Nouvelle Societe

30-04-11

La Gauche … au Canada !

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 6:51

« Jack, Jack, Jack… disaient les canards… » Gilles Vigneault, le plus adulé des chansonniers québécois, l’avait dit dans une chanson prémonitoire. Aujourd’hui, ca y est. Tous les canards le disent, du Vancouver Sun au Telegram de Terre-Neuve, Jack s’en vient…. Il se passe quelques chose à Monopolis, comme disait Starmania.

Et tout le monde de chercher la cause de la montée météorique du NPD. UN PARTI DE GAUCHE AU CANADA ! Même Alain Dubuc, docte chroniqueur de ce qui sert de Figaro au pays tranquille des oies blanches qui devient celui des canards sauvages, explique et parle de psychologie de cuisine en en faisant, comme c’est en forgeant qu’on devient forgeron,

Évidemment, ils ont tous tout faux, car de Vancouver à Terre-Neuve les canards, pas plus que les perdrix ou les sarcelles, ne volent en rase-mottes au-dessus des Jack Monoloy que nous sommes. Ce n’est pas pour rien que les « socialistes » ont parfois de dures paroles pour les médias. Il y en a beaucoup, comme moi, qui considérons les médias comme des suppôts du capitalisme, parce qu’ils ont des becs (gueules) de capitalistes, des pattes (griffes) de capitalistes et volent comme des capitalistes… dans tous les sens du terme.… Nous savons bien que les médias regardent l’engouement pour le NPD de très haut… et n’y comprennent donc rien.

Je suis du NPD depuis sa fondation – j’ai été le premier délégué de la Jeunesse élu à l’Exécutif du parti en 1961 ! – et j’en suis sans doute le plus ancien membre survivant sans solution de continuité . Pour ça, parce que j’ai été deux fois candidat NPD sans attentes (voyez ici un description factuelle d’une campagne comme candidat NPD dans Saint-Maurice) et parce que je me dis ouvertement de gauche depuis toujours, je regarde le NPD et sa montée de moins haut que les canards…. Je vais donc vous dire mieux qu’eux POURQUOI le NPD effectue cette poussée.

Le NPD monte…. Parce qu’on a coupè le cable qui retenait le ballon. C’est la SEULE raison. On aime Layton, bien sûr, mais on aimait aussi Broadbent et Lewis et les autres et un sondage a révélé que, toute partisanerie oubliée, les Canadiens voyaient Tommy Douglas comme le plus grand Canadien de notre histoire…. ! Des types sympa, donc, le NPD. Rien de neuf. Mais ce n’est pas tout….

À chaque élection, depuis que le NPD existe, son programme a TOUJOURS été le programme préféré des Canadiens. Tous les sondages l’ont dit. Comment, dans une démocratie, le Parti qui a les chefs les plus populaire et le programme réputé le meilleur n’a-t-il JAMAIS pu, en 50 ans, être appelé une seule fois à former le gouvernement ? Pour une seule raison : la conviction profonde des électeurs que le NPD ne pouvait PAS forner un gouvernement. On allait perdre son vote avec le NPD. CE SONT LES CANARDS QUI NOUS LE DISAIENT ET LE RÉPÉTAIENT INLASSABLEMENT…

Les canards nourris et engraissés bien dodus par les Bleus et les Rouges, bien sûr… Et pendant cinquante ans on les a crus. Alors chacun votait pour son moindre mal à lui, qui les Rouges qui les bleus et, au Québec, pour un simili-NPD, costumé en bleu et blanc pour qu’il ne fréquente pas les socio-démocrates du ROC et ne leur donne pas des idées de cause commune …

Le NPD ne pouvait pas lever. C’était un ballon captif, retenu par un énorme cable. Un cable tressé de la mauvaise foi de ses opposants et de la crédulité bebête de ses amis. Comme je suis parfois un peu, disons « pragmatique », j’ai proposé il y a longtemps une stratégie pour sortir de ce cul-de-sac, mais c‘est de l’histoire ancienne. Aujourd’hui, le NPD monte. Que s’est-il passé. ?

D’une part, il y a la conjoncture favorable d’un Harper que la moitié de la populaion déteste à s’en confesser et d’un Ignatieff dont la vaste majorité de la population croit qu’il ne fait pas le poids. Mais ca, c’est le contexte ; habituellement on aurait fait avec malgré tout. Il a fallu autre chose… Cette fois-ci, un fait inusité s’est produit. Lequel ?

Le plus probable est qu’il y a eu une fausse manœuvre. Quand on a vu que le « vote utile » en Ontario passait ouvertement du NPD vers les Libéraux pour bloquer les Conservateurs, un apprentti-sorcier chez les Conservateurs a trouvé astucieux de mettre, croyait-il, les Libéraux hors-jeu en faisant grimper un peu le NPD. Quelques sondages bidons, quelques couacs de quelques canards bien domestiqués… Rien de bien difficile ; dans ce pays on sonde comme on respire.

Mais cette fois, on en a mis un peu trop et quelqu’un – le même ou un autre apprenti sorcier – pour se rendre intéressant, a laissé échapper que le NPD pourrait prendre BEAUCOUP de votes…. Des votes raflés au Libéraux, naturellement…. Gaffe impardonnable, car parler de beaucoup de votes, c’était COUPER LE CABLE. Si le NPD est une option crédible, ça change tout ! Dès que les premiers sondages, sans doute manipulés, ont laissé filtrer une lueur d’espoir que le NPD puisse devenir une option crédible, une masse énorme de crypto-NPD sont sortis du proverbial « closet.

Les faux sondages encourageants on fait sortir de leur retraite des millions d’électeurs qui ne demandaient que ça depuis deux (2) générations : une chance de croire a une victoire du NPD sans paraître stupides… ! Alors Ils l’ont dit et de VRAIS SONDAGES sont venus qui l’ont démontré. Panique, chez les canards, car on a compris brusquement que, le câble du scepticisme coupé, le ballon NPD pouvait monter et que le phénomène ne pouvait aller qu’en s’amplifiant.

Il pourrait s’amplifer jusqu’à ce que cette MAJORITÉ des Canadiens qui ont toujours vécu une discrète histoire d’amour velléitaire avec le NPD perdent toute pudeur et le disent bruyamment dans les sondages…. Or, quand les Canadiens dans les sondages vont majoritairement embrasser Jack sur le perron de l’église à la sortie de la Grand-Messe, sans se sentir idiots, ils ne sont pas loin d’en faire autant dans l’isoloir . Si cette campagne avait duré deux semaines de plus, c’est Layton qui aurait été chercher une majorité !

Mais la campagne est finie. Oof, nous serons sauvés du péril marxo-lenino-stalino-communiste que Layton incarne pour la Droite ! Telles que les choses se présentent aujourd’hui, toutefois, il y a un suspense. Suspense sur les résultats qui sortiront et suspense pour savoir dans quelle mesure ces résultats reflèteront vraiment le vote lui-même et les intentions réelles de votes.

Faire « sortir le vote » a coup de fric et de combines va-il pouvoir changer les résultats du vote au-delà de toutes les marges d’erreur admises pour des sondages ? Et si c’est bien ce qui se produit, une machines électorales bien graissée et huilée qui change tout, est-ce une composante acceptable d’une vraie démocratie ?

Suspense… mais quel que soit le résultat de cette spectaculaire manipulation des opinions par les médias pendant si longtemps et du processus électoral lui-même par des pro de l’ « organisation », n’avons-nous pas ici la condamnation sans appel de ce que nous appelons notre démocratie ? Même l’élection de Layton, pour improbable et donc miraculeuse qu’elle puisse être, changerait-elle les fondements du Système et permettrait-elle que la société puisse évoluer vers la justice ?

Et le Canada a un voisin costaud qui n’aime pas la musique de gauche….

Pierre JC Allard

26-04-11

Tuer le système

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 10:39

Le systeme de gouvernement que nous avons au Canada ne va plus. Il y a mille choses à faire pour la santé, l’éducation, la justice, la redistribution du travail et de la richesse, maintenir la paix dans le monde, mettre fin à la misère dans un société globale d’abondance et rebâtir TOUT DE SUITE  une structure monétaire et financière stable avant que tout ne s’effondre. On ne les fait pas.

Mille choses à faire, mais l’oligarchie au pouvoir n’acceptera pas de bon gré la réforme d’un ordre social privilégiant les forts et les nantis en fonction directe de la force et de la richesse de chacun. La plupart de ceux qui comprennent le fonctionnement du Système admettent discrètement que celui-ci va vers sa perte, mais une majorité effective de nos dirigeants se plaisent encore à penser que le déluge ne commencera que le lendemain de leurs obsèques. Si on veut entreprendre la transformation de nos institutions, il faudra le faire en opposition au Pouvoir et donc créer d’abord un large consensus contre l’ordre établi.

Qu’on ne rêve surtout pas que ce consensus se bâtira autour d’un ensemble complexe de propositions, comme le Programme pour une Nouvelle Société, par exemple. Le consensus large qui engagera le processus de renversement du Système n’est possible que s’il présente une seule revendication. Une seule. Il faut frapper un seul coup fatal à la jugulaire du Système

Cette revendication doit être extrêmement simple – donc facile à comprendre – et immensément populaire. Il faut que le Système ne puisse la rejeter, mais que, l’acceptant, il ouvre la porte à des changements irréversibles. Y a-t-il une revendication qui puisse satisfaire à ces deux (2) exigences?  OUI. C’est celle d’instaurer une véritable démocratie. C’est au nom de la démocratie et sur le terrain de la réforme des institutions démocratiques qu’il est possible d’établir un vaste consensus contre l’ordre établi.

Qu’est-ce qui permet de penser que l’on puisse réussir ce coup de force? La conjoncture de deux (2) faits dont résulte une situation explosive. Le premier, c’est que pour lutter efficacement contre le fascisme et le communisme à la fois, le système a si totalement conditionné la population à vénérer le mot  “démocratie” qu’il s’est piégé à ne pouvoir la lui refuser. Le second, c’est que  la démocratie a été si ostensiblement mise au rancart, que tout le monde peut constater qu’elle n’existe plus.

La démocratie n’existe plus, car nous avons rompu avec l’idéal du citoyen se prononçant sur les grandes orientations de la société et confiant à ses représentants le mandat de réaliser ses voeux. Ce que nous avons, désormais, c’est une structure politique pseudo-démocratique à trois volets d’importances bien inégales.

En première ligne de la pseudo-démocratie actuelle, il y a le député, devenu désormais sans importance réelle. C’est pour lui que l’électeur vote et c’est lui, en principe, le représentant de l’électeur. En fait, cependant, l’électeur doit voter à la fois pour un candidat député et un programme de gouvernement (parti); il choisit donc, la plupart du temps, de sacrifier celui-là à celui-ci, votant pour le parti qu’il préfère sans égard à la personnalité du candidat.

En pratique il a bien raison, car le député élu n’aura jamais le moindre mot à dire dans le processus de gouvernance; mais le résultat en est que le citoyen ne se sent plus vraiment représenté par celui-là même auquel il a accordé son vote et que le député, déjà privé de pouvoir, n’a même plus la légitimité d’un mandat populaire réel.

En deuxième ligne, il y a les partis politiques. Ce sont eux qui ont la mission de réunir en un tout cohérent et de formuler de façon crédible les programmes entre lesquels une société démocratique devrait choisir. S’en acquittent-ils?  Dans la réalité, le Système tend vers l’existence de deux (2) partis seulement, tous deux aussi près du centre que possible et donc pouvant partager un même programme.

Les tiers partis? Un « tiers parti », naissant à la marge, ne peut accéder au pouvoir que s’il tend rapidement vers le centre et assimile, investit ou détruit l’un des deux partis traditionnels. Ainsi on a vu au Québec l’Union Nationale remplacer les Conservateurs, puis le Parti Québécois remplacer l’Union Nationale.  À Ottawa, on a vu le Reform remplacer le Crédit Social, puis devenir l’Alliance, redevenant finalement les “Conservateurs” et  recréant le bipartisme qui permet de garder l’apparence d’un choix des électeurs… mais le forçant à choisir au centre entre bonnet blanc et blanc bonnet.

En troisième ligne, derrière les députés-poteaux totalement inutiles et les partis interchangeables qui n’offrent plus que le choix entre deux visages de leaders, il y a le vrai pouvoir politique: un fonctionnariat inamovible qui poursuit, quels que soient les élus, la réalisation d’un seul et même programme de gouvernement: l’agenda néo-libéral de l’hyper-pouvoir financier. On maquille cet agenda en bleu ou en rouge, mais nul ne le remet en question.

Cette structure à trois volets dont le troisième est occulté n’a de démocratie que le nom et le peuple en est bien conscient. C’est à cette structure pseudo-démocratique que, selon un sondage de l’Actualité publié il y a quelques années et qui a fait grand bruit, 96% de la population ne fait plus “entièrement confiance”, ni donc aux politiciens …  Elle a bien raison !  Mais si ce 96% de la population qui ne lui fait plus “entièrement confiance”… ne lui fait plus du tout confiance, le système est discrédité et meurt.

Il meurt, parce que le système ne peut pas modifier les règles du jeu politique CONTRE la démocratie par la répression dure à laquelle donnerait lieu, par exemple, une tentative même timide de redistribution de la richesse. Dénoncer la démocratie dont on a fait la pierre d’assise de la société, ce serait pour la gouvernance inviter une insurrection immédiate.

Instaurer une véritable démocratie, c’est donc  prendre le pouvoir par surprise, peut-être même sans coup férir. Tout le reste viendrait par surcroit, car ce que veut le peuple est aux antipodes des politiques actuelles.  Si le système actuel est discrédité, une vraie démocratie peut naitre.

C’est l’abstention ou l’annulation du vote qui discrédite le Système, en enlevant sa pseudo-légitimité au processus électoral.  Quand une majorité de la population refuse de s’exprimer, la non-représentativité des élus apparaît. On crée une situation où, sans violence, mais sans préjugés, on peut regarder de plus près si le gouvernement ne viole pas les droits du peuple en faisant le contraire de ce que celui-ci demande.

On peut légitimement se demander si le peuple n’en acquiert pas des droits sacrés… et des devoirs dont le premier est celui de la désobéissance. Un système auquel on n’obéit plus est mort. Le discrédit qui découle de l’abstention le tue. Une grave décision, mais y a-t-il une alternative  acceptable réaliste ?

Pierre JC Allard

18-04-11

Cuba, vue sur place

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 12:00

Le 16 avril 2011 marque le 50e anniversaire de la tentative avortée d’invasion de Cuba par les mercenaires à la solde des USA et du ralliement du régime castriste au clan socialiste. Il es symbolique que débute aussi  ce même jour le 6e Congres du Parti communiste de Cuba. Il y a des bilans à faire, des leçons à en tirer et des virages à prendre:  le monde n’est plus ce qu’il était.

Les médias occidentaux veulent naturellement présenter tout changement au modèle cubain comme un acte de repentance et la preuve d’une reconnaissance de la supériorité de la vision du monde made in USA.  Rien n’est plus faux.   La plus grossière fausseté est de faire abstraction du processus démocratique qui a présidé à élaboration des changements proposés.  J’étais présent a Cuba pendant que s’y déroulait un processus de consultation populaire quasi référendaire de novembre 2010 à février 2011, avec 8 000 000 d’opinions diverses exprimées sur des centaines de sujets touchant tous les aspects du fonctionnement de l’État.  Aucun exercice de cette nature ni de cette envergure n’a été tenté aux USA ni dans aucun pays occidental.   Ce qui va changer à Cuba sera ce que la population souhaite qu’il soit changé.

La part sera faite plus belle à l’entreprise privée et donc à l’initiative, sans sacrifier la sécurité, ce qui me réjouit:  il y a trente ans que je dis que l’avenir ne sera ni capitaliste ni socialiste, mais sous le signe de l’entrepreneuriat, avec comme filet sous le trapèze un régime de travail-revenu garanti.  Cuba n’y arrivera pas demain, mais prend la bonne direction… ce qui n’est pas le cas de nos régime dits “démocratiques”, avec des inégalités qui augmentent et un processus électoral si manipulé et corrompu qu’il ne vaut plus qu’on y participe

L’autre grand mensonge est celui de la “faillite” de l’expérience cubaine, laquelle au contraire, malgré l’incessant sabotage de son économie par l’embargo américain et le lavage de cerveau de sa population par une propagande incessante, a marqué des points de match dans les cinq (5) dossiers qui sont aujourd’hui les grands défis des sociétés contemporaines.  1. LA NUTRITION – 2. L’EDUCATION  –  3. LA SANTÉ – 4. L’HABITAT – 5. LA SÉCURITÉ

1. Quand le régime castriste a pris le pouvoir, un rationnement  et des centres de distributions des produits essentiels à prix subsidiés ont vu à ce que tous puissent manger. Aujourd’hui le problème est si résolu que ces mesures sont devenues désuètes et que l’un des changements proposés au présent congrès est qu’elles soient supprimées. ( J’étais personnellement un peu mal à l’aise d’acheter des pains à 2 centimes (0,02$)

2. Tous les Cubains on accès à une éducation gratuite à la mesure de leur talent et de leur ambition. Le taux d’alphabétisation est plus élevé qu’aux USA et la moindre conversation avec qui que ce soit, dans n’importe quel village de l’Ile. indique que le citoyen moyen y a une culture plus large et une compréhension du monde incomparablement supérieure à cette de l’Américain moyen.

3.  J’ai eu quelques problèmes de santé à Cuba. Je témoigne que l’accès a un spécialiste comme a un omnipraticien, pour un diagnostic ou des traitements, y est infiniment plus rapide qu’au Québec et j’ai vérifié discrètement qu’un Cubain décrivant les mêmes symptômes était reçu dans les mêmes dèlais – 24 heures – qui m’avaient été fixés comme étranger.   Les soins reçus étaient de première qualité, tel que l’ont constaté des médecins québécois qui en ont fait le suivi a mon retour.  Cela n’a rien de surprenant, si on comprend que ses ressources médicales, éducatives et d’ingénierie sont pour Cuba UN PRODUIT D’EXPORTATION.  L’apport de Cuba à l’éducation et a la santé du Venezuela ne sont pas sans liens avec le pétrole que Cuba reçoit du gouvernement Chavez.

4.  Il n’y a pas d’itinérants a Cuba.  Cela ne veut pas dire que la question du logement soit résolue: on trouverait preneurs pour 100 000 logements à Cuba et quiconque investirait quelques milliards de dollars à en bâtir ferait une extraordinaire affaire.  Mais  jouer la carte de la solidarité a permis d’éviter le pire: personne ne dort sous les ponts … alors que le pire est la réalité quotidienne dans TOUS les autres pays d’Amérique … incluant, depuis la crise financière, les USA eux-mêmes où depuis des mois des familles vivent ….dans leur voiture !

5. J’ai déambulé systématiquement dans tous les quartiers de La Havane, non seulement sans être agressé, mais sans même y éprouver la moindre crainte.   Il y a des pickpockets à Cuba et je ne laisserais pas mes valises sans surveillance comme on peut souvent le faire au Japon, mais le crime de violence est rarissime, même si la présence policière est discrète et en fait, invisible.  Pour une comparaison avec le El Salvador, le Mexique ou le Honduras où j’ai aussi résidé, lisez quelques journaux…

La vérité, c’est que les cinq problèmes les plus graves qui confrontent le tiers-monde ont trouvé une solution à Cuba.

Il faut donc remettre en perspective la “pauvreté” de Cuba… Je suis loin d’être convaincu que, connaissant les faits réels, une majorité des latino-américains ne préfèreraient pas une société “a la cubaine” à celle qu’on leur a créée, avec une démocratie qui n’est qu’un leurre, des projets de société qui sont des pièges à cons et une dislocation sociale  qui ne peut qu’aller de mal en pis.   En fermant la porte et ses volets sur Cuba, il semble bien que ce soit sa propre turpitude que l’Amérique veuille cacher.

Cuba n’est pas une société idéale; il y manque l’initiative. Mais si l’on considère toutes les variables, il serait plus facile et bien plus rapide de bâtir un monde meilleur en corrigeant les imperfections du modèle cubain qu’en cherchant à rafistoler le nôtre.

Pierre JC Allard

11-04-11

La crise de l’information… en 1 000 mots

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 12:00

Vivre en société a permis à l’homme la division du travail et l’apprentissage en commun: les deux grands pas en avant qui ont accéléré son évolution. La condition essentielle de cette évolution a été la diffusion de l’information. L’information est le sang d’une société, la communication sa circulation. Une société a un besoin essentiel d’information qui va croissant au rythme où le changement s’y accélère et où les échanges s’y multiplient.

On communique, dans une société, mais émetteurs et récepteurs ne sont pas sur un pied d’égalité. L’auditeur ne peut toujours écouter qu’un seul message à la fois, mais le locuteur peut s’adresser à plusieurs, ce qui est bien utile pour l’ordre et le développement de l’autorité; celui qui parle à le pouvoir et c’est celui qui a le pouvoir qu’on écoute.

Les moyens modernes de communication, cependant, ont tant exacerbé cette inégalité entre la capacité de dire et d’entendre que le citoyen moderne se contente souvent d’écouter. « Informer » — qui est une source cruciale du pouvoir — a été récupéré politiquement par l’État pour devenir propagande et par la structure économique dominante pour devenir publicité. Une situation qui n’est idéale ni pour la propagation des connaissances et donc le progrès de l’humanité ni, surtout, pour l’exercice honnête de cette forme de gouvernance qu’on appelle démocratie.

Elle est Idéale, toutefois, pour l’exercice d’une forme autoritaire de gouvernance. Celle qui peut reposer sur la manipulation de l’information et qui permet donc de respecter la forme extérieure de la démocratie, sans que les citoyens ne s’écartent jamais des choix qu’on veut qu’ils fassent, puisque ces choix sont les seuls qu’ils puissent raisonnablement faire à partir de la vision du monde qu’on leur a transmise.

C’est ce système de démocratie « médiatique » qui prévaut dans nos sociétés occidentales. Cette forme efficace de gouvernance a été compromise par l’avènement de l’Internet qui passe le micro à tout le monde. Le doute s’est installé. Ainsi, le résultat des récentes élections municipales à Montréal, qui a reconduit au pouvoir une administration qui sue la corruption par tous ses pores. Une remise en question s’impose.

L’explication rassurante de ce qui s’est passé à Montréal est qu’il ne s’agit que d’un vice de fonctionnement : les voix du bien contre le mal se sont divisées et un scrutin à deux tours aurait résolu ce problème. Vous croyez ? Peut-être, mais il y a une explication plus brutale. Celle que la population voit le processus démocratique comme une manipulation, ne CROIT plus à la démocratie … et ne vote plus. C’est hélas le raisonnement que semblent avoit fait plus de 60% des électeurs

Le système peut réagir à ce défi par un contrôle plus strict de l’information, ou par une gestion plus pointue des réactions à la transparence. Dans le premier cas, il faut une censure de plus en plus difficile à exercer et une montée progressive de l’autoritarisme. Dans le second, une pression est simplement exercée sur l’interprétation des faits, ce qui équivaut à une transformation ciblée, plus ou moins subtile, des critères éthiques eux-mêmes. Je ne porte pas de jugement sur la valeur morale de cette option.

Il existe une troisième option, qui serait que le pouvoir veuille s’adapter à la volonté populaire, mais elle est trop improbable pour que l’on perde ici du temps à en discuter. Je pose donc l’hypothèse que la seconde solution sera retenue et que le système préférera s’en remettre à sa capacité de parfaire ses mécanismes de manipulation, plutôt que de risquer une dérive ostensible vers le dictatorial.

Si on accepte cette hypothèse, une nouvelle structure d’information peut et doit être mise en place, qui soit manipulable au palier des interprétations, mais désormais VRAIE quant à son contenu objectif et parfaitement transparente. Dans une société technologiquement avancée comme la nôtre, cette structure pourrait être celle décrite ci-après et dont les éléments seraient ceux qui correspondent aux exigences du processus d’information lui-même. Je n’en donne ici que le schéma.

D’abord, il faut capter l’information à sa source, aussi exhaustivement que possible, puis que celle-ci soit universellement diffusée Elle doit alors pouvoir faire l’objet d’une contestation et d’une réponse de la part de tous ceux auprès desquels elle l’a été, ce qui en garantit la véracité et l’authenticité. Cueillette et contrôle exhaustifs exigent que tout le monde ait accès au micro. Quiconque apprend quoi que ce soit doit pouvoir le transmettre librement à tous sans censure, sous réserve d’en porter le responsabilité devant la loi.

Cette liberté d’informer génère une masse énorme de renseignements. Il faut donc que l’information transmise soit organisée et structurée, que les principes de son organisation soient connus de tous et fassent eux-mêmes l’objet d’une diffusion universelle prioritaire. On doit enseigner à trouver l’information avec la même urgence qu’on met à enseigner à lire. Ne pas le faire est une manoeuvre pour garder le peuple dans l’ignorance.

Le véhicule nécessaire et suffisant pour transmettre cette masse d’information est l’Internet. Comprenons bien que rien ne doit interdire que qui que ce soit puisse aussi publier quoi que ce soit, sur Internet ou sous tout autre format, mais tout ce qui est information publique doit être publié par l’État sur Internet. C’est là que s’exprime le droit de l’individu à l’information, droit auquel correspond une responsabilité de l’État d’informer.

L’État s’acquitte de cette responsabilité en posant deux (2) gestes : a) Il fournit à tous les citoyens un accès individuel ou collectif gratuit à Internet ; b) il gère le processus de publication et de structuration de l’information. À quelques restrictions près concernant le respect de la vie privée et la sécurité publique, tout doit être publié. À l’individu de juger par la suite si l’information qu’il reçoit d’autres sources confirme ou contredit celle qu’il reçoit de l’État, auquel cas l’État doit avoir des comptes à rendre.

Dans cette structure, tout le monde peut et devrait être un joueur amateur ; c’est ce qui en garantit la crédibilité. Chacun peut jouer comme reporter apportant des faits bruts, comme journaliste les mettant en contexte et les agençant impartialement pour leur donner un sens objectif, ou comme chroniqueur pour les interpréter et aider chacun à se former une opinion personnelle. Mais à ce jeu, doivent aussi intervenir des professionnels.

Il doit y avoir des reporters de métier, des investigateurs professionnels – autonomes ou regroupés en agence de presse. Il doit y avoir des journalistes chevronnés, capables d’expliquer le sens de ce qui se passe et aussi des chroniqueurs, des experts qui peuvent faire les liens et façonner l’opinion publique en influençant, pour le meilleur ou pour le pire, ceux qui leur font confiance. Ces professionnels doivent être rémunérés. Comment ? Par le biais d’une structure à trois (3) volets.

a) L’État doit créer une agence de presse où travailleront ceux qui veulent se faire un métier de chercher l’information et, au premier chef, ceux qui le font déjà pour les agences ou les médias traditionnels. On réglera avec leurs syndicats les conditions de leur embauche et de leur rémunération. Leur nombre et ces conditions évolueront et nous verrons ci-après comment c’est le public qui en sera le juge. Leurs contributions sont publiés à l’état brut.

b) L’État doit créer une « rédaction » ou salle de presse, à laquelle se joindront tous les journalistes de tous les médias qui choisiront de le faire. Chacun pourra au départ se faire reconnaître dans un ou quelques domaines de spécialité ou d’expertise et sa tâche consistera à écrire sur les sujets de cette compétence à partir des données brutes que fourniront les agences de presse et reporters autonomes, amateurs ou professionnels. Chacun pourra aussi écrire sur tout autre sujet, mais son statut comme auteur sur ces sujets sera celui d’un amateur et non d’un professionnel.

c) L’État doit créer enfin un « aréopage » de chroniqueurs, dont il est entendu que la tâche consiste à émettre des opinions en s’appuyant sur les faits bruts et sur l’interprétation des faits par les journalistes. Les chroniqueurs peuvent être biaisés, mais leur réputation dépendra de leur sincérité à admettre qu’ils le sont. Participeront au départ à cet aréopage les chroniqueurs les plus populaires des médias actuels, mais c’est le verdict populaire qui en modifiera vite la liste:

Que doit-on publier ? TOUT. Quand on ne pense plus papier mais pixels, ce qui peut être publié sur un site de l’État – qui pourrait s’intituler simplement « Information» – n’est plus limité que par ce qu’il est possible de structurer efficacement. Tout ce que publient les reporters, journalistes et chroniqueurs, amateurs aussi bien que professionnels est publié et demeure indéfiniment accessible.

C’est le positionnement, cependant, qui détermine la visibilité relative des nouvelles. Au « Fil de presse » les nouvelles apparaissent par ordre chronologique. Dans la section « Nouvelles », c’est un comité des journalistes qui choisit la préséance d’apparition des articles et leur positionnement de parution de départ, sur une page générale et sur les pages spécialisées qu’on jugera bon de créer. Dans la section « Chroniques », c’est la popularité du chroniqueur au cours de la semaine précédente qui détermine le positionnement initial de ses articles.

Une heure plus tard, cependant, c’est le nombre des lectures qui déterminera le repositionnement d’heure en heure par la suite des articles et des chroniques, selon le nombre de demandes de lectures qu’elles ont reçues dans leurs sections respectives

Les reporters, journalistes et chroniqueurs professionnels devraient toucher un salaire de base auquel s’ajouteraient des primes selon le nombre de demandes de lecture qu’auraient suscité leurs textes. Tout le monde peut, à sa demande, être publié dans « Information », sans préjudice à son droit de publier lui-même sur internet.

Les « amateurs » seront aussi rémunérés. Pour chacune de leurs contributions, ils recevront une prime plus modeste, mais au prorata de la rémunération d’un professionnel de la même catégorie – nouvelles ou chroniques – ayant reçu un nombre identique de lectures. Un index alphabétique de tous les auteurs d’articles, amateurs comme professionnels nous donnerait la liste des textes qu’ils ont publiés et nous dirait aussi combien chacun a eu de lecteurs.

Cette forme d’autogestion de l’information par les professionnels de l’information eux-mêmes semble la façon la plus pratique d’en assurer l’impartialité, mais il faut y ajouter un contrôle citoyen. La gestion de la publication et diffusion des textes doit donc dépendre d’une Régie autonome de l’Information, sous l’égide d’un « Conseil de presse ».

Ce Conseil consistera en deux (2) sections. La première sera composé de douze (12) citoyens, élus pour la durée d’un mandat (5 ans) renouvelable à l’occasion de chaque élection générale et la seconde de trente (30) citoyens choisis au hasard pour un mois. Ces derniers seront rémunérés pour leur peine à leur revenu actuel plus 15 % et jouiront à la fin de leur mandat du droit inconditionnel de réclamer de leur employeur leur réintégration dans leur fonctions précédentes.

Toute décision du Conseil de presse doit l’être à la majorité de chacune des deux (2) sections. En cas de désaccord, c’est le Tribunal qui tranchera immédiatement et toutes affaires cessantes, tout appel étant entendu lui-meme avec la même priorité.

Nul travailleur de l’information ne sera forcé de se joindre à « Informations », mais on peut supposer que les travailleurs de Quebecor en lock-out – et ceux de Gesca qui pourraient l’être bientôt – trouveraient avantageux d’accueillir cette proposition. Au gouvernement de décider comment il devrait dédommager les journaux et groupes de presse actuels auquel rien n’interdira de poursuivre leurs activités, mais dont il est clair que celle-ci seront perturbées par l’arrivé de ce nouveau media plus crédible… et gratuit

Surtout que, sur le site « Information », il n’y a pas d’autre publicité que celle gratuite, considérée d’intérêts publics. La diffusion de l’information facilitant l’accès des consommateurs aux produits offerts sur le marché est traitée autrement. J’en parle ailleurs – voir le lien – car c’est un tout autre sujet.

Je suis conscient que cette proposition est bien dérangeante et écrase de gros doigts de pied. À peu près tout sera fait pour qu’elle ne soit jamais mise en place. Si vous croyez qu’elle devrait l’être, il faudra donc que vous vous battiez pour qu’elle le soit. Transmettez la RAPIDEMENT à tous les sites et à tous les médias que vous connaissez. Si vous le faites, il y a une chance, seulement une chance, que j’en vois la réalisation de mon vivant.

Pierre JC Allard
(NB: ceci est le dernier de mes articles pré-programmés pour mon hiver au soleil. La semaine prochaine je reviendrai live. En attendant… http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/04/09/elections-canadiennes/

09-04-11

Élections canadiennes

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 4:49

La triste comédie du pareil au même a duré depuis trop longtemps. Ignatieff et Harper m’horripilent et Layton est impossible.

FOUTAISE !

J’annulerai mon vote le 2 mai.

Pierre JC Allard

04-04-11

La crise de l’armée… en 1000 mots

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 12:00

Il y a une crise de l’armée, parce que nous n’aurons plus les guerres que nous avions. Nous ne les avons déjà plus vraiment. La guerre traditionnelle opposait deux États ou groupes d’État ayant des intérêts opposés et qui, se jugeant de forces égales, décidaient d’en découdre sur le champ de bataille, le vainqueur imposant sa loi au vaincu. Ce scénario est devenu ridicule : un sujet d’opérette ou le fantasme d’un cerveau fêlé. Ce type de guerre n’aura plus lieu.

Pas parce que la guerre est abominable ­ elle l’a toujours été – mais parce qu’elle constituera de moins en moins un projet rentable pour ceux qui ont le pouvoir de la faire. Historiquement les guerres servaient, soit à asservir des populations et à tirer profit de leur travail, soit à occuper des territoires, pour des fins stratégiques ou pour en tirer des ressources rares, soit à détruire un rival commercial. Or ces trois (3) motifs de faire la guerre sont aujourd’hui disparus.

D’abord, dans un monde où la main-d’oeuvre est surabondante et où aucun travail signifiant ne s’accomplit sans une grande motivation du travailleur, gérer une population conquise occasionne des frais qui dépassent largement le profit qu’on peut tirer de son exploitation. Dans le meilleur des cas, l’envahisseur a sur les bras une multitude pauvre et incompétente qu’il faut nourrir ; dans le pire, son invasion peut susciter une guérilla et une résistance interminable.

Ensuite, l’occupation du territoire par conquête est devenue désuète, depuis qu’il a été bien compris que l’on peut se garantir l’accès aux ressources rares dont on a besoin, sans s’embarrasser du reste, par la simple corruption des potentats locaux. Il suffit d’encadrer les forces armées de ces derniers de « conseillers » et, au besoin seulement, de quelques bataillons d’élites, si ces forces locales s’avèrent trop ineptes ou déloyales pour protéger le périmètre absolument nécessaire à la cueillette de ces ressources.

Enfin, l’élimination des rivaux commerciaux se fait maintenant par des embargos sur les approvisionnements, des contraintes à la distribution ou, plus proprement encore, par de simples prises de contrôles sur les marchés boursiers. Occuper la Ruhr, au vingtième siècle, était encore essentiellement la tactique de Rome détruisant Carthage. Aujourd’hui, les procédures ont changé. Mittal n’a pas pris Arcelor à la tête d’une horde de cavaliers en turbans.

Il ne reste désormais que deux types de « guerres » qui, même si elles en entraînent toutes les horreurs, ne sont pas vraiment des guerres. Le premier type résulte d’une querelle entre petits pays dont les moyens sont dérisoires au vu des capacités militaires modernes. Il suffit qu’une force supérieure crédible intervienne pour que les hostilités cessent et c’est cette force supérieure qui départagera les prétentions des parties : c’est l’Éthiopie contre l’Érythrée ou la Somalie. Le deuxième type de conflit suppose une telle disparité des forces en présence que le résultat n’est jamais en doute. Ce sont les USA envahissant Panama et Granada, ou Israël attaquant le Liban et Gaza.

Ces deux types de « guerres » ne sont pas vraiment des guerres, puisque ce n’est pas la force des armes qui en déterminera la conclusion. Dans un cas comme dans l’autre, l’action militaire des protagonistes n’est qu’une amorce, une simple péripétie. Pour les conflits de ce type, le déroulement de l’intrigue ne prévoit pas la victoire d’une armée sur les champs de batailles, mais l’intervention en temps opportun d’une tierce partie, normalement une force des Nations Unies, de l’OEA ou de l’OTAN, qui viendra jouer le rôle d’une police. « Opération de police » est d’ailleurs l’expression maintenant acceptée pour désigner les interventions de forces internationales qui viennent séparer les belligérants et rétablir l’ordre public devenu l’ordre international.

Très bientôt, la gouvernance mondiale, qui de fait existe déjà, assumera formellement son rôle. On prendra acte que dans ce monde unifié les ennemis, par définition viendront tous de l’intérieur et que tout conflit armée sérieux sera de plus en plus une guerre civile ou une rébellion. Pendant que, sur le plan international, l’armée actuelle fait de plus en plus la police, toute police au sein des États actuels – et à plus forte raison dans un État unifié – devra se préparer à affronter des adversaires qui justifieront qu’elle ait les moyens et les caractéristiques d’une armée.

Il apparaît donc opportun de transférer rapidement vers la police les ressources et les méthodes de l’armée. Parler de crise est ici une formule de style. Transformation rapide serait plus exact, car il n’est pas inévitable que cette transformation suscite des opposition. On adaptera à la police la problématique de l’armée, mais avec des contraintes et des restrictions, naturellement, puisque l’adversaire n’a pas ici à être détruit, mais seulement subjugué et éventuellement ramené dans le droit chemin. On le fera avec d’autant plus de retenue que, l’affrontement n’ayant pas lieu en territoire hostile, mais chez soi, il faut limiter les dégâts.

On est déjà à vivre cette transformation. L’un des dangers qui perle, particulièrement en Amérique Latine, est une attitude qu’on pourrait dire fascisante, au sein de certaines armées de métier surtout, qui les pousse à se percevoir comme une caste et donc un corps étranger et à se conduire alors même à domicile comme en pays conquis. Cette attitude PEUT être modifiée. L’armée populaire de Mao Zhedong en a été un exemple historique remarquable et on ne peut que constater l’impartialité politique qu’a respectée impeccablement l’Armé Rouge quand l’URSS s’est disloquée. Une réserve qui dure toujours.

Ce danger du fascisme est là, mais il y a en revanche, des avantages non négligeables à ce qu’on pourrait appeler un « militarisation » des corps policiers. L’ armée a eu historiquement un sens de la discipline et du devoir ainsi qu’une résistance à la corruption supérieure à celle des policiers qui perçoivent parfois leur engagement comme passager. On devrait certainement s’inspirer de la formation militaire pour celle des policiers. Cette « crise » sera de celles dont on peut attendre qu’elles apportent surtout du bien.

En attendant il y a les dernieres aberrations. Celle de l’Iraq, l’Afghanistan encore plus bête et maintenant la Libye qui tourne a la sanglante bouffonerie… ce dont assez de gens prennent conscience pour nous en protéger peut-être d’une escalade.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/02/securite-police-et-armee/

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 33 followers