Nouvelle Societe

31-07-09

Evangile de l’Autre – 1

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PARTIE  1

JEAN

Jean, ayant rendu témoignage de Jésus et non de l’Autre, a été à l’origine de tout. Du temps d’Hérode, roi de Judée, il y avait un prêtre, nommé Zacharie, de la classe d’Abia; sa femme était d’entre les filles d’Aaron et s’appelait Élisabeth. Ils n’avaient point d’enfants, parce qu’Élisabeth était stérile, et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, pendant qu’il s’acquittait de ses fonctions selon le tour de sa classe, Zacharie fut appelé par le sort, d’après la règle du sacerdoce, à entrer dans le Temple pour offrir le parfum. À l’heure du parfum, toute la multitude du peuple était dehors, en prière,

À l’intérieur, Zacharie se tenait debout, à droite de l’autel des parfums, quand un Messager lui apparût. Zacharie fut troublé, mais le Messager lui dit: “Ne crains point, Zacharie, ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jean. Plusieurs se réjouiront de sa naissance car il sera grand. Il prêchera afin de préparer au changement ceux-là qui doivent changer.”

Zacharie dit au messager: “A quoi reconnaîtrai-je cela, car je suis vieux et ma femme est avancée en âge? ” Le messager lui répondit: “J’ai été envoyé pour t’annoncer cette bonne nouvelle et tu n’as pas cru à mes paroles. Elles s’accompliront en leur temps, mais toi, tu seras muet jusqu’au jour où ces choses arriveront, afin que, par ce prodige, le peuple tout entier apprenne à croire. Car, sans la foi du peuple, rien ne serait possible.”

Le peuple attendait Zacharie, s’étonnant de ce qu’il restât si longtemps dans le temple. Quand il sortit, il ne put leur parler et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le temple; il leur faisait des signes, mais restait muet. Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s’en alla chez lui et, quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte puis donna naissance à Jean.

Quand son temps fut venu, dans la quinzième année du règne de Tibère César, Jean, le fils de Zacharie, alla vers le pays des environs de Jourdain, prêchant, comme tant d’autres avant lui, le baptême de repentance pour la rémission des péchés.

Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.

À ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui, il disait: “Race de vipères! Qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car, je vous le dis, de ces pierres même Dieu peut susciter des enfants à Abraham! La cognée est déjà à la base des arbres: tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.”

La foule l’interrogeait, disant: “Que devons-nous donc faire?” et Jean, comme les Prophètes, leur répondait: “Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point; que celui qui a de quoi manger agisse de même.” Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent: “Maître, que devons-nous faire?” Il leur répondit: “N’exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné.” Des soldats aussi lui demandèrent: “Et nous, que devons-nous faire?” Il leur répondit: “Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne; contentez-vous de votre solde.”.

Le peuple était dans l’attente et, reconnaissant dans la bouche de Jean le message des Prophètes, tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Mais Jean les détrompa et leur dit à tous: “Moi, je vous baptise d’eau et de repentance; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers ! Il porte la lumière et vous baptisera de feu. Il nettoiera son aire, séparera le bon grain de l’ivraie et amassera le blé dans le grenier de ses enfants.”

Vinrent de Jérusalem des prêtres et des Lévites pour lui demander: “Toi, qui es-tu?” et Jean leur répondit: je suis la voix de celui qui crie dans le désert: “Aplanissez le chemin du Seigneur”, comme l’a dit Isaïe, le prophète. C’est ainsi que Jean préparait le peuple au changement, en lui adressant des exhortations. Mais Jean ne savait pas qu’il annonçait la venue du Fils de l’Autre.

Tout le peuple se faisaient baptiser par Jean à Béthanie, au-delà du Jourdain, et j’y étais quand Jean, voyant Jésus venir lui rendit ainsi témoignage. “Celui qui m’a envoyé m’a dit: ‘ Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et s’arrêter, c’est celui qui baptise du Saint Esprit ‘. Je ne le connaissais pas, mais j’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et s’arrêter sur celui-ci. Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.”

Mais moi, Barabbas, je sais que ce jour, à Béthanie, l’Esprit s’est aussi posé sur le Fils de l’Autre qui était là également dans la foule. Sans aucun prodige, sans aucun signe dans le ciel. Car si le message de Jésus exigeait des miracles, celui du Fils de l’Autre -étant tout entier conforme à la Loi – n’en pouvait admettre aucun .

Moi, Barabbas, je rends témoignage selon ce que j’ai vu et ressenti, que le Fils de l’Autre a alors compris sa mission de sceller la Nouvelle Alliance avec un nouveau Peuple Élu, de rompre avec tous les messages de tous les Prophètes et de créer l’Homme Naturel nourri des fruits de l’Arbre de la Connaissance.

Moi, Barabbas, j’ai vu, de mes yeux vu, le baptême et la genèse du Fils de l’Autre, celui que certains appellent Satan mais qui est le Sans-Nom-aux-cents-noms. Le Fils de l’Autre qui est aussi, sans qu’on le sache:

Fils de celui qui le premier fit d’une pierre une arme, d’un silex un couteau, d’un bâton un javelot, d’une corde un lasso;

Fils de celui qui découvrit qu’un âne peut tirer un chariot, qu’un boeuf peut tirer le soc, que le cheval peut porter un harnais et que tout être humain peut aussi être asservi;

Fils de celui qui le premier prétendit se concilier les dieux et établit son pouvoir en sacrifiant au feu la colombe, l’ennemi vaincu, la vierge innocente;

Fils du premier qui dit: “ceci est ma terre, celui-ci est mon esclave, cette chose est à moi, cette femme m’appartient” et fit qu’on le crût;

Fils de celui qui décréta que l’or vaut plus que le pain, et que celui qui possède l’or est plus grand que celui qui sème, que celui qui récolte et que celui qui boulange;

Fils de celui qui le premier, mettant son sceau sur le parchemin ou la cire, put convaincre que la cire et le parchemin valaient maintenant richesse, force, puissance, justice;

Fils de celui qui établit que la richesse, même mal acquise ou volée, mérite un intérêt qui sans cesse dès lors l’agrandit, la multiplie, la perpétue;

Fils du premier conquérant, du premier geôlier, du premier tortionnaire, du premier avocat, du premier banquier;

Fils de Prométhée qui apporte le Feu, fils de Lucifer qui apporte la Lumière, fils de l’Autre dont le service est de ne pas Servir et qui, transformant ainsi l’UN en DEUX, apporte la Conscience et la conscience du mal.

Le lendemain, Jean, qui était là avec deux de ses disciples, vit Jésus qui passait et dit encore: “Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde, celui dont j’ai dit: ‘ Après moi vient un homme qui m’a précédé, car il était avant moi ‘ “. Les deux disciples l’entendirent prononcer ces paroles et ils suivirent Jésus.

Moi, j’ai suivi le Fils de l’Autre. Parce qu’il m’a regardé.

L’ANGE

Je le suivis de loin, car il m’en intima l’ordre d’un regard: il voulait être seul. Prenant conscience de sa mission, le Fils de l’Autre voulait mettre sa résolution à l’épreuve. Pendant quarante jours, il réfléchit près du Jourdain après quoi il se mit en marche. Un ange lui apparût bientôt qui lui dit: “Vois cet enfant aveugle qu’on a abandonné sur le bord de la route. Porte le jusqu’au prochain village où on l’accueillera. Il ne t’en coûtera qu’un léger effort et cet enfant vivra.”.

Le Fils de l’Autre lui répondit: “Ange, tu as erré trois fois. Cet enfant, d’abord, ne serait pas accueilli au village qui n’a que faire d’un aveugle de plus; ensuite, le serait-il qu’il serait un fardeau inutile et ne doit pas survivre; enfin, tout effort est trop grand qui ne rapporte rien. Il sera écrit: ‘ Toute parcelle de bien vous perdra ‘; ce n’est pas la pitié qui apportera la lumière aux Hommes”.

Continuant son chemin, le Fils de l’Autre arriva à une rivière près de laquelle une foule nombreuse attendait avec impatience qu’accoste enfin le bateau passeur qui ne suffisait pas à la demande et auquel il faudrait des douzaines de voyages pour les transporter tous. Allant droit vers la berge en écartant ceux qui faisaient la file, il sauta dans la barque d’un bond agile avant qu’elle n’atteignit la rive et, prenant la perche des mains du passeur, repoussa le bac loin du bord. – “Va” – dit-il à ce dernier lui rendant la perche – “Fais ton travail; conduis nous à bon port.”

- “Mais, Maître” – lui dit le passeur – “Pourquoi ne pas emmener quelques-uns de ces paysans qui attendent depuis si longtemps? Et de quel droit es-tu passé devant eux tous, n’est-ce pas injuste? Et combien me payeras-tu?”

- “Ange” – lui répondit le Fils de l’Autre – “je t’ai reconnu. Je n’ai emmené aucun de ces paysans parce que, si j’avais pris le temps de le faire, ils auraient eu le temps de m’empêcher de partir. De quel droit suis-je passé devant eux? Dis-moi plutôt de quel droit serait parti avant moi l’un ou l’autre de ces paysans? Le fait d’attendre lui aurait-il conféré ce droit, alors que la bonne décision n’était pas d’attendre mais d’agir, comme ce qui est arrivé en a fait la preuve? Quant à te payer, je suis plus fort que toi et tu n’as pas un ami sur l’autre rive: sois heureux que je ne jette pas à la rivière. Il est écrit: le soleil luit pour l’injuste comme pour le juste. Ce n’est pas la justice qui apportera la lumière aux Hommes.”

À peine eurent-ils atteint le rivage, que Fils de l’Autre se sentit transporté au faîte du Temple de Jérusalem, d’où l’Ange lui montra en un instant tous les temps à venir. – “Fais-en seulement le voeu” – lui dit l’ange – “et tous les gens de toutes les époques recevront l’abondance et le bonheur en ton nom et te béniront loyalement pour toujours.”

- “Va-t-en” – lui répondit le Fils de l’Autre – “et ne crois pas même me tenter. Car que m’importe qu’ils me bénissent, si je n’ai pas eu la force de les façonner à mon image? Crois-tu que je veuille l’illusion plutôt que la réalité du pouvoir? Et ne parle pas de la loyauté qui est l’ultime faiblesse, le dernier obstacle à la vraie puissance, laquelle ne doit ni ne peut rien devoir au passé. Ce ne sont pas les mythes “gratitude”, “vertu” et “loyauté” qui apporteront la lumière aux Hommes.”

Après l’avoir tenté de toutes ces manières, l’ange comprit que les temps de l’Illusion étaient révolus et s’éloigna de lui. Le Fils de l’Autre, attendant que j’eusse aussi franchi la rivière, vint alors vers moi et, m’ayant narré les feintes de l’Ange et ses propres réponses, pour la première fois m’enseigna la Vérité: la pitié est une faiblesse, la justice est un leurre, l’illusion du pouvoir le plus grand obstacle au pouvoir. Ensuite, revêtu de la puissance de l’Esprit, il retourna en Galilée où je le suivis.

NAZARETH

Il se rendit d’abord à Nazareth, où il avait été élevé, et entra dans le souk le jour du marché. Inconnu, mais achetant de chacun des objets peu coûteux dont il ne discutait pas le prix, il se fit vite reconnaître comme un fils de la place qui avait réussi. Le lendemain, à la synagogue, pour lui faire honneur, on lui demanda de lire et commenter le livre du prophète Isaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il est écrit:

“L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur.”

Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient le regard fixé sur lui. Alors il commença à leur dire:

- “Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. Je parlerai peu, car il a été dit: “A beau mentir qui vient de loin”; je vous annoncerai seulement la bonne nouvelle: désormais, quiconque en cette ville peut et veut travailler recevra un salaire et il n’y aura plus d’autres pauvres que ceux qui méritent d’être pauvres. À tous ceux qui ont le coeur brisé, j’offre de guérir leur blessure par l’espoir et l’ambition. À tous ceux qui sont captifs, j’offre d’acheter leur liberté, en travaillant encore plus fort. À ceux qui sont aveugles, je promets que nous chercherons un remède à leur mal et prierons ensemble pour qu’ils attendent sereinement leur guérison. Aux opprimés je promets que nous veillerons à leur enseigner la résignation et à vous tous ici, qui êtes l’élite de cette ville, je promets que j’intercéderai auprès de César – que je connais – pour que vienne le temps de la grâce: que vos taxes soient réduites, que vous deveniez plus riche et que votre situation et votre pouvoir ne soient jamais contestés”.

Et tous ceux qui, ayant pouvoir, sont ceux-là seuls dont l’opinion importe, lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de miel qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: ” Mais de qui donc d’entre nous cet homme si sensé est-il le fils? ” Mais il ne leur dit pas. Car nul n’est prophète en son pays s’il ne s’entoure d’un mystère. Il leur dit plutôt que tout Israël attendait son message et qu’il devait partir, mais qu’il reviendrait bientôt, car il était des leurs.

S’étant levés, ils applaudirent et l’escortèrent jusqu’à la porte de la ville. Nombreux étaient ceux qui voulaient le suivre, mais il ne leur permit pas, n’acceptant avec lui que le fils unique et un peu simplet d’une riche veuve, laquelle lui confia du même geste son héritier et les dix talents d’or qui étaient sa fortune. Il fit de celui-ci mon valet, en me disant de lui transmettre du message du Fils de l’Autre ce que je jugerais qu’il en pourrait comprendre.

C’était peu, mais ce fut suffisant pour que ce premier disciple s’en montrât content. Ce qui était important, car le Fils de l’Autre ne voulait personne à ses cotés qui ne fut satisfait et ne parût heureux. ” Le succès d’un prophète” – m’avait-il dit -”se mesure au sourire de ses disciples. Car c’est celui qui a la joie qui consent au sacrifice, pas celui qui vit la douleur et en a déjà sa quote-part.”

Quittant Nazareth, le Fils de l’Autre descendit ensuite vers Capharnaüm, s’arrêtant dans chaque village, et sa renommée se répandit dans tout le pays d’alentour. Il enseignait dans les bazars et il était glorifié par tous. On était frappé de sa doctrine, car il parlait avec autorité. Partout des gens voulaient le retenir, afin qu’il ne les quittât point, mais il leur disait: “Il faut aussi que j’annonce aux autres villes la bonne nouvelle, car c’est pour cela que j’ai été envoyé”. Puis nous partions

LES APÔTRES

Alors que parcourant la Galilée en attirant des foules de plus en plus nombreuses nous avions fait halte un soir près de Génésareth, le Fils de l’Autre m’éveilla au lever du soleil. – “Vois, Barabbas, comment le message du Fils de l’Autre se précise sans que diminue pour autant l’enthousiasme avec lequel il est accueilli. L’heure est proche à laquelle la Vérité pourra être dite.”

Comprenant que ce que j’avais cru être une amélioration de son discours venant de l’habitude était la libération prudente d’un message déjà complet – et que ce qui m’avait semblé normal lui paraissait merveilleux, le remplissant d’une confiance accrue en sa mission – j’osai l’interroger: “N’est-il pas évident, Rabbi, que la clarté entraîne l’accord et que mieux l’on explique, mieux l’on est compris et accepté?”

Il sourit avec indulgence: -”Ne crois pas que ce soit là chose ordinaire, Barabbas, car un langage imprécis permet à chacun de retrouver dans le message ce qu’il veut y trouver; tous sont facilement ainsi mis d’accord sur ce qui confirme ce qu’ils souhaitent déjà. Au contraire, la clarté engendre la discorde, car elle souligne les différences entre les désirs divergents de ceux qui écoutent. La clarté rend aussi le message pénible à entendre, car elle montre ce qui doit être changé et il en est peu qui ne soient rebutés par la nécessité d’un effort. Il sera dit: “Il n’est pas de tâche plus ardue que de changer l’ordre établi”. Or, la clarté menace l’ordre établi en en montrant les failles; c’est pourquoi le discours clair ne peut être reçu que s’il colle de si près à la vraie nature humaine qu’il puisse susciter l’adhésion de tous sans éveiller la moindre résistance.”

- ” Et c’est bien ainsi que tu parles, Maître ” – lui dis-je avec respect.

- “Oui, Barabbas, tu as bien dit; le message du Fils de l’Autre est bien, en vérité, le discours que veut entendre tout homme. Et si tous n’y ont pas encore adhéré, ce n’est pas que sa clarté les en avait dissuadés mais, au contraire, parce que la forme de ce discours n’avait pas encore atteint sa perfection. Maintenant, c’est fait. Sois prêt, Barabbas, car l’heure est proche où la Vérité sera dite.”

- “Je suis prêt Seigneur” – lui dis-je.

- “Alors, Va” – me dit-il – “Retourne vers ces villes de Galilée dont tant de gens ont voulu nous suivre et dis publiquement à ceux que voici – (et ce disant, il me tendit le rouleau où étaient déjà inscrits les noms de ceux qui deviendraient ses apôtres) : ‘ le Maître t’a choisi; viens ! Laisse tout et suis-moi ‘.

- “Pourquoi me croiraient-ils, Maître?”

- “Tu leur montreras les dix talents de la veuve que je te confie, et tu diras: ” Le salut d’Israël ne se fera pas sans toi. Viens. Viendras-tu pour cet argent, ou pour l’amour du Maître?”. Ils te suivront.

- “Mais si un seul prend l’argent, Seigneur, qu’offrirai-je au suivant?”

- “Nul à qui l’on a dit qu’il était indispensable ne se vend au premier prix qu’on lui offre; ils ne le prendront pas.”
- “Mais s’ils refusent de me suivre?”

- ” Nul ne refuse de suivre celui qui lui offre cent fois ce qu’il croyait valoir; ils te suivront. Et, quand ils seront tous les dix à ta suite, hors de la ville, tu leur diras: “Le Maître m’a fait votre chef à tous; y en a-t-il un parmi vous qui le conteste?” Personne ne le contestera, puisque tu seras devenu pour eux celui par qui leur viendra la richesse.”

J’acquiesçai respectueusement et il continua: – ” Dans chaque ville, dans chaque village où tu passeras, dis aussi à tous: “Le Maître, qui s’entoure maintenant de ceux qu’il a choisis, parlera bientôt de la Vérité à tous ceux qui veulent entendre. Venez.”"

- “Combien en viendra-t-il, Maître?” – “Autant qu’il y a de gens en ces villages de Galilée qui, sachant que quiconque offre dix talents pour un homme ordinaire en mettra mille pour établir sa Vérité, voudront savoir ce qu’ils peuvent en tirer pour eux-mêmes. Ils seront nombreux et le Fils de l’Autre n’a rien à dire à ceux qui ne viendront pas. Va, pars.”

Je partis de Génésareth au soleil levant et tout se passa comme il l’avait dit. Je revins le septième jour avant la sixième heure, suivi des dix qu’il avait choisis et d’une multitude d’hommes et de femmes de tout âge, des familles entières s’étant jointes à la cohue dès qu’il fut devenu apparent que nous serions nombreux. La rumeur s’étant répandue qu’un richissime homme de bien, ami de César, allait sauver Israël, beaucoup vinrent même de villages où le Fils de l’Autre n’avait pas prêché, du Décapole et d’au-delà du Jourdain, du nord de la Samarie et de la proche Syrie.

Nous étions désormais Douze que le Fils de l’Autre avait choisis:

Un Pharisien, de haute lignée et impeccable réputation;

Un prêtre, ancien du Sanhédrin, qui savait tout de la Loi de Moïse;

Un Scribe qui connaissait mieux que quiconque le droit des Romains et celui des gens;

Un Publicain qui savait compter, savait qui comptait, et à qui tous devaient des faveurs;

Un Centurion romain qui avait vu Tibère et auquel on obéissait sans réplique;

Une Courtisane à qui nul n’avait jamais dit non;

Un Éphèbe androgyne qui n’avait encore jamais dit oui;

Un Commerçant de Tyr qui savait le prix des gens et des choses;

Un Sophiste juif hellénisé qui pouvait expliquer n’importe quoi;

Un Essénien qui, sans qu’il se crût prophète, apportait la caution de l’Avenir et du Mythe.

Avec ces Dix, il y avait aussi le fils simplet de la veuve aux dix talents et moi, Barabbas, ancien esclave et affranchi, voleur de bourses, coupeur de gorges, pilleur de tombes, galérien en fuite, et désormais leur Chef à tous et vicaire du Fils de l’Autre, puisqu’il en en avait ainsi décidé.

A Suivre  - Partie 2

30-07-09

Evangile de l’Autre – 0

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PRÉFACE

Loyaux Serviteurs,

À l’heure où une conjoncture qui nous est particulièrement favorable incite les éléments les plus extrémistes parmi les Puissances à redoubler d’efforts pour créer l’enfer sur la terre, sans compromis avec les Forces d’En Haut dont la position de négociation est à son plus bas niveau depuis des siècles, je suis heureux de saluer l’initiative de diffuser cette lettre de Barabbas à Théophile qui remet les choses en perspective.     

Ceux de ma génération, qui ont été présents au Commencement, savent que, quoi qu’on prétende, la vertu a toujours eu – et conserve encore aujourd’hui – un rôle modeste mais essentiel à jouer dans l’équilibre universel. Il n’est pas de mal dont quelque bien ne sorte et nous sommes conscients que ce bien doit être géré. Il doit l’être dans le cadre de la Loi.

C’est ce que nous sommes prêts à faire, nous d’En Bas, maintenant que notre victoire nous en impose la responsabilité, oubliant les luttes passées et l’intransigeance de ceux pour qui la Vie, la Conscience, l’Évolution n’étaient que de peu d’importance en regard des concepts qu’ils avaient créés comme l’Amour, la Vertu, l’Altruisme et autres constructions mentales dont la Nature n’offre pas d’exemples. 

Loin de vouloir supprimer ces concepts, nous voulons au contraire les promouvoir, maintenant que le risque est devenu négligeable qu’ils occupent une place trop importante de l’activité humaine. Ce faisant, nous offrons une motivation à ceux dont l’ambition s’émousse et une consolation aux perdants sans lesquels, nous ne l’oublions pas, aucune victoire n’est possible. Nous offrons ainsi aux Forces d’En Haut la paix des braves, un espace de survie avec dignité au sein d’un Univers qui est maintenant nôtre 

Rien, mieux que l’émulation entre le Fils de l’Autre et Jésus, ne pouvait montrer comment cet équilibre est possible, entre d’une part ceux qui gagnent parce qu’ils veulent gagner et, d’autre part, ceux qui perdent – mais avec honneur – parce qu’ils mettent leur honneur à perdre. Barabbas, en révélant comment les choses se sont passées en Galilée vers 787 U. C., nous permet de tendre la main à nos adversaires d’En Haut avec magnanimité, au moment où il ne leur reste guère plus que cet honneur. Puissent-ils avoir appris à faire la part du feu.

Votre séducteur

S

***

UN MOT DU CIEL

 

Chers Fidèles et Amis,    

C’est avec gratitude que j’ai accepté l’offre que nous a faite l’Éditeur de l’Évangile selon Barabbas d’ajouter ici quelques mots; les occasions de nous exprimer sur la Terre deviennent de plus en plus rares. Je n’en abuserai pas.

Disons d’abord que la publication de la lettre de Barabbas à Théophile nous a pris au dépourvu. Nous ne savions pas que le correspondant de notre évangéliste Mathieu avait, à l’époque, joué un double jeu. Nous ne nous doutions pas non plus que Nicodème et Joseph d’Arimathie aient pu avoir des agendas caché, ni que Gamaliel ait pu être motivé par autre chose que la charité quand il est intervenu en notre faveur. Ce document pose des interrogations, et nous ferons le nécessaire pour que toute la lumière soit faite.

Nous concédons que le Maître de Justice des Esséniens, durant les Événements de 33, n’a pas été ce que nous attendions; nous nions avec la dernière énergie, toutefois, que le Sophiste auquel le document de Barabbas fait allusion ait été notre frère Paul; quelques minutes de conversation avec celui-ci ont suffi pour qu’il nous en convainque. 

Quant au fond du débat, la lettre de Barabbas nous rend en fait un grand service en soulignant qu’il n’y a pas au Ciel un Créateur tout puissant qui a voulu les Croisades, l’Inquisition, le fer à empaler, la bombe atomique et le néo-libéralisme, mais un Père qui fait de son mieux pour faire régner la bonté sur la Terre, dans le cadre de la Loi Suprême qui partage le pouvoir entre Lui et l’Autre.

En dissipant ce malentendu, on ramène la question à ce qu’elle doit être. Avons-nous raison, En Haut, de poursuivre cette partie et de tenter de renverser la situation en faveur du Bien, ou devrions-nous admettre que les erreurs initiales de fabrication de la Nature et de l’Homme ont été telles que cette partie est irréparablement biaisée en faveur du Mal et demander une nouvelle donne? Après tout, une infinité d’autres parties ont été jouées et seront jouées au cours de l’Éternité…

Devons-nous continuer à apposer le veto d’En Haut à la solution simpliste qui consisterait à coucher le roi, à passer l’éponge sur 14 milliards d’années d’évolution et à tout reprendre à zéro? Il est clair que les récents événements nous ont forcé à nous poser cette question. Après mûre réflexion, toutefois, nous avons décidé de continuer. Nous demandons encore un peu de patience à ceux qui nous font confiance depuis deux mille ans, mais vous avez ma parole: Jésus reviendra     

Le Prince de la Milice Céleste

Michel

***

Excellent Téophile,


Plusieurs qui sont devenus des ministres de la parole de Jésus de Nazareth ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous en son temps – et le faisant uniquement en suivant ce qui leur en a été transmis par d’autres – il m’a semblé bon, moi qui en fus le témoin oculaire dès le commencement et ai reçu la parole de la bouche même du Fils de l’Autre, de te les exposer aussi par écrit d’une manière suivie, excellent Teophile, afin que tu en connaisses les aspects les plus essentiels, lesquels sont restés cachés jusqu’à cette heure.

 

Bar Abbas

 


 

Au commencement était l’Autre, et l’Autre était avec Dieu, et l’Autre était Dieu.
L’Autre était au Commencement avec Dieu et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans l’Autre. 
En l’Autre était la conscience, Celle-qui-apporte-la-lumière aux hommes. 


 

 

Celui qui porte la lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres l’ont reçu. 
Cette lumière était la véritable Lumière qui venant dans le monde éclaire tout homme. 
Elle était dans le monde, le monde a été fait par elle et le monde l’a reconnue. 
Elle est venue chez les siens, et les siens l’ont reçue. 

 

 

À tous ceux qui l’ont reçue et qui croient en son nom, 

l’Autre a donné le pouvoir de devenir ses enfants,

lesquels sont nés non du sang, ni de la chair de l’homme, mais de la volonté de l’Autre.

L’Autre s’est fait chair et Il a habité parmi nous.


A suivre – Partie 1

29-07-09

À Paris, au mois d’août

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

Bonjour à tous

Ou cours des prochaines semaines, je ne suivrai pas l’actualité avec toute l’attention que je devrais sans doute y accorder.  Hier, je vous proposais un petit résumé succinct de ce que devrait être une Nouvelle Société. Je vais vous laisser sur cette réflexion et ne reviendrai sérieusement que le premier septembre,  avec de nouveaux commentaires sur l’évolution d’une crise qui, hélas, ne laisse présager rien de bien bon…

Durant ce mois qui vient, cependant, je ne laisserai pas cet écran vide. Je vais publier diverses choses qui peut-être vous intéresseront. Commençant demain, par exemple , je vais présenter ici par tranches, comme un feuilleton, en cinq (5) épisodes, un petit bouquin que j’ai publié il y a quelques années et qui pourrait vous distraire. Il s’agit d’un pastiche. Une “religion-fiction” en forme d’Évangile, qui colle de très près au style et au déroulement des synoptiques et en reproduit donc certaines longueurs au début… mais avec une conclusion bien différente…

Après, on fera autre chose, mais restant dans le léger ou l’ultra-léger, à moins que les choses ne se gâtent vraiment et que je ne reprenne du collier pour suivre  les péripéties de la fin du monde, ce qui me semble improbable. Qui aurait le mauvais goût de nous mettre un coup d’État à l’affiche au mois d’aout ! Donc, commençant demain…

Evangile de l’Autre

selon

Barabbas

Avec une préface par Satan lui-même

et

Une mise au point de l’Archange Michel

Bonne lecture… et faites moi tout de même vos commentaires

PJCA

28-07-09

299 Ce serait quoi, une nouvelle société ?

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

Une Nouvelle Société se définit par une nouvelle façon de produire, de gouverner et d’offrir des services à la population. Elle ne découle pas d’une idéologie, mais est construite de façon empirique, pour répondre au besoin de mutation d’une société qui a maîtrisé l’industrialisation et atteint l’abondance, mais où se sont développées des malformations structurelles et des dysfonctionnements dont les signes les plus apparents sont la misère et la violence

Misère et violence briment l’évolution de la société et en mettent en péril la survie même. Ils sont les produits d’inégalités extrêmes dans la société, plus marquées que celles qui résulteraient de la simple volonté de l’être humain d’avoir sans cesse davantage, suggérant que ce n’est pas seulement l’égoïsme qui en est la cause, mais que sont aussi à blâmer la paresse et une certaine inintelligence de la situation, de ses effets négatifs, de son évolution prévisible et des correctifs qu’on pourrait y apporter.

Ceci est une bonne nouvelle, car on ne changera pas la nature humaine, mais on peut souvent inciter les gens à faire moins de mal par inadvertance… si on ne leur enlève rien et que le bien ne leur demande pas plus d’efforts. C’est de cette façon qu’une Nouvelle Société va s’imposer : en montrant qu’on peut faire les choses autrement, que tout le monde y gagne et que personne n’y perd.

Une Nouvelle Société est démocratique, mais par-delà la démocratie elle est libertaire, favorisant les appartenances identitaires. Elle est tolérante et permissive, la culture y étant vue comme un patrimoine collectif, mais son développement comme l’expression de la volonté populaire. L’État assure la sécurité et l’ordre public en mettant l’accent sur la prévention et la protection, plutôt que sur le châtiment et la réhabilitation. La résolution des conflits est immédiate et gratuite, reposant sur une justice d’équité et souvent sur l’arbitrage.

La Nouvelle Société est entrepreneuriale, mais garantit à tous un travail et un revenu adéquat. L’État n’y produit pas lui-même des biens et services, mais en assure la disponibilité et en contrôle la qualité. Les ressources naturelles y sont exploitées dans l’intérêt commun, il est mis fin à leur gaspillage inutile et l’environnement est protégé, mais une Nouvelle Société est essentiellement humaniste et Gaïa y reste au service de l’Homme, non l’inverse.

Les bases de l’éducation sont un corpus exhaustif des connaissances ouvert à tous, une relation personnalisée entre un enseignant et un apprenant et une reconnaissance modulaire des acquis. La santé repose sur une relation permanente entre l’individu et son médecin, à laquelle interviennent au besoin des spécialistes, mais où le patient est toujours le capitaine du navire. L’État prend en charge le coût des services essentiels, mais par capitation, en respectant le libre choix des utilisateurs de services et en y soumettant la rémunération des fournisseurs.

La propriété privée est respectée, personne n’est spolié et la richesse n’est pas confisquée, mais les ressources financières globales sont mises en mouvement au profit de l’entrepreneuriat. L’enrichissement passif, par la simple accumulation d’intérêts, est contrecarré par une politique financière qui rembourse la dette publique, accepte une inflation contrôlée et facilite le crédit, de même que par une politique fiscale qui taxe le capital plutôt que le revenu ou la consommation.

La technologie la plus moderne est appliquée sans retard. L’Internet est rendu gratuitement accessible à tous, devenant le véhicule privilégié pour l’information publique, les communications en général entre les individus et les relations entre l’État ou l’Administration et les citoyens. L’État d’une Nouvelle Société remet périodiquement en question toutes ses méthodes comme ses politiques et a un préjugé favorable en faveur du changement.

Une Nouvelle Société ne peut naître que dans un État développé ou en voie de vrai développement imminent, mais son but est de devenir globale, servant de cadre à une confédération mondiale qui respecte les diverses cultures. Son programme inclut donc que soient consacrés les efforts nécessaires pour que les pays sous-développés soient aidés en priorités à atteindre au plus tôt le seuil à partir duquel les principes et les méthodes d’une Nouvelle Société pourront y être implantés.

Pierre JC Allard

27-07-09

298 Non aux PPP ? … Ô Felix Culpa..!

“O felix culpa quae talem et tantum meruit habere redemptorem”…

Beaucoup de théologiens on brodé sur le thème de l’”Heureuse Faute” d’Adam et Eve, le péché originel, source de tous nos déboires, étant récupéré pour sauver la face de la divine providence et présenté comme une bonne affaire pour l’humanité qui y aurait trouvé l’occasion d’un sublime dépassement….

C’est le genre de raisonnement qui me donne le gout de frapper violemment des têtes de théologiens sur des murs de briques, mais ce n’est pas mon propos d’aujourd’hui. Je veux plutot parler ici de l’”heureuse crise” actuelle, qui semble être arrivée à point pour éviter à la société québécoise une extraordinaire bêtise qui, à terme, nous aurait sans doute fait plus de mal que les virevoltes en Montagnes Russes des Bourses de Toronto ou de New York.

Heureuse crise, car la ministre des Transports, Julie Boulet, vient de confirmer que, la conjoncture n’y étant pas favorable, on annule le processus qui devait conduire au choix d’un consortium privé pour la rénovation/construction en PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ. (PPP) de l’échangeur Turcot. Il semble bien qu’il en ira de même pour les autres projets du même genre dont nous étions menacés.

Pour comprendre que c’est une bonne nouvelle, il faut voir que, dans le contexte québécois, des PPP sont, disons… un peu incongrus

Il y a divers types de PPP, mais le plus connu est un projet mixte où l’État s’associe à des intérets privés, en apportant le contrat, la crédibilité, la clientele et une part non négligeable de l’expertise… tandis que la firme privée y ajoute aussi une expertise, mais surtout son nom et son désir sincère de faire du fric et de le distribuer avec générosité.

C’est dans le tiers-monde que ces associations ont permis les plus spectaculaires opérations. La variante la plus juteuse est celle ou une compagnie française, américaine, canadienne, etc. s’associe au gouvernement d’un pays-hôte étranger pour construire un port, un métro, un service public quelconque, en acceptant en paiement les revenus d’exploitation du dit service durant une période a négocier: 20 ans, 30 ans, 50 ans…

Bonne opération pour la compagnie, qui va faire pas mal de profits. Bonne affaire, aussi, pour le gouvernement du pays-hôte, lequel peut réaliser un projet qu’autrement il n’aurait pas eu les moyens d’entreprendre, parce que son partenaire privé – la firme étrangère- va lui apporter les fonds. Fonds qui, bien souvent, seront prêtés ou donnés par le gouvernement du pays d’origine de la firme étrangère.

Dans ce scénario, la population du pays-hôte va jouir d’un service qu’elle payera cher pendant longtemps, mais qu’autrement elle n’aurait pas simplement pas eu, tandis que son gouvernement se fera du capital politique et que ses politiciens et fonctionnaires toucheront souvent de généreux pots de vin. On pourrait dire que le dindon de la farce est le contribuable du pays donateur, mais il a généralement été informé de la politique d’aide au développement de son propre gouvernement; voyons-le donc plutôt comme un mécène.

Pourquoi ce scenario n’est il pas aussi intéressant si on pense à un PPP pour contruire une autoroute au Québec, par exemple ? Parce que ce n’est pas la compagnie, ici, qui dispose d’un source de financement dont son partenaire gouvernemental ne dispose pas. Au contraire, elle va chercher ses capitaux à la même source que ce dernier… et en les payant plus cher, car elle ne peut pas avoir une cote de crédit comparable à celle de l’Etat.

Pire si on pense à aller chercher un revenu d’exploitation de la population locale cliente, car le but de l’État québécois ne devrait pas être de faire un profit sur la population québécoise. Alors pourquoi un PPP ? Un bénéfice politique pour le gouvernement ? Doit-on penser que notre gouvernement serait motivé par des considérations aussi mesquines ? Éliminons d’emblée cette hypothèse, comme celle de pots de vins et autres indélicatesses au profit de nos gouvernants et fonctionnaires.

Il semble bien qu’il n’y ait pas d’avantages à des PPP au Québec. Nous sommes donc ramenés à la seule solution possible: cette façon de procéder avait été choisie par inadvertance, dans un moment d’aberration. Felix culpa, donc, si la dégradation des marchés financiers a fait disparaître même l’illusion d’une possible économie à utiliser ce procédé. Veinards que vous sommes…

Pierre JC Allard

26-07-09

297 Sondages; la mission d’informer

Petit brouhaha en France. La Cour des comptes vient de faire quelques remarques qui ont suscité bien des commentaires, sur les sondages effectués pour la Présidence de la République.

La Cour des comptes a ainsi particulièrement souligné une convention tres succincte – elle tient sur une seule page ! – intervenue en juin 2007, entre l’Elysée et un cabinet d’études, pour un coût d’environ 1,5 million d’euros – dépassant donc le seuil au-delà duquel la passation d’un marché est obligatoire – et où les règles de mise en concurrence n’ont pas été appliquées. Au titre de ce contrat, 130 factures ont été réglées par l’Elysée en 2008, pour un montant de 392 288 euros, correspondant notamment à des enquêtes réalisées par l’institut OpinionWay et publiées par Le Figaro et LCI.

Puisqu’il s’agit de la Cour des comptes, on parle d’argent. C’est bien sûr le coût de ces études qui a été mis en lumière, ainsi que les procédures qui en ont entourés le paiement, mais on sait bien que l’essentiel n’est pas là. Ce sont les liens étroits entre l’UMP, certains médias et des instituts de sondage qui font froncer les sourcils.

Le 17 juillet, la société des rédacteurs du Figaro demande à la direction de mettre immédiatement un terme à ce type de “coproduction” avec OpinionWay, un compagnonnage un peu trop intime qui, à son avis, nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe. Le Directeur des rédactions du groupe, Etienne Mougeotte, envoie immédiatement ses plumes sur les roses et jure que l’Élysée n’a rien financé des activité du Figaro. Normal.

Un démenti sans surprise à une « révélation » qui n’en est pas une non plus, puisque, lors des dernières présidentielles, Segolene Royal comme Francois Bayrou avaient déjà parlé dix fois plutôt qu’une de ces relations bien intimes… Mais un rapport de la Cour des comptes – présidée par Philippe Seguin, qui n’est pas un homme de gauche – c‘est bien gênant…

Alors on s’agite, de part et d’autre… Le Parti socialiste réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire – une demande que Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, rejette du revers de la main – tandis que Opinion Way se plaint que la Cour ne l’ait pas interrogée en cours de contrôle et s’étonne d’être la seule firme nommément citée parmi toutes les prestataires… Les feintes et les parades devraient durer quelque temps.

Normal aussi, mais est-ce ça l’important ? Est-ce qu’on ne pourrait pas profiter du tintamarre pour voir cette question des sondages par le bon bout de la lorgnette ? Il faut comprendre que les sondages sont et resteront un élément fondamental de la politique. Ce qui plus est, ils DOIVENT l’être. Il est bon dans une démocratie que l’État sache ce que pensent ses commettants. Il est bon qu’il en tienne compte. Il DOIT en tenir compte.

Il est inévitable, cependant, que la population soit influencée par cette perception d’elle–même que lui renvoient les sondages. En période électorale, en particulier, le comportement des électeurs peut être fortement biaisé par les sondages. Une influence incontournable à laquelle une population démocratique adulte peut résister, mais il semblerait néanmoins impérieux que cette influence soit impartiale et que les renseignents diffusés donnent au moins une image exacte de l’opinion populaire.

Est-ce que tous les sondages ayant une portée politique ne devraient donc pas être réalisés par un organisme public, en toute transparence et sous contrôle des citoyens et du pouvoir judiciaire ? On aurait ainsi une vision de l’opinion publique au-dessus de tout soupçon.

Cela sans préjudice, à celle que l’on pourrait obtenir de sondages privés, lesquels ne seraient en aucune façon interdits, mais sur lesquels on s’appuierait, au contraire, pour que leurs résultats viennent confirmer ou infirmer les sondages publics.

Le fera-t-on ? Il y a toute une fonction de connaissance et de diffusion de l’opinion publique qui ne demande qu’à se développer, car il n’y a rien de mal dans une démocratie à ce que l’on sache ce que tout le monde pense. Il y a une foule de référendums qui seraient bien utiles. Il faudrait se donner les moyens de les rendre moins coûteux et parfaitement crédibles.

Pierre JC Allard

25-07-09

296 Tuer à Kingston. Une affaire d’honneur

La police vient d’arrêter et d’accuser de meurtres prémédités et de complot pour meurtre, trois Afghans: Mohammed Shafi, Touba Yahya et Mohammed Hamed Shafi, respectivement le père, la mère et le frère de de trois soeurs – 19, 17, 13 ans – trouvées mortes dans une écluse du canal Rideau le 30 juin dernier. Morte aussi dans cette affaire, Rona Amir Mohammed, âgée de 52 ans, première épouse de Mohammed Shafi. Mobile présumé de ce quadruple meurtre: une affaire d’honneur.

Affaire d’honneur ? Eh oui… Dans certains pays musulmans, les coutumes tribales permettent les meurtres de personnes, surtout des femmes, ayant sali l’honneur et la réputation d’une famille ou d’un clan. Ces crimes d’honneur sont souvent perpétrés pour des fautes jugées graves, comme l’adultère, par exemple. Alors tout le monde s’y met et collabore père, mère, frère… On les tue.

19, 17, 13 ans… il y a deux ans, qu’elles sont au Canada. En arrivant elles ont été assaillies par des influences culturelles… danger pour des adolescentes, qui deviennent alors des jeunes filles “rebelles”. “Bien difficile pour le père” – explique Sadeqa Siddiqui, coordonnatrice au Centre communautaire des femmes sud-asiatiques de Montréal… “Dans la culture de l’Islam, c’est la femme qui est responsable du foyer. S’il y a des comportements déviants qui s’y manifestent, c’est la femme qui est coupable“…

Ah bon.. Si c’est difficile, n’est-ce pas, ça explique tout… Tout est clair… Je précise que l’on n’a pas ici affaire à de pauvres réfugiés. Ils arrivent de Dubai. Ils viennent de passer des vacances aux chutes Niagara, Ils rentrent à Montreal dans une Lexus SUV de 150 000 $. Des gens biens… Mais bien différents.

Tout ça pour moi – et pour vous, je l’espère – est tellement absurde et révoltant qu’on hésite à le croire. Mais c’est LEUR culture. Un résidant de Sherbrooke, Shah Ismatullah Habibi, afghan d’origine et qui a grandi à Kaboul, directeur général de l’Association éducative transculturelle qui accueille surtout des Afghans se dit “mal à l’aise“. Je le comprend. “C’est très rare…“- qu’il nous dit. Mais là, je ne le comprends pas…

Ce n’est pas rare. Ce n’est pas vrai. Je ne connais pas bien l’Afghanistan, où je n’ai fait que passer brièvement, mais j’ai passé au total preque deux ans au Pakistan, au Tadjikistan, au Kyrgystan, en Inde surtout… NON, ce n’est pas rare. Il n’y a pas une semaine qui passe, dans cette région, sans qu’un histoire de ce genre ne soit dans les journaux. Pas en première page, mais dans un entrefilet en page 6 ou 8… car c’est une affaire banale.

La police a arrêté les accusés hier, craignant qu’ils ne se réfugient dans un pays où il n’y a pas de traité d’extradition, comme le Pakistan. Il seront peut-être remis en liberté sous caution. Alors, je sais qu’on va traiter de tous les noms, mais je ne trouverais pas catastrophique qu’ils partent au Pakistan.

Pourquoi le Canada devrait-il payer pendant des années la pension carcérale de ces gens qui, en leur âme et conscience, croient qu’ils ont eu raison ? Au Pakistan, après une réprobation formelle, ils seront sans doute bien accueillis. Ils sont bien nantis et, leur honneur étant sauf, ils ne tueront plus personne. Les victimes ? On ne ressuscitera pas les victime.

Ce qui m’interesse au plus haut point, ce n’est pas que la famille Shafi parte au Pakistan; c’est que toutes les autres familles Shafi du monde restent au Pakistan, en Afghanistan, ou n’importe où dont Allah décidera. Qu’elles y vivent selon leurs coutumes, leurs principes, leurs traditions. La culture occidentale n’a pas le mandat “kipling-esque” d’éduquer le reste de l’humanité. Le Canada n’a pas la responsabilité d’envoyer ses soldats mourir pour enseigner à d’autres cultures comment vivre. Restons chez nous.

Restons chez nous. Mais… nous n’avons pas non plus la responsabilité d’accueillir chez nous ces gens. Nous n’avons pas à supporter leurs manières d’être qui, pour nous, sont parfois répugnantes – comme quand ils tuent leurs femmes pour des affaires d’honneur – mais qui sont toujours, même dans le meilleur des cas, bien dérangeantes… Nous n’avons aucun besoin de subir la cohabitation de leur culture avec la nôtre.

Il faut respecter les promesses que nous avons faites à ceux d’entre eux que nous avons commis l’erreur de laisser s’établir chez nous. Respectons les; c’est notre honneur à nous. MAIS N’EN ACCEPTONS PLUS D’AUTRES. Assez ! Basta !

Pierre JC Allard

24-07-09

295 Montréal, Capitale de l’Été

On parle de Grand Prix F1 à Montréal. Amusant. Utile, aussi, pour assurer la V I S I B I L I T É. Pourquoi la visibilité ? Pour faire des sous… et surtout pour créer des emplois. Ce qui demande un mot d’explication…

Le monde est en crise, on le sait. Crise financière, bien sûr, mais, en Occident, derrière la crise financière se cache une crise industrielle qui n’a rien à voir avec une quelconque récession; les secteurs de production industrielle qui ont fait notre richesse sont simplement en déclin, leurs marché saturés et leurs méthodes de production désuètes. L’emploie diminue…

Il n’y a qu’une solution définitive à la crise et c’est de remettre tout le monde au travail. Or, ne nous leurrons pas, une ville n’a que peu de marge de manoeuvre pour créer des emplois industriels. Ce n’est pas Montréal qui contrôle, ni ne devrait contrôler, les politiques de main-d’oeuvre ni les politiques monétaires: nous ne règlerons pas la crise du pays par des mesures au palier municipal.

On peut attendre que Québec et Ottawa règlent la crise, mais ce n’est pas très astucieux… car ces secteurs industriels en crise ne créeront plus d’emplois. On peut penser à un protectionnisme qui fermerait les frontières à la concurrence imparable du tiers monde, mais les travailleurs Occidentaux ne veulent pas travailler pour des salaires chinois, ce qui d’ailleurs ne serait pas souhaitable. L’industrie ne reviendra donc qu’en substituant des machines aux travailleurs: ces secteurs peuvent renaître après la crise, mais rien ne permettra jamais d’y créer beaucoup d’emploi.

Si nous voulons que les travailleurs travaillent, il faut donc créer des emplois dans le secteur tertiaire… et là, une ville peut faire quelque chose. Montréal peut créer un foyer de prospérité et générer des revenus qui se diffuseront sur toute sa population, si on met à profit une ressource que Montréal possède en abondance: l’hospitalité et la joie de vivre de sa population.

On néglige trop souvent que le tourisme est devenu la première industrie du monde et que nous possédons des ressources et des avantages concurrentiels importants pour miser sur cette industrie tertiaire à forte intensité de main-d’oeuvre et donc créatrice d’emploi. Montréal est une ville de fêtes. Expo 67, Jeux Olympiques, Festival du Jazz, sa réputation est faite.

Son avantage extraordinaire, en plus des qualités propres à sa population même, c’est qu’elle est une ville d’été. La plupart des villes du monde se vident de leurs habitants en été et en perdent leur âme. Montréal, avec ses festivals et la profusion de théâtres saisonniers qui l’entourent, a cette rare caractéristique d’être une ville où l’été est la saison active. Il faut exploiter le potentiel touristique de cette singularité en y joignant l’effet d’attraction du visage français et multiculturel de Montréal.

Grand Prix ? Si on veut, mais on peut faire bien plus pour beaucoup moins… L’administration muicipale pourrait agencer les événements déjà récurrents chaque année à Montréal de la fin mai à la fin septembre – et en ajouter d’autres – de façon à offrir au touriste un calendrier ininterrompu d’activités qui ferait de Montréal la 
“CAPITALE DE L’ÉTÉ” en Amérique.

Dans le cadre de ce calendrier, chaque communauté culturelle de Montréal qui en ferait la demande recevrait la collaboration technique et une aide financière de la ville pour organiser, au cours de l’été, un festival mettant en évidence sa spécificité culturelle dans un secteur de Montréal signifiant pour cette communauté. Quartier Italien, Grec, Juif, Latino. Haïtien, libanais, etc…

Cette communauté deviendrait alors, durant cette période, non seulement l’hôte des autres éthnies de Montréal, mais aussi, si elle fait de cet événement un succès, le point de ralliement en Amérique du Nord de tous les membres de cette communauté. Avec un peu d’aide, elle générerait sa propre visibilité sur sa clientèle ciblée. À coût modique.

Mettant à profit la relâche des activités culturelles en France durant la période estivale, Montréal pourrait aussi établir, dans le Parc Jean-Drapeau ou ailleurs, avec la collaboration des industries culturelles et des restaurateurs de France, une ambiance complètement française à prix nord-américains qui compléterait la séduction de la clientèle américaine.

RIEN ne peut apporter à Montréal un essor économique et des emplois aussi rapidement que le tourisme, surtout si on y joint la promotion de l’industrie des congrès, où Montréal est déjà très bien positionnée en Amérique du Nord et le serait bien sûr davantage si elle devenait cette Capitale de l’Été.

Cette hospitalité est la meilleure clef de notre développement. Il faudrait invoquer la mémoire de Jean Drapeau et évoquer ses mânes pour que l’imagination et l’enthousiasme se réincarnent à Montréal au plus tôt et que l’on joue habilement nos atouts.

Pierre JC Allard

23-07-09

294 Lacroix 18 mois, Dumont 18 ans

Rien n’est plus important pour une société que de se sentir un État de droit. En être un, bien sûr, mais ça c’est complexe et ça se discute. Se sentir un État de droit, ce n’est pas compliqué : c’est la conviction intime que la force de l’État, qui est celle de toute la collectivité y compris  la sienne propre, fait corps pour soutenir les lois qui sont elles-mêmes l’expression de la justice.   Dans un État de droit, on respecte la loi et l’on n’a pas peur.

Mais il faut que la loi, les forces de l’ordre, le processus judiciaire correspondent aux attentes de la population.  Il faut que la justice que le système dispense colle à l’image intuitive qu’ont les citoyens de ce qui est juste …et qu’ils s’y reconnaissent.  Aujourd’hui, au Québec, ce n’est pas le cas.

On vient de donner deux taloches, coup sur coup, sur la confiance des gens en notre système judiciaire.  Une par excès de rigueur et l’autre par excès d’indulgence.  Attention ! Ce n’est pas la loi qui est trop rigoureuse ni trop indulgente;  c’est l’usage qu’on en a fait qui n’a pas répondu du tout à ce que la population en attendait.  Ce qui ne veut pas dire que la justice soit «mauvaise », mais simplement qu’elle ne joue plus son rôle d’être conforme à la volonté populaire

D’abord la rigueur. Michel Dumont a été condamné pour un crime qu’il n’a pas commis.  Il y a de ces erreurs judiciaires, elles sont sans doute inévitables. Il a passé des années en tôle. Il dit qu’il y a été maltraité.  Bien des choses sont obscures et il ne semble pas évident que le Ministère public ait été au-dessus de toute négligence.  Il demande une compensation.  Le tribunal la lui refuse.

Le juge cherche des preuves, il s’intéresse aux délais de prescription, il travaille avec l’art et la science du droit qui, en mettant les règles au-dessus de l’équité, permettent aux juristes d’apprivoiser l’injustice.  Il agit selon loi. Mais le principal témoin qui aurait pu fournir la preuve dont avait besoin Dumont est mort.  La procureure qui l’a fait condamner n’est pas au procès

Le juge a une large discrétion…  Il choisit de croire la version du Ministère public et décide que la poursuite n’était pas malveillante. Il a sans doute raison selon la loi; un appel en décidera peut-être. Mais je n’ai pas de sympathie pour un système qui envoie un innocent en prison et finasse ensuite pour s’abstenir de le dédommager. Une attitude qui me dégoûte.

La poursuite n’était pas malveillante, puisque Sa Seigneurie nous le dit, mais je ne trouve AUCUNE EXCUSE à l’État qui ne répare pas au mieux cette bavure qui a été celle de ses agents… et les conséquences de ses atermoiements. Car, ce qui me fait vomir, en cette affaire, c’est qu’il y a 18 ans que Michel Dumont cherche à obtenir réparation. Pendant ce temps, le témoin principal est mort. Quelqu’un doute-t-il, en conscience. qu’une justice qui met 18 ans  à entendre un cause qui n’exige que quelques jours d’audition ne soit coupable d’une grossière négligence dont aucune défense ne devrait la faire absoudre ?

Il n’y a pas de justice au Québec.  Souvent parce que c’est trop cher, la plupart du temps parce que c’est trop long.  L’État est irresponsable.  Même innocent, comme Dumont, on peut aller en prison et personne ne se précipitera pour apporter réparation. L’État jouera des procédures et des discrétions pour profiter de son irresponsabilité et de sa grossière négligence. Ce n’est pas une pensée consolante pour les citoyens d’un État de droit.

Pendant qu’après 18 ans de délais inacceptables, Michel Dumont, innocent, est abandonné sans compensation à l’injustive qu’il a subie , Vincent Lacroix – qui a escroqué 130 000 000 $ de 9200 petits investisseurs !-  est libéré par la justice après 18 mois de prison.   Dumont a dû purgé les 2/3 de sa sentence, Lacroix 1/6 ….

Apres quelques mois dans une maison de transition de la Rue St-Jacques à St Henri, Vincent Lacroix, pourra peut-être sortir tranquille, quitter le pays et chercher à se souvenir s’il n’aurait pas oublié quelques millions dans un compte de banque à Nassau ou au Luxembourg.  Michel Dumont essayera de recoller les morceaux de sa vie.   Tout à fait légal… mais c’est une ignominie

Je ne suis pas certain que les Québécois se reconnaissent dans cette justice.

Pierre JC Allard

22-07-09

293 Goldman Sachs au bûcher !

Goldman Sachs declare des profits  exceptionnels et des bonis mirobolants.  Des profits ostentatoires. Des bonis scandaleux, en cette période de crise et de supposée austérité. On veut vraiment nous faire fâcher… Pour bien marquer le point, un article dévastateur de Matt Taibbi, dans le numéro de juillet du magazine Rolling Stone, vient expliquer clairement pourquoi Goldman Sachs est, depuis des lustres, l’ennemi du peuple, de l’Amérique et du genre humain.

Goldman Sachs au bûcher ?  Probablement… mais il a encore des inconnues. Car, quoi qu’ait fait Goldman Sachs, il faut voir en arrière plan la totale connivence de l’État et du capital. Il y a quelques annéess, j’écrivais:

” Les variables qui déterminent le succès d’une spéculation sont toutes aujourd’hui directement ou indirectement sous le contrôle de l’État.  Même si c’est une catastrophe naturelle qui déclanche une occasion d’affaire, c’est la réaction de l’État pour faire face à la catastrophe qui sera au coeur de la spéculation qui en résultera.

Toutes les roulettes sont mises en mouvement par l’État et seuls peuvent y gagner les amis de ceux qui les font tourner. Seuls ceux qui agissent de connivence avec l’État peuvent désormais spéculer et gagner.  Les gros pontes jouent toujours avec la banque. Ceux qui jouent en s’en remettant au hasard ou même à leur honnête sagacité pour spéculer seront vite ruinés. ”

Cette connivence, depuis le Plan Paulson ( ex-pdg de Goldman Sachs ! )  de l’automne 2008, est plus évidente que jamais. Pourquoi et comment cette information impitoyable sur Goldman Sachs devient elle AUJOURD’HUI  disponible ?  Pourquoi annoncer aussi clairement que tout ça est du chiqué, que l’austérité de façade recouvre en fait une prodigalité des fonds publics comme il n’y en a jamais eu et que l’argent ne vaut plus rien ?

Tout se passe comme si, un transformation radicale du système étant inévitable, on voulait préparer le peuple  à cette nouvelle  à côté de laquelle le New Deal n’était rien. Prise de conscience à faire.  Préparons le peuple… Il ne fait aucun doute qu’on est à dresser le bucher pour quelqu’un.    En octobre, après que le G 20 de Pittsburgh aura donné une nouvelle image du systeme financier et que le plan de santé de Obama  aura connu son sort., on jettera la torche sur les fagots.  Mais n’y aura-t-il que  Goldman Sachs sur le bucher  ? Et quel pouvoir a organisé l’autodafe…?

il y a trois scénarios qui expliquent la divulgation:

1.  Le capitalisme est bien en selle. On s’est mis d”accord sur un bouc émissaire.  Les profits faramineux et les boni ostentatoires, indécents et provocateurs en cette période de crise, ont pour but de ramener la vindicte populaire sur quelques têtes chez Goldman Sachs.   Ces têtes seront tranchées, une montagne de titres d’une valeur monétaire colossale seront saisis et GS mise en faillite.   Mais ce ne sera que du papier. Toute valeur réelle aura été transférée ailleurs, les vrais maitres resteront inconnus et, après cette saignée, le systeme reprendra ses activités comme avant, sous un autre nom

2. Le pouvoir fait peau neuve. Ceux qui ont vraiment le pouvoir ont décidé qu’il n’est plus nécessaire d’avoir cette couverture de l’argent pour l’exercer, une structure qui va de paire avec la démocratie et repose sur une incessante, universelle et fastidieuse corruption.   La crise actuelle est là pour abattre la capitalisme qui sera remplacé par la dictature discrète d’une élite, au sein de laquelle les dirigeants réels seront cooptés.   L’argent ne confere plus le pouvoir, c’est le pouvoir qui crée et distribue l’argent à sa discrétion. Un systeme pas si different de celui de l’ex-URSS.  On ne parlera pas de soviets, mais tout pourra se faire sous couvert de démocratie. La manipulation est devenue une scienhce exacte; les medias peuvent  être controlés et, par eux, on peut obtenir l’accord du people à n’importe quoi.

3. L’explosion  des techniques de communication, dont surtout  l’Internet, a pris le pouvoir par surprise et il devient impossible de gouverner dans la discrétion, rendant tous les complots précaires et créant la menace de pouvoirs circonstanciels se formant et se défaisant  selon des événements imprévisibles.  Tout devient possible, y compris un pouvoir populaire et des épisodes de vraie démocratie, mais toute devient du même coup imprévisible.   C’est l’insurrection qui vient, avec une alternance anarchie-dictature qui ne serait pas sans rappeler le moyen-âge.

Qui sait lequel de ces scenarios est en marche ?  Peut être quelqu’un a-t-il les choses bien en main… mais il est possible, aussi, que nous allions totalement  à l’aventure.  Je ne sais pas laquelle des trois (3) hypotheses me fait le plus peur.

Pierre JC Allard

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