Nouvelle Societe

21-09-10

CentPapiers va payer ses rédacteurs

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 4:41

Je n’ai jamais caché faire partie du groupe de réflexion “Les 7 du Québec”.  En avril dernier, Les 7 du Québec ont pris charge du journal-citoyen CentPapiers, le premier et le plus important au Québec. Depuis, des changements nombreux ont été apportés à ce journal en ligne  qui ne sont que le prélude de ceux plus fondamentaux qui suivront.

Pourquoi en parler ici ?  Parce que CentPapiers vient de poser un geste qui dépasse le cadre du Québec.  Un geste qui a son importance pour toute la blogosphère francophone.  CentPapiers vient d’annoncer qu’il entend désormais rémunérer tous les auteurs des textes publiés sur se pages.  Il le fera au prorata des visites que leurs textes auront reçues, en leur distribuant 50% des revenus publicitaires que CentPapiers recueillera.

L’autre 50% ?  Ne pensez pas profits et dividendes; il servira aux opérations courantes et au maintien  comme à l’amélioration des services techniques du site.  Ceux qui s’y connaissent sauront combien ce défi est hasardeux. Pourquoi le relever ? Parce que nous, des 7 du Québec, croyons qu’il y va de l’avenir de la démocratie, rien de moins.

Pourquoi est-ce si important. Parce que nous voyons s’écrire sur le mur que l’Internet est à devenir une base d’information factuelle de plus en plus exhaustive, mais qui n’est  liée à aucune fonction d’interprétation des évènements et des faits qui reflète la multiplicité de points de vue et des intérêts de la société

L’Internet est à devenir un outil de publicité, n’ayant d’autre but que de faciliter le fonctionnement d’une société  de consommation. Un outil de publicité couplé, bien sûr, à un  autre outil, de propagande politique celui-là, pour asséner inlassablement le message que cette société de consommation et d’exploitation du cheptel que nous sommes devenus est la seule société possible.

La multiplicité des opinions et des intérêts qui constituent une société est déjà occultée par les médias traditionnels et elle le sera de plus en plus, à mesure que se poursuit leur concentration entre les mains de groupes financiers tous reliés au pouvoir. Tous partie prenante du pouvoir, même s’ils semblent s’y opposer, car c’est des tractations entre ces factions que naît le consensus qui devient la pensée unique qui nous est imposée.  Une pensée composite, inefficace pour gouverner, seule bonne à permettre l’exploitation des faibles par les forts.

Tous les médias sont toujours indissolublement liés au pouvoir qui résulte de ce consensus bâtard, puisque, dans la pseudo-démocratie que l’on a mise en place, TOUT repose sur cette manipulation constante par les médias d’un pensée populaire parfaitement malléable.  C’est là que toutes les grandes options sont édulcorées, puis ramenéee à la pensée unique dont tous les partis politiques ne seront que des copies déguisées.

Les médias sont toujours avec le pouvoir, car le vrai pouvoir, justement, n’est jamais que quiconque contrôle les médias et la Banque ! Les médias pour le gros-oeuvre des idées politiques au sens noble… puis la Banque, pour la finition, pour aplanir les aspérités au palier des individus par une corruption omniprésente et habilement utilisée.

Les médias traditionnels sont au service exclusif de “ceux d’en haut”, la petite élite cooptée qui gouverne et exploite la vaste masse de ceux d’en bas.  Cette masse – la population des quidams lambda – et ce qu’on appelle parfois  le peuple, dans les grandes occasions. Le peuple est sans voix.

Parce que le peuple n’a plus la voix des médias, il ne lui reste que le journalisme-citoyen : c’est l’ultime recours que vous, moi et tous les quidams avons pour communiquer ce que nous savons et exprimer ce que nous ressentons.  C’est uniquement désormais par le journalisme-citoyen que la multiplicité des opinions de la population sera accessible.  Seule la large diffusion de toutes ces opinions permettra que les besoins et les désirs de tous soient connus et que les droits de tous soient respectés.

D’ou l’importance qu’il soit dit que tout travail mérite salaire.  C’est à cette condition que le citoyen ordinaire – et pas seulement le dilettante – prendra sa plume et viendra se mesurer aux pros des médias traditionnels: ceux qui sont si bien payés pour dire ce qu’ils disent… mais pas plus. Nous croyons que c’est la condition indispensable a une renaissance de la démocratie.

« Les 7 du Québec » sont sans but lucratif , mais se préparent donc à obtenir des fonds de leurs annonceurs pour les donner à leurs rédacteurs . Dès le 1er octobre prochain, si la technique suit, chaque auteur pourra voir sur son compte le nombre de visiteurs uniques que ses textes ont reçus.

Trimestriellement, une simple règle de trois permettra de déterminer la redevance qui reviendra à chacun, redevance égale au pourcentage du montant parfaitement transparent de nos recettes publicitaires correspondant au nombre de ses visites sur les visites totales reçues par tous les articles. Le montant dû sera viré à l’auteur, les frais de virement à sa charge,  le 30e jour du mois où il en fera la demande. Eh voila !   Venez et exprimez vous en grand nombre…

C’est important. Il est probable que vous receviez peu, mais n’est-ce pas un heureux changement, déjà, qu’on vous offre un peu d’argent pour parler, alors que le Système  vous en demande toujours tellement en vous enjoignant de ne rien dire ?

Il est improbable que cet argent que vous toucherez vous enrichisse…  Mais vous toucherez plus, quand les revenus publicitaires augmenteront; soit que le nombre des visites augmentent, soit que nous obtenions de meilleures conditions, ce qui ne sera possible que quand le nombre des visiteurs aura bien augmenté.

Venez. On ne vous enrichira pas, mais vous aurez en main la preuve tangible que ce que vous avez écrit est littéralement APPRÉCIÉ.  C’est important. Comme est important le fait que vous participiez à l’essor du journalisme-citoyen, car l’Internet est le seul outil qui nous reste pour construire une vraie démocratie et, quand on pense à la structuration du journalisme citoyen, c’est l’orientation de l’Internet même qui est en jeu.

Le journalisme-citoyen est encore un projet. Ce sera une réalité quand TOUT LE MONDE pourra écrire sans censure tout ce que la loi permet d’écrire. CentPapiers s’est engagé dans cette voie et est à se doter des outils techniques pour le faire et en gérer les difficultés.  Inscrivez vous et parlez.  L’important n’est pas votre discours, mais que vous preniez la parole.  Et les quelques écus que vous recevrez pour vous être exprimés seront le symbole de votre refus d’une société où vous devez toujours payer et vous taire

Pierre JC Allard

15-09-10

Plus d’autres Musulmans en Occident

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 4:27

Depuis quelques jours, dans la foulée de cette affaire de minarets en Suisse, on parle beaucoup de racisme en France, en en détournant le sens.   On établit aussi souvent le parallèle Islam-chrétienté de façon qui me semble abusive. Ce que j’en dis ici me semble conforme à la réalité

L’Islam est la plus jeune et la plus « avancée » des grandes religions monothéistes. Elle préconise un seul champ, sans solution de continuité, du politique, du social et du religieux. L’Islam est totalitaire, au sens strict du terme, comme aucune idéologie occidentale n’a pu l’être, car il a fait l’économie d’un détour par l’individualisme et la notion de nation.

L’islam est un engagement total. On ne peut être un Musulman dans le vrai sens du terme, et reconnaître une separation entre la religion et l’État qui définirait pour chacun un domaine où il est souverain, les mettant ainsi sur un pied d’égalité. Pour un Musulman, c’est une hérésie.  Dans la problématique de l’Islam, l’idée d’une séparation entre le religion et l’État est régressive et tous les concepts que nous étayons de cette idée de séparation, comme la laïcité, sont simplement non-avenus.

La laïcité est un concept inacceptable pour un vrai Musulman. Il n’y a donc pas de façon dont un bon Musulman puisse être une bon citoyen français ou canadien. Il y a incompatibilité. Aussi longtemps qu’on ne tient pas compte de cette incompatibilité, on est dans l’incompréhension ou l’hypocrisie… et on dit des bêtises. Il est inintelligent de discuter d’une relation Occident-Islam avec des Musulmans à partir des principes et des critères de l’Occident.

J’insiste pour dire que cette vision totalitaire que préconise l’Islam N’EST PAS ABSURDE ni intrinsèquement MAUVAISE. Rien ne dit que ce n’est pas celle qui prévaudra, car notre démocratie, devenue pure corruption, est loin aujourd’hui d’avoir le haut du pavé dans ce débat. Je dis seulement que l’Islam et notre vision occidentale du monde sont incompatibles. Il n’y a rien a gagner à vouloir les faire cohabiter.

La démonstration de l’inacceptabilité  des  Mulsulmans en Occident se  termine, quand on accepte que la fusion entre le religieux et le politique – qui est ESSENTIELLE à l’Islam - fait de tout Musulman un objecteur de conscience à toute gouvernance civile dans tout pays ou ne s’applique pas la sharia. Il ne peut se soumettre de bonne foi aux lois d’un pays comme la France ou le Canada, et ne peut viser qu’à renverser cette gouvernance.  Est-ce le citoyen que l’on veut ?  Comment Le Musulman, qui NE PEUT PAS reconnaître la légitimité absolue de la loi française en France, aurait-il sa place en France ?

Quand on parle des Musulmans « modérés », on joue sur les mots et on triche. Si un Musulman est modéré au point de vouloir s’intégrer à la vision du monde d’un citoyen  laïque de France ou du Canada, il n’est plus un Musulman. Il est un « laique postislamique », comme il y a des millions de « laiques postchrétiens » en Occident. Ce n’est pas lui qui fait problème. Il est aussi assimilable que tous les autres qui sont venus et dont les enfants ou petits enfants sont indiscernables des autres citoyens de souche.   Le postislamique est le bienvenu, quel que soit son pays d’origine ou sa couleur de peau.

Le problème, c’est celui qui veut rester un Musulman et est donc imperméable à l’idée de séparation entre la religion et l’État. On ne reglera pas ce problème en jouant sur les mots, mais en disant clairement que ce Musulman n’a pas plus sa place en Occident que je n’aurais la mienne à La Mecque. Je suis en principe passible de la peine de mort si j’entre à La Mecque.

Beaucoup de gens imaginent La Mecque comme le Vatican : un église et quelques dépendances. La Mecque est en fait une ville plus populeuse que Marseille, dont l’existence comme entité civile indépendante de son caractère religieux est niée au point que les non-musulmans n’y sont pas admis.  Comment mieux exprimer que Islam et État sont indissociables ?

Je souligne, encore une fois, que je n’ai pas de querelle avec l’Islam. Seulement avec l’Islam en Occident… Le problème que pose l’intégration de cette minorité en France découle de cette fusion-confusion entre religion et identité. Beaucoup de  postislamiques ne demandent sans doute qu’à être intégrés et assimilés. Ils  se disent Musulmans, simplement parce qu’ils ne savent pas se définir autrement que comme Musulmans !   Problème tragique, car leur volonté d’intégration est perçue par les autres comme une apostasie.

Leur assimilation est alors rendue plus difficile dans le contexte d’une contrainte et de l’ostracisme de leur communauté. D’où cette notion qui semble paradoxale, mais qui est pourtant bien évidente, que l’intégration des « postislamiques » - qui peuvent devenir d’excellents citoyens en France ou au Canada – sera d’autant plus facile qu’il y aura moins de « Musulmans » en France ou au Canada.

Respectons les droits acquis de ceux qui  sont déjà parmi nous…. Mais n’en acceptons plus !

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/170-les-quant-a-soi/

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/173-un-brin-de-causette/

Pierre JC Allard

01-09-10

Bastarache: le point de rupture

Qui aurait pensé que le Juge Bastarache passerait à l’Histoire ? Enfin, son nom, plutôt, mais qu’est-on dans l’Histoire sauf un nom !  Oświęcim serait une petite ville industrielle de Pologne sans histoires, si ce n’était  de la mauvaise réputation qu’elle traîne et qui en a fait plus qu’un détail de l’Histoire…

Important un nom. Dans un siècle, au Québec, on confondra peut-être les 2 ou 3 Johnson et même les 2 Bourassa – et qui sait, « les » Trudeau -  mais Bastarache est un nom qui ne s’oubliera pas. C’est le nom d’une rupture.

Pour ceux hors Québec, un mot d’explication. On a tiré le Juge Bastarache de sa retraite pour qu’il préside une Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges, processus dont on a contesté l’intégrité.  Important, mais encore bien plus qu’on ne le pensait, car on s’aperçoit  que cette Commission arrive comme la proverbiale paille, pour craquer le dos du chameau.

Il y a longtemps que la confiance se perdait, mais c’est cette Commission en trompe l’œil qui a poussé les citoyens à faire un bilan.  75%  des Québécois ne croient plus  la parole du Premier Ministre; on croit son accusateur.  C’est un seuil dans le rejet du pouvoir. On dira désormais « Bastarache »,  pour marquer la ligne de partage des eaux de l’Histoire du Québec.

Avant, il y aura eu une population jocrisse qui croyait en tous et en n’importe quoi. Ses curés, ses élites, ses journalistes, ses  politiciens, ses syndicats, une affirmation  nationale  progressive et un enrichissement constant dans une économie prospère.

Après, la religion sera apparue une affaire d’enfants ou d’étrangers, les élites comme des intellectuels déphasés ou des bourgeois profiteurs. Les journalistes – à de rares exceptions près – auront été perçus comme les larbins des groupes de presse ou d’inoffensifs protestataires qu’on aura mis au trottoir quand ils refusaient de le faire.  Politiciens et syndicats ? Une même omniprésente corruption. Affirmation nationale ?  En veilleuse.  Enrichissement constant dans une économie prospère ?  Parlons d’autre chose…

Avant, le citoyen lambda, malgré les rumeurs qui volaient parfois de-ci de là, croyait encore qu’il existait un havre  d’honnêteté dans la structure de la société ; une justice rendue par des juges.  Il voyait les avocats comme des exploiteurs sans conscience, mais il croyait fermement qu’il y avait, dans toute cour de justice, un juge  qui agissait de bonne foi. Un homme incorruptible qui cherchait la vérité et voulait la justice. Il pensait que, même accablé par l’argent et le pouvoir, le bon droit pouvait prévaloir.  Il avait des doutes, mais il le croyait. Maintenant, il ne le croit plus.

Maintenant, le citoyen lambda a déjà porté son verdict, avec ce total désintérêt pour les procédures qui est le propre de la justice populaire : il croit que les juges sont nommés arbitrairement par le gouvernement, sur l’avis de gens peu recommandables et qu’ils jugent en fonction des intérêts de ceux qui les ont nommés ou fait nommer. Des preuves ? Le citoyen se contrefiche des preuves formelles.

Il regarde autour de lui et il voit un monde de totale injustice où règne aussi la corruption.  Il fait des liens et des rapports  entre l’injustice qui est partout  et une Justice qui ne semble plus être là.  Il ne donne pas le bénéfice du doute ; il n’a plus de doutes.  Peu lui importe que les trafics d’influence, en supposant qu’il y en ait, ne s’appliqueraient que dans des dossiers « importants ».   Il est maintenant persuadé que même « ses » petites causes à lui ne sont pas jugées impartialement elles non plus.  Il découvre que le type en robe noire qui en décide du sort est un être humain qui a des amis, des parents, des intérêts… peu-têtre des faiblesses.

On vient de tuer ce qui restait de confiance dans l’esprit et le cœur du monde ordinaire. En élargissant l’enquête à la période péquiste – en soi un geste équitable -  Bastarache ne dédouane pas les Libéraux ; il  fait seulement qu’après avoir dit au peuple  « je t’ai trompé », le pouvoir  – qui reste UN, dans l’esprit des gens, quelle que soit sa couleur – lui ajoutera perfidement « …et je t’ai toujours trompé ! », rendant le divorce inévitable.  Bastarache va présider à un divorce.

Quel divorce ?  Le divorce entre  la population – qui prend le nom de peuple dans les grandes occasions – et  une certaine caste dirigeante qui la contrôle, la manipule et l’exploite sous couvert d’une pseudo démocratie qui n’est qu’un leurre. La désacralisation du pouvoir judiciaire qui résulte de l’inouïe stupidité qu’est cette enquête vient compléter, dans l’esprit des gens, la fusion des trois pouvoirs de l’État dans une même turpitude.   Si notre « démocratie », demain, était attaquée, qui prendrait sa défense ?

Dommage pour Bastarache, qui n’a rien à y voir ou si peu, mais il a eu la mauvaise fortune d’être celui dont on a choisi le nom pour désigner cet événement qui marque la rupture.  Dommage.   C’est sérieux, un nom et ça dure.  Monsieur le Juge devrait peut-être en changer …  comme cette petites ville des années quarante – Auschwitz – qui n’avait pas choisi les “industries” qu’on y avait installées.

Pierre JC Allard

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

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