Nouvelle Societe

26-09-09

Trancher ce chef qui ne sait voir

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

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Comme dans Starmania, « il se passe quelque chose à Metropolis ». Aux Hexagonaux qui pensent que les égouts de Clearstream ont reflué dans la Seine, je dis : consolez vous, on a en a aussi plein les arpents de neige.. Et au pays des grands espaces, c’est toujours plus gros. Pas dans le sens de long et de large, mais dans le sens d’épais et de mal dégrossi…

Pourquoi je vous en parle à vous ? Parce que ça me permet de prendre un peu de distance et de résister à la tentation d’aller lancer des cailloux sur ce balcon d’où de Gaulle a parlé . Mal dégrossi ? Tenez, jugez par vous mêmes. ….

«Aujourd’hui, on a eu l’occasion de démontrer hors de tout doute que c’est un bon projet pour Montréal, que c’est un coût qui est très compétitif à comparer avec Toronto et Ottawa, et finalement, que c’est un processus transparent, qui respecte les règles de l’art» …..

«Le vérificateur général conclut que le contrat a été octroyé dans un contexte qui ne favorisait pas l’obtention du meilleur prix. À l’évidence, il y a eu des accrocs à des étapes cruciales du processus, qui m’apparaissent inacceptables. »

On parle bien du même contrat. Un contrat pour l’installation de compteurs d’eaux, prévu pour 32 millions de dollars au départ et qu’on évalue maintenant à 618 millions… Et c’est bien le même homme qui parle : Gerald Tremblay, Maire de Montréal. La première déclaration est du printemps, la seconde de l’automne ; l’été à porté conseil ? En fait, l’été a apporté bien des critiques, mais une seule a été entendue : une critique assassine du Vérificateur général – pensez Cour des comptes – qui ne laisse pas indemne un seul aspect de ce contrat. Un massacre.

Plein de trous, d’erreurs, de souçons de malversation et de corruption. Surtout, des clauses importantes de ce contrat – le plus important de l’histoire de la ville – ont été modifiées en cours de route, sans que le Comité Exécutif, l’organisme responsable pour la ville en ait été même avisé. Rien de subtil. Cette casserole est une casserole.

Ainsi, le fardeau du financement du projet a été transporté du fournisseur de services, le consorcium GÉNIeau… à la Ville elle-même ! …. Inusité… et un changement qui vaut de l’or pour le fournisseur, quand on parle de centaines de millions de dollar et d’un projet dont la côut initial s’est multiplié par 19 !

Ces faits amènent un chroniqueur vedette du plus grand quotidien de la ville (Yves Boisvert, de La Presse) à paler d’un “ plan croche monté par des gens croches”. – “On n’a pas la preuve“, dit-il, “mais pour qui sait lire, c’est l’histoire d’une collusion et d’un trucage”…. Ca paraît mal… Or, vous ai-je dit qu’il y a des élections à Montreal ce premier novembre 2009 et que le Maire – et toutes les autres créatures politiques mêlées à cette affaire – vont devoir faire face au jugement des électeurs leurs créateurs ? Alors Monsieur le Maire a réagi…

Le Maire Tremblay, a réagi en montrant la porte au Directeur général et au Directeur principal du Service des affaires corporatives, les deux (2) plus importants fonctionnaires de la ville. Deux fidèles de la première heure de sa garde prétorienne politique. Les deux épaules, pourrait-on on dire, que couronne le chef de cette administration municipale. On a donc le scénario traditionnel. Trahi par ses lieutenants, un maire, victime innocente qui n’a rien vu, corrige énergiquement la situation. Circulez, plus rien a voir…

Un scénario d’autant plus crédible, que l’épaule qui aurait dû se soulever pour bloquer ce jab et que le chef ne le prenne pas en pleine gueule n’en est pas a sa première distraction. Le Directeur principal du Service des affaires corporatives qui n’a rien vu n’est pas un inconnu. Avocat, c’est lui, il y a quelques mois, qui avait suggéré qu’on procède à une privatisation partielle de la Société d’Habitation et de Développement de Montréal en s’appuyant sur un avis juridique interne, plutôt que d’en référer à Québec.

Une malencontreuse décision, contestée dès le depart, qui a conduit à des operations troubles et finalement à une enquête policière toujours en cours.

On a donc “ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal” et le maire peut flotter allegrement au dessus des nuages… À moins qu’on ne se demande pourquoi ce premier problème est arrivé sans que le Maire y voit clair… et pourquoi il a laissé en place le responsable, lui permettant une autre erreur à laquelle le Maire n’a pu non plus rien voir… Et quand on se le demande, on voit d’autres faits gênants.

D’abord, les deux “congédiés” ne l’ont pas été, même si le raport du Vérficateur général laisse supposer un faute grave qui l’aurait justifié ; ils sont “partis”… avec une indemnité de départ qui représente au total 426 564 $. Même en leur donnant le bénéfice du doute qu’il ne s’agit que d’incompétence, c’est une bien jolie prime à l’incompétence.

Et ce n’est pas tout… Quand le Chef de l’opposition officielle de cette démocratie quasi parlementaire qu’est la gouvernance de Montréal propose de réunir d’urgence les élus en conseil extraordinaire pour annuler le contrat de GENIeau au plus tôt et limiter les dégâts, le maire s’y oppose. Il préfère que « le contentieux de la Ville se penche calmement sur la procédure d’annulation du contrat... », renvoyant l’annulation du contrat en novembre, après les élections, ce qui occasionnera des millions de dollars de frais supplémentaires aux Montréalais !

Dans cette affaire nauséeuse de plus d’un demi milliard de dollars, ces petits millions paraissent une vétille, mais n’a-t-on pas l’impression d’un vieux film en noir et blanc, quand le cambrioleur qui a embarqué les Rembrandt du château prend le temps de mettre le pot de caviar du frigo dans sa poche avant de quitter les lieux du forfait ?

Jean Cournoyer, un de mes vieux confrères de classe, ex-politicien devenu journaliste, disait hier du Maire Temblay : “Si j’etais lui, je sacrerais mon camp” C’est l’opinion de la plupart des gens que je rencontre, lesquels sembleraient souhaiter qu’il laisse a son parti la chance de présenter un autre candidat… Mais rien ne permet de croire que Gerald Tremblay ne se présentera pas malgré tout à ces élections. On sent chez ceux qui trempent dans cette histoire la désinvolture qui accompagne l’assurance d’une parfaite impunité, comme s’il n’y avait nulle part un pouvoir et une justice qui pourraient intervenir.

Ce qui suscite des questionnements, car ce pouvoir qui pourrait intervnir, c’est celui du gouvernement – Libéral – du Québec. Or le maire est un ancien ministre Libéral, et cette administration qu’on pourrait soupçonner de piller Montréal sans aucune vergogne est une cohorte d’anciens libéraux que Gerald Tremblay y a trainée dans son sillage.

Denis Lessard, comme Boisvert un journaliste respecté, publie aujourd’hui une liste édifiante des liens entre l’administration Tremblay et ce gouvernement de Québec qui devrait la surveiller… et toute une liste de projets qui semblent une caution de cette administration.

Aggravant l’inquiétude, ce Gouvernement Charest à Québec rejette du revers de la main la proposition d’une enquête publique sur les nombreuses allégations de malversations dans le secteur de la construction dont cette affaire de compteurs d’eau semble un simple élément.

On découvre aussi que la firme Pricewaterhouse, dans un rapport de 2006 qu’on avait gardé jusqu’ici bien discret, disait que le processus d’appel d’offre de la Ville était vicié, ne permettait pas une véritable comcurrence et conduisait à ne donner les contrats qu’a une demi-douzaine de compagnies… Comme celles du consorcium GENIeau, par exemple. Ce qui rappelle que le Gouvenement de Québec a aussi la responsabilité de jeter un oeil sur ces procédures d’appels d’offres… On est un peu inquiet.

Alors, chers cousins, une bonne pensée pour nous. Car quand des amis qui vivent pour l’indépendance du Québec me demandent si la Cour Supérieure – une juridiction fédérale – n’a pas un droit de contrôle sur toutes ces choses et si la Gendarmerie Royale du Canada ne pourrait pas en dernier recours nettoyer ces écuries d’Augias, je sens que avons quelques ennuis, nous aussi… Pour cette question de la GRC, j’ai dit que je me renseignerais…

Pierre JC Allard

21-09-09

Délation et bonne conscience

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:32

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Dans l’Essonne, en banlieue parisienne, on va tenter de promouvoir une nouvelle et audacieuse approche pour assurer l’ordre : la délation. Nous allons bientôt entrer dans le signe de la Balance… Nouvelle, c’est vite dit, car d’Adam à Eve et d’Eve au Serpent, on était déjà en pleine délation et, à Venise, on mettait déjà discrètement les médisances « dans la bouche du lion ».

Pas de doute, toutefois que ce ne soit une approche audacieuse. Car alors que l’espion est parfois perçu comme un héros, le délateur, lui, le « stool », la « balance», il a vraiment mauvaise presse… Pourquoi ne denonce-t-on pas fièrement, avec la satisfaction du devoir accompli ? Surtout maintenant que la dénonciation est indispensable ?

Indispensable ? Eh oui… Parce que, contrariant la lecture qu’on a voulu faire de l’évolution du rapport des forces entre l’individu et la société, l’individu ne devient pas sans défense face à la société; c’est la société qui devient d’autant plus vulnérable qu’elle devient plus complexe. La technique moderne permet désormais à chacun de porter dans une mallette, sinon dans sa poche, le virus ou le gaz qui causera à la société un dommage colossal, voire fatal. Depuis le 9/11 et l’incident du métro de Tokyo, on peut tenir ce point pour avéré. Cette société ne survivra que si chacun prend sur lui de surveiller son voisin. De lui sauter dessus s’il y a urgence, au moins de le dénoncer s’il est suspect.

Une sécurité publique qui n’est plus l’affaire de tous n’apporte plus la sécurité qu’on voudrait. Un système de sécurité publique ne peut plus fonctionner correctement que si tous les citoyens sont essentiellement d’accord avec la loi et se sentent solidaires des gestes posés pour assurer son application. La première condition de la sécurité publique, c’est un soutien inconditionnel à la loi.

L’ordre ne peut donc plus être maintenu que s’il existe un large consensus quant à la légitimité du pouvoir et quant à l’équité fondamentale de la loi. Ce consensus est le basilaire, le palier “0″ sur lequel on peut construire l’édifice de la sécurité publique. Une société doit inspirer le respect, être perçue comme légitime et ses lois doivent jouir d’un soutien inconditionnel.

Or ce soutien n’est possible que si une majorité effective de la population croit que la loi est juste. Le citoyen d’une démocratie doit avoir bonne conscience. Dans la société actuelle, il ne l’a pas. Les assises du basilaire sont lézardées et ce soutien inconditionnel n’existe plus. Pour deux (2) raisons fondamentales.

La première, c’est que notre société est gérée par un système dont les règles sont perçues intuitivement comme iniques, puisqu’elles mènent à des injustices intolérables et croissantes. Dans le contexte de misère qui prévaut presque partout, il n’est plus toujours évident de déterminer qui, du “criminel” ou de la société, a le bon droit de son côté. Doit-on faire trébucher l’enfant qui fuit avec un quignon de pain ou le gendarme qui le poursuit ? Ce dilemme est une réalité quotidienne dans les marchés publics des trois-quarts des villes du monde.

Comment demander au citoyen moyen d’être ABSOLUMENT contre le vol, s’il y a des millions d’individus dans la société pour qui le vol est l’unique accès aux besoins essentiels à leur survie? Notre société a bien raison d’avoir mauvaise conscience, parce qu’elle ne fait pas ce qu’elle devrait faire pour assurer droits, gîte, couvert, services et espoirs à tout le monde. Parce qu’elle ne le fait pas, on ne peut lui reconnaître le droit moral ABSOLU de sévir contre ceux qui transgressent la loi, puisqu’il en est qui ne le font que pour en pallier les criantes injustices.

Le mot-clef, ici, est “absolument”. Aussi longtemps que les conditions sont telles que la société et ses lois ne sont pas perçues comme absolument justes, le droit moral absolu pour une société de faire respecter ses lois est remis en question et cède la place à une casuistique. Nul ne sachant plus très bien si chapardeurs, fraudeurs d’impôts, travailleurs au noir et contestataires n’ont pas le bon droit de leur côté, chacun s’arroge le droit de décider au cas par cas du soutien qu’il doit accorder à la loi.

Comment intervenir si on ne sait plus qui a tort, de celui qui s’enfuit ou de celui qui le pourchasse ? Que ce dernier, d’ailleurs, porte ou non un uniforme. Quand on entre dans le champ de la casuistique, on ne peut attendre du citoyen le soutien inconditionnel de la loi. Il en prend et il en laisse. La première lézarde dans les assises de la loi, c’est l’iniquité de la société qui transparaît dans la misère qu’elle crée.

Il y a une deuxième lézarde : l’ingérence indue de la loi dans des domaines où elle apparaît si bête qu’on ne peut que penser qu’elle sert des intérêts sordides. La population accueille avec une immense tolérance les écarts à toutes les prohibitions qui voudraient interdire à des adultes des choix qui ne concernent qu’eux. On ne peut respecter une loi qui s’attaque en priorité à la culture du pavot plutôt qu’au viol des enfants.

Pour que renaisse un soutien inconditionnel de la loi, il faudrait que les lois expriment une volonté collective de justice conforme à la morale des citoyens. Il faudrait d’abord que le crime soit toujours être perçu comme odieux, mais il faudrait aussi que la loi, se bornant à interdire ce qui porte atteinte aux droits et à la liberté, ne se discrédite plus en consacrant la plus grande partie de ses ressources à imposer des prohibitions futiles.

La population a mauvaise conscience et ne soutient plus la loi. Parce qu’elle ne la soutient plus, la sécurité publique semble devenir la seule responsabilité des professionnels de la police et du droit, ce qui fait peu à peu de ceux-ci des éléments étrangers dans le corps social. Des greffons que ce corps rejette. Cette absence de complicité entre les citoyens ordinaires et ceux qui doivent assurer l’ordre pose obstacle à la délation. Elle est aussi le premier pas vers la fin de la démocratie.

La population doute de la capacité – et de la volonté même – de l’État de faire respecter la justice. Pourquoi ceux dont c’est le rôle de protéger la société, résisteraient-ils à la tentation de la corruption, quand le système qui régit la société semble gérer une opération de rapine institutionnalisée? Si ceux dont c’est la mission de maintenir la sécurité publique ne peuvent plus avoir la conviction d’être du côté du bien, pourquoi ne participeraient-ils pas à la curée en utilisant le pouvoir dont ils disposent?

Dans l’imaginaire populaire, les politiciens deviennent corrompus, les gestionnaires vénaux, les policiers pourris et ce n’est plus de la société que vient la protection: la justice est trop lente et trop faible. Cela conduit à la recherche de solutions de rechanges: port d’armes, gardes privés, villes murées. Les modèles d’imitation changent. Les héros de la télévision sont les justiciers privés: les policiers et militaires qui défient le système et font triompher la justice MALGRÉ les ordres reçus.

Cela conduit aussi à une mutation des valeurs, celles-ci s’accommodant d’une nouvelle réalité qui n’est plus tout à fait celle d’un État de droit. Une part croissante de la population, aujourd’hui, ne fait plus confiance à la police ni aux tribunaux. Il n’existe donc plus de solidarité active contre les éléments criminels dynamiques, gangs et mafias de tout genre, pour qui le désordre est une opportunité. L’État de droit n’est plus soutenu que du bout des lèvres et, sans nous en rendre compte, nous allons ainsi droit vers un dilemme entre fascisme et anarchie. C’est dans ce contexte que s’inscrit le refus de la délation.

La réaction de la population dans l’Essonne nous montrera où nous en sommes sur le plan de la bonne conscience. Or soyons lucides. Sans cette bonne conscience, l’insurrection est là, passive… Elle n’attend que le déclencheur pour s’activer.

Pierre JC Allard

16-09-09

Google. La pensée en liberté

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L’Histoire commence avec l’écriture. Dans ce qui vient avant, on cherche des traces, après on lit les signes. Si l’humanité a fait quelques pas depuis 5 000 ans, c’est surtout parce qu’on a pris des notes et qu’on a ajouté une mémoire collective à nos mémoires individuelles. On a vite compris qu’on voyait plus loin si on grimpait sur les épaules des autres. Celles des « géants », comme Bernard de Chartre l’aurait dit et comme Newton l’a fameusement répété. Or, les épaules des géants, ce sont les textes qu’ils nous ont laissés.

Quand est venue l’imprimerie, des nains on pu se joindre aux géants pour amonceler leurs pierres et la pyramide s’est élevée plus vite. Lecture, réflexion, découverte, science, techniques… En haut de la pyramide du savoir, à laquelle chacun peut contribuer, on a trouvé l’industrie et l’abondance. Quand le Timespour marquer l’An 2 000 a choisi Gutenberg comme « Homme du Millénaire », ce n’était vraiment pas bête. Malheureusement, quand le savoir apporte la richesse, le pouvoir est jaloux du savoir.

L’Église, d’abord, s’est approprié le site et a bâti un mur d’interdits : ne montait pas qui voulait à la pyramide du savoir. Pas les femmes, pas les pauvres, pas les autres… Alors la pyramide a grandi, mais moins vite qu’elle ne l’aurait fait si on avait tous pu y grimper et apporter son caillou. Dommage… L’Église est partie, mais il est resté un mur et, même aujourd’hui, ne monte pas toujours qui veut au savoir.

Il y a un guichet et un prix à payer pour lire et savoir. A l’entrée, comme cerbères, il y a la faune des éditeurs, imprimeurs, distributeurs, agents, libraires et que sais-je qui barbotent autour du livre, pour contrôler et faire payer l’accès à l’écrit et à la culture. Oh, il y a bien quelques petits sentiers qui permettent de se faufiler et d’atteindre la connaissance sans payer le prix qu’en exigent ceux qui la tiennent en otage, mais il faut se battre… ou tricher.

Ce qui est inacceptable, car avec l’Internet est venue la possibilité concrète de donner à tous l’accès à toute connaissance et à toute culture. Le temps est venu de la bibliothèque universelle, virtuelle, globale, exhaustive. L’objectif final, c’est que tout ce qui a été écrit et qu’on a conservé, tout ce qu’on a publié et tout ce qu’on publiera soit disponible en ligne.

Pas seulement la littérature, dite grande ou petite, mais aussi les journaux, les périodiques, les manuels et tout le corpus des travaux de recherche scientifique que leurs auteurs souhaitent publier et qui constituent l’état de la science et de la technique. Il faut que tout ça puisse apparaître à l’écran de l’usager et être imprimé à sa discrétion SANS FRAIS. Il est impérieux qu’on abatte le mur et les guichets élevés ceux qui se sont arrogé un droit de cuissage sur l’écriture et sont en fait les geôliers de la culture. Il faut détruire le mur.

Crucial, car si tous peuvent avoir accès à tout ce que la mémoire collective a accumulé, chacun partira de plus haut pour aller poser sa pierre. La pyramide grandira BEAUCOUP plus vite. C’est la voie du progrès, du développement, de l’enrichissement comme du plaisir qu’apporte la culture. L’humain a choisi l’arbre de la connaissance. Il faut en cueillir tous les fruits et inviter tout le monde à table. TOUT ÊTRE HUMAIN A DROIT À TOUTE LA CONNAISSANCE. Nous devons tous avoir accès à tout ce qui a été écrit depuis toujours. C’est notre patrimoine.

C’est le devoir et ce doit être la responsabilité de la société de s’approprier toute connaissance et toute culture et de les mettre gratuitement à la disposition de tous ses citoyens. C’est à l’État, mandaté par nous tous, de rémunérer les auteurs et tous les créateurs pour les motiver à produire plus et mieux, mais la propriété de ce qui est pensé et créé ne peut être que collective et son usage ne peut être que libre pour tous. L’État qui ne le fait pas ne fait pas son travail.

On trahit la culture française en ne le faisant pas, car la prochaine génération ne prendra connaissance que de ce qui aura été numérisé. Or, la Bibliothèque Nationale de France, qui détient 13 000 000 de documents, n’a réussi à ce jour qu’à en numériser que 300 000 en format texte – environ 2% ! – et l’Association des archivistes français déplore la disparition de la Direction des archives de France, diluée dans une « Direction générale des patrimoines de France », dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP)…
Pendant qu’on tergiverse, Google, qui a numérisé 10 000 000 de documents aux USA, presse le pas et part même en croisade pour sauver aussi les « petites cultures », numérisant tout gratuitement, contre l’engagement d’un accès public gratuit. C’est ainsi qu’on est à compléter la numérisation de la bibliothèque de Barcelone, en catalan… Google est le Chevalier qui vient abattre le mur et libérer la pensée. Il y parvient en deux (2) opérations dont les effets se complètent.

La première, c’est cette numérisation de tous les documents écrits. Un travail colossal, mais indispensable dont j’ai parlé il y a longtemps. La deuxième, c’est une procédure pratique et efficace que Google vient d’annoncer, pour rémunérer ceux qui écrivent.

Il était difficile de payer sur Internet de tout petits montants. Google va intervenir pour consolider les petits paiements de chaque lecteur à tous les auteurs… et les versement à chaque auteur de ses nombreux lecteurs. Chaque auteur pourra ainsi devenir autonome et vendre lui-même sa prose, dont Google fait aussi la promotion méthodique. Intelligente. Gratuite.

Aujourd’hui, l’auteur ne touche que 6, 8 ou 10% des 20, 30, 40 euros que coûte un bouquin. Via l’Internet et Google, l’auteur ne touchera peut-être que 1/100e ou 1/200e de centime du mot pour ses écrits, mais à ce prix, des dizaines ou des centaines de milliers, voire des millions de gens voudront le lire…. C’est par là que passe la rentabilité future du métier d’écrivain.

Numérisation et micro paiements permettent de briser les barreaux de la prison et de libérer la pensée. Google, bien sûr, veut aussi numériser la France. À la rage folle de l’élite de ce qui y scribouille. Le Syndicat national de l’Edition française (SNE), ne veut pas comprendre que Google est là pour aider notre vieille connaissance, Quidam Lambda, héritier de la même culture que le SNE et qui paye sa quote-part de son entretien, mais à qui on n’envoie pas des exemplaires gratuits des espoirs au Goncourt et au Renaudot pour avoir son avis.

Le SNE ne comprend pas que QL, qui paye pour ses livres, en a marre de les payer au prix fort, pas pour mettre du beurre sur les épinards des écrivains, mais pour faire vivre la faune des geôliers de la culture. Le SNE qui a visiblement fait le choix de grenouiller et de grouiller, monte aux barricades contre le projet Google.

Le 4 septembre dernier, le ministère de la Culture et de la Communication a adressé“ses observations sur le projet de transaction” au tribunal américain chargé de vérifier la légalité des ententes entre Google et les autres intervenants. Le SNE allégue que l’intervention de Google est “non conforme” au droit de la propriété intellectuelle et au droit de la concurrence.

Même son de cloche à l’occasion des auditions de Google Books devant la Commission européenne : “cette affaire (intervention Google gratuite) pose une question de principe” : le respect du droit d’auteur qui garantit la rémunération des créateurs et fonde la diversité culturelle..

Bullshit (selles de bœuf) ! Tout le monde est pour la rémunération des créateurs. Il faut seulement affirmer que c’est à l‘État de le faire, selon le consensus social et d’assurer ainsi vraiment l’égalité d’accès au savoir et à la culture. Tout le monde est aussi pour la diversité culturelle. Il faut simplement cesser de dire des âneries et favoriser la diffusion des diverses productions culturelles si on veut qu’elles survivent.

Il est temps de dire que, comme vecteur d’un message, enveloppe d’une oeuvre, contenant d’un contenu, le livre est l’accessoire. C’est un bel objet qui a sa place dans les musées, mais Il n’y a plus de raison pour que tout ce qui est écrit ne soit pas accessible à tous. Il faut arracher la culture à ses geôliers qui tirent une rente d’en réclamer itérativement la rançon. Il est temps que l’âme de l’écrit échappe à son enveloppe matérielle et s’envole, immortelle, sur les ailes de Internet. LIBRE.

Vivement la pensée en liberté ! J’aurais préféré que l’État la libère, mais peut-on espérer une bonne action de ceux qui ont imaginé HADOPI. Ici, c’est Google le preux chevalier. On peut trouver que Du Guesclin est laid et dire qu’on n’aime pas les Bretons… mais c’est lui qui vient sauver la France.

Le SNE et ceux qui le soutiennent concoctent une mixture délétère de chauvinisme et de corporatisme qui leur permettrait de momifier la culture francaise. Il faut les ignorer. Tout ce qu’à pensé l’homme est à toute l’humanité. Google va numériser ? Vivement Google.

Pierre JC Allard

11-09-09

Les anticomplotistes

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:38

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En ce 11 septembre, il est bon de se rappeler que tout n’a pas commencé avec la chute des tours du World Trade Center le «911», même si c’est à partir de là que c’est devenu très grave. Il y a toujours eu des gens pour penser que l’explosion du «Maine», le bombardement de Pearl Harbour, le soin qu’on a mis a ce que Hess ne raconte jamais son histoire et mille autre faits pouvaient cacher autre chose. Pour chacun qui l’a pensé, il y a eu quelqu’un pour dire «paranoia!».

À chaque complot vrai ou présumé, il y a ceux qui y croient… et ceux qui n’y croient pas. Il y a toujours eu des gens naïfs qui croient à toutes les rumeurs de complots… et d’autre encore plus naïfs qui pensent qu’il n’y a jamais de complots: les «anticomplotistes». A partir d’un certain seuil, l’anticomplotisme est une forme de stupidité.

Une stupidité, car dès que deux personnes qui visent un but arriment leurs actions et font en sorte que les autres ne le sachent pas, il y a un complot. Toutes les transaction d’affaires sont des complots. Toutes les stratégies sont des complots. La plupart des rendez-vous galants sont des complots et ce qu’on en dit dans les «powder rooms» en révèle bien d’autres…

Penser que les partis politiques relatent des faits véridiques et les commentent en toute franchise, sans autre but que le bien du peuple, est d’une naïveté qui confine à la stupidité. Croire que quoi que ce soit qu’on nous dit est bien «toute la vérité et rien que la vérité» est une faiblesse de jocrisse.

Je suis donc un peu las de voir des gens qu’on souhaiterait plus doués ou moins hypocrites, déchirer leurs vêtements d’indignation quand on leur dit que la crise financière actuelle est un complot. Elle n’est pas un complot parce qu’elle n’est pas bien réelle, mais parce qu’elle n’a pas eu les causes qu’on nous dit et mènera encore moins aux conséquences qu’on nous annonce.

Elle est un complot parce que tout ce qui bouge dans l’univers politico-financier ne cherche pas à la régler, mais à en tirer parti pour ses propres intérêts. Cela vaut aussi pour ceux chez-nous qui proposent des solutions à la crise, en disant le moins possible sur les moyens qu’ils prendront pour la résoudre, ce qui leur donne la plus grande liberté de manœuvre pour danser ça en tango.

Quand vous vous serez jeté dans leur bras, ce sera un pas en arrière aussi souvent qu’un pas en avant… et on vous collera de très, très près. Ne croyez pas trop que vos partenaires vous aiment. Le tango a été d’abord une danse de voyous.

Politicien ou financier, regardez votre danseur mondain dans les yeux: vous verrez «complot» au fond de sa prunelle.

Pierre JC Allard

07-09-09

« J’accuse… »

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Il y a un mois, Olivier Cabanel publiait sur Agoravox un article bien ficelé où il relatait comment une journaliste d’investigation autrichienne, Jane Burgermeister, venait de déposer une plainte auprès du FBI, accusant l’Organisation Mondiale de la Santé, l’ONU, et diverses sommités politiques de vouloir commettre un génocide planétaire par la diffusion des vaccins anti H1N1.

On en a parlé… puis le football et la temperature, Sarkozy et Michael Jackson ont repris la vedette. Entre Melissa Thuriau face à Hortefeux et la fin du monde, il n’y a pas photo… n’est-ce pas… Pas besoin de camisole blanche ni de Haldol pour Jane, la simple inertie humaine aurait du déjà faire oublier ses accusations. Plus c’est gros, plus c’est facile à faire oublier: le meilleur scotome, c’est le patch noir.

S’il n’y avait que Jane Burgermeister à crier au meurtre, on l’aurait donc déja oublié. Mais il n’y a pas qu’elle. Le Web, tout à coup, est plein de references à des scenarios de fin du monde programmée. Le “911″ a l’air d’une simple mise en bouche.

Ainsi, on a 2 410 000 réponses à une recherche sur Google pour «complot/pandémie », mais on trouve aussi 556 000 références pour les « Camps de la Fema », 600 camps « de concentration » aux USA, bien visibles sur Google Earth, avec des entrées caverneuses et des rangées de cercueuils qui attendent par centaines de milliers…. On a aussi 6 760 000 réponses pour « Illuminati.

Oh, on est encore loin de Mahomet (Mohamed) qui vous vaut 31 millions de réponses, des Beatles (49 millions) ou de Jesus Christ (51 millions). On est TRES loin de Michael Jackson, avec 202 millions de références… Mais il est clair qu’il n’y a pas que Jane qui accuse. Ils sont nombreux, dont François Marginean, bien sûr,  à accuser et il semble qu’ils sont des millions à vouloir parler de complots …

Tenez, prenez le docteur MARC VERCOUTERE – qui accuse et qui  est d’une impitoyable  clarté.  Il explique en cinq (5) points: 1 – le H1N1 est très contagieux mais non mortel (type grippe classique). 2 – le H5N1 est non contagieux, mais mortel dans 90% des cas. 3 – les vaccins combinés en cours de fabrication sont conçus pour le H5N1 et le H1N1. 4 – l’adjuvant des vaccins est du MF59 destructeur pour l’immunité. 5 – les antiviraux préconisés favorisent les commutations à savoir la transmission du patrimoine génétique d’un virus mort ou atténué à des cellules saines qui en retour ouvre la voie à une mutation génétique de virus in vivo.

En résumé, si l’on combine le H1N1 très contagieux (non mortel) au H5N1 non contagieux, mais mortel, on obtient un HxNx très contagieux et mortel. Le tout est favorisé par la chute des défenses immunitaires à cause du MF59 et les mutations possibles sont amplifiées par les antiviraux. Eh voila ! La grippe espagnole, la peste bubonique…

Vrai ou faux ? je ne sais pas, je n’y connais rien. Je ne suis pas médecin. Mais ce que dit le Dr Vercoutère est absolument sans ambiguité.  L’accusation est précise. Provocante.  Elle exige une réaction. J’ai fait asez de droit pour savoir que si ce que dit le DR MARC VERCOUTERE n’est pas vrai, il y a matière à lui faire des misères. Pourtant, l’État reste étrangement silencieux…

Il y a aussi le site Artemisia-college qui diffuse une charge ininterrompue depuis des mois, montrant la perfidie des intervenants, les dangers de la vaccination et incitant la population à ne pas s’y soumettre.   Il y en a bien d’autres. Il y a présentement des milliers de Zola sur l’Internet qui accuse l’État, soit de collaborer à une gigantesque escroquerie au profit des compagnies pharmaceutiques, soit, dans un scénario encore bien plus sinistre, de préparer l’extermination d’une large part de l’humanité !

Mais l’État n’intervient toujours pas…  Dire que ‘”C’est trop absurde” n’est pas convaincant.  Surtout ici en France, quand des ministres intentent  des procès parce qu’on les traite de menteurs… Je trouve  choquant que l’État qui dépense un milliard pour des vaccins n’ait pas  cent sous pour nous rassurer…  Je suis perplexe.

Personnellement, JE NE CROIS PAS à un complot pour exterminer une large part de l’humanité. Comme je suis  absolument convaincu, cependant,  que la politique n’est que l’epitome d’un enchevetrement byzantin de complots qui constitue le plus clair de l’activité humaine, je m’interroge. À quoi joue-t-on ?

L’ampleur de la propagande CONTRE la vaccination laisse supposer une campagne bien orchestrée.  Que l’on laisse cette  campagne se dérouler en toute impunité suggère que le gouvernement n’y voit pas de mal.  J’essaie donc de penser à un cas de figure où le système aurait intérêt à lancer une campagne de vaccination… tout en créant une forte résistance à cette campagne…

Je n’en vois qu’un : la volonté de créer une polémique et un panique telles autour da la grippe et du vaccin, que tous les autres événements ne suscitent plus beaucoup d’intérêt et passent au second plan.  De quoi diable voudrait-on à ce point détourner l’attention…. ? Je réfléchis. Si vous trouvez avant moi, vous me le dites, n’est ce pas ?

Pierre JC Allard

05-09-09

Mairofolies

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Une ville, dans le systeme de gouvernance qui prévaut aujourd’hui  au Québec, a bien peu de pouvoirs.   D’abord, elle n’est qu’une créature du gouvernement de Québec qui pourrait légiférer sa mise en tutelle… ou son extinction.  Ensuite, elle ne s’occupe pas des grands dossiers . La politique étrangere, la monnaie, c’est Ottawa. La santé et l’éducation, c’est Québec… alors, souvent, au municipal, on rigole…

Mais Montréal, pour faire les petites choses qu’on lui confie, c’est tout de même un budget de 4 milliards de dollars,  ce qui est l’ordre de grandeur de celui  de Cuba pour s’occuper de presque tout sur son île… ou du PNB au complet de Haïti ou d’une grande partie des pays du monde.   Alors, un peu de sérieux ne fait pas de mal.

http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/31/montreal-labeaume-et-sim-city/

Maire de Montréal, c’est peu de pouvoir, mais une grande autorité… si on parle sérieusement et qu’on est respecté. Le 1er novembre, on va se choisir un maire. On le voudrait sérieux et respecté. Or, ce n’est pas gagné.  Les choix à faire ne sont pas évidents.  Il y a clairement deux (2) candidats dans le peloton de tête – Gerald Tremblay et Louise Harel – mais ils ont tous deux leur handicap.

Gerald Tremblay, le maire en poste, a le défaut que son administration ait prêté le flanc à de sérieuses accusations de corruption. Nul n’a fait la preuve qu’il en ait été le responsable ou le bénéficiaire, mais il a indubitablement l’image d’avoir été naïf  ou négligent.  Inspire-t-il aujourd’hui le respect et la confiance nécessaires ?  Ne suffira-t-il pas d’un candidat minimalement  acceptable pour que population vote CONTRE Tremblay ?

http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/06/le-proces-de-la-sottise/

Louise Harel, la principale rivale du Maire Tremblay, est respectée et perçue comme compétente.  Son handicap ? Être identifiée comme indépendantiste par une large part des anglophones de Montréal et être largement soupçonnée de venir sur la scène métropolitaine continuer  le débat national. Elle a été farouchement opposée à la dilution des pouvoirs du Grand Montréal dans un réseau pyramidal de villes, puis d’arrondissements, dont tout le monde constate qu’il est inefficace, mais dans lequel les minorités voient une protection.   The Gazette ne laissera pas les anglophones l’oublier.

http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/06/le-charme-discret-de-la-zizanie/

Tout indique un clivage de l’électorat selon les critères de la langue et de l’identification politique au palier national. Entre le libéral Tremblay et la péquiste Harel, tout est donc clair et simple.  Mais ça, tout le monde le sait… Les deux partis ont donc vite pris action pour échapper à cette fatalité.   Ils comptent pour le faire sur l’enchevêtrement des mélodies en sourdine de leurs deuxièmes violons.

Louise Harel, dont le point faible est  la communauté anglophone, a obtenu le soutien de Julius Grey, avocat bien connu des causes controversées; elle en sera certes une pour lui dans son propre milieu….    Pour un anglophone qui ne veut vraiment pas voter pour Tremblay – mais qui  ne sait comment voter Harel sans paraître félon – le soutien de Grey sera une excuse acceptable, mais il faudra que Tremblay l’ait vraiment bien déçu.

Riposte de Gerald Tremblay, recruter comme flamboyante seconde Diane Lemieux, grande rivale de Louise Harel au sein du Parti Québécois.  Ceux qui n’aiment pas Madame Harel pourront ainsi voter contre celle-ci sans abjurer leur foi indépendantiste… Avec Grey et Lemieux, on enlève ce que pourrait avoir de choquant une partage “ethnique” des votes, mais on risque de simplement réduire la motivation et d’avoir un absentéisme record.

L’autre scénario est celui du troisième homme  – Richard Bergeron, de Projet Montréal – dont on ne peut mieux définir la position sur la ligne de départ qu’en citant le blogue Rue Frontenac : «  Le meilleur candidat à la mairie de Montréal s’appelle Richard Bergeron. Il n’a aucune chance de gagner, parce qu’il est trop brillant pour jouer la petite game politique …»

Un jugement qui semble une flatteuse accolade… sauf quand on comprend que les Montréalais SAVENT que gérer cette ville va être une petite “game” politique … Quand le candidat Bergeron souligne la roublardise de Louise Harel qui a infiltré le parti Vision Montréal pour en prendre le contrôle et a presque réussi  en faire autant de Projet Montréal, il lui donne aussi involontairement l’accolade, car c’est cette roublardise qui sera souvent nécessaire au Maire de Montreal dans ses tractations avec les autres paliers de gouvernement, ses fournisseurs et ses employés.

Plutôt que de défier ses rivaux sur ce plan de l’astuce, Bergeron a pris pour stratégie de jouer à fond la carte de l’intégrité. Il l’a fait ostensiblement, en  mettant dans son camp camp le juge John Gomery, connu pour son rôle dans la Commission du même nom sur  le scandale des commandites.

Stratégie habile, car si les affaires de corruption dans l’administration municipale font la manchette des médias, il suffirait que le Maire Tremblay perde des points dans les sondages et ne paraisse plus avoir une chance de gagner, pour que le vote anti-Harel de la commuauté anglophone afflue vers Bergeron et le propulse en tête.  Un coup de dés…

Il y a aussi la “quatrième option”, Louise O’Sullivan. Ex-membre du Comité Exécutif, démissionaire du Parti de Gerald Tremblay en  2005, elle est actuellement en retrait. Si les sondages lui donnaient une quelconque importance, toutefois, elle pourrait se rallier à l’un des autre partis à des conditions intéressantes… et ces élections la feront connaître…

Autre chose ?  Il y a Michel Brulé, l’éditeur, qui n’a jamais renié son intention annoncée en mai de se présenter comme candidat à la Mairie de Montréal. Silencieux pour l’instant, mais s’il faisait acte de candidature et capturait  le vote ultra-nationaliste que Louise Harel ne peut se permettre de courtiser, il brouillerait sérieusement les cartes…

http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/07/michel-brule-l’incontournable/

Je meurs d’envie de voir les premiers vrais sondages..

Pierre JC Allard

03-09-09

Dans la boule de cristal

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 9:30

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Bonne rentrée à tous

Alfred Desrochers, poete québécois de l’époque où le rap pouvait encore marcher sur douze pieds, parlait des “jours gris que septembre ramène”.  La visibilité est bien bonne cet automne, le plafond est haut et il semble bien que, comme disait le susdit poete, nous allons parcourir cette saison “nimbés de souffles d’ouragans”.   Au cours des semaines qui viennent, je vais me remettre à l’actualité, car c’est bien MAINTENANT que “ça va se passer”.

Je vais attirer votre attention sur certains dossiers, allant du particulier au général en ajustant mes multifocales québécoises.  Au foyer le plus proche, je vais même parler quelquefois des élections à Montréal. Pour ceux du “75″ et assimilés, ne craignez pas de vous y perdre:  il n’est pas nécessaire de connaître pour comprendre, c’est comme chez vous….  Mon premier article sur ce thème – Mairofolies -  laissera pressentir la couleur.

Passant du municipal au provincial (national) québécois, nous verrons une petite partie de ce que Jean Charest ne fera pas, de ce que  le Parti Québécois privé de son Démosthènes Legault ne dira plus et de ce à quoi l’ADQ sans Dumont ne pensera même pas. Un mot pour les autres, Verts et QS, seulement s’ils se rendent intéressants dans leurs versions respectives de « Rêves d’’enfants »

Au fédéral canadien, nous couvrirons cette élection qui vient et qui, hélas, n’a pas des airs d’insurrection. Nous le ferons avec la même tendresse que met un pit-bull à couvrir une levrette.   Je n’aime ni Harper ni Ignatieff, mais j’essaierai de les détester sans parti-pris, avec équité et équanimité, en ne répétant de chacun que le moins dégueu de ce que l’autre en dira. Je leur trouverai une raison d’être ; peut-etre même un sens: le travail de fiction ne me répugne pas.

En France, c’est le bon sens que je chercherai : le travail d’analyse a aussi ses charmes.  Je verrai donc si les circonvolutions des politiques partisanes permettent d’entrevoir la réalité présente – pas si rigolote – d’une politique dont les éléphants devenus souvent des éléphantes ne pensent qu’a un accouchement en 2012.  Il y aura aussi cet emprunt dont nous parle le Prince-Président. Mais en aura-t-il le temps ?

Derrière la France – ou, de plus en plus, devant la France – l’Europe.  Resserrement à Strasbourg contre un Lothaire américain ?  Il ne faut jurer de rien, mais l’Allemagne fait de timides pas à gauche… Si elle y prenait goût ?  Et le dossier immigration va s’enfler avec la crise ; en Italie peu à peu, peut-être en Angleterre d’un seul coup. Il y a aussi l’hypothèse d’un rapprochement de l’UE avec la Russie qui changerait complètement l’équilibre des forces dans le monde. Pour tout de suite ou pour plus tard ? A suivre avec attention.

Je m’attaquerai, comme tout le monde, à l’énigme américaine.  L’Establishment a-t-il vraiment décidé de mettre au rancart capitalisme et du même coup démocratie pour instaurer une « démocratie » encore moins démocratique ? Si oui, il contrôlera d’abord l’internet, qui devient une sérieuse épine au pied, avant de pousser à plein régime la pression médiatique et d’installer un « état d’urgence » qui ne sera plus un État de droit. Pensez à de grandes marches au flambeaux…

Le signe avant-coureur de l’issue de cette lutte entre les « Anciens » – tenants de la gouvernance par une corruption sans limite – et les « Modernes » du New World Order, qui croient qu’on peut désormais la faire avec des slogans et des menaces.  Il apparaîtra quand on verra l’aboutissement du dossier de l’assurance maladie.  Un autre signe avant-coureur de l’évolution vers une dictature bienveillante sera que, si elle s’installe, je ne parlerai plus que de poésie.

Dans les marches de l’Empire, je jetterai coup d’œil de temps en temps sur ce que font les Japonais, les Indiens, les Brésiliens, les Africains. Et bien sûr, il y a les Chinois…  Mais les cartes maïtresses et cachées du poker qui s’en vient, ce sont deux jokers globaux dont la boule de cristal ne peut pas nous avertir de la valeur d’atout ni des impacts.  Tout est fait et bien fait pour que les vaticinateurs de tout acabit ne puissent pas en prévoir l’usage… sans quoi il n’y aurait plus de jeu…

Premier joker : la nouvelle monnaie, qu’il faudra bien mettre en place si on veut continuer à faire des affaires… La question ici est : QUAND. Quand la substitution aura lieu, j’en parlerai pour dire « je vous l’avais bien dit », mais brièvement, car tout le monde, alors, dira la même chose et il faudra plutôt penser à réajuster tous les autres dossiers.

Deuxième joker : la pandémie annoncée, dont il faudra bien enfin nous montrer si elle est là pour nous faire peur ou pour nous tuer. Si elle a lieu, il faudra tous tenter de se rendre utiles. Ce n’est que lorsqu’elle sera là  que chacun pourra voir comment.  J’en parlerai alors… si on peut encore  en dire quelque chose…

En attendant, il est inopportun de trop s’interroger sur les rats qui peut-être la véhiculent.  Contrairement à ce temple du Rajasthan (voir la photo) où voir et toucher le rat blanc vous promet la version hindouiste de la vie éternelle, découvrir dans la boule de cristal que ce sont certains de nos rats attablés qui propagent cette peste supposée en gestation n’augurerait rien de bon pour les intrépides écornifleurs. Passons rapidement.

Ce qui ne m’empêchera pas les écornifleurs mécontents, dont je suis, de sentir en eux, comme les contestataires du passé : « le frisson batailleur qui crispait leurs poings larges ». Avec ce dernier salut à Desrochers, je me remets au travail.  Souhaitez-moi une longue vie…

Pierre JC Allard

01-09-09

Questions nationales: film nécessaire

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Il faut voir ce film de Roger Boire et Jean-Pierre Roy présenté hier soir 31 août au Festival des films du monde.  Le film prendra l’affiche du Cinéma de l’ONF du 17 au 22 septembre prochains.

Il y a vingt angles sous lesquels on peut aborder la critique objective technique et artistique d’un film, dont aucun, hélas, à partir duquel je deviendrais un observateur compétent. Je laisserai cette tâche à d’autres.  Totale subjectivité, donc, de ce que je veux en dire.  Subjectivité qui n’est pas simplement narcissisme, cependant, parce que  je pense que beaucoup s’y reconnaîtront.  Ce film m’a fait beaucoup de  peine.

Il m’ a imposé un deuil nécessaire.  Pour les gens de mon âge – adultes en 1960  – l’Indépendance du Québec a été le projet qui politiquement nous a définis. Définis si complètement, que nous avons transmis aux générations qui nous ont suivis, la première déjà vieillissante, une vision en blanc et noir d’un avenir que, naturellement, la réalité a ensuite révélée en demi-teintes.  Une vision simpliste d’un monde compliqué.  Le deuil pour moi a commencé à l’enterrement de Bourgault (voir l’image) et se termine avec ce film.

Douloureux, car ce film nous oblige à lever le voile avec pudeur et à identifier la reine morte, mais Il FAUT le faire.  Ceux de ma génération qui se sont impliqués dans cette aventure – nous étions nombreux hier, à cette première, de ceux qui en restent  – ont la responsabilité d’encourager l’autopsie. Ce n’est pas une vivisection.

Les politologues, Balthazar en tête, nous ont fourni des explications bien plausibles pour le fiasco final de la quête pour l’indépendance.  On en trouvera sans doute bien d’autres, mais il est important d’accepter la plus fondamentale : si la jeune fille n’est pas devenue femme, c’est surtout parce qu’ELLE NE LE VOULAIT PAS.

Il eut été gratifiant de la séduire, mais ce n’était pas ce qu’elle voulait.  Au lieu de l’accuser d’inappétence ou de s’accuser de ne pas l’avoir prise, le moment est peut-être venu de se féliciter d’avoir respecté son choix plutôt que d’être passé à la violence. Les Québécois ne voulaient pas un pays. Il se sont perçus dans un autre rôle. Peut-on vraiment prétendre qu’on les aime et les vouloir si différents ?

Les Québécois se sont créé un autre destin ; le défi est maintenant qu’ils s’y complaisent et s’y réalisent. On peut regretter que le Québec n’ait pas vécu les affres et les joies d’une indépendance politique à l’âge où « tout le monde le faisait », mais ne tombons pas dans le piège de vouloir  le faire trop tard. On ne s’amuserait pas et l’on n’y grandirait pas. Le temps des nations est fini ; nous sommes à celui des cultures.

Le film de Boire et Roy ouvre la porte a une entomologie de la psyché des Québécois de la fin du vingtième siècle, mais il a aussi la subtile délicatesse de la remettre dans un contexte qui nous fait sentir moins étranges.  Car il est hors de doute que les Écossais diront non et les Catalans aussi.  Les premiers verront qu’ils ne pourraient partir qu’en abandonnant la dot du pétrole, les seconds que l’Espagne est un bon tapis vert où optimiser leurs mises. Ils attendront l’autonomie accrue qui échoira inévitablement aux régions dans la construction européenne.

Évidemment, Écosse et Catalogne ne sont pas, bien au contraire, les parents pauvres des États respectifs où l’Histoire les a mises en tutelle… mais  serions-nous ceux de l’Amérique, si nous mettions tous nos efforts à devenir plus et mieux  ?  Avoir les oripeaux d’un État a été un désir légitime  pour une nation, mais c’était hier. Avant que chacun dépende de tous… Si vraiment, Québécois, nous nous sentons une nation et que ce désir d’indépendance  a été frustré, le temps est venu de lâcher l’ombre pour la proie et d’apporter une réponse collective – NATIONALE – aux défis d’aujourd’hui.   Ce film devrait encourager cette réflexion.

Pierre JC Allard

La consommation globale

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

Dans une économie industrielle, les consommateurs solvables dont on a surtout besoin sont les travailleurs. On s’attend d’un bon travailleur qu’il consomme ; c’est pour ça qu’on rend sa demande effective en lui payant un salaire qui dépasse le niveau de subsistance. Hélas, le producteur en situation de concurrence veut garder ses prix et donc ses salaires au plus bas et, parfois, il mesquine un peu, avec ses travailleurs. Si on mesquine un peu trop, on risque que la demande globale ne soit plus effective pour acheter tout ce qui est produit.

Au début de l’industrialisation, l’élargissement de la clientèle ainsi que l’augmentation de la demande et de la consommation effectives sont venus tout naturellement. On parvenait facilement à donner plus d’argent à des travailleurs qui n’en avaient pas et à les faire consommer, car l’industrie offrait un revenu plus élevé aux paysans qui arrivait avec l’exode rural et ceux-ci, qui n’avaient rien, voulaient tout. Simultanément, l’augmentation des volumes de production permettait de baisser les prix ; il y avait donc chaque jour plus de gens dont la demande devenait effective. Il pouvait y avoir des déséquilibres, mais on ajustait au cas par cas, au prix de quelques inconvénients parfois tragiques, mais toujours passagers.

Cette situation ne pouvait durer, cependant, car il est clair que si le producteur en position de force ramasse tout l’argent qu’il peut, le travailleur finira par en manquer. Or, le pire scénario, pour les producteurs, c’est que la demande globale ne soit plus « effective », qu’il devienne apparent que les consommateurs en bloc n’auront pas l’argent nécessaire pour acheter tout ce qu’on leur offre. Le pire scénario, car le producteur, individuellement, n’y peut rien : c’est toute la classe des producteurs qui dépend de la consommation de toute la classe des consommateurs.

Pour garder la demande effective, il faut mettre entre les mains de ceux dont les besoins restent à satisfaire en clair, les travailleurs – assez d’argent pour qu’ils puissent acheter tout ce qui est produit. Si le revenu adéquat n’est pas entre les mains des consommateurs, une partie plus ou moins grande de la production ne sera pas vendue et certains, plusieurs ou tous les capitalistes seront ruinés. Il ne suffit donc pas de donner aux travailleurs le seul argent nécessaire à leur survie; il faut aussi, comme Henry Ford l’expliquait avec une géniale simplicité, leur donner l’argent nécessaire pour que soient consommés les biens qu’ils produisent.

La richesse du capitaliste industriel, devient ainsi dépendante du pouvoir d’achat qu’il consent au travailleur/consommateur et le revenu du travailleur ne tend plus vers le “niveau de subsistance” de Malthus, mais vers un “niveau de consommation globale ” qui optimisera l’espérance de gain des producteurs. Le revenu que détermine ce “niveau de consommation” pour les travailleurs, c’est la rémunération minimale qu’il faut leur distribuer pour que tous les biens et services produits par l’économie soient vendus avec profit et consommés.

Maintenir ce niveau de consommation, toutefois, est bien plus complexe que d’abaisser le travailleur à son niveau de subsistance ! Il ne s’agit pas seulement de rehausser le niveau des salaires, même s’il faut commencer par là, mais de mettre le “bon” revenu entre les mains des bons acheteurs potentiels, chacun selon ses désirs d’achat, dans la mesure où ces désirs coïncident avec l’implacable nécessité de maintenir la demande effective pour les biens produits et donc la valeur des équipements qui les produisent.

Cette contrainte de la demande effective pose un frein efficace à la concentration de la richesse dans un régime capitaliste. On ne peut transformer la distribution de la richesse qu’au rythme des objectifs de production et donc au rythme de l’amortissement rentable du capital fixe. Lentement. si la richesse se concentre trop entre les mains de quelques-uns, c’est la catastrophe, car un milliardaire ne consommera jamais, par exemple, même s’il en change vraiment souvent, autant de chaussures qu’un million de travailleurs dont il aura fait des va-nus-pieds.

Si la concentration de la richesse dépossède totalement les acheteurs potentiels de chaussures, les milliardaires qui fabriquent et vendent des chaussures cesseront d’être des milliardaires et rejoindront eux aussi les rangs des déshérités. Pas peu à peu, mais instantanément, car leur fortune ne repose pas finalement sur les équipements eux-mêmes, mais sur la foi inébranlable de tout le monde ou presque en l’existence de milliards de gens qui achèteront des chaussures et les payeront.

Un système économique sous le signe du capitalisme industriel repose sur cette foi qu’il y aura toujours des consommateurs ayant en main l’argent nécessaire pour acheter des chaussures, des voitures, des maisons… Si cette foi se perd il n’y a plus de milliardaires. Il n’y a plus de capitalistes. Il n’y a plus que des larmes, car nous avons vu ce qu’il advient de la richesse du producteur, quand il semble que ses produits ne se vendront pas.

S’il semble que c’est toute la classe des consommateurs qui n’aura pas l’argent nécessaire pour acheter la production globale et que c’est tous les biens qui ne se vendront pas, les conséquences en sont si catastrophiques, que la simple menace que ceci puisse arriver peut créer une panique qui décuple les effets du déséquilibre. On risque la crise. Si la crise vient, le pauvre devra se serrer la ceinture sur une taille mince, mais c’est une énorme panse que devront perdre investisseurs et producteurs.

Pierre JC Allard

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

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