Nouvelle Societe

30-10-11

100 JOURS APRÈS; LA LIBYE DES MÉFAITS

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 11:55


En juillet dernier, je publiais ici un article – « La Libye des faits » – où je décrivais la réalité de la Libye sous Mouammar Khadhafi. Pas de spéculations oiseuses ni préjugés, juste des faits. Amplement suffisant pour montrer le caractère odieux de l’intervention de l’OTAN. Cet article a été reproduit 29 fois et a reçu des milliers de visite

Cent (100) jours plus tard, ce n’est plus, hélas, sur les faits d’une Libye prospère qu’il faut mettre l’accent, mais sur les méfaits de l’Organisation de l’Atlantique Nord (OTAN). L’OTAN a dévasté ce pays heureux et tranquille qu’était la Libye, avec la complaisance que peuvent mettre à détruire ceux qui ont prévu de se faire payer par leur victime pour réparer le mal qu’ils lui auront fait.

J’ai l’âge de me souvenir des horreurs d’Hiroshima, de Dresden, du Vietnam et de l’Algérie. Je me rappelle, comme vous, de celles plus récentes du Rwanda et du Darfour. Aucune de ces horreurs, toutefois, ne m’a plus indigné que cette hécatombe en Libye commise au nom de l’Occident. Je vais vous dire pourquoi, mais avant je vous invite à ouvrir les cinq (5) liens ci-dessous.

En premier lieu, voyez d’abord La description froide et clinique du mal que nous avons fait. Un compte rendu juste un peu biaisé, parce que c’est nous, Occidentaux, qui l’avons écrit, mais qui donne bien le ton.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Intervention_militaire_de_2011_en_Libye

Pour corriger ce biais qui pourrait donner bonne conscience aux plus obtus, voyez maintenant le meme scénario, mais en ajoutant l’émotion. Voyez le témoignage accablant d’une Occidentale qui a vécu le massacre sur place. Un peu d’émotion; c’est Le moment de sa prise de conscience,

http://www.dailymotion.com/video/xluzhc_libye-temoignage-de-lizzy-phelan-journaliste-britannique-independante_news

Dur, ce témoignage, mais si ce mal était pour une bonne cause ? Pour quoi ce massacre ? Pour protéger le peuple libyen opprimé ? Voilà ce que les médias nous disent ad nauseam, mais qui ne tient pas la route. Revoyez d’abord la liste des avantages dont bénéficiaient les Libyens. Sont-ce les conditions de vie d’un peuple opprimé ?

http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/07/24/la-libye-des-faits/

Malgré tout,il peut rester un doute. Ces avantages qu’on a vus ne sont que « matériels ». Qui sait si les Libyens, épris de liberté, ne souffraient pas en silence mille morts en n’ayant que cette richesse ? Qui sait si une sourde colère ne bouillonnait pas en eux ?

NON. Voyez ce video de la foule soutenant Kadhafi à Tripoli le 1er juillet – (1 700 000 personnes ont dit les médias indépendants) … Paraissent-ils en colère ? Et ces gens, on leur a distribué des armes ! Devrions-nous croire à ce cas, bien unique dans l’histoire, où un gouvernement que son peuple aurait voulu chasser aurait réagi en le rassemblant et en lui donnant des armes… après quoi ce peuple aurait commencé à sourire ?

http://blogs.mediapart.fr/blog/kafur-altundag/020711/1er-juillet-2011-manifestation-monstre-tripoli

Des blogueurs disciples de BHL, ou devenus ineptes pour d’autres raisons, parlent de ci de là d’une police secrete implacable qui aurait ramassé ce million de gens aux visages souriants ? Combien de gens un flic peut-il faire sourire ?

Mais écoutons à Paris ce jeune libyen occidentalisé, revenant de Libye et interviewé sur la rue. Semble-t-il effrayé ? Tient-il le langage ampoulé et excessif de ceux à qui on a fait la leçon ? Ne serait-ce pas plutôt qu’il dit la vérité, simplement, sans contrainte ? ECOUTEZ-LE

http://www.youtube.com/watch?v=q6FMM2cS4YA

Il y a aussi ceux qui disent que c’est bien triste, mais que c’est la guerre… On a fait la guerre pour des esclaves, du sucre, de l’opium… Pourquoi pas pour quelques unes pour le pétrole ? Pourquoi cette guerre serait-elle différente? D’abord, parce que ce ne devait pas être une guerre, mais une simple protection des civils. Ensuite, voyez le lien ci-dessous. Peut-on encore dire que c’est la guerre… ? Auschwitz, les noyades de Nantes, c’était la guerre ?

http://www.youtube.com/watch?v=_8tPjqMtiu0&feature=player_embedded&skipcontrinter=1

Il y a des milliers de photos comme ça sur Google. Promenez vous un peu. Faites votre propre opinion à la lumière de ces photos, vous souvenant que celles qui critiquent Kadhafi sont l’œuvre de professionnels et que celles qui le défendent on été prises par des amateurs.

Comparez les photos de Syrte en ruines avec celles des matamores costumés qui tiraient du fusil en l’air il y a 6 mois à Benghazi … Ne trouvez–vous pas, comme moi, qu’il y a un hiatus énorme entre ceux qu’on a voulu surtout nous montrer et ceux maintenant qu’on ne nous montre surtout pas ?

Ces guignols figurants, qu’on a filmé pour la BBC en mars, sont-il bien ceux qu’on a envoyés à Syrte tuer tout ce qui bougeait pour terroriser le pays maintenant asservi ? Ou l’Otan a-t-elle, au moment de vérité, importé des mercenaires vétérans de Kandahar ou d’ailleurs pour faire le travail… et tuer Kadhafi ? Je crois qu’on nous ment beaucoup.

Pourquoi moi, qui ai vécu une époque où horreur a été si présente, suis-je si touché par celle-ci ? Pour deux (2) raisons qui en font un cas exceptionnel d’inhumanité

D’abord, la mesquinerie du prétexte. Aucune motif crédible en cette affaire ne ressemble à un principe. Nous avons seulement la totale ignominie de l’âpreté au gain à laquelle se greffe l’indifférence du psychopathe a tout ce qui n’est pas SA souffrance.

On a ici le vol des ressources et de l’argent d’un pays souverain et rien de plus. On a fait ce massacre pour prendre 33 milliards de dollars. C’est le vol de banque le plus meurtrier de l’histoire. L’Otan a été le bras armé d’une association de malfaiteurs.

Ensuite, on a l’insupportable lâcheté de cette opération. C’est celle du chasseur qui n’affronte pas son gibier, mais l’abat de loin ou de haut, bien a l’abri d’une haute branche ou d’une bien-nommée meurtrière. L’Otan a-t-elle perdu un seul homme ? Il semble que nous n’avons perdu que notre âme… On est ici dans l’ultime manifestation de immoralité de celui ne croit ni en Dieu ni en l’Homme. Un de ces dimanches de corrida où c’est le toro qui est un frère.

Cette action en Libye ne mérite aucun respect et ceux qui en ont décidé sont des scélérats. En 1991, René Dumont écrivait déjà, parlant de la premiere guerre en Irak : « Cette guerre nous déshonore ».

Nous sommes désormais COMPLÈTEMENT déshonorés.Notre civilisation moribonde a choisi de mourir dans la honte. J’ai honte de ce que nous Occidentaux nous faisons. Hier en Irak, aujourd’hui en Libye…

L’agression contre la Libye a été un crime de guerre dont les responsables devraient être jugés et condamnés selon les principes de Nuremberg. Nous en avons tous été peu ou prou coupables par notre inconscience, en ne protestant pas assez. Nous sommes à en devenir complices après le fait, en ne prenant pas les mesures pour que les criminels soient inculpés.

Nous sommes ces Nazis qui ont joyeusement crié Sieg Heil ! pendant que les panzers brûlaient en Ukraine les fermes des « sous-hommes ». Nous sommes devenus ces Juifs qui appelaient le sang de l’innocent sur eux et sur leurs enfants…

Il faudrait demander pardon et tenter de réparer. Sans quoi, il se pourrait que cette bravade ne soit pas oubliée. C’est une tunique de Nessus trempée du sang d’Irakiens, d’Afghans de Libyens et de tant d’autres que nous allons léguer et faire endosser à nos enfants… Et s’ils ne sont pas pardonnés, ils en mourront.

Pierre  JC Allard

24-10-11

Le Chien d’Or au temps de l’impatience

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 9:47

Vous connaissez le Chien d’Or ? Vous devriez… C’est un élément de notre patrimoine culturel à exploiter. L’image est jolie et le texte – la légende – laisse rêveur, en ces jours difficiles que nous vivons. …

« Je suis un chien qui ronge l’o.
En le rongeant je prend mon repos.
Un tems viendra qui nest pas venu
Que je morderay qui m’aura mordu. »

Voyez l’histoire, d’abord, puis revenez.  Revenez regarder ce chien bien droit dans l’oeil qu’il a bien résolu. Vous ne l’entendez pas grogner ? Vous avez tort, car quand toute la chair aura disparu de cet os qu’on lui a jeté, ce qui ne saurait tarder, il est bien possible que ce chien saute à la gorge de ceux qui l’ont vu comme peu de chose.

C’est peut-être cette image qu’il faudrait envoyer à ceux qui comptent sur l’infinie patience bonasse des Québécois. Car aujourd’hui, au Québec, on a bien des raisons de grogner. Myope ou presbyte, on peut choisir les lunettes qu’on veut, car, tout proches ou un peu plus loin, il y a partout des irritants pour un chien de mauvais poil.

Tiens, à Montréal, par exemple, on « occupe ». Comme à Wall Street. Des tentes sur la Place Victoria, pour réclamer… Réclamer quoi? Peu importe, puisque le vraie demande est que tout change. C’est la scène classique de « Network », où chacun apparaît à sa fenêtre, pour hurler à tous et à tous vents qu’il en a assez de se faire couillonner… et ne l’acceptera plus. Un bras d’honneur collectif au déshonneur. Un défi, à l’ordre qui fait désordre.

Révolution sur la Place Victoria ?  Non. Il fera bientôt trop froid pour que ça dure. Mais chacun va rentrer chez soi avec la frustration d’une facture impayée qui reste à percevoir. Chacun va rentrer avec le goût de briser quelque chose ou de taper sur quelqu’un et – en non-dit, mais en bien pensé – dans l’expectative du déclencheur qui le fera passer à l’acte, chacun pour soi et au moment qu’il choisira.  Si ce moment de ras-le-bol vient, le froid, alors, n’y changera rien : la violence réchauffe. Ce sera un baisser abrupt de rideau, car aucune société complexe ne peut fonctionner contre la volonté d’un part significative de sa population qui ne demande qu’à la saboter.

Changeons la focale, maintenant, et regardez vers Québec. Nos maîtres font ce qu’il faut pour mettre le gros chien en rogne. Un gouvernement honni par une majorité croissante de la population -et qui se vautre dans la corruption la plus éhontée – vient de perdre sa dernière once de légitimité en annonçant une cocasserie d’enquête publique à huis-clos qui est une insulte à l’intelligence de la population. On aura une enquête qui n’assigne pas de témoins et ne les protège pas… Une enquête qui n’accusera personne et ne donnera pas de noms. On fera un slalom élégant autour de la vérité. Jean Charest se moque outrageusement de la population. Dangereusement.

Le chien gruge son os et se demande comment il se débarrassera de ce type et de toute l’engeance qui l’entoure. D’abord, bien sûr, il y a l’action politique. Les partis d’opposition pourraient quitter sine die l’Assemblée nationale, refusant de collaborer davantage avec un gouvernement dont le comportement laisse soupçonner qu’ils est la manifestation, tout au sommet de la pyramide, de cette collusion institutionnalisée avec le banditisme dont on l’accuse, justement, pour ces milliards de dollars de contrats de voirie sur lesquels il refuse de faire la lumière.

Ce ne serait pas bête de laisser Charest et sa clique seuls à l’Assemblée. Si les partis d’opposition demandent la démission du gouvernement et annoncent qu’il seront tous unis pour les élections qui suivront, afin de faire élire un gouvernement provisoire d’unité nationale dont le seul mandat sera de mettre fin au banditisme, ils prendront le pouvoir. Ils pourraien ensuite organiser des élections dont seraient excls le parti et les individus compromis dans ce brigandage.

Ça pourrait marcher tout seul, mais ça marchera encore mieux si le chien grogne. Si le gouvernement résiste, la rue peut parler. Le ras-le-bol mis en veilleuse dont nous avons parlé peut s’eveiller. Il peut dépasser le simple sabotage individuel et prendre une forme organisée. Grève générale ? Des groupes d’autogestion assumant les services à la population, comme les hôpitaux et les transports publics ? Un refus des commerçants de percevoir les taxes à la consommation ? Il y a cent façon de dire NON à l’État.

Cent façons dans la rue, mais il y a plus facile encore que de dire non à l’État. Si le chien montre les dents et que l’ordre public est compromis, le systeme judiciaire – dont les magistrats sont assez mécontents d’être instrumentés dans cette bouffonnenie d’enquête –pourrait, si un citoyen en faisait la demande, rappeler à Jean Charest qu’il n’est PAS  l’État, mais seulement le premier ministre d’une province et donc soumis à la loi canadienne.

Si l’ordre public était mis en péril et si une accusation sérieuse était portée que Charest est un pion du crime organisé, le complice d’une extorsion massive perpétrée sur la population du Québec, la Cour Supérieure, qui a un droit de surveillance sur le fonctionnement de toutes les institutions en ce pays de Canada dont nous sommes toujours partie prenante, pourrait juridiquement enjoindre Jean Charest de quitter ses fonctions.

Et ça ne s’arrete pas au Québec, car quand le chien commence à montrer les dents et ne regarde plus son os, mais la carotide de ceux qui l’agacent, on le traite avec plus de respect. Notre Premier Ministre à Ottawa pourrait comprendre que les Québécois ne sont pas fiers qu’on ait gaspillé des ressources canadiennes et même fourni un cheerleader aux forces internationales qui sont allées piller la Libye.

Ils n’aiment pas du tout qu’après avoir envoyé des Canadiens mourir pour rien en Afghanistan, on ait collaboré à tuer des milliers d’innocents en Libye, pour rafler 33 milliards de dollars des fonds du peuple libyen, au profit des banquiers apatrides qui mènent le monde. Ils n’aiment pas qu’on ait aidé une pétrolières française à faire main basse sur les ressources du pays qui était le meilleur  modèle de démocratie et de bonne gestion pour l’Afrique. On lui demandera de cesser ces fusillades. Là et en Afghanistan et de ne plus en faire nulle part ailleurs.

Il se pourrait que notre Premier Ministre ne comprenne pas. Il se pourrait que Jean Charest ne comprenne pas. Il se pourrait que les banquiers ne comprennent pas… Mais il se pourrait aussi, alors, que, laissant son os sur lequel il n’a plus rien à ronger, le gros chien perde patience, bondisse et « morde qui l’aura mordu »

Pierre JC Allard

16-10-11

16 octobre 2011. PS… pour post-scriptum

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 11:50
 
 

 

Quand les jeunes bobos que le Club Med amene en Grèce pour y retrouver l’esprit de Byron font la croisiere-excursion à Mykonos, on leur fait chanter « Haut-les mains  » sur le pont du rafiot, histoire de les préparer au pire, puis les G.O les remettent sur le quai entre les mains palpeuses ou avides des vendeurs de breloques ou de rêves, avec quelques admonestations. « Ne ratez pas les lions de Delos !Ne buvez pas d’eau fraîche !Écrivez à vos amis

Le jeune bobo docile visite trois ou quatre boutiques, laisse tomber les lions parce que la houle le fatigue, coupe son ouzo d’eau embouteillée Loutraki, puis écrit des cartes postales…  Pour les lions, il écrira qu’il les a vus; quand on a les images, toutes ces vieilleries se ressemblent. Pour les cartes postales ? N’importe quoi, mais dire en P.S qu’il fait beau.

Brel disait que les toros s’ennuient le dimanche… Mais qu’est-ce qu’on fait en France, les dimanches de primaires, pour retrouver l’esprit de Jaures ? Peut-on laisser tomber les éléphants - toutes ces vieilleries se ressemblent - et se risquer à des idées fraîches ? Que non ! Dans un premier temps, il faut bouter hors du frigo l’eau Montebourg et tout ce qui n’est pas stérile et en bouteille. Ensuite, s’en remettre aux Gentils Organisateurs qui conduiront au meilleur vendeur de breloques. Juste ne pas oublier de dire en post-scriptum qu’on est socialiste…

16 octobre 2011, hold-up consommé et passage à la déchiquetteuse de la “pensée de Gauche”.  Hollande, c’est un pas vers le Centre et donc un pas vers la victoire. Il fait beau au PS. Mais pour ceux qui font de l’arithmétique, ca laisse un peu songeur…

Songeur, parce que la « Gauche de la Gauche  » - qu’on croyait moribonde et que Melenchon devait aller enterrer après un baroud d’honneur - renaît avec Montebourg, qui n’a pas une tronche assez stalinienne pour faire peur, faisant craindre que le vote du PS ne se scinde bien plus également qu’on ne l’aurait cru entre ceux qui ne font que parler de socialisme et ceux qui en voudraient tout de même un peu.  Un repartage qui change tout…

Vous pouvez deviner ce qui se passera, en mai 2012, si tous ceux au PS qui sentent que la limite de la Gauche passe entre eux et Hollande votent pour Melenchon et que les Gauchistes en France se répartissent également entre PS et Front des Gauches ?  

Si vous avez répondu « Oui », mettez le bonnet d’âne, car on manque encore de données pour résoudre cette équation… Mais on peut déjà identifier deux (2) scénarios, dépendant de deux (2) grandes inconnues qui pourraient faire une différence.

La première inconnue, c’est la possible émergence météorique au Centre d’un candidat présidentiel crédible. On ne réalise pas à quel point, avec l’internet et le discrédit des médias, l’électorat est devenu volatil. Au Québec, il y a quelques mois, 50 % des électeurs ont modifié leur intention de vote dans les deux (2) dernières semaines de la campagne électorale  ! 

Et ça, sans même une événement déclencheur significatif.  On a changé pour changer. On manquait d’idées neuves, d’espoirs de progrès, d’admiration et même de respect pour les leaders en place… Une étincelle qu’on ne peut même pas identifier a mis le feu à ce maquis qui était trop sec. L’internet a été le mistral qui a fait le reste. Toute la “sagesse politique conventionnelle” a brulé.

C’EST LA MÊME CONJONCTURE QUI PRÉVAUT AUJOURD’HUI EN FRANCE.

Une occurrence encore plus plausible en France, car alors que le Premier Ministre canadien est ce qui ressemble le plus a un dictateur dans nos démocraties, la séparation des pouvoirs entre l’Assemblée et le Président, en France, permet en principe de séparer ce dernier du quotidien et de l’intendance. De l’élire sur la base de grands principes et donc de voter avec son cœur. De chercher, surtout, un homme qui soit un arbitre au-dessus des partis.  

C’est ce que voulait de Gaulle. C’est la création d’un parti comme l’UMP, systématiquement inféodé au Président, qui est un dévoiement évident de l’esprit de la Cinquième République. Il suffit donc d’un moment de réflexion, pour que le citoyen se fasse une toute autre idée de la Présidence et ne cherche plus à la confier à un homme prisonnier d’un idéologie, mais à un libre-penseur politique.

Où vivent les libres-penseurs politiques? Le métacentre de la pensée politique citoyenne en France est au Centre-droit. C’est là que le poids des intérêts acquis intersecte la ligne des pressions sociales. Joly, Bayrou, Cohn-Bendit, Villepin, Borloo, Asselineau, Dupont-Aignan et d’autres… Une campagne médiatique ou un simple engouement découlant d’une déclaration ou d’un geste populaire peut en transformer l’un ou l’autre en une “ jument verte“, en un Parsifal, et en faire un favori”: un Golem qui bouffera crû les Sarkozy et Hollande dont le charisme est, disons… imparfait.

La deuxième inconnue, c’est la réaction des Puissants,  des « 147 » commanditaires de l’ordre établi qui sont le vrai pouvoir et donc aujourd’hui derrière l’UMP. Si Nicolas Sarkozy ne remonte pas dans les sondages, ON pourrait lui suggérer de prendre - « pour raison de santé », ou cédant aux objurgations de son épouse - la retraite bien méritée à laquelle il ne s’est pas caché d’aspirer.

On verrait alors toute la géniale stratégie de la droite qui, en concentrant depuis des années toutes la critique sur le bouc émissaire-chef Sarkozy et quelques figures emblématiques de la corruption ou de la bêtise, a laissé pratiquement vierge le dossier de l’UMP.  Qui est vraiment faché contre Fillon ou Copé … ou n’importe qui de la Droite qui n’est pas mouillé dans un scandale?  La seule Droite méchante, c’est Le Pen, tout le monde l’a dit…. Imaginez la superbe ironie si l’UMP organisait des primaires…

Deux scénarios surprenants ne sont donc pas à écarter.  a) Celui d’un candidat hors-parti – comme Assalineau apportant sa compétence ou Villepin apportant son charisme – apparaissant de nulle part pour saisir la présidence sur un coup de coeur des Français; b) Celui d’une UMP se donnant un autre candidat … et apparaissant cyniquement comme un “renouveau sans rupture” pour faire suite à la rupture… sans renouveau.

Avec ces scénarios et les inconnues qui les sous-tendent, avec les canons “Segolene” et “Montebourg” en libre déferlante sur le pont, avec son candidat Hollande (rose beige vraiment très pâle), on se demande ce que que va faire maintenant le PS pour demeurer intéressant cet hiver. Sera-t-il même au deuxième tour en 2012 ?

Si j’écrivais ce soir à maman, de Mykonos, je dirais qu’il semble faire beau, mais qu’il y a une méchante meltemi  qui pousse les nuages à l’horizon…  Je jurerais, surtout, que PS veut dire « Post Scriptum » et pas autre chose. Car au-dela des mots, on ne sent pas de socialisme dans l’air rue Solférino.

Pierre JC Allard

09-10-11

Anonymous vs Wall Street

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 11:55

 
 

 

 

Il est minuit moins cinq.   En fait, il est 05h55 à Paris et le soleil se lèvera à 8h03, sur un 10 octobre 2011 presque sans nuage et une température agréable, maximum de 21º. On sera si bien et il se passera si peu de choses, qu’on jasera des « primaries » du PS.  Ça, c’est parce qu’on est dans le bonheur à Paris et qu’on est loin de la ligne bleu des Vosges et des tranchées.   Pour le reste du monde, il est minuit moins cinq.

Minuit moins cinq  toute la journée et tous les jours en Libye, en Afghanistan et maintenant en Grèce, où ce n’est qu’affaire de temps avant que ne claque le premier coup de feu. Ici, à Montréal, pas besoin même de métaphores:  nous sommes bien à l’heure de New-York et c’est vraiment dans 5 minutes que débutera la journée fatidique où l’on saura si le monde continue inchangé… ou se transforme radicalement en autre chose.

Ce jour est critique, car ANONYMOUS a annoncé qu’aujourd’hui le New-York Stock Exchange serait arrêté.  Pour 10 minutes?  Pour 10 heures? Pour toujours?  On ne l’a pas dit, mais c’est d’importance secondaire. Comme il serait d’importance secondaire que  je vous prive d’oxygène pour une heure ou pour toute la nuit.  Votre cerveau ne s’en remettrait pas. Bluff ?  Canular, le message d’Anonymous… ou une attaque létale ?

Car si Wall Street s’arrête aujourd’hui, le Système qui gère la planète pourrait bien en mourir.  Pas parce que les transactions auront été interrompues – on le fait de temps en temps, un peu par jeu -  mais parce que la preuve aura été faite que la circulation de l’argent, qui est le sang qui maintient la vie dans le corps mystique de la finance,  peut être sérieusement perturbée par une autre volonté que celle des Maîtres du Monde.  Et ça, ce serait la fin du monde que nous connaissons

Nous vivons dans un monde qui fonctionne comme une horloge.  Il y a des imperfections, mais elles ne subsistent que dans les rouages marginaux, sans importance réelle, les engrenages qui ne touchent que la vie des nègres, votre vie ou la mienne par exemple.  Pour l’essentiel – l’argent, le crédit, le pouvoir – la « tolérance » permise est minuscule.

Les ajustements sont apportés sans délai et les aiguilles tournent au rythme dont décident les horlogers.  La part de hasard qu’on croit y voir est programmée pour divertir, amuser, créer un suspense…  Que le coucou sorte avec la tête de Sarko, de Harper ou d’Obama, ce n’en est pas moins toujours l’heure choisie qu’il annonce … et la richesse, elle, ne sort pas de sa niche sans chaperon. Le monde est trop complexe pour aller au hasard.  Le Système s’en occupe.  Le New-York Stock Exchange est le gros cadran ou l’heure s’affiche.

Si  autre chose que le Système pouvait changer heure, le monde n’aurait plus de maîtres.  Il errerait à la guise de la légendaire « main invisible » des penseurs libéraux, celle-ci devenant tout à coup une insupportable réalité… Chaque maître du monde tuerait sans doute, même de sa propre main, pour éviter que cela n‘arrive.  Anonymous a dit qu’il pouvait le faire.

Qui est Anonymous ?  On ne le sait pas. C’est sa force.  Il y a bien 20 ans que je dis qu’aucune organisation ne détruira le  Système, puisqu’aucune ne l’égalera en « organisation ». Par la force, l’astuce, la corruption, la zizanie, le Système écrasera toute organisation révolutionnaire.

Seul des INDIVIDUS agissant seuls – mais unis par un but commun dont chacun déduit ce qu’il lui incombe de faire  selon sa conscience et au vu de sa propre compétence -  pourraient détruire le Système, chacun faisant sa part. Difficile à imaginer. Pourtant, c’est cet ennemi  insaisissable et donc INVINCIBLE que le Système semble s’être suscité : Anonymous.

D’ou sort Anonymous ?  Depuis toujours, des individus brillants sont marginalisés par le pouvoir en place parce qu’ils n’ont pas le profil pour s’y intégrer.  Il y a mille raisons, mais c’est surtout qu’ils sont imprévisibles ou n’obéissent pas.  Des esprits libres ?  Des rebelles ?  Des criminels ?  C’est selon ; le vocabulaire change…  Intelligents et compétents, ces individus sont une menace, mais généralement une menace mineure, car, individualistes, ils ne s’assemblent pas.  Traditionnellement, on les achète ou on les tue. Ça fait des pirates ou des corsaires; il faut des centaines de Cartouche et des circonstances exceptionnelles, pour que puisse apparaître un Bonaparte.

Depuis quelques années, cependant, les structures de production industrielles orientées vers une consommation de masse, ne peuvent amortir leurs investissements assez rapidement pour réaliser  avec profit les innovations que leurs proposent tous ces individus brillants qui disposent d’une compétence dans le domaine de l’informatique où les progrès sont exponentiels.

Le nombre de ceux-ci qui ont été marginalisés a donc augmenté en flèche, car il ne suffit pas de donner un salaire correct à un esprit frondeur pour le motiver et qu’il cesse de vouloir s’exprimer. Les brillants rebelles sont devenus des « hackers ».  Des saboteurs.

Ils se sont contentés, au départ, de se montrer plus habiles que les papys relativement ignares qui les marginalisaient en occupant les postes-clefs du Système. Ils ont joué aux virus…  Ils ont joué pour un temps, mais c’est le propre de l’homme de se chercher un but qui le motive. Certains hackers ont donc cessé de jouer. Ils sont devenus des protestataires et se sont trouvé une MISSION : détruire le Système qui les marginalise et dont l’ignominie et la méchanceté sautent aux yeux.  Ces hackers se sont improvisés justiciers et ils ont trouvé tout seuls la stratégie de base imparable : UN FAISCEAU D’ACTIONS INDIVIDUELLES DISSOCIÉES CONVERGEANT VERS UN BUT COMMUN.

Anonymous semble  bien un  rassemblement de ces hackers.  Ils se sont trouvé des ennemis puissants et honnis de tous dont ils connaissent les failles de la cuirasse. Ils ont la compétence pour les attaquer et les détruire et ils contrôlent les moyens de communication de leurs adversaires… Ils n’ont évidemment eux-mêmes aucun problème à communiquer anonymement – ce sont eux les communicateurs -  et, aussi longtemps qu’ils demeurent inconnus les uns des autres ils sont invulnérables, car on ne les prendra qu’un par un et ils viendront par centaines…

On a ainsi un scénario de science-fiction, où une espèce supérieure munie de « phasers » et de bombes à neutrons vient déloger les méchants tyrans primitifs armés de gourdins.  Anonymous a fait quelques coups d’éclat depuis trois ans  puis maintenant lance brutalement le gant à la face du Système : “Le 10 octobre 2011″ – ont-ils annoncé – “nous arrêterons le New-York Stock Exchange”. Rien que ça !

Délirant…, mais supposons qu’ils le fassent. Il y aurait quelques questions à se poser.

1. Anonymous est-il bien, comme on le prétend, un regroupement spontané de hackers qui veulent protester contre le Système ? Si oui, se rendent ils parfaitement compte que, s’ils réussissenst ce coup, ils n’auront pas seulement protesté, mais auront blessé le Système, peut-être mortellement ?   Est-ce ce qu’ils veulent ?

2. Anonymous ne serait-il pas, au contraire, un piège du Système, une démolition contrôlée pour créer une telle panique que le passage du capitalisme au corporatisme avec dictature, censure  et État policier soit non seulement accepté, mais exigé par la population, permettant de donner un nouveau visage  à cette gouvernance occulte des maîtres du monde  dont le masque est en train de tomber ?

3. Pourrait-on penser, aussi, que le geste d’Anonymous soit simplement un épisode particulièrement audacieux et féroce  du jeu entre ces maîtres du monde, une manœuvre d’une faction pour se débarrasser d’un autre faction et établir sa dominance ?  Ou encore, qu’une puissance émergente tout a fait lucide et bien décidée à  « tuer le Systeme » et a y substituer autre chose, soit derrière l’action des hackers d’Anonymous ? Ou pensez aux milliards que feront ceux qui auraient joué à la baisse, sachant que le NYSE serait efficacement saboté ?

Quelle que soit la bonne hypothèse, il n’est pas impossible que des tractations soient en cours pour éviter que cet irréparable geste ne soit posé.  Entre qui et qui ?  Nous n’en savons et n’en saurons sans doute jamais rien.… Mais si ce jour d’hui finit tranquillement comme il a commencé, n’en concluons pas trop vite au canular ou à un échec d’Anonymous. Ce peut être qu’on l’aura dissuadé de le faire… et il n’est pas exclu, en ce cas, que la bombe qu’on aura réussi à désamorcer cette fois soit remontée une autre fois, comme ces volcans qui grondent puis se taisent, nous endorment… puis explosent.

Quoi qu’il arrive aujourd’hui, il faut garder bien présente à l’esprit l’extrême vulnérabilité de notre société qui est devenue un jeu plus qu’un projet pour ceux qui la gouvernent.  Voir aussi combien les disparités croissantes entre riches et pauvres font reposer la vraie gouvernance sur une base trop étroite et qui s’amenuise. Il est inquiétant que la perspective que le Système tout entier soit saboté et détruit paraisse susciter chez tant de gens plus de sympathie que de réprobation.

Pierre JC Allard

03-10-11

Si on change les maîtres du monde

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:00

Ce qui sera peut-être vu dans peu de temps comme l’un des documents les plus important – et perturbateur – de ce début du XXIe siècle, est sorti, le 26 juillet dernier, du Eidgenössische Technische Hochschule (Institut fédéral Suisse de technologie) de Zurich.  Ce sont trois(3) chercheurs de la Chaire de Conception de Système (Chair of Systems Design) dudit ETH – Stefania Vitali, James B. Glattfelder, et Stefano Battiston – qui ont signé ce texte explosif. qu’il faut lire absolument !

Un texte qui  n’est pas un brûlot d’anarchiste ou un pamphlet de révolutionnaire débutant, mais un document sérieux, produit d’esprits curieux et matheux, comme on en trouve dans ce pays de Suisse où l’on s’attend d’une banque qu’elle fonctionne comme une horloge.  Ce texte n’est pas explosif dans sa forme, mais dans son contenu.  Il l’est parce qu’on y répond à la question que tant de gens se posent aujourd’hui : Qui mène le monde ?

Les chercheurs de l’ETH y répondent simplement, en quelques phrases et quelques lignes d’équations relativement faciles, à partir d’une information publique et aisément accessible.  Quels sont les faits qu’on nous expose ?

147 société transnationales, qui s’appartiennent les unes aux autres, dans le cadre d’un réseau dense de prises de participation mutuelles dans leur capital-action les unes des autres, constituent de fait une SUPER ENTITÉ ÉCONOMIQUE qui possède de loin la plus grande part de la richesse de la planete.  Voyez le document lui-même pour les pourcentages exacts. Vous serez abasourdis.

Les preuves sont là et elles sont  irréfutables.  En réaction à ce document, on ne peut arguer que deux choses: 1) que  posséder la richesse ne donne pas nécessairement le contrôle, et 2) que des gens qui contrôlent ensemble peuvent faire abstraction de ce pouvoir et NE PAS en tirer profit pour s’octroyer des avantages.   Je ne perdrai pas une minute de ma vie à discuter ces hypothèses.

Paul Jorion non plus qui, prenant connaissance de la demonstration magistrale du groupe de Zurich, passe directement sans arguties à la conclusion, mettant sur son blogue, le 7 septembre un article intitulé  “Les maîtres du monde”  Lisez les notes de Jorion et les commentaires sur l’article sont aussi d’un grand intérêt…

La première réaction, quand on voit cette concentration inouïe de pouvoir, est la stupéfaction.  Mais, la boite de Pandore ouverte, si on cherche un peu, on n’est pas au bout de nos surprises…. Pendant qu’à Zurich on a fait cette étude aureolée du prestige  académique, d’autres chercheurs  ont ajusté les lentilles pour mettre au foyer de façon plus artisanale, mais néanmoins vraisemblable, ce qui paraît comme le saint des saints  du pouvoir.

Ainsi, cet article publié sur  Global Research , repris en français sur  le blogue  Résistance 71 au lien ci-dessous. Ici, on ne prétend pas faire la part des choses et on ne cache pas l’intention : c’est la guerre.

http://resistance71.wordpress.com/2011/06/03/oligarchie-financiere-les-huit-familles-derriere-le-cartel-banquier-prive-international-lennemi-des-peuples-a-un-nom-et-des-visages/

 

http://resistance71.wordpress.com/2011/06/10/oligarchie-financiere-les-huit-familles-derriere-le-cartel-banquier-international-2eme-partie/

Si on accorde foi à ce texte, de 147 sociétés, on en serait à huit (8) familles.   On n’a pas ici la rigueur mathématique de l’étude de Zurich, mais on a un faisceau de renseignements et de circonstances qui projettent une impression de vraisemblance. Le dossier n’est pas clos et ficelé, mais le fardeau d’une réponse crédible est certainement dans le camp de ceux dont on prétend qu’ils ont ce pouvoir immense, au sein du groupe de ceux dont il est avéré que le pouvoir est indiscutable.

Après la stupéfaction, la deuxième réaction à la concentration du pouvoir financier peut être le mécontentement, voire de colère. Il saute au yeux, en effet, qu’il ne s’agit pas aujourd’hui de s’interroger sur la facon de la mettre en place une gouvernance mondiale, laquelle est déjà une réalité,  mais sur les moyens de rendre démocratique cette gouvernance qui est solidement entre les mains d’une elite.  Comme on ne fait rien pour qu’elle le devienne, tous les boniments qu’on nous sert sur la démocratie peuvent apparaître bien choquants….

On peut comprendre cette irritation, personne n’aime être leurré. Mais avant de réagir en cherchant des coupables, creusant comme un cochon qui a senti une truffe, il faudrait peut-être mettre nos préjugés en veilleuse un instant et se demander objectivement si une gouvernance démocratique nous donnerait un monde meilleur que celui auquel nous a conduit l’oligarchie qui semble aujourd’hui diriger le monde.

Facile de voir que le monde aujourd’hui fonctionne plutôt mal que bien; en fait, nous sommes dans la phase terminale d’une façon de gérer la société qui craque de partout et dont la crise financière est la manifestation la plus visible, mais n’est pas la seule. On a aussi l’évolution de la technologie qui impose un nouveau paradigme de production et de consommation.  On a la transforrnation de nos valeurs historiques qui – pour le meilleur ou pour le pire, ce serait un autre débat – impose aussi une profonde remise en question de nos attitudes.  Est-on bien certain que substituer une démocratie à l’oligarchie actuelle résoudrait nos problèmes ?

Je ne dis pas qu’il ne faille pas aller dans cette direction. Au contraire, je crois que l’interdépendance croissance entre les compétences complémentaires qu’exige un société techniquement complexe va NÉCESSAIREMENT amener une diffusion plus large du pouvoir.  Une partie de nos problèmes actuels vient peut être de la résistance de l’oligarchie à cette évolution. Mais je suis sceptique quant à l’impact positif immédiat d’un transfert du pouvoir qui l’enlèverait des mains d’une élite riche – pour laquelle le rapport à la richesse est devenu un jeu – pour le remettre enntre celles d’une classe ambitieuse, dont la priorité sera inévitablement de s’enrichir…

La justice exige que ce transfert du pouvoir ait lieu, mais faut-il le faire dans l’exaltation de la vengeance?  Si on changeait  de maîtres, il faudrait que l’on mette beaucoup de soin à s’assurer, d’abord, que la démocratie qui servira de véhicule à ce transfert soit bien authentique et efficace.

Il ne faudrait pas oublier, non plus, que même la plus vraie des démocraties ne changera pas la nature humaine  … et qu’un pouvoir qui repose sur un mandat populaire ou sur la compétence devra être balisé encore plus étroitement que celui qui découle de la richesse, car la bête affamée est plus dangereuse que celle qui est repue.

Pierre JC Allard

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

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