entre en scène le facteur “Psycho”.

Certains veulent gagner ou détenir plus de richesses qu’il n’en faut pour satisfaire les désirs qui, objectivement, PEUVENT être satisfaits par la richesse.   Ils sont irrationnels.   Leur  démarche prend la forme d’un jeu à somme nulle qui les oppose à tous les autres, dont les besoins et les sentiments ne les touchent plus.  Il se conduisent comme des psychopathes.

Le psychopathe devient un obstacle à ce que les autres aient accès aux biens et services que permet l’abondance et c’est la responsabilité de la société de veiller à ce qu’il soit mis hors d’état de nuire. De même, s’il cherche tant de pouvoir qu’il en devient un obstacle à ce que d’autres aient toute la liberté à laquelle ils ont droit dans le respect de celle des autres.

Psychopathes ? En juin 2010, François Marginean a écrit sur ce site un article qu’il est bon de relire  Il en découle l’hypothèse que le pouvoir attire davantage  ceux qu’on peut ainsi voir comme des psychopathes… et leur échoit davantage.  Suite à cet article, j’ai été un peu plus loin dans l’étude de cette hypothèse et je ne crois pas qu’elle puisse être rejetée  sans discussions

http://www.realitysandwich.com/psychopathy_financial_meltdown

La faille fondamentale de la démocratie serait-elle dans cet avantage dans la course au pouvoir dont jouiraient précisément ceux dont le comportement sera la plus néfaste pour le reste des citoyens? Si c’est le cas, on comprend qu’il ne faut plus chercher le défaut dans le concept même de démocratie, mais dans une certaine négligence de la population qui ne se prémunit pas contre certains individus qui ne devraient pas accéder au pouvoir.

Cela dit,quelles sont les responsabilités que devraient assumer une société pour les en empêcher ? Dans une démocratie parfaite, ces responsabilités serient déterminées par consensus. Mais cette démocratie parfaite ne serait possible, hélas, que si chacun était irremplaçable, ce vers quoi tend une société, mais sans jamais l’atteindre. En pratique, les responsabilités de la société sont donc déterminées par les règles qu’y établit sa majorité effective.

Il en résulte une démocratie imparfaite, où joue à plein, justement, si cette hypothèse est avérée, l’influence de ceux qu’on peut pourrait considérer comme psychopathes !  Dans ces circonstances, il devient clairement  impossible qu’une société où ces derniers exercent le pouvoir effectif puisse en arriver démocratiquement à mettre en place des mesures qui les en excluraient.

Dns cette démocratie imparfaite, la seule défense qui reste  contre les psychopathes en marche vers le pouvoir est celle d’une action individuelle. Le remède d’une « subsidiarité inversée » qui incite tout échelon inférieur de la société, incluant l’individu, à réaliser lui-même ce qu’un échelon supérieur devrait faire, mais ne fait pas.

On a ainsi un « principe de supplétivité » dont l’individu, prisonnier d’un régime dit démocratique,  mais manipulé par des psychopathes et fondamentalement néfaste, pourrait s’autoriser pour poser, même seul, des gestes par définition illégaux… mais dont  sa conscience lui dirait qu’ils sont légitimes.

La mise hors d’état de nuire des psychopathes serait le cas d’espèce emblématique de ce genre de gestes à poser. Cela, hélas, sans garantie aucune que celui qui les pose ne soit pas lui-même un psychopathe…

C’est dans cette optique qu’un contestataire indigné, un rebelle ou un révolutionnaire devrait voir son action et chacun de ses gestes, puis assumer ses responsabilités, leurs conséquences et son propre destin

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/161-un-temps-pour-lanarchie/

http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/05/31/puerta-del-sol-on-brise-la-boussole…/

http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/06/26/quand-lindividu-se-fache-2/

07-11-11

Chine. Désolé pour les narcos…

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 12:47

Je ne vous parlerai pas vraiment de la Chine. C’est trop grand, c’est trop vieux et ce serait trop long. Juste un mot sur la contrition parfaite et les indulgences que m’inspire la superbe photo de Michel Euler de Reuters que l’on voit ci-dessus. Je parlerai seulement d’UN aspect de notre relation avec la Chine. Il y en a d’autres. A ceux qui veulent en savoir plus ou comprendre mieux, je suggère de lire au moins cet article de Wikipedia.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chine

Pour ceux qui ne lisent que la première ligne des affiches, même quand on y a dessiné un crâne et des tibias, je vais résumer ce que nous avons fait en Chine au milieu de XIXe siècle. Ainsi, vous ne tomberez pas de nues, si un jour on vous frappe et que vous ne savez pas qui qui vous a frappé ni pourquoi. Surtout, vous de crierez pas à l’injustice.

Pour comprendre notre relation avec les Chinois (les Hans seraient plus exact, mais “Chinois” est plus simple) il faut d’abord comprendre qu’ils on été – sans solution de continuité de leur identité culturelle – contemporains de Sumer et des 26 dynasties egyptiennes, des Asssyro-babyloniens, des Perses, des Grecs, des Romains, des Chrétiens (durant une séquence de 265 papes de Pierre à Benoit), des Arabes, des Turcs … et enfin de notre civilisation occidentale. En fait, les Chinois ont toujours été là. Pas nous.

Ils ont été là et bien présents, puisqu’ils représentent encore 20% de l’humanité et que, depuis 5 000 ans que nous, humains, savons lire, c’est leur culture qui a été en tête du peloton presque tout le temps. Ils ont inventé presque tout, du papier à la boussole et à la poudre à canon. Ils ont été les plus riches, ils ont constitué les États les plus puissants et la moyenne de QI des Chinois surpasse la nôtre de 7 centiles… sur des test que c’est pourtant NOUS qui avons construits…

Avec les révolutions industrielle, américaine et française, est née vraiment notre civilisation “occidentale”. Elle s’est mise aux stéroïdes “science” et “techno” et nous avons pris sur les Chinois une bonne longueur d’avance. Mais il faut se souvenir que notre hégémonie occidentale n’a encore duré que le temps de la 18e des 26 dynasties égyptiennes…  Notre civilisation n’a duré que 5% de de qu’a duré celle de la Chine et elle semble déjà bien essoufflée…  Notre avance n’aurait-elle été qu’un intermède ?

Ce n’est pas impossible, car la Chine, qui semblai dormir et qui démarre en trombe, ça ressemble drôlement à Schumacher qui sort du pit stop et qui remonte la file de ceux qui l’avaient dépassé pendant qu’on changeait ses pneus…!  Nous sommes peut-être la petit sportive impertinente qui a pris la tête du peloton qui s’est constitué pendant que la Chine n’était pas dans la course … et il semble bien que la Chine va nous doubler sous peu.

Question importante: va-t-elle le faire en douceur… ou nous percuter méchamment et nous sortir de la route? Bonne question à se poser, car les Chinois ont quelques raisons de ne pas nous aimer… Et ce n’est pas pour rien que le président Sarkozy a ici l’allure d’un pénitent. On ne s’est pas bien conduit avec la Chine.

C’est qu’on se connaissait depuis longtemps, Chinois et Occidentaux, mais on ne se fréquentait pas tellement. Quelques missionnaires Portugais, mais rien de bien marquant… On ne s’entendait pas mal… Mais un jour, nous leur avons envoyé nos narcotrafiquants. Quand nos marchands sont arrivés en Chine, les Chinois avaient du thé, de la soie et de la porcelaine que nous voulions et ils ne voulaient rien de ce que nous avions.  Triste. Alors on a cherché…  et on a trouvé. Nous leur avons vendu de la drogue.

Quand nous Occidentaux sommes arrivés en Chine, l’opium n’y était connu que comme analgésique. C’est nous qui leur avons montré à y prendre plaisir. Nous sommes devenus les « pushers » des Chinois. Trafic de drogues. Un idée géniale, car, acheté en Inde, l’opium pouvait être vendu en Chine 10 fois plus cher. Il y avait là bien du fric a faire. Comme aujourd’hui la coca de la selva péruvienne peut devenir cocaine et faire gagner bien du fric sur les trottoirs de New-York…

Les Occidentaux, Anglais en tête, ont donc vite compris et ils ont établi dans la Chine des dix-huitième et dix-neuvième siècles un narcotrafic dont la croissance a été spectacuaire. 200 caisses d’opium vendues en Chine en 1729, 40 000 caisses en 1838 … By Jove, how the money rolls in !

Super ! Mais en 1838, on a 2 millions de drogués en Chine …  Le gouvernement chinois n’apprécie pas. Il n’apprécie pas du tout de troquer sa soie et son thé pour cette drogue, car l’opium n’est pas le cannabis. L’opium, c’est lancêtre de la morphine et de l’héroïne. C’est la drogue dure qui peut tuer et tuer vite.

Prohibition, donc, mais le dealer, ici, c’est l’Empire britannique. Difficile de lui passer les menottes… Vous ne voulez pas que vos gens s’empoisonnent ? Entrave à la liberté du commerce, disent les Britanniques… Nous sommes pour le libre échange…. Ca sonne familier ?   Eh oui.. !  Alors discussions, disputes, canonnières… Les Anglais vont faire à la Chine la Première Guerre dite de l’Opium (1839-42).

Les Anglais vont faire la guerre à la Chine, pour garder le droit de s’enrichir à faire mourir des Chinois. Moralement discutable, mais ils vont gagner cette guerre, car les Chinois sont riches et n’ont pas l’instinct prédateur des espèces menacées. Ils sont pacifiques, conciliants… civilisées. La Chine a depuis longtemps dans son coin du monde la bonasserie des gros chiens qui n’on pas à mordre pour être respectés.

Ils ne semblent pas vouloir comprendre qu’on puisse leur faire la guerre. Les « guerres de l’opium » – car il y en aura une autre de 1856 à 1860 et, sous un autre nom, une troisième en 1900 – seront donc pour la Chine une séquence de surprises, de défaites, de pactes rompus, de provocations insupportables, de duperie subies et d’humiliations sans fin…

Les Occidentaux, devenus narcotrafiquants et bien armés, vont obtenir à la pointe du fusil d’abord qu’on tolère, puis finalement qu’on légalise leur commerce de l’opium. Ils passeront aussi, les armes à la main, des « traités inégaux » qui leur cèderont de petits morceaux de la Chine d’où ils en corrompront tout le reste, exploitant commodément dès 1878 un marché de 100 000 000 de drogués et y vendant en 1888 10 000 TONNES d’opium par an ! Voyez le lien ci dessous pour un compte rendu de l’évolution institutionnalisée de ce trafic.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_guerre_de_l’opium (et seq)

Une affaire en or, la drogue. On ne trouvera plus lucratif qu’au XXe siecle, quand les banksters découvriront qu’on peut, en collusion avec l’État, simplement créer de l’argent, se le répartir entre amis et acheter tout ce qu’on veut. Au XIXe  siècle on en est encore au bassement matériel, ce qui veut dire piller et voler physiquement.

Il y a beaucoup à voler et à piller en Chine ou à s’offrir avec le profit de la vente de la drogue. Il suffit d’avoir la force et de faire les règles. La Chine est faible et c’est le pactole.  À l’Angleterre, chef de meute, se joindront donc d’abord la France, puis les USA et la Russie… Ensuite, viendront participer à la curée l’Allemagne, l’Austro-Hongrie, l’Italie… Même le Japon sera invité ! Nous y étions tous pour piller la Chine.

L’Occident est entré en Chine pour des raisons ignobles et s’y est conduit en narcotrafiquant. Pas en trafiquant un peu « Robin des bois », comme Pablo Escobar qui bâtissait des écoles en Colombie, ou comme Khun Sa qui assurait l’ordre dans le Triangle d’Or, une région frontalière où il n’y avait pas d’autre ordre que le sien. Non. En Chine, les Occidentaux ont été les narcotrafiquants méchants à moustaches des films de kung-fu. Ceux qui tuent, qui pillent, qui vandalisent par plaisir en ricanant.

Les Chinois n’ont pas de raisons de nous aimer.

Un exemple seulement. En octobre 1860, durant la Deuxième Guerre de l’Opium, Français et Anglais ont décidé de bruler l’Ancien Palais d’Été près de Pékin (Beijing).  Saprebleu ! Il fallait bien leur enseigner le respect aux Chinetoques, n’est-ce pas ? C’était une merveille du monde. Versailles, mais en plus gros.

Il fallut trois jours, à 3 500 soldats, pour tout brûler de l’Ancien Palais d’Été et il en restait encore un peu… qu’on détruira d’ailleurs 40 ans plus tard, dans un dernier accès de vandalisme.

C’est ce qui serait arrivé du Louvre et du meilleur de Paris, en 1944, si les instructions de Hitler avaient été suivies. A Paris, c’est un officier allemand, Choltitz, qui a empêché la destruction ; il n’y a pas eu d’officier français ou anglais pour empêcher la destruction du Palais d’Été. Nous avons été les barbares.

« Deux bandits sont entrés dans le Palais d’Été. L’un a pillé, l’autre a incendié (…) Devant l’Histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre »  Victor Hugo

Ce mépris pour la Chine dans les faits va se developer dans la literature à la fin du siècle, avec Rudyard Kipling qui se plaint du “fardeau de l’homme blanc” qui doit prendre en charge tous ces sauvages multicolores…  Ce mépris va culminer et cibler la Chine avec “Unparalleled invasion ” de Jack London, écrit en 1914, qui explique comment on exterminerait cette vermine chinoise en lui transmettant la peste, si un jour elle causait des ennuis…

Les Chinois n’ont pas de raisons de nous aimer.

Quant je vois Sarkozy, l’ayant-droit, héritier des narcotrafiquants qui ont brulé le Palais d’Été, s’incliner bien bas et sembler demander pardon au Président de la Chine, je suis, toute honte bue, partagé entre deux (2) sentiments et je me pose deux (2) questions:

La première, c’est de me demander si l’Occident a vraiment la contrition et le ferme propos.

Ceux qui veulent un New World Order et qui bombardent maintenant l’Iraq ou la Libye à l’uranium appauvri, ne pensent-ils pas exactement la meme chose que London au siècle dernier ?  Ne cogitent-ils pas un même projet d’extermination, quand ils répandent cette nouvelle peste qui tuera indéfiniment les generations futures de ceux qui ne sont pas “nous” ?

Peut-on croire que nos dirigeants aient une vraie contrition ?  Un autre ferme propos que celui que leur impose la défaillance annoncée de leur pouvoir de nuire ? Méritent-ils la moindre indulgence ? Et nous, qui leur avons donné mandat de nous représenter, en méritons-nous, quand nous leur gardons ce mandat ?

La deuxième question, c’est celle qui me fait peur. Qu’en sera-t-il de nous si cette Chine, à qui nous avons fait tant de mal, retrouve toute sa force et n’a pas l’incroyable générosité de nous donner malgré tout cette absolution que nous ne méritons pas ?

Pierre JC Allard

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