Nouvelle Societe

29-12-09

La gauche et la minarchie

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:02

Dès que s’est amorcé le débat entre Libertariens et Gauchistes, j’ai insisté pour qu’on y introduise une structure bidimensionelle. Il y a une dimension partage et une dimension organisation. Il n’est pas innocent qu’on veuille les confondre. Cette confusion maintient le pouvoir de ceux, bien peu nombreux – la liste en tiendrait sur une plaque à la Conciergerie – qui font de ce monde un enfer. Celui qui tiennent la Banque accusent de vouloir plus de pouvoir pour l’État ceux qui, en fait, veulent plus de pouvoir pour la collectivité… et accusent de refuser toute solidarité ceux qui veulent simplement que la solidarité soit un libre choix. Un choix qui, pourtant, est nécessairement celui de quiconque vit en société !

Tout le monde veut une société de justice, tant rétributive que distributive, qui donne donc à chacun selon ses efforts, mais aussi selon ses besoins. Bien peu de gens soutiennent un totale anarchie permanente ; il faut donc bien une structure d’ordre qu’on peut appeler l’État. Si cet État, toutefois, n’est plus l’expression démocratique de la collectivité, mais devient, par le contrôle de l’opinion et la corruption, le bras armé des Banquiers, il est l’ennemi. L’ennemi de tous sauf, bien sûr, des banquiers et de leurs suppôts qui profitent de cette gouvernance oligarchique.

C’est en manipulant le sens des mots, que les Banquiers sèment la zizanie entre ceux qui voient prioritairement les faces « liberté » et « initiative » d’une société progressiste et ceux qui en mettent en avant les aspects « solidarité » et « protection ». Une Nouvelle Société doit offrir TOUS ces avantages : il sont complémentaires. Je pense parfois que nous avons plus besoin d’un lexique que d‘un manifeste. Aujourd’hui je ne veux parler que de l’usage du mot « Capitalisme ». Le mot qui crée des dissensions

Il y a une grande ironie à entendre les thuriféraires du système économique actuel faire simultanément l’apologie du capitalisme et de la libre entreprise, car si le néo-libéralisme a réussi à en faire les deux piliers complémentaires de notre structure économique, la réalité est que ce sont plutôt les deux pôles entre lesquels celle-ci oscille. Dire que les deux sont nécessaires est une évidence et décrit la tension dynamique qui prévaut dans la société aussi bien que la dichotomie gauche-droite qu’on utilise plus souvent. Avec le même défaut, pourtant, de transformer parfois en alliés circonstanciels des concepts qui s’opposent, créant des dissonances cognitives comme la « dictature du prolétariat », des « autocrates de gauche » … ou la discipline musclée de certains mouvements de droite pour la défense de la liberté !

Une société peut être à la fois capitaliste et entrepreneuriale – la plupart des régimes actuels en sont des exemples – mais il faut comprendre qu’elle se déplace alors sur un axe et qu’un pas dans une direction éloigne toujours de l’autre. Avec l’avènement d’une structure d’économie tertiaire, nécessirement plus entrepreneuriale, on va voir apparaître dans toutes son évidence la contradiction et l’antagonisme entre l’entrepreneuriat et le capitalisme… au détriment de ce dernier. Ce n’est pas une quelconque révolte de la classe ouvrière qui va faire reculer le capitalisme et le remettre à sa juste place, mais l’entrepreneuriat.

Hérésie contre le dogme marxiste ? Pour ramener la réalité dans le giron orthodoxe, il suffit d’accepter d’abord que l’entrepreneuriat est bien une forme de travail, puis de constater, que tout travail n’est plus qu’une prise de décision et donc une forme d’entrepreneuriat. L’entrepreneur n’est plus le « laquais du capitalisme » du florilège communiste, mais l’allié naturel des autres travailleurs. Il EST le travailleur. Le rapport de forces entre capitalistes et travailleurs-entrepreneurs s’est transformé. Pourquoi ? Parce que, dans un monde plus complexe, on a besoin de compétences dont chacune devient indispensable.

À l’origine, le capitalisme a manipulé l’entrepreneuriat. Le propriétaire terrien, avec ses sbires bien armés, allait se cueillir dans une razzia un « entrepreneur » qui lui ferait fonctionner une exploitation agricole. S’appuyant sur les mêmes arguments, il passait périodiquement quérir la plus grande partie des produits, ne laissant à l’ «entrepreneur » qu’un profit dérisoire. L’entrepreneur était l’un des exploités et, s’il l’était moins que les autres esclaves, c’est qu’on avait jugé que la liberté, en le motivant, en faisait un outil plus productif et qu’il était plus rentable de le rémunérer avec une part des résultats. Maintenant, complémentarité oblige et la structure de production se morcelle. L’initiative et la motivation jouent un tel rôle, que tous les travailleurs deviennent peu à peu des entrepreneurs. Les effectifs de l’entrepreneuriat augmentent… et aussi son importance relative.

Le rapport de force de l’entrepreneuriat au capital dépend de la vélocité du changement, car il incarne le rapport du passé au présent. Lorsque les facteurs de production sont assemblés, le capital – incluant la matière première qui, au départ, est le « capital » par excellence – représente le passé. C’est l’apport au projet de ce qui existe déjà – la richesse – par opposition au travail, qui est ce qu’il faut y ajouter. Le capital au départ est d’autant plus important qu’il est rare, alors que le travail est surabondant et ne vaut pas grand-chose. Mais avec l’abondance et le progrès, c’est une autre histoire…

Non seulement la richesse augmente objectivement, mais subjectivement les besoins tendent à être sur-satisfaits, ce qui diminue l’importance relative de la richesse. Pire, le progrès a pour effet d’accélérer la désuétude du seul capital qui soit vraiment actif, le capital dit « fixe », sous sa forme d ‘outil de production de biens et donc de richesse réelle. L’apport du passé s’effiloche donc de plus en plus vite ; c’est ce que l’on fait dans l’instant présent qui est important: le travail. Le travail, qui devient la ressource rare, chaque travailleur-entrepreneur devenant plus important avec la complexité qui augmente. Le rapport des forces entre entrepreneurs et capitalistes est donc transformé.

Attention ! Le capital ne disparaît pas ! Ce que l’on fait dans l’instant présent devient immédiatement, dès l’instant suivant, une partie du « passé »… Le passé se nourrit du présent et ce que l’on produit devient capital. On peut dire, à juste titre, que le pouvoir est toujours entre les mains de celui qui dans l’instant présent POSSÈDE ce capital, mais ce capital est évanescent et de plus en plus éphémère. Le pouvoir du capitaliste face à l’entrepreneur diminue, à mesure que décroît l’espérance de vie de son capital. L’intérêt est là pour donner une permanence accrue au capital, en s’assurant qu’il ne s’évanouira, pas trop vite…

Le risque est grand, toutefois, qu’avec l’intérêt on créée discrétionnairement une pseudo richesse, purement monétaire, qui ne pourra convaincre qu’en grossissant les chiffres et ne convaincra donc que les naïfs. Quand la richesse devient ainsi virtuelle, quiconque en a besoin peut s’en créer lui-même, avec la complicité de l’État-banquier, distribuant des images en papier ; il s’est créé 20 000 banques en Russie après l’effondrement de l’URSS…

On maintient ainsi le capitalisme comme symbole d’une autorité, mais en le vidant de tout pouvoir réel. On parvient à le maintenir dans le miroir monétaire, mais le capital réel ne se dissipe pas moins, à mesure que le passé perd de son importance relative face aux nouveaux apports du travail-entrepreneuriat.

C’est le momentum même du changement qui détermine le rapport de force entre le travail et le capital, entre ce qui se crée maintenant et ce qui a été. Plus l’on décide d’évoluer rapidement, plus le travail- entrepreneuriat gagne en importance par rapport à ce qui a déjà été accumulé. Plus le rapport de l’importance relative de la compétence au capital change en faveur de l’entrepreneur, plus le pouvoir du capitaliste devient précaire, ce qui entraîne un changement de la hiérarchie sociale.

Quand son pouvoir fassèye, le capitalisme entre dans sa phase moribonde terminale et devient corporatisme. On a le corporatisme quand ceux qui ont le pouvoir politique cessent de se vendre à ceux qui ont l’argent et comprennent que, dans un univers de richesse symbolique virtuelle, celui qui a le pouvoir politique CRÉE l’argent et n’en est plus le serviteur, mais le maitre. L’argent demeure le grand outil de gouvernance, par la corruption, mais dès que la création d’argent est discrétionnaire pour celui qui a le pouvoir politique, c’est ce seul pouvoir qui importe.. et il repose sur la force.

La Chine est déjà corporatiste. La crise financière actuelle – qui est à ruiner tous ceux qui prétendaient avoir le pouvoir par la seule richesse au profit de ceux dont la richesse leur est consentie par l’État – transformera les USA, puis le reste du monde dit démocratique en États corporatistes. Nous y sommes presque. Dans ce contexte, parler de la Gauche contre la Droite, est une comparaison trompeuse… et un piège. L’État demeure nécessaire, mais doit être rendu minimal, car il ne représente PAS la collectivité.

Cette riposte au capitalisme corporatiste ne doit pas, toutefois, réduire la volonté ni la capacité de la collectivité de vivre la solidarité. C’est ça le défi à relever. Une Nouvelle Société, c’est un socle solide, consensuellement défini, de richesse et de services collectifs essentiels, sur lequel se bâtit une société d’individus libres. C’est ainsi que je comprends la Gauche. C’est ainsi, aussi, que je veux comprendre la Minarchie.

Pierre JC Allard

28-12-09

La Chine éveillée

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:01

Napoléon, puis Peyrefitte… on nous l’avait bien dit qu’elle nous ferait trembler… Si vous avez moins de 50 ans, je vais vous annoncer une mélancolique nouvelle.   Cette idée d’être les meilleurs en tout, parce qu’on est blanc, judéo-chrétien, gréco-latin, Occidental, quoi, n’a plus beaucoup d’avenir.

Vous croyez qu’on aura toujours les meilleurs sièges au spectacle du monde, parce qu’on est créatif, aventureux, rationnel, qu’on a inventé la liberté et la démocratie, la science et la technologie, l’altruisme et la charité ?  Vous allez être déçus.  Le résultat le plus permanent de la crise actuelle, c’est que, lorsqu’elle sera terminée, l’Occident ne sera plus dans le fauteuil, mais sur le strapontin.

La Chine prend le volant. Tragique ? N’exagérons rien.  Sur le plan cosmique, sub specie aeternitatis, une vaguelette imperceptible. Sans importance pour Gaïa et un détail pour ce qui, on l’espère, sera la longue histoire de l’humanité.  Mais peut-être éprouverez-vous une vague nostalgie, dans vos vieux jours, à penser que vous aurez été les derniers dans le siège du conducteur.  Un rétablissement psychologique à faire, aussi, pour la génération de vos enfants qui ne seront plus la Race des Seigneurs.

On écrira certainement des livres sur la longue décadence de notre civilisation, mais bornons nous ici au dernier chapitre. La double déconstruction, depuis deux générations, d’une part  de nos valeurs et, d’autre part, de notre structure  de production.

Pour nos valeurs, on a accepté qu’elles soient cyniquement remplacées par un égoïsme pur, menant à la perte de confiance en tout et en tous qui est la conséquence logique de la projection sur les autres de cet égoïsme que l’on ressent en soi. Fatal pour une société, puisque celle-ci repose économiquement sur la division du travail, politiquement sur la délégation réciproque de tâches et de l’autorité pour les accomplir et que le concept même de bonheur, qui sert de justification à tout effort commun, repose sur l’hypothèse que l’on est plus heureux lorsque l’on n’est pas seul…

Pour la production, la recherche d’un optimisation du profit sur un horizon n’excédant pas celui d’une vie humaine a conduit l’Occident à exporter sa capacité même de production industrielle, lâchant la proie pour l’ombre et n‘en gardant que le contrôle des variables financières. Contrôle précaire qui ne vaut que si est respecté un consensus que seule la force militaire peut imposer à ceux qui n’en profitent pas.

Sans autre valeur que son cynique égoïsme, l’Occident, qui a bradé les outils de creation de la richesse réelle, se retrouve avec des symboles monétaires qui ne valent plus rien et une force militaire qui peut encore détruire, mais dont il a été amplement prouvé, au Vietnmam et en Irak, que ses effectifs n’auraient ni la motivation ni la vertu, au sens romain du terme, de gagner une véritable guerre.  L’Occident est devenu ce « tigre en papier » dont parlait Mao.

La Chine va sortir grande gagnante de cette crise.  Elle a tous les atouts.  D’abord, elle a celui évident d’une capacité de production en plein essor, ostensiblement tournée vers l’exportation, mais dont la fusion du politique et de l’économique a permis l’éclosion en Chine d’un nouveau “capitalisme d’État” qui pourrait réorienter rapidement cette capacité vers la consommation domestique.

La réorienter sans les arguties auxquelles une tentative de ce genre donnerait lieu, dans une démocratie occidentale mandataire d’un capitalisme privé.  Si la Chine était contrainte de cesser d’exporter — ou choisissait simplement de le faire — elle ne ferait que des heureux dans sa population, dont elle pourrait mieux satisfaire la demande de consommation depuis longtemps réprimée. La Chine produit.

Que des heureux ? À quelques exceptions près… dont on pourrait attendre la plus grande discrétion. Cette discrétion est le deuxième grand atout de la Chine. La Chine est une dictature que sa population Han considère majoritairement bienveillante et éclairée et que ses minorités tibétaine, ouigour et autres n’ont pas la masse critique de contester. La Chine est gouvernée.

Elle n’est pas, comme l’Occident, tombée dans le piège tendu par le Capitalisme d’une pseudo démocratie totalement soluble dans une omniprésente corruption et donc complètement manipulée par le pouvoir financier. On a compris en Chine que, dans une économie monétaire, l’État n’est pas vassal de l’argent. Celui qui a le pouvoir politique CRÉE la monnaie et y ajoute à sa convenance le pouvoir économique.

Dans une Chine quasi-autarcique, le pouvoir d’opposition d’un pouvoir économique distinct de celui de l’État n’est pas aujourd’hui une véritable menace. Ce qui manque à l’autarchie chinoise, d’ailleurs, elle peut, avec ces milliers de milliards de dollars US qu’elle a accumulés, l’acheter sans problème de tous ceux qui croient encore que cet argent vaut quelque chose… Et ce ne sera pas les USA qui les détromperont.

Avec une gouvernance bien en selle, une structure de production réelle solide et même un ligne de défense dans le virtuel monétaire, la Chine poursuit un plan impeccable, comblant rapidement les quelques retards technologiques qui lui restent. Dans dix ans ce sera fait et même ses transferts de connaissances avec l’Occident se feront d’égal a égal…  D’égal à égal … en théorie.

En pratique, sa force d’attraction industrielle permettra à la Chine de faire venir à elle tous les experts qui lui manqueraient, même dans les filières du tertiaire où elle ne se serait pas hissée au premier rang. L’équilibre des forces basculera alors de plus en plus vite vers la Chine… .

Les dirigeants chinois semblent modestes. Ils parlent de construire une société de « prospérité moyenne », en rattrapant dans 20 ans le PIB par habitant du Portugal, un parent pauvre de l’UE. Mais le modeste PIB par habitant du Portugal, pour 1,3 milliards de Chinois, c’est plus que le PIB combiné des USA et de Europe incluant la Russie !

Quand son économie aura complété sa transformation vers la demande domestique et que son PIB aura ainsi augmenté, la Chine ne voudra plus  – en fait,  ne POURRA plus – vendre à l’Occident les biens industriels que nous accoutumons chaque jour davantage d’acheter d’elle. Si nous n’avons pas alors reconstitué chez-nous une structure industrielle complète, pour remplacer celle que nous avons démantelée, notre niveau de vie s’effondrera… et la population mécontente tirera ses conclusions.

La population, aigrie, comparera les vessies qu’auront apportées une démocratie bidon et un capitalisme exploiteur, avec les lanternes magiques de l’enrichissement accéléré et de la paix sociale « à la chinoise », sous l’égide d’une oligarchie en possession tranquille de la richesse et trouvant sa seule satisfaction dans la dominance.

Il n’est pas sûr que les Occidentaux ne renonceront pas à des bribes de liberté pour avoir la paix, la sécurité et la prospérité. S’ils font ce choix, l’ultime export de la Chine à l’Occident aura été son mode de gouvernance… Une tyrannie efficace et qu’on souhaite bienveillante qui, d’ailleurs, a été le modèle par défaut de l’Histoire avant que ne viennent les Lumières.

À la victoire économique de la Chine s’ajoutera alors sa victoire idéologique, quand l’expérience démocratique, qui a été le rêve de l’Occident depuis deux siècles, ne sera pas violemment détruite, mais doucement effacée…  J’aimerais une autre fin au scénario.

Pierre JC Allard

23-12-09

Nous n’irons plus au bois

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 7:59
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Vendredi soir sur  France 2…

Arditi monte à l’assaut de la presse citoyenne. Un autre… Seb Musset sur Agoravox lui répond. Il le fait bien… Juste un mot donc… Ceci est un petit billet doux que j’avais écrit pour Amar, Fottorino, Aphatie et assimilés.  L’an dernier. Je suis heureux aujourd’hui d’ajouter Arditi.

Je  serais heureux qu’on le leur fasse parvenir. Encore plus qu’ils me répondent. Ils peuvent me rejoindre ici. J’y suis. Ils peuvent aussi me donner rendez-vous dans les fossés, dans leurs propres journaux. J’autorise la publication dans leurs pages de cette opinion d’un de leur non-lecteurs. Nous serons de plus en plus nombreux.

Nous n’irons plus au Bois …

Le journalisme traditionnel a profité de deux phénomènes: l’émergence d’une multitude de citoyens à qui l’on a montré à lire sans leur montrer à penser et la mise en place d’une démocratie boiteuse, dont les fondements sont devenus la manipulation et la corruption.

C’est dans ce climat que se sont développés des médias qui ont occupé l’espace de l’information, ont embauché des mercenaires à plume pour en louer les services aux plus offrant, puis ont prétendu à un droit de cuissage sur toute nouvelle, la déformant sous prétexte de lui donner forme.

C’est ainsi que des journalistes sont nés qui se sont arrogé le droit de simplifier un monde complexe, pour qu’il passe par le canal étroit de leurs directives de leurs idiosyncrasies et de leurs états d’âme et en sorte moulé aux exigences de la pensée correcte.

C’est ainsi qu’on nous bâtit une réalité conforme à ce que le pouvoir voudrait qu’elle soit, incluant sa part de contestation et de contradiction… mais selon les règles. C’est une construction qui est certes un travail de professionnels, car on ne sent pas souvent qu’il y a eu amour ou plaisir à s’en acquitter.

J’aime trop la vérité pour me plaindre de ceux qui se gagnent la vie à nous en offrir, ne serait-ce qu’un ersatz, mais je suis ravi qu’on puisse maintenant la trouver ailleurs que dans ces maisons closes de l’information que sont le Figaro, le Monde et autres dispensateurs d’opinions cousues machine.

Les médias citoyens sont apparus et le monde a changé, puisqu’on en voit maintenant toutes les facettes et non plus seulement celles à la mode, sous éclairage avantageux et avec les miroirs indécents, mais convenables. On y perd en techniques journalistiques,bien sûr, mais ce sont ces astuces rabâchées qui nous menaient à l’impuissance. Elles ne nous manqueront pas.

Vous, les Médias de Grande Réputation, laissez-nous jouir de la transparence. Nous n’avons que faire de votre ambigüité programmée et de la virtuosité apprise de vos scribouilleurs de service. Fermez.

Bien sûr, il y a du talent chez vous, du génie, même… mais les grandes plumes s’en sortiront sans vous. Elles auront leur blog et tiendront salon chez elles. Il y aura toujours une demande, pour les grandes cocottes et pour les grandes âmes inspirées. Mais le temps des bordels est fini.

Les lauriers sont coupés. Cette presse citoyenne que voila va tous les emporter.

Pierre JC Allard

14-12-09

Pas d’autres “Musulmans” en Occident !

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:01

Depuis quelques jours, dans la foulée de cette affaire de minarets en Suisse, on parle beaucoup de racisme en France, en en détournant le sens.   On établit aussi souvent le parallèle Islam-chrétienté de façon qui me semble abusive. Ce que j’en dis ici me semble conforme à la réalité

L’Islam est la plus jeune et la plus “avancée” des grandes religions monothéistes. Elle préconise un seul champ, sans solution de continuité, du politique, du social et du religieux. L’Islam est totalitaire, au sens strict du terme, comme aucune idéologie occidentale n”a pu l’être, car il a fait l’économie d’un détour par l’individualisme et la notion de nation.

L’islam est un engagement total. On ne peut être un Musulman dans le vrai sens du terme et reconnaître une separation entre la religion et l’État qui définirait pour chacun un domaine où il est souverain, les mettant ainsi sur un pied d”égalité. Pour un Musulman, c’est une hérésie.  Dans la problématique de l’Islam, l’idée d’une séparation entre le religion et l’État est régressive et tous les concepts que nous étayons de cette idée de séparation, comme la laïcité, sont simplement non-avenus.

La laïcité est un concept inacceptable pour un vrai Musulman. Il n’y a donc pas de façon dont un bon Musulman puisse être une bon citoyen français ou canadien. Il y a incompatibilité. Aussi longtemps qu’on ne tient pas compte de cette incompatibilité, on est dans l’incompréhension ou l’hypocrisie… et on dit des bêtises. Il est inintelligent de discuter d’une relation Occident-Islam avec des Musulmans à partir des principes et des critères de l’Occident.

J’insiste pour dire que cette vision totalitaire que préconise l’Islam N’EST PAS ABSURDE ni intrinsèquement MAUVAISE. Rien ne dit que ce n’est pas celle qui prévaudra, car notre démocratie, devenue pure corruption, est loin aujourd’hui d’avoir le haut du pavé dans ce débat. Je dis seulement que l’Islam et notre vision occidentale du monde sont incompatibles. Il n’y a rien a gagner à vouloir les faire cohabiter.

La démonstration de l’inacceptabilité  des  Mulsulmans en Occident – se  termine quand on accepte que la fusion entre le religieux et le politique – qui est ESSENTIELLE à l’Islam - fait de tout Musulman un objecteur de conscience à toute gouvernance civile dans tout pays ou ne s’applique pas la sharia. Il ne peut se soumettre de bonne foi aux lois d’un pays comme la France ou le Canada, et ne peut viser qu’à renverser cette gouvernance.  Est-ce le citoyen que l’on veut ?  Comment Le Musulman, qui ne peut reconnaître la légitimité absolue de la loi française en France, aurait-il sa place en France ?

Quand on parle des Musulmans « modérés », on joue sur les mots et on triche. Si un Musulman est modéré au point de vouloir s’intégrer à la vision du monde d’un citoyen  laïque de France ou du Canada, il n’est plus un Musulman. Il est un “laique postislamique”, comme il y a des millions de “laiques postchrétiens” en Occident. Ce n’est pas lui qui fait problème. Il est aussi assimilable que tous les autres qui sont venus et dont les enfants ou petits enfants sont indiscernables des autres citoyens de souche.   Le postislamique est le bienvenu, quel que soit son pays d’origine ou sa couleur de peau.

Le problème, c’est celui qui veut rester un Musulman et est donc imperméable à l’idée de séparation entre la religion et l’État. On ne reglera pas ce problème en jouant sur les mots, mais en disant clairement que ce Musulman n’a pas plus sa place en Occident que je n’aurais la mienne à La Mecque. Je suis en principe passible de la peine de mort si j’entre à La Mecque.

Beaucoup de gens imaginent La Mecque comme le Vatican : un église et quelques dépendances. La Mecque est en fait une ville plus populeuse que Marseille, dont l’existence comme entité civile indépendante de son caractère religieux est niée au point que les non-musulmans n’y sont pas admis.  Comment mieux exprimer que Islam et État sont indissociables ?

Je souligne, encore une fois, que je n’ai pas de querelle avec l’Islam. Seulement avec l’Islam en Occident… Le problème que pose l’intégration de cette minorité en France découle de cette fusion-confusion entre religion et identité. Beaucoup de  postislamiques ne demandent sans doute qu’à être intégrés et assimilés. Ils  se disent Musulmans, simplement parce qu’ils ne savent pas se définir autrement que comme Musulmans !   Problème tragique, car leur volonté d’intégration est perçue par les autres comme une apostasie.

Leur assimilation est alors rendue plus difficile dans le contexte d’une contrainte et de l’ostracisme de leur communauté. D’où cette notion qui semble paradoxale, mais qui est pourtant bien évidente, que l’intégration des “postislamiques” - qui peuvent devenir d’excellents citoyens en France ou au Canada – sera d’autant plus facile qu’il y aura moins de “Musulmans” en France ou au Canada.

Respectons les droits acquis de ceux qui  sont déjà parmi nous…. Mais n’en acceptons plus !

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/170-les-quant-a-soi/

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/173-un-brin-de-causette/

Pierre JC Allard

07-12-09

Le confort douillet

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 1:00

95 234.  C’est la cohorte des nouvelles infirmières de cette année, dont la plupart recevront imminemment leur permis de pratique aux Philippines.  On n’en manque pas. On s’inquiète surtout de celles qui s’ajouteront aux 200 000 qui sont déjà sans emploi.   Chez-nous, bien sûr on en manque.  Le système de santé du Québec ne s’est jamais remis de la grande saignée de 30% de effectifs que l’apprenti-sorcier Lucien Bouchard lui a fait subir en 1996 pour équilibrer le budget.  L’année  où l’on est devenu un pays en voie de sous-développement…

Evidemment, ce ne sont pas les milliers d’infirmières qui ont été poussées vers la porte en 1996 qui nous manquent aujourd’hui ; elle seraient à leur retraite. Il nous manque celles que l’on n’a pas formées, parce qu’on a affamé le système pour qu’il accoutume de vivoter dans l’indigence, qu’il prenne l’allure chétive  d’un réseau du tiers-monde et qu’on s’en trouve satisfait.

Ce qui a été fait… Ce qui faisait scandale est devenu normal. On pavoise quand les taux d’occupation descendent sous 100% dans les urgences, qu’il faut moins de 20 semaines pour voir un spécialiste et moins de 4 heures pour voir un apprenti urgentologue entre deux réanimations, dans un hopital où ne peut être prioritaire que ce qui est terminal.   Nous avons appris a vivre de peu, au risque de mourir de pas grand chose.

Quelques centaines d’infirmières philippines nous feraient beaucoup de bien… Pourquoi ne les avons-nous pas ?  On peut parler des programmes, de formation linguistique, de différences culturelles…  Je publie parfois des articles de fond de 50 ou 100 pages où j’explique le pourquoi des choses.   Mais, il est bon, de temps en temps, de dire les choses simplement :  nous n’avons pas ces quelques centaines d’infirmières qui seraient une bouffée d’oxygène, parce que nous sommes gouvernés par des politiciens corrompus et sans aucun intérêt pour le bien public, assistés de fonctionnaires sans  motivation, sans imagination, vautrés dans le loisir parkinsonien comme des hippopotames dans la boue tiède d’une rivière d’Ouganda.

Aimé Laliberte, qui intervient souvent sur ce blogue et est fort bien renseigné nous parlait, il y a quelques jours d’une nouvelle politique  pancanadienne qui permettra de faciliter le permis d’exercer aux ressources professionnelles  que nous importons parce que nous n’avons pas l’intelligence de former les nôtres.   Parmi ces ressources, des infirmières, bien sûr.  Je n’irai même pas lire cette politique.

Je ne la lirai pas, parce que, pour brillamment qu’elle soit énoncée, elle ne pourra terminer qu’en connerie, car elle est tarée du péché originel : l’absence de volonté d’action et de changement.

Le projet dont notre technocratie a accouché lundi dernier a été conçu en janvier dernier. Il se voulait une réponse à un problème de reconnaissance des acquis  professionnels qui pourrit depuis des décennies.   Il devait être prêt en septembre. Il arrive avec trois mois de retard, mais quelle importance…

Aucune importance et je SAIS, parce que j’ai trainé si longtemps dans cette mouvance de fonctionnaires, de conseillers, de consultants et de politiciens, que PERSONNE, à aucun moment, n’a cru qu’il était important de respecter cette échéance, n’a programmé un calendrier qui aurait laissé penser qu’on pût la respecter… ou n’a éprouvé la moindre surprise ou regret qu’elle ne le soit pas.  TOUT LE MONDE S’EN FOUT.

Comme de tout le reste d’ailleurs.  Chaque politicien pense à la prochaine élection, aux avantages qu’il peut retirer de sa fonction et à son plan de retraite.  Chaque fonctionnaire pense à son plan de carrière, à ses prochaines vacances… et à son plan de retraite. En attendant, on tue le temps dans des réunions où il ne se règle rien, en attendant des décision prises « en haut », venant en cascades de paliers encore plus hauts, par des gens qui ne sont vraiment décisionnels qu’au niveau où leurs agendas sont complètement déconnectés des problémes dont on voudrait qu’ils décident.

Personne ne nous gouverne et l’on ne nous administre que le moins possible. L’alpha et l’omega de notre gouvernance est d’éteindre les feux, de garder les gens tranquilles et de garder ouverts les chenaux qui permettent le flux vers une petite coterie de financiers d’une richesse monétaire qui n’a plus qu’un lointain rapport avec la production réelle.  Pas d’idéal, pas de projet de société. Personne à l’horizon qui aurait les méninges et les couilles de faire un révolution… et donc pas d’espoir.

Que faudrait-il faire pour nous avoir, disons 500 infirmières philippines ?

1.  Choisissez le test DISPONIBLE le plus représentatif de la compétence que l’on veut d’une infirmière au Québec. (3 jours)

2.a  Agencez 10 équipes, composées chacune d’une infirmière  praticienne d’expérience, d’une infirmière bachelière qui connaît bien les méandres de la profession et d’une formatrice/docimologue (2 semaines)

2.b  Envoyez sur place à Manille  3 personnes compétentes – je pourrais vous les trouver – qui respectivement : a) prépareront une campagne de presse et de pub pour inviter  les infirmières a se présenter a un concours pour emploi permanent au Québec b) aplaniront les formalités avec l’administration, et c) organiseront la logistique des entrevues  ( 2 semaines, en parallèle à 2.a)

3.a  Mettez vos 10 equipes au travail en préselection, sur la base d’une lettre de présentation des candidates : 50 dossiers par jours par équipe = 2500 en 5 jours  et en retenir 1 000 (1 semaine)

3.b  Les « 3 personnes compétentes »  continuent d’aplanir les difficulté pertinentes aux enquêtes de securité et formalités générales d’émigration ( 1 semaine, en parallèle à 3.a)

4.a Entrevues individuelles 30 minutes x 1 000 candidates  (2 semaines)

4.b On aplanit les difficulté pertinentes aux enquêtes de securité et forrmalités d’émigration pour les 500 candidates retenues ( 2 semaines, en parallèle à 4.a)

5.a  Formalités et transport vers le Québec (1 mois) ( Avec l’aide des « 3 personnes compétentes »).

5.b  Les 30 ressources (infirmières praticiennes d’expérience, infirmières bachelières et formatrices/docimologues) se répartissent les tâches et produisent un programme permettant  en  3 mois de formation intensive – à 4 heures par jour  de cours  + 4 heures de travail pratique – le meilleur arrimages des compétences des candidates à celles requises pour leur travail au Québec ( 1 mois au Québec, en parallèle à 5.a)

6a   Les  30 ressources ( infirmieres  praticiennes d’expérience, infirmières bachelières et formatrices/docimologues) se répartissent les tâches et voient à a la formation des candidates (3 mois)

6b Les « 3 personnes compétentes » voient au placement et à la logistique d’intégration des  infirmières philippines au Québec.

Tout ça se fait en moins de 6 mois, avec une confortable marge de manœuvre.  Changer Québec par “Madrid” et Philippines par “Andalousie” et c’est ce que faisait le PPO espagnol dans les années 60…

Cela, en supposant que c’est une entreprise privée qui le fait et qu’on lui obtient  les documents necessaires des gouvernements du Canada et du Québec…

On peut essayer de le faire dans la structure du fonctionnariat. Ajoutez seulement au départ deux ou trois ans d’arguties et d’inepties diverses avant de commencer le travail, puis multipliez tous les temps d’exécution par trois (3).

Pierre JC Allard

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