Personne ne parle jamais de la “Quatrième Voie”. La majorité de la population veut rester canadienne, une minorité plus que significative de la population veut devenir québécoise, un petit groupe est à coaguler autour du concept de “monnaie unique” et des bienfaits du libre-échange qui ne tardera pas à nous dire que notre avenir est “américain”… mais au Québec – “pays de langue et culture française”- il semble que personne ne veuille être Français.
Est-ce bien vrai? Ou n’y a-t-il pas une solide conspiration du silence pour occulter cette évidence qu’il n’y a pas que les trois options traditionnelles Quebec-Canada-USA qui s’offrent à nous, mais aussi un quatrième choix d’avenir qui serait de renouer avec notre histoire et de redevenir Français?
Hier soir, veille du 14 juillet, j’ai eu la curiosité de poser la question à quelques amis réunis. La France ? ha… ha… ha! Un canular! Et quand on repose la question sérieusement, c’est non. Non, parce que les Français sont comme ci…, et qu’ils sont comme ça… et qu’ils parlent une langue qui n’est pas tout à fait la nôtre… Bon. Affaire classée? Minute! Après deux verres de vin rouge, ce n’est plus “la France, non”, c’est devenu “la France, si…”. Puis, quand on va au fond des choses et de la bouteille – “in vino veritas” – on s’aperçoit que TOUT LE MONDE ou presque voudrait être Français. Tiens donc!
Et pas seulement les intellos nostalgiques qui sirotent un pastis, ne mangent que du pain baguette et feignent de s’intéresser au Tour de France. Oh non ! On en arrive au même résultat avec le chauffeur de taxi, les cols blancs, les cols bleus et toute la gamme des cols roulés… On y arrive même plus vite avec eux – et le verre de vin en moins – car la vérité vient plus naturellement aux gens simples. “La France? Oui, si… “
Si quoi? Quand on enlève une à une les pelures de réticence, on en arrive à des vérités qui ne font pas plaisir. Oui, devenir Français…, si on se sentait de taille à occuper un espace culturel valable dans une France où le Québec trouverait sa place. Oui, devenir Français, si les Américains nous “laissaient partir” (sic). Oui… si la France et les “vrais” Français voulaient de nous… . C’est avec des “si” comme ceux-là qu’on ne va pas à Paris.
Un peu navrant, vous ne trouvez pas? Comme si le grand tabou à toute discussion concernant l’hypothèse d’un rattachement à la France venait du refus de nous avouer à nous-mêmes un sentiment viscéral d’infériorité et une peur morbide de nos voisins anglo-saxons. Un sentiment d’infériorité qu’on veut cacher sous une fierté affichée avec cette énergie qu’on met à défendre les causes qui ne sont pas évidentes.
“Je suis fier d’être Québécois”! Oui, bien sûr, qui en doute? Mais on est ni plus ni moins fier d’être Bourguignon ou Provençal, ce qui n’empêche pas d’être Français. Est-ce que nous ne pourrions pas être tout ce que nous sommes, ne rien renier de ce que nous avons été … mais renouer avec Saint-Louis, Voltaire et Napoléon et nous offrir ainsi l’encadrement le plus “porteur” pour devenir le mieux de ce que nous pourrons être? On ne parle pas assez de la Quatrième Voie: la France.
L’encadrement le plus porteur pour l’avenir du Québec, c’est la France et, derrière la France, l’Europe. Un Québec qui serait la troisième région économique de France – après Paris et Rhône-Alpes – n’aurait à rougir de rien. Bastion avancé en Amérique du Nord d’une Europe dynamique, nous verrions les entreprises non seulement françaises mais allemandes, hollandaises, etc. s’établir chez-nous pour y préparer la conquête du marché des USA. Pas seulement pour des raisons de proximité et de logistique, mais aussi et surtout parce que nous connaissons à fond la langue, les lois, les coutumes de ce marché USA. Être des Français (Européens) en Amérique serait infiniment plus profitable pour les Québécois que d’être les partenaires juniors de l’ALENA.
Et la culture? Alors, là, c’est la voie royale! Le problème culturel fondamental pour l’avenir du Québec francophone n’est-il pas son incapacité à assimiler la masse des immigrants qui viennent ici se substituer à une relève que notre faible taux de natalité ne produit pas? C’est ce problème qui rejoint et amplifie celui d’une minorité irrédentiste au Québec qui choisit de ne PAS être de culture francophone. Or le problème de l’assimilation serait totalement réglé si le Québec était la France.
D’abord, un immigrant qui arrive en France (au Québec) ne pense pas à autre chose qu’à devenir Français: si c’est l’Amérique-USA qu’il veut, il ne tardera pas passer la frontière de nuit et l’on n’en entendra plus parler! Ensuite, la question du bilinguisme ne se posera même pas. On pourra toujours, dans un beau geste de générosité, maintenir des services en anglais pendant quelques années; mais ce sera une période de grâce et il n’y aura pas de malentendus à ce sujet.
Enfin, notre propre assimilation à la France d’Europe dans le respect de notre spécificité sera facilitée par un phénomène de migration interne Québec-Hexagone qui prendra une ampleur considérable, à la mesure des mythes dont les deux populations actuelles s’affublent. Des dizaines de milliers de Parisiens viendront chercher leur “cabane au Canada”… alors qu’un nombre sans doute similaire de francophiles inconditionnels chez-nous se hâteront d’aller la-bas réaliser leurs fantasmes culturels.
Ce brassage de population sera bénéfique pour tout le monde. Même les “accents” qui nous séparent tendront à converger. Avec un peu de chance, Antenne -2 se rapprochera du français international de Bernard Derome et Lucien Bouchard s’exprimera un peu plus comme Giscard d’Estaing. Pasqua et Jean Chrétien ne changeront sans doute pas de langage, mais une langue sûre d’elle-même peut bien tolérer un peu de folklore.
Une bonne campagne médiatique – on pourrait l’appeler “Opération Roussillon”- et je serais curieux de voir les sondages sur une souveraineté-association… avec la France.
Allons ! Défions toutes les Bastilles! Pensez “France” et passez un joyeux 14 juillet… et sans rancune pour ce pavé dans la mare des options OUI et NON qui stagnent depuis quarante ans.
Il faut arrêter le vin rouge et boire un peu plus de Coca, ça vous évitera de sérieuses désillusions, amis Québécois. Si vos ancêtres ont fait le grand saut de l’autre côté de l’Atlantique avec tous les risques que cela comportaient, c’était certainement pour d’excellentes raisons. Il me semble que depuis les choses ne se sont pas améliorées, ici, côté vieille Europe décatie, et que c’est certainement pas le moment de défaire ce que vos courageux ancêtres ont construit. Amicalement!
Comment par Scheiro — 14-07-09 @ 12:33
Que la Wallonie belge et le Quebec se mettent ensemble d’accord sur les conditions de leur rattachement a la France !
Comment par Vincent — 14-07-09 @ 12:33
@ Scheiro & Vincent
Disons que je ne suis pas totalement sérieux sur les possibilités de rattachement du Québec à la France. Notre économie est si liés celle des USA que ce serait séparer un délicat familier de son grand frère siamois… Mais on peut toujours rêver le 14 juillet. Et qu’est-ce que cette incitation malveillante à passer du vin rouge au Coca ?
) Pour la bière, d’ailleurs, avis aux Wallons que nous sommes maintenant prêts à jouter…
PJCA
Comment par pierrejcallard — 14-07-09 @ 1:47
Une cabane au Canada, oui…
Une cabane à Québec, difficile, plutôt un dossier à la DPJ en guise de bien venue…
Après 3 ans d’activité dans l”entreprise que j’ai crée avec mon épouse québécoise, moi le français plein de culture, je suis catalogué “violent” pour avoir discipliné une de mes fille en publique (sans violence). Nous avons été harcelés par la DPJ, après que j’eu donné mon point de vu et ma position culturelle sur l’éducation des enfants…Résultat : ils ont menacé ma femme de placer nos enfants et de l’accuser de complicité de sévices, et tout cela après l’avoir emmenée (en mon absence) et cloîtré pendant 2 semaines dans une maison d’accueil…..
Au lieu de faire du racolage auprès des français, pour tenter de comblé le vide démographique
que vous avez créé en abusant vos enfant et plus tard en créant l’outil salvateur et abusif qu’est la DPJ ( « ou protection de la jeunesse ») , informez donc le reste du monde de votre xénophobie viscérale et votre haine de la culture française.
Les québécois sont des nord américains qui parlent français et qui ont bien du mal à apprendre d’autres langues à cause d’un joual qui à la vie dur…..
Un français refusera toujours la régression quelle qu’elle soit, et s’est pour cela que les québécois on le sentiment que nous sommes inaccessibles dans ce projet absurde de approchement culturel. Alors, la seul conclusion que j ‘ai si souvent entendu lorsque je m’arrêtait pour faire le plein de ma Delta 88 coupé sport s’impose : Hostie de français !
Tabarnac ! T’as tu vu ça, lui ? Avec sa grosse minoune ? Y se crois chez eux ce maudit français……
(Non et non, il n’y a pas de fautes de français, c’est juste du joual)…..
Minoune = voiture de collection…..allez donc comprendre…..
Daniel
Comment par Daniel — 29-07-09 @ 1:54
@ Daniel: Nombreux sont les “pure-laine” nostalgiques du temp où l’on disciplinait les enfants et la DPJ ne fait pas l’unanimité. On attend notre affaire Outreau.
http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/033-au-tour-de-la-dame-de-coeur/
PJCA
NB: La partie joual est impeccable. Vous vous adaptez. Les erreurs de français sont dans les paragraphes précédents
Comment par pierrejcallard — 29-07-09 @ 8:58
Je réagi en tant que français ayant vécu à Saint-Pierre et Miquelon et avec la connaissance du Québec et des québécois que me confère cette proximité géographique passée.
Un Québec français serait une vraie bouffée d’air frais pour les français bougons et trop fiers. L’apport de le culture et de l’Histoire québécoise nous apprendrais à nous voir en perspective. Et je pense que le mélange culturel et l’apport philosophique plus “humain” de la mentalité québécoise serait une bénédiction pour nous en France.
Bien sûr j’ai goûté au Québec lors de transitions et de séjours de plaisance mais ça à toujours été un ravissement et je m’empresse toujours de parler avec eux quand je croise des québécois perdus à Paris.
Comment par Mowgli Montier — 30-07-09 @ 5:36
Je souhaite juste un monde sans frontières, sans protectionnisme contre les biens/services/individus et ça suppose sans privilèges.
Ma copine vient de la province juste de l’autre côté de la frontière avec le Languedoc-Roussillon (où on y parle la même langue pour des raisons historiques) mais c’est tout une affaire bureaucratique pour la faire venir au Québec. Elle n’aura pas droit aux mêmes facilités qu’il y a pour une ou un Français
Tous comme les Irlandais au dernier référendum sur le Traité de Lisbonne (leur avis changera-t-il?), je me vois mal accepté que le pouvoir glisserait encore plus loin des individus, probablement centralisé à Paris.
Tout comme eux, je dis non aussi à des lois sur le principe de précaution, qui a forcé des opérateurs en téléphonie mobilee à retirer des antennes parce qu’on croit que ça peut être néfaste… sans preuves scientifiques.
http://www.wikiberal.org/wiki/Principe_de_pr%C3%A9caution
La solution: viser juste moins de réglementations, pour tous les pays avec lesquels on veut se rattacher individuellement.
Ça nous coûtera encore moins cher d’aller voir les amis à Caen, à Paris, à Marseille, à Perpignan …ou bien ceux à Londres, Barcelona ou Séoul.
Comment par Mathieu — 01-08-09 @ 7:07
@MW: Nous savons bien que pour des raisons économiques le Québec ne peut se joindre à la France/Europe. Mais on le fait un par un… Je suis à Paris en aôut et tout à fait adapté. J’explique l’histoire de France aux vrais étrangers
)
PJCA
Comment par pierrejcallard — 03-08-09 @ 3:58
@ Mathieu:
Tôt ou tard toutes les frontières sauteront, mais pour l’avenir proche, je vois surtout une Europe de la Manche à Behring… avec les Anglo-saxons qui reviennent quand les USA auront terminé leur convalescence…
PJCA
Comment par pierrejcallard — 03-08-09 @ 4:01