Nouvelle Societe

31-08-11

Indépendance du Quebec; pour un post-abortum dans l’espoir

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 10:11

 
 

On n’en finit plus de souffrir des sequelles de cet enfant qui n’est pas né. On n’a jamais fait le deuil ni le curetage.  Est-ce qu’on va bientôt en sortir et faire autre chose ?   Il faudra encore combien de temps pour que l’on comprenne enfin que le monde de 2011 n’est pas le monde de 1960 et que l’indépendance dans le sens dont en parlaient André d’Allemagne, Bourgault, Levesque  et les autres, est aujourd’hui aussi dépassée que le régime féodal et le droit de cuissage ?

On peut bien garder le mot et le faire mijoter autrement, pour que le potage épaississe, devienne une sauce et qu’on puisse napper de « souveraineté » le statut qu’on donnera au Québec dans l’Union Nord Américaine, mais il faudrait comprendre que l’interdépendance a remplacé l’indépendance.  Comme la « France éternelle » est à devenir une  division culturelle pittoresque d’une Europe qui ira de Brest à Behring.

On vit tassé sur une Terre retrécie. Chaque nation ne peut plus faire que ce qui n’embête pas trop les autres, puisque sans les autres elle ne peut pas survivre. 70 % et plus des lois qui s’appliquent en France sont déjà conçues et décidées à Bruxelles et le Québec verra les siennes approuvées à Washington, même si pour nous faire plaisir on les signera à Ottawa… ou sur la Grande-Allée.

Notre défi, comme Québécois, n’est pas d’en faire plus que ce que nous pouvons faire, mais de  faire mieux ce qu’il nous appartient de faire. Nous pouvons faire mieux sans changer un iota des pouvoirs dont dispose le Québec. Mieux en Education, mieux en Santé, mieux pour l’accès à la justice, pour une distribution plus équitable du revenu et de la richesse, pour diffuser notre culture, etc…

On fera mieux si on fait un peu de politique, mais quand on regarde se dessiner la nouvelle carte politique du Québec qui prendra acte de la fin du Parti Québécois, on se désole.  On voit que l’avenir immédiat risque de scinder en deux ou trois volets les clientèles crypto ou pseudo souverainistes « molles » du PQ  – avec sensibilités de gauche ou de droite tout aussi velléitaires - laissant isolé un noyau d’irréductibles « séparatistes», insensibles à tout sauf  à la  nostalgie des mots eux-mêmes et qui fera sagement son deuil d’accéder jamais seul au pouvoir.

Ils offriront quoi ces Marois, Legault, Duceppe, Curzi, Khadir, Deltel ?  Quoi de neuf ?  Quoi d’autre que les sempiternelles jérémiades en variations sur le thème des relations entre Ottawa et Québec ?  Si l’un ou l’autre d’entre eux, ou un chevalier blanc sorti d’une boîte a surprise, ne rompt pas avec cette vision passéiste – en disant brutalement que le mot même d’indépendance est tabou – aussi bien nommer Charest Premier Ministre à vie ! Il faut que quelqu’un apporte aux Québécois un NOUVEAU projet.  Un changement qui modifie vraiment leur vie quotidienne et crée un ENTHOUSIASME.

Du neuf. On n’a pourtant vraiment que l’embarras du choix, car RIEN ne fonctionne très bien au Québec et on n’a RIEN proposé d’original depuis le premier gouvernement Levesque de 1976.  Toute notre structure sociale a la vetusté de ces structures en béton qui s’effondrent maintenant partout, parce qu’on a cru que le petit moment de travail sérieux qu’on avait fait il y a des décennies réglerait tous les problèmes pour l’éternité.

Or ce n’est pas ça. Ni pour le béton, ni pour les idées. Si le monde était ainsi fait, Obama serait Pharaon, le Pape nous dirait encore comment gérer nos vies de couple et on achèterait tout des Chinois en les payant en opium ou en verroterie.  Tout est à remettre à l’heure. Il faut se re-créer une société.

Il faudrait le faire partout, mais notre défi de Québécois est de le faire au Québec.  Idéalement, on changerait tout, mais ne changer qu’UNE SEULE CHOSE serait déjà merveilleux. Un éveil/réveil. Un pas hors de la complaisance béate dans l’insignifiance qui est la source de l’injustice, puisqu’elle nous convainc que la justice sociale est une chimère et ne signifie rien.

Il y a tant de choses qu’on pourrait proposer. Il ne manque que les méninges – un peu - et des couilles, beaucoup… Dans les paragraphes qui suivent, il y a des liens. Je vous suggère de les garder en référence.  Inutile de les ouvrir aujourd’hui, on va se perdre…  Il y a tant de choses à faire.

On pourrait, par exemple, mettre en place un revenu et un travail garanti pour tous, supprimant la misère du Québec (où un enfant sur trois aujourd’hui vit sous le seuil de la pauvreté).  Difficile ?  Facile au contraire. En un an. Un trait de plume, quelques fonctionnaires affectés à un travail utile et la VOLONTÉ de le faire.

http://nouvellesociete.wordpress.com/travail/

Restructurer l’éducation autour d’une relation de longue durée entre un enseignant et une cohorte d’apprenants. La pédagogie est l’affaire de l’enseignant; l’Etat établit les objectifs, gère les examens (docimologie) … et ferme sa gueule. Quand il s’en mêle davantage, il nuit.

http://nouvellesociete.wordpress.com/education/

Créer un systeme de santé efficace, en formant d’abord les ressources dont nous avons besoin et en écrasant brutalement tous les corporatismes. Après, établir une relation de confiance entre un médecin payé par capitation et ses patients, avec EN SOUTIEN les spécialistes requis et, à la disposition des ressources médicales, les ressources matérielles hospitalières et pharmaceutiques.

 http://nouvellesociete.wordpress.com/s-80-essais-sur-la-sante/

Décréter que toute cause civile d’origine contractuelle se règle en première instance par arbitrage, avec un appel possible au tribunal civil, mais TOUTES AFFAIRES CESSANTES, alors, mettant fin à ces délais malhonnêtes qui n’enrichissent que les avocats et font que la justice n’existe que pour les riches et n’est qu’un chantage  institutionnalisé.

http://nouvellesociete.wordpress.com/justice/

Remettre à l’heure du jour la loi 101, qui a le double démérite d’être d’une part inutilement vexatoire pour les minorités linguistiques… tout en étant, d’autre part, tout a fait insuffisante pour garantir que le Québec soit et reste français.

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/17/188-quebec-francais-1/

Et il y a d’autres questions à régler, pour gérer la culture, le droit à l’information, la fiscalité…. Mais faire au moins QUELQUE CHOSE. Une seule chose, peut-être, au départ…, mais pourvu qu’elle soit bonne.

Il y a aussi de vrais s contentieux à discuter entre Québec et Ottawa. La représentation du Québec et de ses intérêts à l’étranger par exemple. L’immigration qui est aujourd’hui un partage bancal des responsabilités. La défense nationale…  Mais cessons la rengaine que les priorités sont la, toujours dans ce que l’on ne peut pas faire !  

Derrière tout ça, il y a aussi et surtout l’agent, la monnaie, le crédit. On le sait, mais ne soyons pas naïf au point de croire que c’est Ottawa qui en décide. Nous changerons au rythme où le monde changera. Pour l’instant, il faut mettre en place au Québec un gouvernement qui fera ce qu’il PEUT faire.

Il y a des choses dont on devrait parler et sur lesquelles la population devrait opiner. Il faudrait que s’ouvre un débat politique sur ce que nous voulons être comme société et que ceux qui prétendent nous gouverner s’identifient aux options entre lesquelles nous voulons choisir. Pour l’instant ils se comportent comme des pantins : des poupées qui semblent toutes se coucher et dire « Maman » quand on les paye.

Pierre JC Allard

24-08-11

La pénurie de médicaments

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 12:44

 
 
J’ai pensé intituler ce texte : « Terra, une inspection de routine », mais en plein mois d’août, j’ai craint que les vacanciers ne le prennent pas trop au sérieux. Or, IL L’EST ! Enfin presque…  Avant de le lire, je vous enjoins donc de lire d’abord les trois articles en liens juste ci-dessous.   On vous y  donnera des faits. Comme d’habitude, on ne vous dira rien entre les lignes; on vous jettera en pâture un fait isolé, confiant que vous vous inquiéterez juste assez pour réagir comme on veut que vous réagissiez, mais pas plus. On ne souhaite pas que vous vous intéressiez aux changements de paradigme.  Il y a des gens que le Système paye pour ça…

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201108/19/01-4427443-penurie-de-medicaments-16-produits-sajoutent-sur-la-liste.php

http://www.usinenouvelle.com/article/la-penurie-de-medicaments-sur-le-bureau-de-l-afssaps.N157233

http://fr-ca.actualites.yahoo.com/la-pénurie-médicaments-menace-le-canada-201742525.html

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Terra, en transit, (circa  2000 A.D. Temps Local)
De : Agent Adonaï
À : Archives akashiques et al.
Copies : Dieu, Postérité.

J’ai profité d’un bref passage dans l’Espace-Temps pour une inspection de routine sur Sol III (alias Terra, Earth, Urantia), où est en cours  une intéressante expérience d’évolution de conscience liée à la matière, basée sur un développement aléatoire de la combinaison ADN.

Disons, pour résumer, que tout se passe bien, malgré les inévitables frustrations inhérentes à cette utilisation de la matière qui exige que les entités individualisées ne puissent vivre qu’en s’assimilant les unes les autres par digestion et que leurs programmes mémoires soient remis à jour à peu près aux soixante-dix ans en temps local. La motivation demeure forte.

Depuis ma dernière visite (1000 A.D. Temps Local), malgré quelques phases d’obscurantisme, science et technologie ont progressé normalement  et croissent désormais à un rythme exponentiel. L’espèce dominante ( Homo sapiens sapiens) a maintenant déchiffré son code génétique et peut donc commencer à comprendre ses propres paramètres.  À la prochaine visite, vers 3000 A.D. , elle se percevra peut-être dans le contexte de l’expérience dont elle est le sujet, permettant que débute une communication.

Pour l’instant, la spécificité de cette expérience sur Terra – et donc son intérêt parmi l’infinité de celles en progrés – tient surtout à l’originalité de ses essais sur les modes de gouvernance.

On sait, depuis bien longtemps, que le but de ceux qui gouvernent est toujours d’obtenir de ceux qui sont gouverné un maximun de biens et services, en y mettant eux-mêmes un minimum d’efforts et en ne devant supporter d’eux qu’un minimum de récriminations.

Ce qui sur Terra a commencé par l’esclavage et les coups de trique est donc devenu démocratie, au fur et à mesure qu’on a compris chez les dominants qu’il est plus efficace de faire des promesses que des menaces et que le fin du fin est une population qui a des besoins qu’elle ne peut satisfaire qu’en faisant ce que ses chefs lui disent de faire.

Cette approche – gérée, par le contrôle des ressources et des moyens de production, puis peaufinée  par celui d’une monnaie  qui permet de corriger au niveau des symboles ce que la réalité pourrait commettre de petites bavures – a longtemps permis l’exploitation du cheptel humain inférieur de façon sereine.

Depuis 50 ans, avec un systeme de transfert de la richesse basé sur la consommation d’énergie – un besoin auquel nul n’échappe au prorata de sa consommation -  et la perception d’un intérêt présenté comme une loi de la nature, le capitalisme sur Terra a atteint une quasi-perfection.

Récemment, raffinements supplémentaires, le paiement de cet intérêt nécessaire à la stabilité de la richesse a pris la forme de  jeux d’écriture byzantins arbitraires, incomprehensibles aux âmes simples et discrètement notés dans des dossiers eux-mêmes dématérialisés. On pense aussi, de plus, à taxer la consommation d’énergie en tout-virtuel par une de taxe-carbone . On peut difficilement faire mieux.

Seule ombre au tableau, le contrôle de l’exécution des ordres par la distribution des recompenses, facile a appliquer dans une situation de pénurie constante, ne l’est plus avec l’avènement par l’industrialisation d’une situation d’abondance globale. Le point faible du systeme est la necessité de garder le besoin vivace pour que les ordres soient exécutés; des erreurs d’ajustement peuvent mener à des problèmes locaux, genre famine en Afrique de l’Est… et donc a des insatisfactions.

À du mécontentement, même, quand des millions d’individus meurent de faim,  alors que les ressources humaines, matérielles et techniques étant surabondantes, la logistique de l’opération de les nourrir serait triviale. Pire, quand on constate qu’un simple conditionnement  des habitudes d’accouplement aurait suffi pour qu’ils ne naissent pas…. Comment faire mieux ?

La solution évidente serait de mettre fin à la lutte historique pour les produits d’alimentation, en permettant une légère surproduction globale de nourriture, en conformité  avec un plan lui aussi global de production, de transformation et de distribution des aliments necessaires, selon la demande estimée.  Le défi crucial serait de maintenir la motivation. Les elites de Terra y travaillent déja, par le développement planifié de certaines assuétudes.

Des tests préliminaires ont prouvé, en effet, que des dépendances peuvent être créées dont l’effet est irrésistible, aussi bien chez les humains que ches les souris blanches.  La stratégie consiste donc, en deux (2) volets :

a) à universaliser d’abord l’usage de drogues, et b) à mettre en place une couverture universelle, commençant par les pays développés, qui mettra chaque individu sous la tutelle directe d’un médecin lui prescrivant tous les médicaments nécessaire à sa santé… et les l’anxiolytique/euphorisants qui lui garantiront l’état de béatitude optimal compatible avec l’exécution efficace des tâches qui lui seront confiées.

Cette seule béatitude attendue devrait suffire a créer une dépendance forte, mais, pour plus de sécurité, des ajouts chimiques actifs au niveau des neuro recepteurs peuvent être ajoutés pour garantir l’assuétude. La dose étant renouvelée sur une base hebdomadaire, ce suivi médical permettra un contrôle parfait de.la population.

Parmi les nombreux avantages, celui de stabiliser rapidement la démographie, qui donne certaines inquietudes, ainsi que la longévité dont le coût-bénéfice, dans l’état actuel de nettoyage du profil génétique général de l’espèce, devient présentement négatif entre 65 et 85 ans selon les cas, mais pourrait être allongée à la hauteur de la résistance du matériau biologique de base. Ajoutons la paix universelle et le respect parfait de l’ordre établi.

Où en est-on de ce breakthrough ?   Le système met les bouchées doubles pour trouver le soma parfait, en développant des drogues qui demeurent  illicites le temps que le système puisse en étudier tous les effets sans avoir à en assumer la responsabilité des inévitables effets secondaires négatifs occasionnels.   Il s’interroge aussi sur l’opportunité de laisser  la recherche et la production des medicaments à l’entreprise privée – avec le danger propre aux systemes de pouvoir héréditaires de passer peu a peu la main à des generation moins douées – ou de confier  ce qui deviendra rapidement le secteur le plus important de la production et  donc la gouverne effective de la société  à un État dont les mécanismes auraient, toutefois, grandement  besoins d’être améliorés.

La decision n’est pas prise, mais les rumeurs de pénuries qui commencent à circuler – avec la belle unanimité d’un réseau d’information  totalement sous la houlette de la classe dominante – laissent présager de rapides changements.  Peut-être conviendrait-il de planifier une visite  exceptionnelle dans un siècle sur Terra, pour voir où Sapiens en sera rendu de sa santé et de sa manipulation par ses elites.

A.

15-08-11

Les dompteurs de l’injustice

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 8:27


Justice, justice, on n’a que ce mot à la bouche. Si on l’aimait vraiment, il faudrait voir la justice comme une icône et la mettre sur le guéridon avec un lampion devant en signe de révérence. Il faudrait admettre que la justice n’est qu’un espoir. Dans la réalité, la seule justice est que les causes produisent leurs effets.

La justice comme on la rêve, avec l’égalité qui la suit comme son ombre, n’existe pas. Ce qui existe vraiment partout, c’est l’injustice. Une énorme bête. Un tigre. La nature, ce sont les gros qui bouffent les petits de haut en bas de la chaîne alimentaire. Si dans la strate «humanité» on ne se dévorent plus les uns les autres, c’est bien affaire de tendreté plus que de tendresse et on se reprend autrement…

On s’est repris en bâtissant d’abord des sociétés qui reproduisent la lutte pour la vie et où prévaut une totale injustice. Heureusement, avec la division du travail, sont nées en société la complexité, la complémentarité et une dépendance envers la autres qui prend sa source dans la richesse accrue que permet cette complémentarité. On dépend tellement des autres qu’on en vient, sinon à les aimer, du moins à en prendre soin. On parle alors de solidarité.

Une société ne peut exister sans la solidarité, qui est cette protection nécessaire de ceux dont on dépend pour tirer de la société le mieux qu’on puisse en tirer. Cette solidarité pose des limites concrètes à l’injustice. Pas des limites à l’égoïsme, ne vous en déplaise, lequel demeure inchangé, mais des limites à la manifestation de l’égoïsme. On apprend à apprivoiser l’injustice. On devient civilisé.

Dans une petite tribu, chacun qui n’est pas trop bête voit ce qu’il faut faire et ne pas faire pour que ne soient pas mis en péril le bien général et sa propre qualité de vie. Ceux qui ne le voient pas sont vite éliminés. Dans une société complexe, les liens ne sont plus si apparents. On compte sur l’État pour les voir et les faire comprendre à tous. En faisant des lois, des réglements et en les faisant respecter.

Au départ, on demande à l’État d’assurer la sécurité. Que l’étranger ne vienne pas nous asservir et que les voisins ne nous volent pas nos moutons. Pour le reste: libéralisme. Mais, avec la Révolution industrielle, l’interdépendance augmente et l’État doit se mêler de la production, qui est la création de richesse réelle. L’injustice restera flagrante, mais on l’apprivoisera en passant du libéralisme au néoliberalisme.

Après quelques incidents inquiétants, comme la Crise de 1929, viendra donc le néolibéralisme qui acceptera qu’il faille bien reprendre un peu des riches, pour donner aux pauvres si on veut que les roues continuent de tourner. Il faut redistribuer assez de richesse pour que la demande reste «effective» et que ce qui est produit soit largement consommé, sans quoi riches comme pauvres seraient ruinés. On redistribuera un minimum, bien sûr, mais ce sera autant qu’il faudra…

Cette confiscation permanente, systémique, d’une part de la richesse étant nécessaire, elle a été acceptée. Mais elle ne pouvait que frustrer les gagnants du jeu de la production et être un odieux fardeau pour l’État chargé de cette «péréquation». Comment rendre le prèlevement moins haïssable? En faisant un pari audacieux. Il fallait donner aux pauvres l’argent pour consommer, mais était-il nécessaire que cet argent soit prélevé des riches ? Que non ! Il suffirait de CRÉER plus argent. La caste des riches garderait sa part et les pauvres auraient ce qu’il fallait.

Si on créait plus d’argent, sans créer une richese réelle correspondante, n’allait-on pas avoir une terrible inflation ! Pas du tout, car les riches ayant déja tout ce qu’ils voulaient, ils ne consommeraient pas davantage et l’argent entre leurs mains n’exercerait donc pas de pression sur les prix. Ils économiseraient, investiraient, auraient de plus en plus d’argent… mais ne dépenseraient pas significativement plus. On aurait, sans avoir à le dire, un argent pour la consommation de Quidam Lambda et un argent pour les riches.

On a pu vivre heureux des décennies en misant sur cette notion qu’il y avait deux richesses qui ne se mêlaient pas. On a vécu les «Trente glorieuses», on est passé d’une économie industrielle a une économie tertiaire… Il y a eu bien des péripéties, mais les décrire nous écarterait de notre sujet. Ceux qui s’y intéressent peuvent consulter ce lien qui est aussi devenu un bouquin.

On a vécu ainsi sans dommages, laissant se créer une richesse monétaire sans inflation, mais c’était une situation bien instable. Quand on a commis l’erreur de monter des échaffaudages financiers ayant à leur base des propriétés, on a mis des biens réels en gage d’obligations financières. La valeur du bien réel pouvait n’être qu’une parcelle infime de la valeur du montage financier, mais une fluctuation pouvait compromettre la propriété de ce bien réel. On mêlait l’argent pour la consommation à l’argent pour rire des riches…. Danger ! Une perte de confiance, et l’économie réelle serait affectée.

Quand est venue cette perte de confiance et que l’économie a vacillé, le probleme pour les financiers, a été facile a regler: on s’est imprimé virtuellement et on a inscrit aux livres quelques centaines de milliards de plus. Sans importance, puisque l’on savait bien que cet argent ne valait rien. La bourse pouvait continuer a monter…

Pour Quidam Lambda, cependant, quand l’économie vacille et entre en chute libre, c’est lui qui en fait les frais par le chomage et c’est de l’argent pour la consomation qui lui manque. C’est la catastrophe.

Avec la crise de 2008, l’injustice est réapparue. Le tigre s’est échappé. Brutal. Sauvage. On ne pouvait pas dire à QL que l’énorme dette qu’on augmentait maintenant sans broncher n’était qu’une variable d’ajustement, qu’il n’avait jamais été question qu’on la rembourse et maintenant moins que jamais. L’avouer aurait été dire au peuple qu’on lui avait menti et qu’on l’avait fait sauter a travers un cerceau.. ce qui ne va pas sans risques.

L’injustice qu’on avait presque fait oublier est donc réapparue. Le Systeme doit VITE la cacher à nouveau sous le boisseau pour que le jeu entre riches se poursuive et que se poursuive aussi l’exploitation optimale des autres sans trop les énerver. Pour survivre, le Système doit re-apprivoiser l’injustice. Il le peut en posant les gestes largement symboliques qui rassureront la population – comme rembourser la dette par des virements entre riches qui ne toucheront pas le monde ordinaire – mais s’il ne le fait pas, cette histoire pourrait bien mal finir.

Et s’il le fait – ça, ou autre chose qui fasse disparaître cette dette odieuse – entrerons-nous dans un monde meilleur ? Un peu meilleur… mais évitons-nous une déception: l’injustice changera, mais sera toujours là. On aura mis le tigre en cage, mais il faudra toujours le nourrir.

L’injustice cédera la place à la justice quand l’Homme changera. Le jour où vous comme moi ne voudrons que le plus grand bien de tous et n’aurons plus aucune pensée égoïste… On aura du temps pour en reparler. En attendant, il faut s’assurer que le tigre ronronne.

Pierre JC Allard

08-08-11

La dette ? Remboursons-la, Bon Dieu !

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 6:13

 

On vit dans un monde d’images et de symboles, de croquemitaines et de fantômes. Ainsi, les USA sont à vivre une terrible déprime, parce qu’on leur dit qu’on ne croira plus qu’ils peuvent rembourser leur dette… Ah bon ! Vraiment ? Avec les nouvelles règles qu’ils se sont eux-mêmes imposées, après un psychodrame télévisuel loufoque qui a duré des jours, les Américains vont sans doute bientôt devoir environ USD $ 15 000 000 000 000, (que j’appelerai ci dessous 15 trillions (15 T), n’en déplaise à l’Académie qui voudrait que je parle de milliers de milliards)

Revenant aux choses sérieuses, 15 trillions est beaucoup d’argent, bien sûr, mais ne disons pas de bêtises. On évalue les actifs des USA à 59 trillions de dollars. C’est environ 4 fois le montant de sa dette. On ne fait pas faillite parce qu’on est endetté du quart de son patrimoine. C’est sans doute le moment, toutefois de se demander à quoi on joue. Aux USA, aujourd’hui, on joue a nier la réalité et à se faire peur.

Il faut comprendre d’où sort cette dette. Le systeme capitaliste américain, basé sur la production et la consommation d’un masse de biens industriels, a compris depuis Roosevelt qu’il ne survivrait pas sans que les consommateurs aient l’argent nécessaire pour acheter ce qui est produit. Il n’était pas possible de permettre une concentration de la richesse qui ne garderait plus la demande effective.

De « libéral » au sens strict, le système est donc devenu « néolibéral », reprenant et donnant aux « Perdants » du jeu de la production la part de l’argent des Gagnants nécessaire pour que les roues continuent de tourner. Après l’échec d’abord du Fascisme puis du Communisme, on en a fait autant dans tous les autres pays développés. Par la fiscalité, les services sociaux et autres mécanismes de « péréquation » au sens littéral du terme, on a ajusté l’offre et la demande de biens et services pour que cette dernière soit effective.

Évidemment c’est du socialisme, mais aux USA on préfère ne pas le dire trop fort, pour ne pas choquer la population qu’on a convaincue de ne PAS vouloir partager. On a donc mesquiné plus qu’ailleurs sur la part du travailleur au moment du partage du revenu découlant de la production. On a calculé sa part au plus serré, de sorte qu’année après année, on ne lui a pas donné ce qu’il fallait pour que sa demande soit parfaitement effective.

Il n’en fallait pas moins que la production soit entièrement vendue, sans quoi ce n’est pas seulement la valeur de l’excédent non vendu que perdrait le producteur; c’est son capital investi dans la production qui ne vaudrait plus rien s’il apparaissait que la demande serait insuffisante pour que ses produits s’écoulent à profit.

Comment rendre la demande effective ? La réponse qui saute au yeux est de payer davantage les travailleurs qui sont l’essentiel des consommateurs. Mais les Capitalistes ne voulaient pas du tout. Les payer plus ? Vous rigolez ! Si on ne va pas chercher tout ce qu’on peut, on ne s’amuse plus !

Comment concilier, alors, que le revenu du consommateur reste bas, mais qu’il achète de plus en plus ? Simple. ON LUI OFFRE UN CREDIT ! Au lieu de rémunérer justement son travail, on va PRÊTER de l’argent aux consommateurs jusqu’à ce que leur demande soit effective. On va leur faire crédit.

Cet argent qu’on leur prête vient naturellement de ceux qui ont plus d’argent que de besoins à satisfaire. Les « Gagnants » du jeu… Comment convaincre les Gagnants de prêter leur argent ? En leur offrant un intérêt; en leur disant qu’on leur donnera plus dans un an ou dans dix ans. Le Gagnant inscrit sa créance dans ses livres et il est heureux: il a gagné plus !

Il a sacrifié un pouvoir de consommer immédiat dont il n‘avait pas besoin, en échange d’un bout de papier qui confirme qu’il a gagné davantage. On passe dans un monde d’IMAGES ET DE SYMBOLES. La dette que crée le credit passe à la Banque, puis à l’État et le jeu continue…

Mais il y a un os. Les biens consommés ne sont plus là. Le travailleur à qui l’on a prêté les a VRAIMENT consommés, car il en avait besoin. Si le débiteur remboursait sa dette, le créancier verrait qu’il n’y a plus rien à acheter avec cet argent. On peut compliquer indéfiniment l’équation – on enseigne comment le faire à Harvard et ailleurs – mais si on la simplifie et qu’on supprime les parenthèses, il ne reste que des biens réels qui ont la valeur de leur utilité…. et du papier.

Du papier qui atteste la propriété d’une richesse fantôme et qui concède le POUVOIR, mais seulement si on maintient la foi du charbonnier qu’ont les débiteurs en ce que disent les médias et la crainte révérentielle envers les riches qui subsiste, d’une époque préindustrielle où il y avait pénurie plutôt qu’abondance. Si la confiance disparait, on risque l’anarchie. La société peut exploser en individus dont chacun voudra s’occuper de ces affaires « à la Tea Party », mais aussi peut-être regler ses comptes « à la Kackzynski». Si ça commence, nos enfants n’en verront pas la fin de leur vivant.

Aujourd’hui, la confiance craque Pourquoi et a cause de qui est une autre histoire, dont nous parlerons un autre fois, mais il y a un problème urgent à régler. La solution est simple et facile : REMBOURSER LA DETTE. Il faut le faire en se souvenant que cette dette représente l’écart entre ce qu’il aurait fallu payer au travailleur pour rendre la demande effective et ce qu’on lui a versé. Ceux qui doivent la rembourser sont ceux qui en ont profité.

On rembourse donc la dette en imputant à chaque citoyen ou personne morale sa quote-part de la dette publique, au prorata de sa richesse La dette publique des USA est d’environ 15 T (USD$ 15 000 000 000 000) et la valeurs totale du patrimoine d’environ 60 T. On peut faire les calculs exacts sur Internet, mais on n’en est pas à un milliard près. Si on réclame de chacun 25% de ses actifs, on peut rembourser intégralement la dette. Et ce n’est pas une coïncidence si ceux qui rembourseront seront largement les même que ceux qu’on remboursera..

Les détenteurs de la dette seront remboursés par ceux qui détiennent la richesse. Ceux qui n’ont rien ne payent rien. Injuste ? Simple constat de l’évidence que vouloir réclamer des pauvres est une mauvaise plaisanterie. Ceux qui n’ont rien que leur travail à donner ne rembourseront rien, car tout ce qu’on leur donne pour leur travail est le minimum indispensable pour consommer ce qui est produit et qui doit être consommé. Si on exige plus d’eux, la structure industrielle s’effondre et les riches n’ont plus en main que des monceaux de ferraille pour produire des biens qui ne se vendent pas et des liasses de papiers-créances.

C’est la même classe socio-économique qui remboursera et qui sera remboursée – sauf la dette aux détenteurs étrangers qui exigera une autre négociation – mais il y aura des ajustements. Tous les nantis ne sont pas également exposés à la dette publique, mais ils doivent tous en supporter le fardeau au prorata de leur richesse. Une perte pour certains, mais entre riches on se prête les uns les autres; c’est une partie importante du jeu…. Et ils jouiront tous d’une paix sociale qui,  autrement, risquerait de devenir une illusion.

Ce sont ceux qui ont beaucoup, bien sûr, qui feront les frais de l’opération à la hauteur de leur richesse, mais n’oublions pas que cette richesse s’est accumulée en sous-payant le travail… ce qui a été la cause principale du credit consenti pour équilibrer la consommation a la production. Y a-t-il d’ailleurs vraiment une autre solution ?

Tout se fera en douceur, car la dette est une série d’échéances à rencontrer. Si l’État reprend son pouvoir régalien de battre monnaie – comme il devrait le faire – se sera encore plus facile, car la perception de la taxe sur le capital pour rembourser la dette n’aura pas à se plier aux échéances de remboursement de celle-ci. Une inflation sagement contrôlée pourra permettre les ajustements qui semblent opportuns.

De plus, même si l’imputation aux contribuables est immédiate, le paiement de leur contribution à l’État peut être fixé sur 5 ans, 10 ans, voire plus… en échange d’un intérêt à payer sur le solde. Ne serait-il pas jouissif qu’au lieu d’une dette publique sur laquelle les citoyens payent des intérêt, l’État dispose désormais d’une CRÉANCE sur ses citoyens bien nantis qui constituerait pour tous une rente ?

Pierre JC Allard

03-08-11

Les Martiens et Claude Robinson

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 9:11

Nous avons tous appris, la semaine dernière, qu’après 30 ans de va-et-vient dans la proche banlieue de la Terre, les navettes du programme d’exploration américain avaient été mises en veilleuse sans même retourner dire bonjour à la Lune, encore moins s’aventurer vers Mars. Dommage… J’espère qu’on aura laissé un bol de riz sur l’ISS pour ceux qui prendront la relève. Notre civilisation n’a plus la force d’explorer.

Je ne sais pas pourquoi nous ne voulons plus aller sur Mars, mais j’ai peur de le comprendre : les Martiens sont parmi nous et ça nous enlève le goût d’explorer, même le goût de vivre, parfois.  Les « Martiens», ce sont ces élites qui nous gouvernent et nous possèdent et qui ne pensent plus du tout comme nous.  Mais alors, pas du tout !  Ils sont si différents que, s’ils sont humains, on n’en voit plus la trace. On leur a déjà donné tous les noms d’oiseaux. Disons simplement « les Martiens »

Il y a plusieurs espèces de Martiens.  Les Martiens milliardaires capitalistes, par exemple, les quelques milliers qui engrangent la moitié de la richesse du monde et défèquent dans le reste en pourrissant les systèmes de production, pendant que des milliards de gens souffrent et meurent. Ces Martiens peuvent prévoir à cinq ans une inflexion des cours de la Bourse, mais pas à plus de trois jours d’avis la plus grande famine en soixante ans dans la Corne de l’Afrique.

C’est que pour la famine, ils comptent que la charité populaire s’en chargera. Que les moins pauvres s’occuperont des plus pauvres, mais n’emmerderont pas les riches… Il vaut donc mieux organiser les collectes de fonds et jouer sur l’urgence en retardant la nouvelle. Ils ne pensent plus du tout comme nous, ces Martiens.  Faut-il vraiment leur garder une place parmi nous ?

Il y a aussi les Martiens-fonctionnaires…  L’armée d’occupation des exploiteurs, qui ne font généralement rien pour nuire, mais nuisent beaucoup en ne faisant rien. Assez de fric pour l’aisance, assez de loisir pour la santé, assez d’arrogance pour l’insolence. Je n’ai pas le courage ni le temps de faire la liste des organismes totalement inutiles où s’activent comme des hannetons ces Martiens-fonctionnaires qui se sont créés de petites niches dont ils tirent une rente, comme autant de fiefs d’Ancien Régime.

Les Martiens-fonctionnaires parlent entre eux un sabir qu’eux seuls comprennent et voient comme des victoires de l’esprit d’avoir mémorisé les numéros des formulaires dans lesquels ils enverront se perdre ceux qui ont des problèmes et ne connaissent pas les numéros magiques. Ici, on est Martien par apprentissage, au contact répété de l’insignifiance les uns des autres.

Pourquoi, par exemple, à l’hôpital, l’ordinateur ne peut-il pas obtenir tous les renseignements sur le patient à partir de sa carte de la RAMQ ?  Pourquoi faut-il lui poser des question administratives avant de le traiter ? Voyez la chronique de Lagacé dans la Presse du 21 juillet. (J’ai dénoncé il y a 20 ans, ces jaquettes «conçues pour l’humiliation »). Tout le système est inhumain. Étrange et étranger. Martien.

Au sein des Martiens-fonctionnaires, toutefois, il faut pointer du doigt une catégorie encore plus martienne que les autres et leur réserver une place à part : les Martiens du système judiciaire. C’est à eux que vient de se frotter Claude Robinson.

Si vous êtes Québécois, vous savez sans doute qui est Claude Robinson.   Sinon, disons simplement que Claude Robinson est un artiste québécois dont l’oeuvre a été plagiée… il y a 16 ans.   Si vous êtes étranger, vous vous étonnerez peut-être qu’on en parle encore. Vous faites fausse route.  La question ici n’est pas qu’on en parle encore, mais qu’on en parle enfin… Claude a vécu le parcours du combattant. Puis, il a rencontré des Martiens.

Un tribunal humain avait accordé des dommages exemplaires à Claude Robinson. En appel on décide que c’est trop. Les Martiens sont intervenus. La population du Québec ne pense pas qu’il soit juste de réduire les dommages que doivent payer des fraudeurs à Robinson. Elle le voit comme une autre ignominie.

Elle a tort. Ce n’est que pour le vulgaire que le jugement a l’apparence d’une ignominie. Ce n’est en fait qu’une injustice découlant d’une pusillanime et donc stupide observance d’une jurisprudence bâtie sur des décisions en retard sur la réalité. Il reste qu’il faudrait mettre aux archives cette jurisprudence malfaisante et à la retraite ceux dont l’expertise consiste à s’en être nourris.

Ce qui OUI, est bien une ignominie, c’est que le système ait pris 15 ans pour juger de l’affaire Robinson, ce qui est au mieux inepte et au pire malhonnète, puisque Robinson, toutes ces années durant, n’a pu avoir accès au système judiciaire qu’en payant des montant colossaux aux Martiens du Barreau, une sous-espèce particulièrement inhumaine qui en contrôle l’entrée.

En réduisant les dommages qu’il touchera pour s’ajuster à des précédents sans pertinence – car chaque cas est différent – et en ne considérant pas les dépenses que lui impose un système voyou – car s’il faut payer pour obtenir justice, on n’est pas dans un État de droit – le tribunal en est arrivé a un quantum qui ne compense pas les dommages qu’a subi Robinson et ne punit pas vraiment les fripouilles qui l’ont dépouillé. Une décision inhumaine.

Quand on regarde  ce qui s’est passé, il est de plus en plus évident que le système judiciaire ne pense pas du tout comme nous. Il est un vestige d’une autre époque et d’une autre façon de penser. Un temps où connaître la loi devait conférer un avantage à celui qui savait sur le pauvre mec qui ne savait pas. Le système judiciaire a mis l’accent sur le formalisme, le rituel, les délais, les procédures, tout ce qui peut permettre de faire triompher le droit sur le bon droit. Mais ce n’est plus ce que nous, humains, souhaitons. Nous ne voulons plus qu’on apprivoise l’injustice, mais qu’on lui brise les reins.

Les Québécois ne se reconnaissent pas dans ces Martiens du judiciaire, grassement payés, qui retardent la justice ou tardent tant à la rendre qu’ils la rendent impossible et renvoient Robinson ruiné. Et ce n’est que le dernier de ces désaccords. Ils ne sont pas NOUS. Ce n’est plus NOTRE justice, mais la leur, et elle ne  nous satisfait pas.

La vaste majorité des Québécois sont dégoutés de ce qu’on fait à Robinson. Mais la rupture est plus profonde.

Les Québécois ne se reconnaissent pas dans les simagrées d’un procès qui pourraient remettre en liberté Guy Turcotte, le fou homicide qui a tué ses enfants.

Ils ne se reconnaissent pas davantage dans cette Affaire Bastarache, que la population considère largement comme un enfumage pour couvrir le favoritisme du gouvernement et détourner l’attention de la demande populaire pour une enquête sur l’industrie de la construction.

La population est en profond désaccord avec la sentence légère qu’on a donnée à l’escroc Lacroix qui a ruiné des milliers de pauvres gens, pendant qu’on joue sur les mots et qu’on fait tout pour ne pas reconnaitre les erreurs du système et ne pas en compenser les victimes. Comme Dumont, qui a passé des années en tôle pour rien, qu’on ne veut pas dédommager et dont on veut nous faire oublier qu’il existe.

La population est honteuse d’un système qui ne veut pas reconnaître les erreurs qui se multiplient, au rythme du laisser aller des Martiens-fonctionnaires et de la négligence des Martiens du judiciaire au moment de faire corriger à ceux-ci ces erreurs.

La population ne se reconnaît pas dans un système judiciaire issu des élites de notre société et qui ne reflète pas les valeurs du monde ordinaire. Elle se sent trahie, méprisée, en pays conquis et occupé par des Martiens. Je crois que sont de plus en plus nombreux ceux qui n’attendent plus de justice de ce système.

On commence à rendre à nos élites le mépris pour le mépris… et on pourrait bien un jour leur rendre le mal pour le mal.

Pierre JC Allard

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