Nouvelle Societe

07-05-09

Les jeux de massacres

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:13

Gandhi aurait souhaité que le subcontinent indien retrouvât son indépendance du Raj britannique pour devenir un seul pays. Avec des Hindous, des Musulmans, des Bouddhistes, des Chrétiens… C’était penser qu’en défaisant la dernière maille qu’y avait ajoutée les Anglais, toute le tricot d’intolérance dont l’histoire avait habillé l’Inde allait se découdre.

Ce n’est pas arrivé. Hindous et Musulmans n’ont pas cessé de se haïr parce qu’ils en voulaient aux Anglais et ils se sont divisé le pays sur le papier avant même qu’ils ne puissent le faire sur le terrain. L’unité entre eux n’était concevable que par une “Grande Âme”; que ce Mahatma, hindou, n’ait pas été tué par un Musulman n’a naturellement rien arrangé.

Il y eut donc une Inde et un Pakistan, avec quelques autres entités autour qui ne sont pas au cœur du débat actuel. Inde et Pakistan oscillent entre la guerre et la paix armée depuis 60 ans. Ils se disputent le Cachemire – musulman, mais sous contrôle indien depuis le départ – parce qu’il vaut mieux se battre pour quelque chose, mais ils se battraient sans doute même si le Cachemire n’existait pas. Une guerre de religion n’a pas besoin de raisons, elle a sa propre déraison qui lui suffit.

On ne sait pas combien de gens cette guerre a tués, mais comme il est plus facile de compter les enfants qui pleurent que ceux qu’on enterre, on sait qu’elle a déplacé entre 30 et 40 millions de personnes de part et d’autre au cours des ans, surtout entre le Bengale indien et le Pakistan oriental, ce dernier faisant sécession et devenant le Bangladesh au cours de l’une des nombreuses péripéties de cet interminable conflit.

Considérant la façon dont Hindous et Musulmans se maltraitent au moindre prétexte, on peut penser que les départager n’était pas une si mauvaise affaire. Une bien triste affaire, toutefois, car plus de réfugiés sont issus des ces bagarres entre Inde et Pakistan que de tous les autres conflits réunis qu’a connus cette planète depuis la Guerre de 39-45. Incluant ceux en Palestine, en Yougoslavie, au Caucase, au Tibet, au Darfour, etc. Le match par étapes “Inde vs Pakistan” est de loin en tête du palmarès des jeux de massacre. Maintenant, ils pensent en remettre encore un peu.

Le prétexte, cette fois : les attentats de Mumbai (Bombay) en Inde, il y a quelques semaines. Des terroristes de la variété suicidaire – ceux qu’on n’identifie donc jamais clairement – ont tué une centaine de personnes, dont une bonne part de touristes étrangers. Un assaut bien mené, une riposte lente et maladroite des forces de sécurité indiennes, un siège qui se poursuit des jours sous l’œil attentif des médias…. Déjà vu.

Cette fois, un élément niveau, cependant: on a un coupable. On nous dit qu’un des auteurs de l’attentat a survécu et qu’il est d’origine pakistanaise. Bruits de sabres et de bottes dans les journaux indiens.

Tous les jours, inlassablement. Chaque jour une nouvelle rumeur d’un autre attentat ou seraient impliqués des Pakistanais, au Jammu, cette fois. De nouveau détails sur tout le mal que voulaient faire mais que n’ont pas fait les auteurs de l’attaque de Mumbai, des milliers de morts et blessés dans les gares et le métro… Dans tous les journaux, mais surtout sur tous les écrans de télévision. Même mon rickshaw-wallah illettré sait que l’ennemi est aux portes de la patrie, menaçant…

Inlassablement, une propagande de guerre. Un peu léger, d’accuser le Pakistan d’avoir fomenté cet attentat en se fiant aux on-dit d’un terroriste auto-proclamé entre les mains des autorités indiennes. TRÈS léger de préparer une guerre, simplement parce qu’un des auteurs de l’attaque serait d’origine pakistanaise. Ils sont fous, ces païens ? Tut, tut… souvenez-vous que des dizaines millions de bons Chrétiens sont morts, entre 1914 et 1918, parce que l’assassin d’un prince autrichien était serbe…

Quand on veut noyer son chien… Et aujourd’hui, la rage est bien là. Qui noyer en Inde sauf du pakistanais ? On ne va tout de même pas se taper le Chine… Alors l’idée fait son chemin. Maintenant on colporte que l’opportun survivant bavard a été formé dans un camp pour terroristes d’un groupe proche d’Al-Qaeda. Ça devrait garantir la sympathie des USA, n’est-ce pas ?

Al-Qaeda, qui ne semblait pas faire si bon ménage avec le Pakistan de Musharaff, mais dont un porte parole jusqu’ici inconnu vient pétroler un peu plus en annonçant que, s’il y a conflit avec l’Inde, ses ressources de poseurs de bombes seront là pour aider le Pakistan. On peut toujours compter sur Al-Qaeda pour dire ce qu’il faut au bon moment. Si cette organisation n’existait pas, il faudrait l’inventer.

Un peu inquiétant, tout de même, non, ces deux ennemis jurés équipés d’armes nucléaires qui se préparent activement à se tirer dessus? Petite déclaration d’Islamabad, donc, rassurant la communauté internationale : même si l’Inde l’agresse, le Pakistan n’utilisera pas ses bombes atomiques. Pas le premier, en tout cas….

Et sa riposte conventionnelle restera proportionnelle à l’attaque indienne. Ouff ! Gentil de nous le dire. Bien gentil de prévenir l’Inde, qu’elle gardera ainsi l’initiative complète pour déterminer l’ampleur des opérations. Massacrer quelques divisions de blindés dans le désert du Rajasthan, ce serait tolérable ? Il n’y a plus qu’à commencer…

On ne sait toujours pas, toutefois, à quoi pourrait bien servir cette guerre. Sauf ouvrir un deuxième front derrière le monde musulman, aujourd’hui tout entier agressivement tourné vers l’Occident… mais, ça, ça ne peut être qu’une coïncidence.

Joyeux Noël, même s’il y a des jours ou je ne crois plus à rien.

Pierre JC Allard

Qui paye ses dettes…

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:08

Oui, oui, parole d’honneur. Le dicton a raison : « Qui paye ses dettes s’enrichit ».  Enfin, ca dépend… Pour toutes ces corporations milliardaires qui font faillite, payer leurs dettes ne les auraient pas enrichies, car ce n’était pas vraiment leur dette, juste celles qu’elles avaient assumée pour boursicoter un peu, et il n’avait jamais été question qu’elles les remboursent sauf en actions diluées, en obligations de pacotille et en monnaie dévaluée… Tout ça était pour rire.  Paulson a passé l’éponge.

Une vraie dette, c’est quand quelqu’un attend d’être payé et, surtout, touche des intérêts pour attendre. Comme la dette publique du Canada, par exemple… La population canadienne s’enrichirait beaucoup si Harper la remboursait.  Nous nous enrichirions de ces milliards d’intérêt que nous payons en vain, année après année. Ces intérêts qui se sont accumulés et représentent plus que les montants que nous avons empruntés !

Pourquoi nous avons empruntés ce sommes au lieu de créer la monnaie équivalente est une autre histoire qui se résume en une seule phrase : pour enrichir davantage les riches et maintenir la stabilité sociale. Aujourd’hui nous parlons d’autre chose : pourquoi ne pas la rembourser ? Aujourd’hui que la crise est venue et que nous savons que tous ces milliards ne valent que la confiance qu’on leur accorde, ce serait le moment opportun pour nettoyer l’ardoise.

Comment payer la dette publique ? Simple jeu d’écriture. Le Gouvernement canadien exige de chaque personne physique ou morale domiciliée au Canada de présenter son bilan. Un bilan net de ses actifs moins ses passifs.  Une simple règle de trois permet ensuite de cotiser à un taux unique tous ces contribuables, de sorte que chacun contribue au remboursement de la dette au prorata de ses avoirs.

Certains acquitteront immédiatement cet impôt spécial, d’autres choisiront de le faire en plusieurs versements, payant l’intérêt sur le montant dû.  Tous les détenteurs d’une parcelle de la dette du Canada seront remboursés sur le champ, les pénalités pour remboursement anticipés étant négociées avec équité. Le remboursement prévoira une taxe dissuasive sur les fonds remboursés au-dela d’un certain seuil qui ne seront pas réinvestis au Canada ou dans des entreprises canadiennes.

Le résultat est que non seulement il n’y a plus de dette publique et donc plus d’intérêts a payer, mais les intérêts que touche l’État des contribuables qui n’ont pas versé leur dû représente une entrée de fonds annuelle non négligeable. Pour que cette mesure donne tous ses fruits, une loi doit prévoir que l’État n’emprunte plus, mais paye toutes ses factures à 90 jours. Une gestion prudente. La fin de la plus grande des arnaques.

Cette mesure est fondamentalement saine, mais pourquoi est-elle particulièrement opportune en ce moment de crise ?  Parce que ces centaines de milliards remboursés constituent un énorme afflux de liquidités entre les mains d’investisseurs que la décision du Gouvernement Canadien de ne plus emprunter oblige ainsi à investir en d’autres entreprises canadiennes.

Tous les taux d’intérêts au Canada réagissant  à cette abondance de capitaux, les entreprises existantes prendront de l’expansion et lanceront de nouveaux projets, de nouvelles entreprises seront constituées… on crée un boom économique générateur d’emplois dans une économie timide au bord de la dépression. N’est-ce pas ce qu’on cherche ?

Ne va-t-on pas diminuer le revenu disponible pour la consommation en imputant aux particuliers leur quote part de la dette publique ?  Pas vraiment, car l’imputation étant au prorata non pas du revenu, mais des actifs nets, ceux qui en porteront le plus lourd du poids seront  ceux dont les besoins sont déjà satisfaits.

Ceux dont l’aisance dépasse le point à partir duquel une baisse ou une hausse de leur richesse ne se reflète pas sur leur consommation courante, mais modifie seulement la part de leur épargne dans leur revenu et leurs programmes d’investissement.

Evidemment, si Harper ou quelque gouvernement que ce soit voulait appliquer cette mesure, la réaction de l’establishment capitaliste serait véhémente.  Je n’ai aucun espoir qu’elle soit appliquée a brève échéance.  L’intérêt d’une réflexion sur ce sujet est de provoquer des questions .

Pourquoi ne le fait-on pas ? De quoi a-t-on peur ? Quels seraient les désavantages à le faire ? Et une dernière question aux capitalistes qui ont bâti cette escroquerie qui garde les deux-tiers de l’humanité dans la misère et à leurs complices en gouvernance:  ” Pourquoi ne mettrait-on pas vos têtes au bout d’une pique, si jamais cette crise rendait le peuple vraiment maussade et qu’il réussissait à prendre votre scélérate Bastille ?”

Pierre JC Allard

Le prince Charmant

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:57


Certains croient qu’un vieillard à barbe blanche mène l’univers. D’autres ont compris et nous ont dit qu’il valait mieux ne pas appeler Dieu, « Dieu », mais lui donner un autre nom et on a parlé de cause première, les volontés divines, devenant les lois de la nature.  On a cessé d’implorer et on a  cherché  à comprendre. On a trouvé des incantations efficaces, la magie est devenue la science et Jehovah s’est avéré prévisible. Enfin, un peu plus prévisible…

On est à faire une démarche analogue en politique. On voit de mieux en mieux que le « Chef » a autant d’avatars que Vishnou et qu’il peut, selon les exigences du moment, avoir une trompe d’éléphant ou prendre la figure du Prince Charmant, puisqu’il est l’incarnation des lois de la nature humaine. Le chef apparaît à l’intersection des circonstances et de ce que nous voulons.

Ne pas croire, donc, qu’Obama est à changer l’Amérique et le monde, mais comprendre qu’il est l’émanation d’un monde qui a changé. Il remet les pendules à l’heure. Si on comprend comment le monde a changé, ce que fera Obama devient prévisible. Un peu plus prévisible…

Ainsi l’invasion israélienne à Gaza, qui n’a de sens que si elle n’a eu lieu que pour être interrompue, puisqu’elle n’aura, de toute évidence, eu aucun autre effet que de bien montrer que le sauveur sauve par sa seule présence et sans qu’un seul geste ne soit nécessaire. Comme les grands Avatars. Ce que les Hindous nomme le darshan. On pouvait donc prévoir que cette invasion se terminerait avec son avènement. Comme on avait libéré les otages en Iran à l’avènement de Reagan.

Les incursions en pays païens – Irak et Afghanistan – vont aussi se terminer rapidement. Les guerres traditionnelles sont fatales aux envahisseurs, dans un monde où l’individu a un pouvoir de destruction croissant. Ça ne marche plus. On va donc rentrer chez-soi.

Ces pays qu’on a occupés sont devenus «démocratiques », il n’y a plus qu’à leur donner du fric et des conseils, des mini Plans Marshall sur mesure… et à les oublier dans les zizanies qu’on y a favorisées. Obama sera donc le précurseur et le hérault de la paix.

Le pétrole ? On passe aux énergies propres. On a vendu le concept d’environnement depuis assez longtemps – comme Bernays le bacon & eggs au petit déjeuner – pour qu’on puisse passer à l’acte. Du vert partout. Un projet global colossal, qui nous occupera deux générations.

Obama sauvera donc aussi la planète… tout en apportant la cure a la depression post partum d’une civilisation industrielle qui a atteint l’abondance. Il est bien ce divin enfant… et il arrive au bon moment.

On peut également prévoir que, le capital n’ayant plus un rôle aussi important dans une économie tertiaire, des trillions de dollars vont disparaître ; il ne s’agit que de les laisser mourir dans leur virtualité. Juste bien s’assurer que sont satisfaits les besoins essentiels – « essentiel » étant un concept bien flexible – de ceux qui ont le pouvoir d’exiger qu’ils le soient.

Parfois, ceux qui ont le pouvoir sont uniquement ceux qui manient la trique, mais en démocratie, ce sont aussi un peu ceux qui votent. Attendons donc avec confiance de la Providence Obama que descende sur le peuple la manne d’un assistanat généralisé.

La manne viendra durant la traversée du désert. Le travail salarié n’a plus d’avenir dans une structure de production où l’accent doit être sur la créativité et l’initiative. Ce sont de petits entrepreneurs qu’on doit créer avec, si leurs entreprises échouent, la protection d’un revenu garanti, pièce maîtresse de cette structure d’assistanat. Mais la transition peut être pénible. Vite, des emplois…

Heureusement, il faut rafistoler toutes les infrastructures. Obama le bâtisseur le fera. Pour le faire, on aura l’excuse de créer des emplois et on passera la note aux nantis, qui la passeront à leurs enfants… qui la solderont en dollars à 5 cents…  Ces emplois seront précaires, mais on a besoin de solidarité.

Obama va etre  une incarnation bien sympa… Si l’on suit attentivement la main de Dieu, on peut voir assez clairement où elle s’en va. Pour les pays développés, un petit Déluge, puis le soleil brillera. Pour les autres, c’est moins sûr, hélas, mais les dieux ont toujours eu des favoris.

Pierre JC Allard

Une presse libre

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:54


Nous avons passé la semaine dernière un seuil important dans la désintégration de notre société démocratique. Je ne fais pas allusion aux quelques centaines de milliards que l’État a choisis de consacrer au renflouement des banques à charte canadiennes.

Contrairement à François Marginean, cette décision tout à fait prévisible m’apparaît comme une indélicatesse, mais sans grande portée concrète, un peu comme la profanation du sacré ou la mutilation des cadavres ennemis… Être privé, mort, de quelques appendices, auxquels vivant on tenait beaucoup, est certes d’une inconvenance choquante, mais ne change pas la donne : le mal est fait.

Changer de colonnes 100 milliards ou un trillionde dollars dans les livres comptables est une injure, mais sans importance réelle, puisque le système monétaire est décédé. Ces sommes ne seront de toute façon jamais remboursées, n’exigeront jamais une heure de travail supplémentaire et n’enlèveront jamais un grain de riz à qui que ce soit.

L’événement pernicieux de la semaine dernière est plus sournois; c’est que Gesca ait décidé en catimini de ne plus publier, sur les blogues de  Cyberpresse, aucun commentaire des lecteurs sans qu’il ait fait l’objet d une modération préalable. Gesca n’en a rien dit.  Ce sont des blogueurs de Cyberpresse qui ont eu la décence d’en avertir la population. Ils ne pouvaient pas faire plus.

Cette décision n’est pas anodine. Elle signifie, d’abord, qu’aucun échange conversationnel n’est plus possible sur ces blogues, car le rythme en est irrémédiablement brisé; on tue ainsi la mince chance qu’avait encore la population de développer une interactivité sur le plan des idées. Elle signifie, surtout, que seule la pensée « correcte » selon les critères de Gesca peut désormais être diffusée efficacement à la population, puisqu’il n’existe pas d’alternative au Québec disposant d’une couverture adéquate.

Nous avons vu un signe avant-coureur de ce verrou posé au dialogue citoyen quand, il y a quelques semaines, tous les chroniqueurs et blogueurs de Gesca, sont montés au front à l’unisson, à la stalinienne, pour s’opposer à la tentative de coalition entre le PLC et le NPD qui aurait permis de se débarrasser du gouvernement Harper et d’éviter cette « indélicatesse » dont nous parlions plus haut.

C’est chose faite, qu’on comprend à quel point il était nécessaire pour le capitalisme que celle coalition ne prenne pas le pouvoir  et ô combien il aurait été gênant que des ministres du NPD   puissent voir cette affaire de plus près!  Évidemment, la combinaison d’un Dion faible et d’un Layton soutenu pas un Duceppe tout aussi à gauche aurait été délétère pour les Desmarais de ce monde…

Ce péril maintenant n’existe plus, avec un Ignatieff bien formé sur place à la pensée USA – et qui pourra remplacer un Harper qui sera devenu trop ostensiblement inacceptable – dès que le « good cop » Obama aura mis en place la nouvelle stratégie de domination du capital. Ignatieff sera aussi copain avec Barack que Harper avec Bush… la vie continue.

Il suffit de voir comment cet Ignatieff  - ci-devant totalement inconu – est devenu du jour au lendemain le candidat vedette à la direction du PLC et la coqueluche des médias, pour comprendre qu’une pensée concertée et bien organisée est venue d’en haut pour le nommer .

En attendant, qu’il soit là, on a du voir au plus pressé. On ne peut voir que comme une réaction de panique l’attitude de Gesca révèlant son total contrôle du contenu rédactionnel de ses feuilles de chou.  Ayant révélé son jeu un peu par inadvertance, toutefois – et constaté qu’il n’en résultait pas des émeutes chez la plèbe - le Système avance maintenant d’un autre pas vers le parfait contrôle du pouvoir, passant, naturellement, par le parfait contrôle de l’opinion publique.

Qund on bouge on se déséquilibre… C’est le moment de contreattaquer. On doit exiger la nationalisation par le gouvernement de Québec des medias de masse,  Gesca et, puisq’on y est, Québécor, qui ne se rend pas sympathique…

On nationalise. Les equipes rédactionnelles demeureront inchangées. La propriété des quotidiens passera à l’État et leur gestion à un Conseil de Presse désigné par l’ensemble des journalistes. D’autres changements à l’information seront nécessaires et seront appliqués, quand on n’y aura réfléchi et que la population aura été invitée à se prononcer sur ces changements, mais, pour l’instant, voyons au plus pressé: mettons le réseau d’information et les mécanismes d’interprétation de la nouvelle à l’abri des manigances des financiers.

C’est le premier pas et le plus facile à faire pour une réappropriation de la démocratie. On peut exiger du pouvoir politique qu’il pose les gestes nécessaires pour donner au peuple la gouverne sur les média, mais chacun de nous peut aussi, individuellement, poser des gestes en ce sens en n’achetant pas de journaux, en ne s’abonnant pas aux journaux, en faisant savoir clairement aux annonceurs qu’on cherchera préférablement l’information commerciale dont on a besoin dans les médias spécialisés gratuits qui se contentent d’informer et ne tentent pas de faire passer subrepticement leur vision du monde. On peut tous discuter. Mais il faut cesser de manipuler en prétendant qu’on informe…

Pierre JC Allard

Les satrapies du web québécois

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:50

On voit tous les jours que l’information est à passer des médias traditionnels vers les médias citoyens et les blogues.  Inévitable, la plupart des gens préférant converser plutôt qu’écouter des leçons.  Une application bien concrète des principes « Emerec » – (pour émission –réception) – de notre compatriote Jean Cloutier, qui lui ont valu en France comme ailleurs une jolie carrière de gourou et de  prof.    Cela dit, « émission –réception », bien sûr, mais il faut passer un micro branché …

J’ai dit, la semaine dernière, qu’en imposant la censure à priori des commentaires qu’ils reçoivent, les blogues de Gesca se mettaient hors-jeu.  La baisse de qualité des interventions qu’on y trouve est déjà bien perceptible et simple affaire de temps avant que ceux qui ont quelque chose à dire aillent ailleurs.  La question importante, c’est de savoir où ils iront. Ils iront là où ils seront accueillis.  Or, un accueil respectueux et impartial ne va pas de soi dans la blogosphère.

Maintenant que la structure de propagande des médias traditionnels est à se faire hara-kiri en disant des incongruités évidentes et en fermant ses portes aux questionnements, il y a une occasion historique de créer sur Internet un forum de transparence où peuvent s’échanger des idées.    Les idées qui seraient perçues comme le consensus de celles qui circulent sur la toile aurait une énorme crédibilité. La déconstruction de Harper lors des dernières élections fédérales en a donné un exemple.

Ce consensus, toutefois, ne peut naître  que si les idées sont échangées, discutées, peaufinées… « Les 7 du Québec » a été créé justement pour offrir un tel forum où les opinions de toutes tendances seraient accueillies sur son babillard, avec respect et impartialité. Malheureusement, peu de gens ont le courage de promener leurs convictions à l’air libre.

Les principaux blogues politiques québécois refusent tout dialogue, « Le Québécois libre » et « Antagoniste » en sont les meilleurs exemples.  Masse et Gagnon ont été invités à publier ici leurs idées, afin que d’autres que de « vrais croyants » puisse en prendre connaissance et discuter, mais  ils se sont défilés.

Chacun selon son style s’est défilé. Masse fort courtoisement et Gagnon en ne répondant même pas…  Impossible de poursuivre le débat chez eux, non plus, l’un me faisant comprendre qu’il ne voyait pas l’intérêt d’exposer ses catéchumènes  à des hérésies et l’autre cadenassant solidement l’entrée même de son fief. Ils préfèrent discuter chacun à l’abri de sa propre grille. A l’abri d’une indifférence de la population qu’ils ne font rien pour percer.

N’est-il pas dommage de retrouver chez ceux qui pourraient montrer la voie vers un débat politique adulte – comme il en existe encore un en France, par exemple – la même obtuse fermeture et jalouse intolérance que chez les médias du pouvoir ?  D’autant plus navrantes, qu’au contraire des Desmarais et Peladeau, cette intelligentsia qu’on voudrait en réserve n’a même pas l’excuse de défendre des privilèges. Gogol parlait de bassesse gratuite…

Qu’on se réunisse en chapelles pour affirmer des croyances n’est pas un crime – une foi doit sans doute être nourrie en pot avec tendresse pendant un temps, avant d’être exposée à la méchanceté des mécréants – mais combien de temps ? C’est MAINTENANT que la population doit pouvoir confronter les propositions de ceux qui veulent une nouvelle structure politique pour remplacer celle moribonde que nous avons présentement.  L’AN PROCHAIN À CETTE DATE LE MONDE SERA MÉCONNAISSABLE. Que font ceux qui aimeraient s’y reconnaître ?

La société craque. Québécois veulent des idées neuves. Ils aimeraient voir les alternatives et les comparer. Les doctrinaires nombrilistes qui se contentent de l’adulation de leurs convertis ne répondent pas à cette demande. Les médias du pouvoir mentent et ressassent des insignifiances ; il est désolant de constater que les blogueurs québécois se tiennent chacun dans sa petite satrapie conceptuelle et  ne veulent à aucun prix collaborer à une prise de conscience collective  qui pourrait exiger des remises en question. Les clercs sont encore une fois à trahir.

Pierre JC Allard

Greffe virtuel et immortalité

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:48

Invité à l’émission radio de Marginean, il y a quelques semaines, pour y parler de droit, j’ai reçu par la suite neuf (9) courriels de commentaires.  Bien peu, mais quand on connaît  la propension des auditeurs à ne PAS réagir, j’en ai déduit que la population aimerait bien que l’on change certaines choses dans le domaine de la justice.

Comme il n’est pas interdit d’apporter  parfois des propositions constructives, ne serait-ce que pour  souffler un peu entre les critiques, en voici une. Simple, facile, utile…

L’État  pourrait créer un greffe virtuel.  Tout citoyen recevrait un NIO  (numéro d’identification officiel) qui lui permettrait de télécharger gratuitement sur ce site de l’État, en y joignant ses propres NIP et mot de passe,  tout document dont la taille n’excède pas 10 M.    Le document, dont on connaît  alors le moment précis de téléchargement , serait réputé enregistré comme devant notaire au moment de cette inscription.

Il serait possible de faire ce qu’on veut de ce document.  De le rendre public immédiatement ou plus tard, comme d’en limiter l’accès à ceux qui disposent du code que leur a donné l’auteur à cette fin. Il est possible de stipuler que ce document ne pourra être effacé, qu’il le sera à une date pré-déterminée, qu’il ne pourra être modifié sans l’autorisation d’un tribunal, etc.

Mieux, il est possible de donner des témoins à ce document, ceux-ci le contresignant alors de leur NIP et mot de passe.  On peut augmenter encore la fiabilité du processus, en exigeant que le système retourne à l’expéditeur un accusé réception de la date et de l’heure de l’enregistrement (avec ou sans une copie du texte enregistré), le numéro de code de cet  accusé réception devenant nécessaire pour avoir de nouveau accès au document si tel est le voeu du ou des signataires

Ce qui peut-être fait par une seule personne – pour un testament, par exemple – peut être fait par plusieurs, simultanément avec toutes les parties en ligne ou à tour de rôle, de sorte que des contrats peuvent ainsi être signés, même à distance, et être enregistrés sur le champ.  Des contrats dont on pourra stipuler qu’il faudra l’intervention unanime des signataires pour les modifier ou dont on stipulera qu’ils ne peuvent PAS être modifiés. La possibilité de créer à bon compte et sans délais des actes authentiques et de les enregistrer à un greffe universel entraînera une accélération révolutionnaire du rythme des affaires.

Ce n’est pas tour.  On aurait ainsi la possibilité d’établir facilement l’antériorité d’une publication ou d’une idée, puisque un texte téléchargé peut porter la contrainte que même l’auteur ne pourra plus  y apporter de modifications.   L’inscription au registre approprié ne permet donc pas seulement de déterminer sans contestation l’heure d’une hypothèque, mais aussi de faire la preuve enfin sans ambiguïté d’un copyright, puisque une copie est téléchargée du texte lui-même.

Ceci serait particulièrement pratique quand il s’agir d’un texte à diffusion restreinte ou qui n’a pas fait l’objet d’une publication formelle et ne sera donc pas en bibliothèque prochainement avec le ISBN approprié.

Le même principe s’appliquerait à un accord de non divulgation/non circonvention (NDNC), à l’ébauche d’une marque de commerce et, ce qui devient de plus en plus nécessaire, aux versions préliminaires des travaux de recherche universitaires ….

Naturellement, celui qui veut protéger un concept aura à faire un choix entre une publication ouverte à tous – qui établira sans aucun doute ses droits face à tout venant – et une diffusion restreinte qui le laissera vulnérable à une défense d’originalité subjective et de bonne foi.  Un choix à faire, aussi, de permettre ou non l’accès des engins de recherche du Web au document téléchargé, selon que l’auteur veut ou ne veut pas attirer l’attention sur le fait qu’il s’intéresse au sujet dont traite le document.

On pourra en rendre intuitif le repérage, par auteurs, par dates et catégories traditionnelles, bien sûr, mais aussi par divers discriminants taxinomiques à définir, l’auteur ou les auteurs gardant en tout temps le droit de préciser que le document NE doit PAS être classifié.

Par delà l’usage du greffe universel pour des fins juridiques ou commerciales, ne négligeons pas la possibilité d’y inscrire aussi pour la postérité ce que l’on voudra bien.  La petite histoire deviendra grande quand chacun, dans un siècle, pourra suivre document par document la vie de son trisaïeul comme celle d’un personnage historique.  Nous sommes la première génération qui pourrait ne jamais être oubliée.

J’ai des centaines de propositions de ce genre à faire.  S’il y a un intérêt. Que pensez-vous de celle-la ?

Sur une planète près de chez vous

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:45


Alors qu’on discute en Occident d’une crise économique qu’on laisse arriver et qui est la conséquence bien prévisible d’une crise financière qu’on a fomentée et bâtie de toutes pièces, le reste du monde est à se coucher pour mourir.

On l’ignore et l’on n’en veut rien savoir. Le tiers-monde nous ennuie. Il demande beaucoup et il n’a rien à offrir. C’est le paillasson sur lequel on s’est essuyé les pieds et qu’on met aux ordures.

Quand on pense pays sous-développés, on pense surtout Afrique, Haïti, Bhutan, quelques morceaux d’Amérique latine. On ne pense pas aux pays dits « en voie de développement ». On ne pense pas aux pays qui grandissent vite plus que nous et qui sont à devenir nos rivaux. On ne pense plus à l’Inde. Ils ont des rickshaws motorisés, ils prennent nos appels et ils exportent des médecins et des informaticiens. Ils sont moins intéressants que le Darfour.

Pourtant, c’est ici que ça se passe, la fin d’un monde. Tous les présages sont là, en Inde et chez ses voisins. Le pourquoi de la fin du monde est complexe. J’en parle ailleurs pour l’Afrique. Ici, je ne donne que des faits divers, à titre documentaire, juste les signes cliniques d’une mort annoncée .

D’abord les événements terroristes de Bombay (Mumbai) et cette menace d’une guerre inutile entre Indiens et Pakistanais. Avec Obama et la decision astucieuse d ‘Islamabad de mettre la Chine au dossier comme amicus curiae, cette guerre n’aura sans doute pas lieu. Mais rien n’est certain… et les autres symptoms de l’agonie sont là.

Prenez une carte de l’Inde et des pays qui l’entourentt. Voyez les petites pustules rouges… de la peste de la violence .

Au Cachemire, une insurrection permanente depuis 50 ans. Au Punjab pakistanais, on vient d’interdire d’élections le candidat favori de la population; bonsoir la démocratie.  Un peu plus au nord, la charya islamique remplace OFFICIELLEMENT l’État de droit dans 4 provinces. Par accord négocié, on supprime le droit acquis des femmes à l’éducation. Bonjour l’intolérance.

Au Bangladesh, une mutinerie, pour obtenir que les soldes soient versées à conduit au massacre d’une cinquantaine d’officiers… et s’est terminée quand les rebelles ont eu gain de cause et une promesses d’amnistie.

Plus au sud, dans l’Orissa où je suis, des groupes maoïstes, dont on entendait peut parler, ont occupé des gares ferroviaires et coupé les voies. Ils complètent ce que la simple vétusté des équipements produit déjà: trois déraillements en 10 jours dont l’un qui a fait neuf mort. Plus au sud encore, au Deccan, d’autres groupes à la philosophie plus fumeuse en font de même, sans même que leurs objectifs ne soient précisés.

A Chennai — Madras — au Tamil Nadu, ce sont les avocats qui se sont révoltés en masse et ont livré une bataille rangée aux policiers dans et autour du palais de justice. Les revendications sont encore une fois peu précises, chacun semblant seulement faire sa part pour créer l’anarchie et faire crever une société dont personne ne veut plus.

Au Sri Lanka, une guerre civile qui dure depuis des décennies semble se terminer par l’écrasement des rebelles, mais nul ne doute que les batailles rangées ne se termineront que pour laisser la place à une guérilla et au terrorisme. Une minorité ethnique appuyés par un puissant voisin. On n’en verra jamais la fin.

Partout en Inde et autour, une pauvreté abjecte. La solidarité est dispartue et la corruption est PARTOUT. On vit la désilusion et la perte de confiance en toute solution. Ils sont 1,5 milliard dans la région. Les grandes provinces de l’Inde on une population qui dépasse celles des plus populeux pays africain ou du Bresil. Ils sont 15 millions à Bombay, 14 à Calcutta, 7 ou 8 millions dans des villes comme Hyderabad ou Bangalore, dont une bonne part des Québécois ne savent même pas qu’elles existent.

C’est une autre planète. Un planète désespérée. Une autre planéte, mais pas si loin de chez nous… et le désespoir est contagieux.

Pierre JC Allard

L’argent ? À quoi bon ?

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:42


Le Système capitaliste est en rénovation, par ordre de l’establishment compétent. Si on nous a envoyé Obama, le Prince Charmant, au lieu de Néron ou Dracula, c’est que le système capitaliste rénové sera plus amiable que l’ancien. Donc,exultate, réjouissons nous dans les chaumières. …

Évidemment, pendant qu’on change délicatement les fondations de l’édifice social en essayant de ne pas briser les carreaux, on va parfois nous bousculer un peu. Sans méchanceté, bien sûr. Qu’est-ce qu’il nous prepare, le Système, qui va nous étonner ?

Comme le grand dérangement qui va conduire du Capitalisme I au Capitalisme II est que l’argent ne vaut plus rien, c’est sans doute de ce côté que viendront les surprises. Pour le GROS capital – les trillions et les trillions de dollars – on sait déjà ce qu’on fera: d’abord une cure de minceur des actions en Bourse, puis on laissera l’inflation faire son boulot sur le reste du fric jusqu’a ce que les choses coûtent à peu près ce qu’on dit qu’elles valent. Il n’y a qu’à mettre des zeros…

Pour la menue monnaie, cependant – votre argent et le mien – on va simplifier le travail et s’éviter de devoir imprimer, juste pour les futurs collectioneurs, des timbres poste surimprimés en milliers puis en millions de cents puis de dollars, comme les marks des années “30. On va incessament frapper un grand coup sur l’imaginaire populaire et montrer que tout ça est sérieux en retirant la monnaie de la circulation.

Rien de complexe et rien de douloureux, On va dématérialiser l’argent, comme on a dématérialisé les titres boursiers, il y a quelques années, lesquels ne valent plus le papier sur lequel on les a imprimés, s’ils ne sont pas “enregistrés dans le système” via courtier. Un titre au porteur est devenu une curiosité… et la plupart du temps une arnaque. De mêmes les “cusips”, mais je laisserai d’autres en parler…

Tres bientôt, c’est la monnaie “payable au porteur” qui va disparaître. Sans doute avant la fin de l’année. D’abord, on dira qu’il y a trop de contrefaçons. Où sont le billets de 1 000 et de 500 dollars de naguère ? Trop beau, pour les faussaires…

Prohainement, on va d’abord refuser dans le commerce, puis cesser d’imprimer, les billets de 100, puis de 50 dollars. Il restera les liasses de billets de 20 dollars distribués par les guichets automatiques et qui, inflation aidant, ne serviront plus bientôt que pour les pourboires.

Même ses reliques d’un autre âge disparaitront, dès qu’on pourra faire et obtenir confirmation d’un paiement bancaire par telephone cellulaire. Ce qui est techniquement déjà tout à fait possible; il suffit de le vouloir. Or, on le voudra bientôt. Il sera tellement plus facile d’augmenter et de diminuer la masse monétaire à volonté, quand il n’y aura pas ces ridicules bouts de papiers pour ralentir le processus.

Déoser vos billets à la banque du coin, on les mettra à votre compte, ou à un nouveau compte qu’on vous ouvrira et que tout citoyen devra avoir. Tout ce que vous “valez” vous sera instantanémnt accessible, limites de crédt incluses. Un avantage…

Evidemment, le Système saura ce que vous valez et pourra y ajouter ou en enlever, plus ou moins facilement selon les contraintes que la société lui imposera. Les “bail out” seront de simples jeux d’écriture… comme, sans le dire, on sait qu’ils en sont déjà

Effroyable ? Prenez conscience qu’on le peut déjà. Le défi n’est pas d’empêcher cette evolution vers la monnaie dématérialisée, elle est un progrès. Le défi est de mettre en place les balises qui perrmettront à une société démocratique de contrôler VRAIMENT ces pouvoirs que la technique moderne confère aux États.

Ces pouvoirs sont depuis longtemps exorbitants. Si cette derniére manoeuvre de supprimer les billets de banque fait tomber le voile et que chacun s’en aperçoit, on aura fait un grand bond en avant.

J’écrivais déjà sur cette evolution prévisible dans le livre Monde ordinaire, c’est à ton tour…, publié il y a 18 ans… (voir l’extrait ci-dessous)
http://nouvellesociete.org/108.html

Pierre JC Allard

Sir Paul et Jury Team

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:39


Un lecteur anglais m’a passé un courriel, hier, pour me parler de Sir Paul Judge et de son projet. Sir Paul est le type même de ces hommes d’affaires anglais – Public Schools, “upper class”, cricket, ” We will never surrender “…- qui vont de succès en succès sans avoir l’air de s’échiner, seulement parce que ni eux ni persone ne doutent qu’ils ne soient supérieurs.

Ils sont insupportables, mais on les aime bien, parce qu’ils sont flamboyants, un peu excentriques et que sans eux et autres Philéas Fogg, être riche apparaîtrait d’un mortel ennui.

Eux,ils ne s’ennuient jamais. Celui dont nous parlons ici a fait son fric dans l’alimentation (Cadbury, puis Premier Brands), a fait une virée en politique pour le parti Tory où il n’a reçu que des éloges, s’est offert le divorce médiatisé sans lequel aujourd’hui un homme célebre n’est pas tout à fait un gentleman – à moins que ce ne soit le contraire – puis s’est consacré surtout au mécenat.

Une vie bien remplie et rien de vulgaire. Il y a trois jours, Sir Paul qui ne doute de rien a décidé de changer la politique au Royaume-Uni. La démocratie est devenue un vain mot. Le peuple n’est plus représenté. Action !

Le peuple ne se reconnait pas dans les partis politiques ? On va créer un parti – JURY TEAM – qui n’aura pas d’autre programme que de faire élire des députés indépendants, lesquels sortiront directement du peuple .Ils en connaissent les aspirations. Ils brasseront la cage dans le sens de ce que le monde veut et de ce que la situation exige. Plus de députés inféodés à des partis politiques: des députés sans allégeance…

Ceux qui ont lu un peu sur mon site vont reconnaitre la “Démocratie contractuelle” dont j’ai beaucoup parlé il y a déjà longtemps, sur le Web, sur tous les blogues, en conférences, en commission parlementaire et ailleurs.

Entre Jury Team et la DC, le but visé est le même, le processus original de sélection des candidats est le même… On verra jusqù où iront les similitude, mais plus il y en aura, plus je serai heureux.

Si Jury Team, qui va présenter des candidats en Grande Bretagne pour les prochaines élections au Parlement Européen, a un peu de succès, on peut être sûr que Sir Paul mettra le paquet – et il l’a ! – pour percer aux élections générales.

Si cette idée s’impose en Angleterr, elle sera vite reprise ailleurs, car la démocratie déçoit partout; c’est ce que 2 millions de Francais sont descendus hier dans la rue pour dire à leurs gouvernants.

Un jour on le dira ici aussi, au Québec. Ce qui me fera encore plus plaisir, car le plaisir qu’on peut tirer à diffuser des solutions, c’est de les voir régler des problème… et préférablement chez soi.

Mon correspondant anglais s’étonne que je n’aie pas mis les efforts qu’il aurait fallu pour que se développe au Québec, ce projet qui semble tout à coup s’imposer comme une évidence et être bien facile à réaliser.

Je ne l’ai pas fait,Tommy, d’abord parce que je n’ai pas le profil de Sir Paul et que je n’y serais pas parvenu; mais, aussi, parce que si j’avais consacré la moitié de mon temps à travailler à la réalisation de mes idées… il y a la moitié de mes idées que je n’aurais pas eu le temps d’énoncer. A chacun son boulot.

Il y a un temps pour chaque chose. Maintenant, c’est le temps de changer la démocratie. Go Jury Team !

God-speed, Sir Paul

Les botteurs en touche

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 8:36


Cette crise est complexe…” et papati, et patata. Ils n’osent pas avancer, alors ils bottent en touche et nous ÉLOIGNENT de la solution. Il y a des coups de pied qui se perdent, car la crise est simple. La crise, d’abord, c’est de faire disparaître les trillions d’argent de Monopoly qu’on a mis de ci, de là, mais ça, ça ne concerne pas le monde ordinaire.

Le problème du monde ordinaire, c’est de garder son pouvoir d’achat. Garder son job, s’il travaille, garder son paiement d’assistanat,s’il ne travaille pas, garder ses fonds de pension s’il est à la retraite. Tout ça en argent qui garde sa valeur

Qu’est ce qu’il faut faire pour ça ? Un programme de revenu garanti indexé au coût de la vie. Et parce qu’il faut produire pour consommer – et travailler pour produire – , une programme qui exige que quiconque est apte au travail ait un boulot et travaille avant de recevoir son revenu garanti. S’il ne le trouve pas tout seul, ce boulot, c’est à l’État de lui en trouver un. C’est à l’État de voir ce qui a besoin d’être fait dans la société et d’affecter à le faire ceux qui n’ont pas d’emploi

Ils ne savent pas comment s’y prendre ? Il faut le leur montrer. Pendant et après la derniere guerre mondiale, on formait en 6 mois des travailleurs qualifiés pour tous les emplois du niveau ouvrier professionnel. Maintenant on s’amuse à parler de n’importe quoi en prétendant qu’on éduque et qu’on forme.

Oui, mais le budget… Bullshit. (Me rappeler de proposer “selles de boeuf”, d’un blogueur anonyme, à l’Office de la langue française..). Pour produire quoi que ce soit, il faut un travailleur et des materiaux. Le capital, c’est seulement le résultat d’un travail déja fait sur des matériaux qu’on avait avant, pour fabriqur l’outil qui maintenant permet de travailler mieux. On a toujours les moyens de faire tout ce qu’on a les travailleurs et les materiaux pour faire.

Le défi du gouvernement, c’est de faire travailler tout le monde et de leur distribuer le revenu qui leur permettra de consommer cette richesse qu’ils auront produite en travaillant. Le reste est mensonge, arnaque et saloperie. Dire qu’il a fallu 40 ans pour payer la construction du Stade Olympique, par exemple, est un mensonge. Les travailleurs ont touché leur salaire et les fournisseurs de matériaux leur dû, AVANT que le Stade n’ouvre ses portes. Le Stade a été payé IMMEDIATEMENT.

Ce qu’on a payé pendant 40 ans, ce sont des engagements inutiles et souvent vereux envers des financiers “mouches du coche” qui se sont immiscés dans l’opération. Ça, c’est l’arnaque. La saloperie, c’est tout le systeme, car ce qu’on a fait pour le Stade est ce qu’on fait tous les jours. Pour tout.

Le peuple le supporte… Depuis Edward Bernays, la manipulation est devenue une science exacte. On peut normalement maintenir la population juste en deça du seuil où elle se révolterait. Mais un accident… et elle vient vous botter le derrière. En temps de crises, il y a des accidents. On part pour une ballade aux Invalides, on s’égare à la Bastille et on rentre chez soi avec au bout d’une pique la tête d’un mec qu’on ne connaissait même pas le matin. Un accident…

Nos gouvernants devraient regler la crise. Nationaliser les institutions financières, émettre une monnaie credible, garantir un travail et un revenu à tous. Faire fonctionner cette société, au lieu de la parasiter, car tous ces politiciens et fonctionnaires qui vont de comités en pauses-café et de réunions en missions, touchent un salaire pour faire des rapports sans pertinence et produire des plans qui ne se réaliseront pas. ILS NE PRODUISENT RIEN. Il faudrait botter le derriere de ceux qui bottent en touche au lieu d’aller vers les buts.

“Botter le derrière” est une formule du XIXe siècle. Au XXe, on a d’abord cessé de le faire, puis, on est devenu politiquement correct et on a cessé même d’en parler. Jadis on les aurait traités plus dûrement. Demain, on ne sait pas encore…

Pierre JC Allard

Pour ceux qui acceptent un peu d’anglais. Voici un extrait de Crisis and Beyond, publié il y a 25 ans, sur cette évolution vers les “hyperjobs” : le non-travail gratifiant…

Workers love and enjoy hyperjobs. They come early, they work overtime, they believe in what they do… which is, more often than not, almost entirely of their own design. (…) To create a hyperjob for oneself, pushing aside the usual boring activities of a good symbiot or parasite, one needs only be on a payroll and be responsible for something. Anything.

(They) will be asked: “should we invest”? Since he has been at it for a long time, he knows almost immediately whether the answer will be yes or no, (but will rather )proceed with something really interesting.

Something like… look for basic information, analyze all the variables, identify and evaluate all the restraints and constraints, require expert advice, consult other interested parties, prepare a preliminary report, make a pre-feasibility study and a feasibility study, consult once again, reach a tentative decision, discuss it, write a report to justify it all, follow up on the report… who cares about the investment!

(If he is) a “boss”, one of his subordinates may be assigned the task “look for basic information”, for example. This subordinate will then have an absolute right to define what information is needed, check sources and references, put together a team to collect first-hand data in the field, compare the validity of the information obtained with that of similar projects, prepare a report. Downstream, somebody will also have to implement this survey in the field, for which he will need interviewers who will be trained for fieldwork, by an expert on the “field” who will consult experts on training… (…)

It is workers now, at all levels, (who) define the means and the details, and who do so with an eye on keeping their job interesting… and the other on keeping a “steady pile ” on the corner of their desk.

Crisis and Beyond, 1983
(http://www.nouvellesociete.org/300.html)

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