PRÉFACE
Loyaux Serviteurs,
À l’heure où une conjoncture qui nous est particulièrement favorable incite les éléments les plus extrémistes parmi les Puissances à redoubler d’efforts pour créer l’enfer sur la terre, sans compromis avec les Forces d’En Haut dont la position de négociation est à son plus bas niveau depuis des siècles, je suis heureux de saluer l’initiative de diffuser cette lettre de Barabbas à Théophile qui remet les choses en perspective.
Ceux de ma génération, qui ont été présents au Commencement, savent que, quoi qu’on prétende, la vertu a toujours eu – et conserve encore aujourd’hui – un rôle modeste mais essentiel à jouer dans l’équilibre universel. Il n’est pas de mal dont quelque bien ne sorte et nous sommes conscients que ce bien doit être géré. Il doit l’être dans le cadre de la Loi.
C’est ce que nous sommes prêts à faire, nous d’En Bas, maintenant que notre victoire nous en impose la responsabilité, oubliant les luttes passées et l’intransigeance de ceux pour qui la Vie, la Conscience, l’Évolution n’étaient que de peu d’importance en regard des concepts qu’ils avaient créés comme l’Amour, la Vertu, l’Altruisme et autres constructions mentales dont la Nature n’offre pas d’exemples.
Loin de vouloir supprimer ces concepts, nous voulons au contraire les promouvoir, maintenant que le risque est devenu négligeable qu’ils occupent une place trop importante de l’activité humaine. Ce faisant, nous offrons une motivation à ceux dont l’ambition s’émousse et une consolation aux perdants sans lesquels, nous ne l’oublions pas, aucune victoire n’est possible. Nous offrons ainsi aux Forces d’En Haut la paix des braves, un espace de survie avec dignité au sein d’un Univers qui est maintenant nôtre
Rien, mieux que l’émulation entre le Fils de l’Autre et Jésus, ne pouvait montrer comment cet équilibre est possible, entre d’une part ceux qui gagnent parce qu’ils veulent gagner et, d’autre part, ceux qui perdent – mais avec honneur – parce qu’ils mettent leur honneur à perdre. Barabbas, en révélant comment les choses se sont passées en Galilée vers 787 U. C., nous permet de tendre la main à nos adversaires d’En Haut avec magnanimité, au moment où il ne leur reste guère plus que cet honneur. Puissent-ils avoir appris à faire la part du feu.
Votre séducteur
S
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UN MOT DU CIEL
Chers Fidèles et Amis,
C’est avec gratitude que j’ai accepté l’offre que nous a faite l’Éditeur de l’Évangile selon Barabbas d’ajouter ici quelques mots; les occasions de nous exprimer sur la Terre deviennent de plus en plus rares. Je n’en abuserai pas.
Disons d’abord que la publication de la lettre de Barabbas à Théophile nous a pris au dépourvu. Nous ne savions pas que le correspondant de notre évangéliste Mathieu avait, à l’époque, joué un double jeu. Nous ne nous doutions pas non plus que Nicodème et Joseph d’Arimathie aient pu avoir des agendas caché, ni que Gamaliel ait pu être motivé par autre chose que la charité quand il est intervenu en notre faveur. Ce document pose des interrogations, et nous ferons le nécessaire pour que toute la lumière soit faite.
Nous concédons que le Maître de Justice des Esséniens, durant les Événements de 33, n’a pas été ce que nous attendions; nous nions avec la dernière énergie, toutefois, que le Sophiste auquel le document de Barabbas fait allusion ait été notre frère Paul; quelques minutes de conversation avec celui-ci ont suffi pour qu’il nous en convainque.
Quant au fond du débat, la lettre de Barabbas nous rend en fait un grand service en soulignant qu’il n’y a pas au Ciel un Créateur tout puissant qui a voulu les Croisades, l’Inquisition, le fer à empaler, la bombe atomique et le néo-libéralisme, mais un Père qui fait de son mieux pour faire régner la bonté sur la Terre, dans le cadre de la Loi Suprême qui partage le pouvoir entre Lui et l’Autre.
En dissipant ce malentendu, on ramène la question à ce qu’elle doit être. Avons-nous raison, En Haut, de poursuivre cette partie et de tenter de renverser la situation en faveur du Bien, ou devrions-nous admettre que les erreurs initiales de fabrication de la Nature et de l’Homme ont été telles que cette partie est irréparablement biaisée en faveur du Mal et demander une nouvelle donne? Après tout, une infinité d’autres parties ont été jouées et seront jouées au cours de l’Éternité…
Devons-nous continuer à apposer le veto d’En Haut à la solution simpliste qui consisterait à coucher le roi, à passer l’éponge sur 14 milliards d’années d’évolution et à tout reprendre à zéro? Il est clair que les récents événements nous ont forcé à nous poser cette question. Après mûre réflexion, toutefois, nous avons décidé de continuer. Nous demandons encore un peu de patience à ceux qui nous font confiance depuis deux mille ans, mais vous avez ma parole: Jésus reviendra
Le Prince de la Milice Céleste
Michel
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Excellent Téophile,
Plusieurs qui sont devenus des ministres de la parole de Jésus de Nazareth ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous en son temps – et le faisant uniquement en suivant ce qui leur en a été transmis par d’autres – il m’a semblé bon, moi qui en fus le témoin oculaire dès le commencement et ai reçu la parole de la bouche même du Fils de l’Autre, de te les exposer aussi par écrit d’une manière suivie, excellent Teophile, afin que tu en connaisses les aspects les plus essentiels, lesquels sont restés cachés jusqu’à cette heure.
Bar Abbas
Au commencement était l’Autre, et l’Autre était avec Dieu, et l’Autre était Dieu.
L’Autre était au Commencement avec Dieu et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans l’Autre.
En l’Autre était la conscience, Celle-qui-apporte-la-lumière aux hommes.
Celui qui porte la lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres l’ont reçu.
Cette lumière était la véritable Lumière qui venant dans le monde éclaire tout homme.
Elle était dans le monde, le monde a été fait par elle et le monde l’a reconnue.
Elle est venue chez les siens, et les siens l’ont reçue.
À tous ceux qui l’ont reçue et qui croient en son nom,
l’Autre a donné le pouvoir de devenir ses enfants,
lesquels sont nés non du sang, ni de la chair de l’homme, mais de la volonté de l’Autre.
L’Autre s’est fait chair et Il a habité parmi nous.
A suivre – Partie 1