Nouvelle Societe

16-11-09

Placer ses pierres à droite…

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 4:50

Go

Depuis que le président Sarkozy a confié sur Facebook avoir assisté en direct à la chute du Mur de Berlin, il ne manque pas de gens pour dire que c’est lui, dans de précédentes réincarnations, qui a découvert le feu et inventé la roue. Qui sait s’il n’a pas été aussi le premier joueur de Go.

Au jeu de Go, pour ceux qui ne le savent pas, chacun pose des « pierres » sur l’une des 361 intersections d’un grand damier (Goban). Vous entourez complètement les pièces de l’adversaire… Il les perd. Vous gagnez. Simplicité enfantine. Mais les parties de championnat de Go durent des semaines et les joueurs se relaxent en jouant aux échecs…

Quelle stratégie peut bien suivre le Grand Maître Nicolas, dans sa longue partie contre la Gauche, quand il souffle sur les braises de l’identité nationale et fait des appels du pied au FN, dont il a pourtant déjà raflé de la clientèle tout ce qui pouvait l’être ? «Old Nick » — le diable, chez les Anglo-Saxons — a-t-il perdu la main ? Une autre explication est qu’il soit très, très intelligent…

Supposons le scénario — imaginaire, bien sûr — d’une France qui ne voudrait vraiment plus de Sarkozy, avec une Gauche parcellaire qui n’a rien à offrir et, au Centre, un Modem et des Verts qui ne passionnent pas vraiment. Si apparaît un homme charismatique de centre-droit, il peut draguer vers lui tout le Centre loin à gauche et même quelques mécontents néo-gaulliens de UMP à qui l’atlantisme actuel donne de l’urticaire.

Dans ce cas de figure, le sarkozysme qui a fait le plein à droite et reculerait ainsi au centre, pourrait être mis en minorité. Danger ! Où trouver des effectifs de réserve ? C’est là que le véritable Maître de Go montre qu’il connaît bien le goban qu’est France.

L’électorat français, c’est 90 % des citoyens qui se désintéressent totalement de la politique ou ont déjà fait allégeance à un parti. Dans la mesure où les mots ne changent pas pour le dire, ils ne prêtent qu’une attention distraite à ce qui se raconte. Situation statique, où chaque parti cherche prudemment à garder son image de marque, qui est son identification sociale… et aussi une rente de situation. Le jeu politique ordinaire se limite donc à convaincre les 10 % de vagabonds qui basculent et donnent le pouvoir. Par des slogans et des jeux de personnalités seulement. Toucher aux idées est tabou. On ne prend pas de risques.

Il n’y a qu’aux extrêmes du spectre politique qu’on peut prendre des risques, ou au moins offrir une image moins rance que la platitude des éléphants et assimilés. Quand tout va bien, le jeu ordinaire suffit et tout le monde est peinard. Mais si l’on fait face à de vrais problèmes, le jeu ordinaire ne sert plus. Seuls les extrêmes peuvent offrir des solutions miracles. Quand les choses se gâtent, il y a donc une brève période pendant laquelle le peuple VEUT prendre des risques et regarde dans la direction des « extremes »

Quand la population veut prendre des risques, elle va d’abord vers ceux qui lui ont fait miroiter l’utopie dont elle rêvait… et c’est généralement la Gauche. Quant arrive cette prise de conscience, la Gauche a donc un peu de temps pour répondre au rejet de l’ordinaire en offrant de l’extraordinaire et un projet de vrai changement.

Hélas, bien souvent, une Gauche devenue bien pansue a proposé des changements éculés et sans vraiment y croire. Quand vient l’heure où elle est mise en demeure de le faire, elle refuse donc de passer à l’acte, consciente des difficultés, voire de l’irréalisme de ce qu’elle a proposé. C’est alors que la population se tourne vers la Droite. Pas la droite de l’inégalité, celle de la discipline. À la japonaise.

Quand la France se tourne vers la Droite, aujourd’hui, elle voit une jolie femme avec les yeux bleus de Jeanne d’Arc qui a quelque chose à offrir… Disons, des couilles. Il y a une clientèle pour Marine Lepen. Le génie de Sarkozy, c’est de voir que cette situation fait bien son affaire, car la clientèle de Marine est d’abord chez les gauchistes déçus. Pas les gauchistes qui ont trouvé une carte du PS dans leur berceau – ceux-la sont entrés en coma et vont bientôt mourir d’inanition, faute d’une perfusion de rêves crédibles – les gauchistes sérieux. La Gauche du Grand Soir…

Cette vraie Gauche, pour qui le rejet de Sarkozy est devenu viscéral, peut trouver séduisant le discours d’une vraie Droite. Parce qu’il est clair, moral, sans cautèle, anti-élitiste, anti-corruption. L’affaire Mitterrand a peut-être été la paille qui a brisé le dos du chameau, la population prenant conscience que son ennemi n’est pas à sa gauche ou à sa droite, mais en haut: une caste de dirigeants élitistes qui ne lui veut pas du bien et qui la manipule par une illusion de démocratie.

Une certaine Gauche peut trouver le discours de la Droite séduisant, mais aussi CRÉDIBLE, parce qu’il n’y a rien d’incongru à ce que la Droite relève le défi de réaliser des promesses de la Gauche ! Une Droite ne propose pas nécessairement un projet social opposé à celui de la Gauche ; elle propose une manière de faire.

Une Droite n’est pas systématiquement au service des riches. Dès qu’elle le peut, au contraire, elle met riches comme pauvres à leur place et ce sont souvent ces deniers qui y gagnent… un peu ! Ce que la Droite veut, c’est diriger et que les choses se fassent à sa manière. Si la population lui dit clairement ce qu’elle veut, la Droite est souvent prête à tenter de le lui donner et, parce qu’elle prend une approche autoritaire, parfois elle PEUT le lui donner.

Donc, ne pas s’imaginer que la Droite suggérera les horreurs caricaturales dont l’accusent les médias. Le projet de la droite sera séduisant et beaucoup pourront dire oui. Une large part de la population peut vouloir accepter de payer en perte relative de liberté les avantages sociaux et économiques que la Droite lui offrira. L’autoritarisme mène à une catastrophe, mais la catastrophe n’est pas immédiate.

La catastrophe arrive plus tard, quand la démesure implicite au projet que le peuple veut – et que la Gauche lui refuse, précisément à cause de cette démesure — pousse une Droite au pouvoir à des actions plus coercitives pour poursuivre la croissance pyramidale des désirs à satisfaire. Ce sont ces actions coercitives qui finalement brisent le soutien de la population et conduisent à un rejet parfois violent de la Droite

Mais, en attendant, il y a souvent un moment où le peuple est prêt à courir le risque de l’autoritarisme pour sortir du marasme et il y a parfois même un moment de grâce où il est satisfait de la Droite. Jouer avec la Droite est donc dangereux.

Quel avantage a Sarkozy à favoriser une montée de la Droite qui pourrait reprendre les voix qu’il lui a prises? Le gambit de l’UMP, c’est que, ayant le pouvoir, son noyau dur ne la quittera pas : ce sont les extrémistes de gauche qui iront vers le FN. Or, il est hautement improbable que le transport de leurs votes vers la Droite puisse porter celle-ci au pouvoir.

Il est probable, au contraire, que ces votes constitueront un bassin d’électeurs qui, au deuxième tour, viendront appuyer une UMP s’affirmant volontariste et musclée contre tout ce qui serait plus à gauche. Incluant un Villepin de centre droit portant le drapeau des valeurs républicaines et qui serait présenté comme velléitaire.

Il n’est pas exclus que ce soit le choix de 2012.

Pierre JC Allard

09-11-09

La presse citoyenne

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Vivre en société a permis à l’homme la division du travail et l’apprentissage en commun: les deux grands pas en avant qui ont accéléré son évolution. La condition essentielle de cette évolution a été la diffusion de l’information. L’information est le sang d’une société, la communication sa circulation. Une société a un besoin essentiel d’information qui va croissant au rythme où le changement s’y accélère et où les échanges s’y multiplient.

On communique, dans une société, mais émetteurs et récepteurs ne sont pas sur un pied d’égalité. L’auditeur ne peut toujours écouter qu’un seul message à la fois, mais le locuteur peut s’adresser à plusieurs, ce qui est bien utile pour l’ordre et le développement de l’autorité; celui qui parle à le pouvoir et c’est celui qui a le pouvoir qu’on écoute.

Les moyens modernes de communication, cependant, ont tant exacerbé cette inégalité entre la capacité de dire et d’entendre que le citoyen moderne se contente souvent d’écouter. « Informer » — qui est une source cruciale du pouvoir — a été récupéré politiquement par l’État pour devenir propagande et par la structure économique dominante pour devenir publicité. Une situation qui n’est idéale ni pour la propagation des connaissances et donc le progrès de l’humanité ni, surtout, pour l’exercice honnête de cette forme de gouvernance qu’on appelle démocratie.

Elle est Idéale, toutefois, pour l’exercice d’une forme autoritaire de gouvernance. Celle qui peut reposer sur la manipulation de l’information et qui permet donc de respecter la forme extérieure de la démocratie, sans que les citoyens ne s’écartent jamais des choix qu’on veut qu’ils fassent, puisque ces choix sont les seuls qu’ils puissent raisonnablement faire à partir de la vision du monde qu’on leur a transmise.

C’est ce système de démocratie « médiatique » qui prévaut dans nos sociétés occidentales. Cette forme efficace de gouvernance a été compromise par l’avènement de l’Internet qui passe le micro à tout le monde. Le doute s’est installé. Ainsi, le résultat des récentes élections municipales à Montréal, qui a reconduit au pouvoir une administration qui sue la corruption par tous ses pores. Une remise en question s’impose.

L’explication rassurante de ce qui s’est passé à Montréal est qu’il ne s »agit que d’un vice de fonctionnement : les voix du bien contre le mal se sont divisées et un scrutin à deux tours aurait résolu ce problème. Vous croyez ? Peut-être, mais il y a une explication plus brutale. Celle que la population voit le processus démocratique comme une manipulation, ne CROIT plus à la démocratie … et ne vote plus. C’est hélas le raisonnement que semblent avoit fait plus de 60% des électeurs

Le système peut réagir à ce défi par un contrôle plus strict de l’information, ou par une gestion plus pointue des réactions à la transparence. Dans le premier cas, il faut une censure de plus en plus difficile à exercer et une montée progressive de l’autoritarisme. Dans le second, une pression est simplement exercée sur l’interprétation des faits, ce qui équivaut à une transformation ciblée, plus ou moins subtile, des critères éthiques eux-mêmes. Je ne porte pas de jugement sur la valeur morale de cette option.

Il existe une troisième option, qui serait que le pouvoir veuille s’adapter à la volonté populaire, mais elle est trop improbable pour que l’on perde ici du temps à en discuter. Je pose donc l’hypothèse que la seconde solution sera retenue et que le système préférera s’en remettre à sa capacité de parfaire ses mécanismes de manipulation, plutôt que de risquer une dérive ostensible vers le dictatorial.

Si on accepte cette hypothèse, une nouvelle structure d’information peut et doit être mise en place, qui soit manipulable au palier des interprétations, mais désormais VRAIE quant à son contenu objectif et parfaitement transparente. Dans une société technologiquement avancée comme la nôtre, cette structure pourrait être celle décrite ci-après et dont les éléments seraient ceux qui correspondent aux exigences du processus d’information lui-même. Je n’en donne ici que le schéma.

D’abord, il faut capter l’information à sa source, aussi exhaustivement que possible, puis que celle-ci soit universellement diffusée Elle doit alors pouvoir faire l’objet d’une contestation et d’une réponse de la part de tous ceux auprès desquels elle l’a été, ce qui en garantit la véracité et l’authenticité. Cueillette et contrôle exhaustifs exigent que tout le monde ait accès au micro. Quiconque apprend quoi que ce soit doit pouvoir le transmettre librement à tous sans censure, sous réserve d’en porter le responsabilité devant la loi.

Cette liberté d’informer génère une masse énorme de renseignements. Il faut donc que l’information transmise soit organisée et structurée, que les principes de son organisation soient connus de tous et fassent eux-mêmes l’objet d’une diffusion universelle prioritaire. On doit enseigner à trouver l’information avec la même urgence qu’on met à enseigner à lire. Ne pas le faire est une manoeuvre pour garder le peuple dans l’ignorance.

Le véhicule nécessaire et suffisant pour transmettre cette masse d’information est l’Internet. Comprenons bien que rien ne doit interdire que qui que ce soit puisse aussi publier quoi que ce soit, sur Internet ou sous tout autre format, mais tout ce qui est information publique doit être publié par l’État sur Internet. C’est là que s’exprime le droit de l’individu à l’information, droit auquel correspond une responsabilité de l’État d’informer.

L’État s’acquitte de cette responsabilité en posant deux (2) gestes : a) Il fournit à tous les citoyens un accès individuel ou collectif gratuit à Internet ; b) il gère le processus de publication et de structuration de l’information. À quelques restrictions près concernant le respect de la vie privée et la sécurité publique, tout doit être publié. À l’individu de juger par la suite si l’information qu’il reçoit d’autres sources confirme ou contredit celle qu’il reçoit de l’État, auquel cas l’État doit avoir des comptes à rendre.

Dans cette structure, tout le monde peut et devrait être un joueur amateur ; c’est ce qui en garantit la crédibilité. Chacun peut jouer comme reporter apportant des faits bruts, comme journaliste les mettant en contexte et les agençant impartialement pour leur donner un sens objectif, ou comme chroniqueur pour les interpréter et aider chacun à se former une opinion personnelle. Mais à ce jeu, doivent aussi intervenir des professionnels.

Il doit y avoir des reporters de métier, des investigateurs professionnels – autonomes ou regroupés en agence de presse. Il doit y avoir des journalistes chevronnés, capables d’expliquer le sens de ce qui se passe et aussi des chroniqueurs, des experts qui peuvent faire les liens et façonner l’opinion publique en influençant, pour le meilleur ou pour le pire, ceux qui leur font confiance. Ces professionnels doivent être rémunérés. Comment ? Par le biais d’une structure à trois (3) volets.

a) L’État doit créer une agence de presse où travailleront ceux qui veulent se faire un métier de chercher l’information et, au premier chef, ceux qui le font déjà pour les agences ou les médias traditionnels. On réglera avec leurs syndicats les conditions de leur embauche et de leur rémunération. Leur nombre et ces conditions évolueront et nous verrons ci-après comment c’est le public qui en sera le juge. Leurs contributions sont publiés à l’état brut.

b) L’État doit créer une « rédaction » ou salle de presse, à laquelle se joindront tous les journalistes de tous les médias qui choisiront de le faire. Chacun pourra au départ se faire reconnaître dans un ou quelques domaines de spécialité ou d’expertise et sa tâche consistera à écrire sur les sujets de cette compétence à partir des données brutes que fourniront les agences de presse et reporters autonomes, amateurs ou professionnels. Chacun pourra aussi écrire sur tout autre sujet, mais son statut comme auteur sur ces sujets sera celui d’un amateur et non d’un professionnel.

c) L’État doit créer enfin un « aréopage » de chroniqueurs, dont il est entendu que la tâche consiste à émettre des opinions en s’appuyant sur les faits bruts et sur l’interprétation des faits par les journalistes. Les chroniqueurs peuvent être biaisés, mais leur réputation dépendra de leur sincérité à admettre qu’ils le sont. Participeront au départ à cet aréopage les chroniqueurs les plus populaires des médias actuels, mais c’est le verdict populaire qui en modifiera vite la liste:

Que doit-on publier ? TOUT. Quand on ne pense plus papier mais pixels, ce qui peut être publié sur un site de l’État – qui pourrait s’intituler simplement « Information » – n’est plus limité que par ce qu’il est possible de structurer efficacement. Tout ce que publient les reporters, journalistes et chroniqueurs, amateurs aussi bien que professionnels est publié et demeure indéfiniment accessible.

C’est le positionnement, cependant, qui détermine la visibilité relative des nouvelles. Au « Fil de presse » les nouvelles apparaissent par ordre chronologique. Dans la section « Nouvelles », c’est un comité des journalistes qui choisit la préséance d’apparition des articles et leur positionnement de parution de départ, sur une page générale et sur les pages spécialisées qu’on jugera bon de créer. Dans la section « Chroniques », c’est la popularité du chroniqueur au cours de la semaine précédente qui détermine le positionnement initial de ses articles.

Une heure plus tard, cependant, c’est le nombre des lectures qui déterminera le repositionnement d’heure en heure par la suite des articles et des chroniques, selon le nombre de demandes de lectures qu’elles ont reçues dans leurs sections respectives

Les reporters, journalistes et chroniqueurs professionnels devraient toucher un salaire de base auquel s’ajouteraient des primes selon le nombre de demandes de lecture qu’auraient suscité leurs textes. Tout le monde peut, à sa demande, être publié dans « Information », sans préjudice à son droit de publier lui-même sur internet et d’être rémunéré pour le faire , y compris par les lecteurs eux-mêmes.

Les « amateurs » seront aussi rémunérés. Pour chacune de leurs contributions, ils recevront une prime plus modeste, mais au prorata de la rémunération d’un professionnel de la même catégorie – nouvelles ou chroniques – ayant reçu un nombre identique de lectures. Un index alphabétique de tous les auteurs d’articles, amateurs comme professionnels nous donnerait la liste des textes qu’ils ont publiés et nous dirait aussi combien chacun a eu de lecteurs.

La quantité de textes et d’images qui circuleront sans censure rend inévitable que des faussetés soient diffusées et toute image peut être bien tendancieuse, mais la possibilité de commenter sert de protection et un Conseil de presse sera là pour mettre les pendules à l’heure pour une population qui deviendra bien moins crédule quand elle aura cet ancrage solide dans une réalité objective au moins consensuelle.

Cette forme d’autogestion de l’information par les professionnels de l’information eux-mêmes semble la façon la plus pratique d’en assurer l’impartialité, mais il faut y ajouter un contrôle citoyen. La gestion de la publication et diffusion des textes doit donc dépendre d’une Régie autonome de l’Information, sous l’égide d’un « Conseil de presse ».

Ce Conseil consistera en deux (2) sections. La première sera composé de douze (12) citoyens, élus pour la durée d’un mandat (5 ans) renouvelable à l’occasion de chaque élection générale et la seconde de trente (30) citoyens choisis au hasard pour un mois. Ces derniers seront rémunérés pour leur peine à leur revenu actuel plus 15 % et jouiront à la fin de leur mandat du droit inconditionnel de réclamer de leur employeur leur réintégration dans leur fonctions précédentes.

Toute décision du Conseil de presse doit l’être à la majorité de chacune des deux (2) sections. En cas de désaccord, c’est le Tribunal qui tranchera immédiatement et toutes affaires cessantes, tout appel étant entendu lui-meme avec la même priorité.

Nul travailleur de l’information ne sera forcé de se joindre à « Informations », mais on peut supposer que les travailleurs de Quebecor en lock-out – et ceux de Gesca qui pourraient l’être bientôt – trouveraient avantageux d’accueillir cette proposition. Au gouvernement de décider comment il devrait dédommager les journaux et groupes de presse actuels auquel rien n’interdira de poursuivre leurs activités, mais dont il est clair que celle-ci seront perturbées par l’arrivé de ce nouveau media plus crédible… et gratuit

Surtout que, sur le site « Information », il n’y a pas d’autre publicité que celle gratuite, considérée d’intérêts publics. La diffusion de l’information facilitant l’accès des consommateurs aux produits offerts sur le marché est traitée autrement. J’en parle ailleurs – voir le lien – car c’est un tout autre sujet.

Je suis conscient que cette proposition est bien dérangeante et écrase de gros doigts de pied. À peu près tout sera fait pour qu’elle ne soit jamais mise en place. Si vous croyez qu’elle devrait l’être, il faudra donc que vous vous battiez pour qu’elle le soit. Transmettez la RAPIDEMENT à tous les sites et à tous les médias que vous connaissez. Si vous le faites, il y a une chance, seulement une chance, que j’en vois la réalisation de mon vivant.

Pierre JC Allard

02-11-09

Les fossoyeurs de la démocratie

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La population de Montréal a t-elle donné hier son aval à la corruption institutionnalisée ?  Il a suffi que 60% des gens s’en fichent et qu’environ le tiers de ceux qui ont pris la peine de voter ne la voit pas ou la pardonne, pour que la magouille semble reconduite. N’est-il pas clair que  nous pouvous raisonnablement nous attendre à ce que tout continue comme avant, au moins le temps de trouver une autre façon de faire la même chose ?  Quand on aura trouvé, on pourra dire, comme le personnage du Guepard de Visconti. que « tout aura changé pour que rien ne change ».

Est-ce inéluctable ?  Non bien sûr, rien n’est inévitable…  Le maire Tremblay qui ne voyait rien peut maintenant tout voir.  Ses conseillers peuvent tout voir autrement, les habitudes de l’industrie de la construction et des syndicats peuvent être régénérées, la nature humaine peut devenir meilleure….  Rien n’oblige la nouvelle administration de Montreal à persister dans le modèle nauséabond qu’on nous a révélé au cours des dernères semaines. Ne condamnons pas des présumés innocents. Ayons tous la foi, l’espérance… et la charité.

Il reste néanmoins que les Montréalais ont donné  démocratiquement leur aval pour que le même pilote garde la main sur la barre et que les même moussaillons traînent dans l’entrepont   Il est POSSIBLE qu’ils aient eu raison, mais difficile de penser que ce soit probable.  Pourquoi les Montréalais ont-ils fait ce choix un tantinet risqué ?

D’abord… parce que ce n’est PAS le choix qu’ils ont fait ! Les deux-tiers d’entre eux ont voulu que Tremblay parte. La division du vote a voulu qu’il ne parte pas. Un scrutin a deux 2 tours aurait vraisemblablement permis que Harel ou même Bergeron  gagne, au deuxième tour, un duel contre Tremblay.  Ce que nous avons n’est pas vraiment la démocratie.

Cela dit, pourquoi cette faille systemique a-t-elle joué ici en faveur de Tremblay ?  Deux (2) facteurs ont contribué à ce résultat.  D’une part, le clivage ethno-linguistique évident dès le départ et qui rendait Harel inacceptable à la vaste majorité des Anglophones.  Pour triompher de Tremblay, il aurait fallu, soit  que Harel obtienne un pourcentage du vote francophone qui aurait correspondu aussi à une polarisatio ethnique du vote – ce qui n’était  ni probable ni souhaitable –  soit que Bergeron  fasse sauter l’embâcle ethnique et obtienne un appui solide des Anglophones.

Le voeu de ceux qui souhaitaient un changement était que cet embâcle saute et que le vote anti-corruption – francophone comme anglophone – propulse Bergeron en tête.    Tout a fait  réalisable, mais il y avait un danger pour la minorité anglophone que si seul le vote anglophone faisait ce pas,  ce soit Harel qui beneficier du transport des votes anglophones d’un Tremblay alors affaibli… vers un Bergeron qui n’aurait pas la note de passage.

C’était un risque que la communauté anglophone ne voulait pas courir; elle donc resté un temps dans l’expectative. Quand les prises de position contre Bergeron des choniqueurs de Gesca ont convaincu la presse anglophone que l’Establishment québécois  ne laisserait pas tomber le systeme en place – va pour Harel, tout étant  là pour montrer que les même forces resteraient  au  pouvoir, mais pas un facteur imprévisible comme Bergeron  -  The Gazette a jeté son glaive dans la balance et soutenu Tremblay, produisant le résultat que nous avons eu. L’analyse détaillée du vote d’ici un jour ou deux confirmera ce scénario.

Quelle conclusions tirer de ce cafouillage  ?  D’abord modifier le scrution uninominal a un tour qui ne vaut que pour une démocratie bipolaire à l’americaine.  Si les gens commencent à reflechir et qu’on pense à des tierces options, ce type de scrutin n’a plus sa place.

Ensuite, rendre le vote obligatoire, tout en introduisant l’option de refuser tous les candidats. C’est l’inertie qui  a permis à 14% de l’électorat de créer la situation que nous allons vivre. On peut facilement imaginer que la population  qui aurait eu l’obligation de faire une choix n’aurait pas fait celui-là.

Enfin – et surtout – une lueur d’espoir.  En quelques semaines, entre la confirmation par Labonté du cloaque qu’était devenu Montreal et l’élection municipale,  le soutien à Projet Montréal a doublé !  La seule information libre a laquelle l’électeur a eu droit a été celle des blogues, mais la vague Bergeron a  doublé et est monté à 26%, malgré la mauvaise foi et tous les efforts des médias traditionnels.   Il s’en est fallu de bien peu…

C’est sans doute la dernière de ces vagues populaire qui n’aura pas emporté la digue. Il suffit  d’extrapoler la tendance, pour comprendre que la prochaine élection ne se gagnera pas dans le médias traditionnels,  discrédités encore un peu plus  lors de ce scrutin par ces fossoyeurs de la démocratie, comme Alain Dubuc, qui ont traité d’hurluberlu  un candidat auquel finalement aura fait confiance  26 % de la population. Elle se gagnera aur les medias citoyens, où l’on pourra se parler à l’abri de la corruption et de l’hypocrisie de ces pseudo journalistes à la solde d’une presse qui ne veut pas informer, mais manipuler.

Gesca a menacé de fermer ses journaux le 1er décembre.  Tant mieux.   Il y a une alternative à l’Évangile selon Desmarais Je la proposerai ici la semaine prochaine.

Pierre JC Allard

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

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