Je n’ai jamais caché faire partie du groupe de réflexion “Les 7 du Québec”. En avril dernier, Les 7 du Québec ont pris charge du journal-citoyen CentPapiers, le premier et le plus important au Québec. Depuis, des changements nombreux ont été apportés à ce journal en ligne qui ne sont que le prélude de ceux plus fondamentaux qui suivront.
Pourquoi en parler ici ? Parce que CentPapiers vient de poser un geste qui dépasse le cadre du Québec. Un geste qui a son importance pour toute la blogosphère francophone. CentPapiers vient d’annoncer qu’il entend désormais rémunérer tous les auteurs des textes publiés sur se pages. Il le fera au prorata des visites que leurs textes auront reçues, en leur distribuant 50% des revenus publicitaires que CentPapiers recueillera.
L’autre 50% ? Ne pensez pas profits et dividendes; il servira aux opérations courantes et au maintien comme à l’amélioration des services techniques du site. Ceux qui s’y connaissent sauront combien ce défi est hasardeux. Pourquoi le relever ? Parce que nous, des 7 du Québec, croyons qu’il y va de l’avenir de la démocratie, rien de moins.
Pourquoi est-ce si important. Parce que nous voyons s’écrire sur le mur que l’Internet est à devenir une base d’information factuelle de plus en plus exhaustive, mais qui n’est liée à aucune fonction d’interprétation des évènements et des faits qui reflète la multiplicité de points de vue et des intérêts de la société
L’Internet est à devenir un outil de publicité, n’ayant d’autre but que de faciliter le fonctionnement d’une société de consommation. Un outil de publicité couplé, bien sûr, à un autre outil, de propagande politique celui-là, pour asséner inlassablement le message que cette société de consommation et d’exploitation du cheptel que nous sommes devenus est la seule société possible.
La multiplicité des opinions et des intérêts qui constituent une société est déjà occultée par les médias traditionnels et elle le sera de plus en plus, à mesure que se poursuit leur concentration entre les mains de groupes financiers tous reliés au pouvoir. Tous partie prenante du pouvoir, même s’ils semblent s’y opposer, car c’est des tractations entre ces factions que naît le consensus qui devient la pensée unique qui nous est imposée. Une pensée composite, inefficace pour gouverner, seule bonne à permettre l’exploitation des faibles par les forts.
Tous les médias sont toujours indissolublement liés au pouvoir qui résulte de ce consensus bâtard, puisque, dans la pseudo-démocratie que l’on a mise en place, TOUT repose sur cette manipulation constante par les médias d’un pensée populaire parfaitement malléable. C’est là que toutes les grandes options sont édulcorées, puis ramenéee à la pensée unique dont tous les partis politiques ne seront que des copies déguisées.
Les médias sont toujours avec le pouvoir, car le vrai pouvoir, justement, n’est jamais que quiconque contrôle les médias et la Banque ! Les médias pour le gros-oeuvre des idées politiques au sens noble… puis la Banque, pour la finition, pour aplanir les aspérités au palier des individus par une corruption omniprésente et habilement utilisée.
Les médias traditionnels sont au service exclusif de “ceux d’en haut”, la petite élite cooptée qui gouverne et exploite la vaste masse de ceux d’en bas. Cette masse – la population des quidams lambda – et ce qu’on appelle parfois le peuple, dans les grandes occasions. Le peuple est sans voix.
Parce que le peuple n’a plus la voix des médias, il ne lui reste que le journalisme-citoyen : c’est l’ultime recours que vous, moi et tous les quidams avons pour communiquer ce que nous savons et exprimer ce que nous ressentons. C’est uniquement désormais par le journalisme-citoyen que la multiplicité des opinions de la population sera accessible. Seule la large diffusion de toutes ces opinions permettra que les besoins et les désirs de tous soient connus et que les droits de tous soient respectés.
D’ou l’importance qu’il soit dit que tout travail mérite salaire. C’est à cette condition que le citoyen ordinaire – et pas seulement le dilettante – prendra sa plume et viendra se mesurer aux pros des médias traditionnels: ceux qui sont si bien payés pour dire ce qu’ils disent… mais pas plus. Nous croyons que c’est la condition indispensable a une renaissance de la démocratie.
« Les 7 du Québec » sont sans but lucratif , mais se préparent donc à obtenir des fonds de leurs annonceurs pour les donner à leurs rédacteurs . Dès le 1er octobre prochain, si la technique suit, chaque auteur pourra voir sur son compte le nombre de visiteurs uniques que ses textes ont reçus.
Trimestriellement, une simple règle de trois permettra de déterminer la redevance qui reviendra à chacun, redevance égale au pourcentage du montant parfaitement transparent de nos recettes publicitaires correspondant au nombre de ses visites sur les visites totales reçues par tous les articles. Le montant dû sera viré à l’auteur, les frais de virement à sa charge, le 30e jour du mois où il en fera la demande. Eh voila ! Venez et exprimez vous en grand nombre…
C’est important. Il est probable que vous receviez peu, mais n’est-ce pas un heureux changement, déjà, qu’on vous offre un peu d’argent pour parler, alors que le Système vous en demande toujours tellement en vous enjoignant de ne rien dire ?
Il est improbable que cet argent que vous toucherez vous enrichisse… Mais vous toucherez plus, quand les revenus publicitaires augmenteront; soit que le nombre des visites augmentent, soit que nous obtenions de meilleures conditions, ce qui ne sera possible que quand le nombre des visiteurs aura bien augmenté.
Venez. On ne vous enrichira pas, mais vous aurez en main la preuve tangible que ce que vous avez écrit est littéralement APPRÉCIÉ. C’est important. Comme est important le fait que vous participiez à l’essor du journalisme-citoyen, car l’Internet est le seul outil qui nous reste pour construire une vraie démocratie et, quand on pense à la structuration du journalisme citoyen, c’est l’orientation de l’Internet même qui est en jeu.
Le journalisme-citoyen est encore un projet. Ce sera une réalité quand TOUT LE MONDE pourra écrire sans censure tout ce que la loi permet d’écrire. CentPapiers s’est engagé dans cette voie et est à se doter des outils techniques pour le faire et en gérer les difficultés. Inscrivez vous et parlez. L’important n’est pas votre discours, mais que vous preniez la parole. Et les quelques écus que vous recevrez pour vous être exprimés seront le symbole de votre refus d’une société où vous devez toujours payer et vous taire
Pierre JC Allard

Qui aurait pensé que le Juge Bastarache passerait à l’Histoire ? Enfin, son nom, plutôt, mais qu’est-on dans l’Histoire sauf un nom ! Oświęcim serait une petite ville industrielle de Pologne sans histoires, si ce n’était de la mauvaise réputation qu’elle traîne et qui en a fait plus qu’un détail de l’Histoire…