Nouvelle Societe

11-05-09

Ratzinger, Joseph pape

Sa Sainteté  – pas le dalaï-lama ni Raël, l’autre – fait une brève visite au Moyen-Orient.  Courageux de sa part, car il n‘y a pas que des amis. Il s’est forgé de solides inimitiés chez les islamistes, il y a trois ans, en choisissant dans un discours à Ratisbonne de citer un texte chrétien décrivant  le message de Mahomet comme méchant et inhumain.  Il s’en en attiré autant des Juifs, il y a peu, en levant l’excommunication qui avait frappé l’évêque Williamson, un négationniste avoué.   Pour le tact, on est bien loin de Jean-Paul…

Evidémment, les méchante langues diront que puisque une partie non négligeable des Protestants fondamentalistes croient sans doute encore qu’il a les pieds fourchus et qu’une grande partie des Catholiques, en entendant son  nom, lèvent les yeux au ciel, il n’est sans doute pas beaucoup plus impopulaire à Amman que dans une ville d’Occident, mais il lui faut tout de même du courage pour aller au devant des attentes des Juifs et des Arabes.

 Il est bien difficile d’imaginer, en effet, ce qu’il pourra bien dire de bon à ses hôtes au cours de ces quelques jours en Jordanie, puis en Israel.  La récente incursion miitaire d’Israel à Gaza  a fait près de 1 500 victimes. Des civils, surtout des femmes et des enfants. Le pape va-t-il cautionner cette opération, se rendant encore plus odieux aux musulmans et à la grande majorité des population chrétiennes du monde qui réprouvent ce massacre ? 

Va-t-il, au contraire, la dénoncer, devenant persona non grata en Israel, compromettant les liens péniblement établis avec la diaspora juive et réduisant surtout son capital de sympathie auprès de l’administration des ÉtatsUnis qui restent indubitablement le pays le plus riche et le plus puissant du monde ?   On voit mal quelle déclaration contenterait tout le monde…

Il pourra tenter – c’est l’ambition de toute diplomatie et l’Église n’y est pas novice – de faire des ronds autour du sujet sans vraiment l’aborder et de ne dire que de pieuses platitudes.  Mais avec la crise financière, le réaménagement de la production qui se dessine, le réajustement des alliances et le nouveau mode de gouvernance qu’Obama est à mettre en place,le monde  n’est plus vraiment tolérant du bavardage.   Tout va trop vite, les changements à faire sont trop urgents et trop importants.

Si Benoit XVI n’a pas le courage d’une opinion et de recommandations concrètes sur la question palestinienne, mais se limite à n’en rien dire, ou pire, a tenir un discours vide, il est probable que des millions de gens dans le monde – et surtout des catholiques – y verront confirmés leurs doutes quant à la signifiance d’une papauté qui se refuse à tenir un message moral qui devrait être sa raison d’être.

 Le Vatican n’a-t-il pas compris que l’ambiguïté n’est plus une vertu dans le monde de transparence que créé l’Internet et qui rend le double discours impossible ? S’il  termine ce périple en zone de guerre sans porter un jugement ETHIQUE sur la situation en Palestine, ni suggérer une action efficace pour y ramener la paix, il aurait mieux valu qu’il n’y aille pas, car ce n’est pas seulement l’homme et son pontificat qui seront jugés.

Au point où l’on en est, si l’on entend un pasteur qui finasse, esquive, radote au lieu de montrer la voie aux brebis, BEAUCOUP, remettront en cause la pertinence même de la fonction. Après « Ratzinger, Joseph pape » – comme après « Capet, Louis, roi » – il pourrait ne pas sembler indispensable de lui chercher un successeur.

N’oublions pas que, selon la prophétie de Saint Malachie, Benoit XVI est le DERNIER PAPE….

 

Pierre JC Allard

10-05-09

Le Web thaumaturge

 

Il y a bien longtemps qu’on n’avait pas vu la maladie reculer devant la Parole.  Le Christ, Saint Francois, il paraît que…  Mais il y a bien longtemps. Les Preachers américains font aussi des miracles, mais ils concentrent leurs efforts sur les maladies de l’âme. Comme les psychiatres.  Quand on touche au physique, c’est fou comme un degré de fièvre peur être résistant à la Grâce.. 

On a donc tendance, côté guérison, a se partager les tâches. Ceux qui parlent bien prennent en charge les hystériques, hypocondres et assimilés – ce qui représente tout de même au moins la moitié des malportants – et ceux qui n’ont pas ce talent auscultent, cisaillent ou, tout en bas de l’échelle, PRESCRIVENT.  Aspirine , quinine, Ex-Lax…   Des cures sans surprises ni émotions, mais ça marche.

 La semaine dernière, tout ça a basculé.  L’humanité a été confrontée à un grave péril auquel il n’est pas sûr que le médecine traditionnelle aurait pu parer.  La grippe porcine, mexicaine, ou donnez-lui le nom que vous voulez, est apparue et a provoqué une mobilisation des ressources médicales et médiatiques combinées dont on avait eu auparavant peu d’exemples.  Mexique, puis USA et enfin OMS sont montés aux créneaux sans rien négliger.

 « Un milliard », a dit Obama,  ça lui est venu spontanément. « Crise de niveau 5 », a renchéri l’OMS !  Plus pratique, le Mexique a  accepté avec gratitude un investissement de 100 millions de dollars de Sanofi-Aventis pour produire des vaccins… d’ici quelques mois.  Encore plus pratiques, les autres pays ont simplement diffusé la nouvelle de la pandémie en gestation, jusqu’à ce que les chalands se précipitent pour acheter jusqu’à épuisement les stocks de Tamiflu de Roche qui menaçaient péremption. Braves gens…

 Malgré ces mesures radicales, le mal se propageait toujours. Les écoles se fermaient, les frontières elles-même étaient menacées. La panique était là et tous les médicaments ne suffisaient pas à en enrayer la propagation de bouche à oreille…  C’est là qu’on a redécouvert le pouvoir de la parole. Le pouvoir de l’écrit.  Le pouvoir du WEB.

L’Internet est intervenu. Quelques articles, collant aux faits et les interprétant selon la raison, ont permis en quelques jours de circonscrire l’épidémie. Un pouvoir qu’on doit croire surnaturel s’est manifesté pour que seul le Mexique, où le mal avait quelques jours d’avance, soit sérieusement touché avant que la Parole ne produise son action salvatrice.  Le “Web ange-gardien” a gardé les frontières et le mal a reculé. Ceux qui devaient mourir ne sont pas morts et ceux que la maladie devait atteindre n’ont pas été atteints.

Il y a eu quelques victimes, naturellement, mais bien moins que lors des autres pandémies, quand tant de gens ont péri de la grippe ou des vaccins qu’on leur a imposés.  Il est vrai que la Providence a pu compter, sur le Web, avec la collaboration de centaines de milliers d’internautes qui ont diffusé la Parole.  Au plus fort de la panique, il y avait plus de DEUX MILLIONS  (2 000 000 ) de liens sur Google,  pour « grippe », « grippe porcine » et autres sobriquets de la « pandémie »…

Avec Internet, nous avons une nouvelle arme contre certaines maladies: la Parole. Il faudra s’en souvenir.  Et la prochaine fois, si la Parole se met à l’œuvre rapidement, on évitera peut-être aussi les achats inutiles.  Ce serait bien chouette, car on a besoin de tous nos sous pour défendre VRAIMENT la santé.

 

Pierre JC Allard

09-05-09

Et tu Brute …

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:10
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Il y a longtemps que ça ne va plus pour les Américains en Irak, mais on a passé un autre seuil quand le Sergent-Major Davis a payé de sa vie l’erreur d’avoir tourné le dos à un soldat irakien. Pas une rebelle, pas un insurgé, pas un terroriste, un soldat de l’armée irakienne.  Un collègue de travail, si on peut dire…  Il était là pour les conseiller, pour les former à tuer de l’irakien rebelle. C’est lui qu’on a tué. L’étranger. L’envahisseur.

Davis n’est pas la première victime de ce qu’on a appelle encore parfois pudiquement un “tir ami”. Il y en a beacoup. On se souviendra de ce type qui avait tué quelques G.I dans un camp retranché en Irak, y a déjà quelques années, en jetant une grenade dans leur tente. Il était devenu fou, qu’on a dit à l’époque…  On ne parle plus de folie. Il y a eu sept (7) autres incidents de ce genre depuis six (6) mois dans le nord de l’Irak. 

On connaît le meurtrier du Sergent-Major Davis: Saleh Hamadi. Il a fui avec un complice après l’attentat, un véhicule l’attendait.  Un meurtre prémédité. Le soir même,  il a été remis par des gens de sa tribu aux gardes à la frontière syrienne. Rien de crapuleux, meme si l’armée américaine cherche sans conviction à convaincre tout le monde qu’il a sans douté été payé pour le faire.  En fait, c’est un assassinat. Il y a eu une execution. Un geste de résistance et Hamadi un jour sera un héros.

C’est ce qui distingue ce cas de tous les autres.  Comment la justice irakienne le traitera-t-elle ?  Deux de ceux qui l’ont aidé à s’enfuir auraient été condamnés, mais les details manquent… Hamadi, lui, non. Tout traine en longueur. Garde-t-on Hamadi pour la célébration qui marquera le départ du dernier “protecteur” américain ?  On verra…

En attendant, les Marines ont été appelés en renfort pour protéger les conseillers américains contre ceux-la mêmes, leurs élèves, sur qui l’on comptait au depart pour assurer leur protection !  C’est cette insertion des conseillers USA dans l’armée irakienne qui était la stratégie à long terme.  Ils noyauteraient, convaincraient, soudoieraient et assureraient le contrôle du pays conquis, avec la loyale obedience admirative des troupes indigènes.

182  de ces equipes de conseillers sont déja en place. Il ne s’agissait que d’en multiplier le nombre, pour créer une réseau de points d’appuis à une presence américaine indéfinie en Irak – 10 000 de ces conseillers auraient suffi, avec une armée irakienne fidèle et dévouée – puis de ramener le reste des boys au pays. Colonisation coutêuse, mais tout de mëme finalement réussie.

L’affaire Hamadi vient de changer la donne. On vient de comprendre que si les autres partent, les 2 000 conseillers déjà insérés dans l’armée irakienne non seulement ne soutiennent rien, mais sont autant d’otages en puissance.   En rajouter serait encore plus bête que de les y avoir mis.

On vient juste de réaliser que quitter l’Irak n’est pas aussi simple qu’il parait, comme quitter la Russie n’a pas été  une parade de retour pour Napoléon ni pour Hitler. Qu’est-ce qu’on fait quand on décide de se retirer, mais qu’on vous tire dessus ?  Quelques pertes, c’est un retraite  humiliante. Beaucoup de pertes et c’est une déroute ignominieuse.    Le peuple américain ne le permettrait pas.  Va-on faire marche arrière… en reprenant la fuite en avant ?

Tout ça rapelle, mais à grande échelle, les helicoptères quittant le toit de l’Ambassade américaine, a Saigon.  Ou mieux, cette phrase du celèbre roman de Steinbeck  “ The flies have conquered the flypaper…

Envahir l’Irak était pire qu’un crime. Talleyrand aurait dit que c’était une erreur.

 

Pierre JC Allard

08-05-09

L’ultime forfaiture du Capital

 Un dur coup, hier pour les « anticomplotistes ». Le Center for Public Integrity (CPI), par la voix de son directeur Bill Buzenberg, annonce que les banques qui prétendaient avoir été prises par surprises par la crise des surprimes qui a déclenché la faillite du système financier ont tout fait pour la provoquer, en facilitant des prêts à très haut risque dont on ne pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’ils soient remboursés.

Le CPI  met carrément la faute sur les agissements de 25 institutions financières.  Ces institutions ont consenti à elles seules 72% du total des mauvais prêts hypothécaires. UN TRILLLION  (USD$ 1 000 000 000 000 ) Des 25 institutions mises en cause, 21 appartiennent ou sont financées par l’une ou l’autre des banques que le Trésor américain inonde actuellement de milliards pour tenter en vain de les rescaper (bail out) aux frais des contribuables.

Parmi les incriminées, Citigroup, HSBC, Barclays… tout le gratin du capitalisme. AIG, en particulier, à qui le Trésor américain , depuis le plan Paulson, a aussi donné directement 180 milliards de dollars (dont une parcelle a servi a payer des boni et à organiser une nouba pour ses agents… !) Toutes les autres escroqueries financières de l’Histoire apparaissent tout à coup comme des peccadilles. ON A SCIEMMENT DÉTRUIT LE SYSTÈME FINANCIER MONDIAL.  

 Le cynisme de toute cette opération laisse pantois, car ce sabotage ne peut avoir eu lieu qu’avec la connivence du gouvernement des USA et au su de tous les gouvernements de quelques importance participant à la structure financière qui gère cette planète. L’élite qui dirige le monde nous a trahi et est partie avec la caisse.

Cette étude a été publiée alors que la Chambre des représentants américaine devait approuver hier un projet de loi visant à créer une commission d’enquête indépendante pour examiner les causes de la crise économique.  On avoue juste avant d’être démasqué. Les rats quittent la cale du navire qui sombre.

Que vaut cette information ? L’étude du CPI a porté sur 7,2 millions de prêts consentis entre 2005 et 2007.  Un échantillon significatif. Une conclusion irréfutable.

Que vaut la parole du CPI ?  il suffit de voir la liste des organismes qui le soutiennent depuis sa création, il y a 20 ans, pour voir qu’on n’a pas ici des anarchistes barbus, mais la fleur de l’Establishment.  Ce sont des capitalistes qui dénoncent. C’est une guerre civile au sein du Systéme dont je dis depuis  20 ans que c’est le seul événement qui nous en délivrera.

Jubilation ?  Ne pavoisez pas trop.  Il est clair que l’argent ne sera plus l’outil privilégie de la gouvernance, mais rien ne garantit que les nouveaux moyens qu’utilisera le pouvoir pour dominer seront plus justes, ni surtout plus démocratiques. Au contraire…  Souhaitons-nous une gouvernance bienveillante, car le paternalisme n’est pas le pire des dangers qui nous menacera.

 

Pierre JC Allard

07-05-09

Si les élections pouvaient changer quoi que ce soit…

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:52

Il semble que le Québec va bientôt procéder à son maquillage démocratique périodique. Le moment semble venu, mais 70 % de la population préférerait que cet exercice n’ait pas lieu. Réflexe d’une population satisfaite qui ne voit pas la nécessité d’une remise en question… ou lassitude résignée de cette population, qui préférerait autre chose que ce traitement cosmétique ? Le peuple serait-il si réticent à s’exprimer, si on lui posait les questions auxquelles il ne demande qu’à répondre ? N’y a-t-il pas certaines questions qui déclencheraient l’enthousiasme qui a amené 95 % de la population à se prononcer, lors du dernier référendum ?

OUI, il y a de ces questions … mais on veut en détourner l’attention. Parmi ces questions, bien sûr, il y a celles sur la souveraineté, la place du français et la composition démographique que l’on souhaite au Québec. Choisira-t-on une immigration qui permettra de faire face plus facilement à nos obligations envers nos retraités… ou la restreindra-t-on pour garder au Québec le visage que nous lui connaissons ? Souveraineté, langue et immigration sont trois (3) sujets sur lesquels la population voudrait bien qu’on lui propose des choix.

Ne pas croire, toutefois, que l’intérêt de la population se borne à ces trois (3) thèmes. Il y aurait aussi des débats passionnants à faire sur l’éducation, question si préoccupante qu’on préfère ne pas s’en occuper. Sur la santé, à laquelle tout le monde pense, mais sans vouloir trop y penser, parce qu’il y a des choix à faire qu’on ne veut pas faire. Des choix financiers, mais aussi des choix techniques, une remise en question des fonctions des intervenants en santé – de celles des spécialistes à celles des préposés aux soins. Une révision gênante à faire du rôle des élites traditionnelles, de leurs privilèges et de leurs droits acquis.

On aimerait bien, aussi, parler de l’accès à la justice. Il n’y a pas de justice au Québec pour le monde ordinaire ; la justice est biaisée en faveur de ceux qui possèdent et contre ceux qui n’ont rien. La population de n’abstiendrait pas de voter si on lui parlait de réformer cette justice qui n’est qu’apprivoisement de l’injustice.

Elle ne se détournerait pas non plus, si on lui parlait de sécurité. Il semble bien que la hausse vertigineuse de la criminalité à laquelle nous avons assisté durant quelques années se soit arrêtée, mais est-ce bien vrai ? N’est-ce pas plutôt que, comme une tache qui s’estompe sur un vêtement qui devient uniformément sale, le crime se discerne moins dans une société qui devient uniformément plus violente ? Est-ce que nous ne sommes pas à apprivoiser l’insécurité, comme nous avons apprivoisé l’injustice ?

Et si on parlait du système carcéral ? La prison traditionnelle a-t-elle encore un sens dans notre société ? Il y a des façons plus efficaces de punir si on veut punir et de réhabiliter et si on veut s’en donner la peine, mais, surtout de protéger la population adéquatement… Si on consultait la population et qu’on revoyait tout ça ?

Il faudrait penser aussi à ce qu’il adviendra de l’État de droit, si nous laissons le népotisme et la corruption pervertir la démocratie. Ici, comme dans tous les pays qui se prétendent démocratiques, il est de plus en plus difficile de croire que, derrière le cirque médiatique qui nous distrait, le peuple ait encore un contrôle sur les décisions qui sont prises et sur le sort qui lui est fait. On s’empresse pourtant de mettre une pelletée de terre chaque fois qu’on sent bouger le cadavre de la démocratie.

Il faut démocratiser la gouvernance, mais se souvenir aussi que la gouvernance ne s’exprime que par une administration. Sommes-nous bien administrés ? Échappons à l’arbitraire des décisions bureaucratiques ? Évitons-nous cette procrastination qui va de paire avec la désuétude des moyens dont nous disposons pour que la prise des décisions soit efficace dans une société complexe ? Que voudrait la population ? On pourrait le lui demander.

Pourquoi, par exemple, se déplacer pour allers chercher un permis dans une officine de l’État, alors que ce permis pourrait être envoyé par courriel à son titulaire, puis à quiconque aurait l’autorité de l’exiger ou auquel le titulaire en autoriserait la divulgation ? Si l’on mettait à profit les moyens de communication dont on peut maintenant disposer, on pourrait réaliser en ligne le plus clair des échanges documentaires entre les citoyens et les administrations publiques. Sur ça aussi, nous aimerions tous voter, si quelqu’un prenait la peine de faire une proposition intelligente pour renvoyer à domicile une large part du fonctionnariat

Voter, aussi, sur la place de l’information dans la société et le rôle de l’État dans l’information. Quelle devrait être la responsabilité de l’État pour diffuser la nouvelle? De quels moyens de contrôle sur cette responsabilité l’État devraient disposer les citoyens ? Les médias traditionnels seront rejoints, puis un jour remplacés, par une multitude de blogues et de journaux citoyens qui viendront compléter l’information et garantir la transparence de notre société. Ce sera une nouvelle donne. Il faudrait peut-être en parler…

il y a aussi toute la question de l’environnement. Quels moyens prendrons-nous pour assurer notre approvisionnement en énergie, condition incontournable d’un développement continu ? Cette question s’inscrit dans une problématique plus large : continuer dans la voie d’une consommation en constante expansion … ou bifurquer vers une société plus frugale de simplicité volontaire. La population doit comprendre que la stabilisation de la consommation des biens matériels ne veut pas dire un arrêt du progrès, seulement une réorientation vers des valeurs intellectuelles, culturelles, spirituelles…

Pourquoi toujours occulter le débat sur la notion d’équité et d’une plus juste distribution de la richesse ? On n’y coupera pas, car dans une société complexe et donc d’interdépendance, la solidarité n’est plus une vertu, mais une exigence technique. Il faut revaloriser le travail comme facteur de production, mais cela ne suffira pas pour distribuer équitablement le revenu L’assistanat, sous une forme ou sous une autre, prendra de plus en plus d’importance et une politique d’assistanat plus envahissante est inévitable. Il faut que la population se prononce sur les modèles de relation du travail à l’assistanat car, sans un consensus social, l’assistanat n’est qu’une variante de l’exploitation et du favoritisme.

Dans le contexte de la crise financière actuelle, la population ne devrait-elle pas aussi être consultée sur les modifications à apporter à notre système financier, aux régimes fiscaux, au crédit, à l’émission de la monnaie dont nous avons vu que la gestion paternaliste par une toute petite élite financière nous a conduits au désastre ?

Il y a des décisions sociétales à prendre. Il y a des choix qu’il faut demander à la population de faire, parce que c’est à elle de prendre ces décisions. La manière de faire ces choix devrait elles-mêmes faire objet de débats. Peut-on intégrer la notion de référendum à notre structure de gouvernance ? La démocratie directe est maintenant devenue techniquement possible. Veut-on s’en approcher pour la gestion de notre quotidien ?

Si on consultait vraiment la population, il ne serait pas difficile de la motiver. Trop complexe ? IL N’Y A RIEN QU’ON NE PUISSE FAIRE COMPRENDRE À UN INDIVIDU D’INTELLIGENCE MOYENNE. S’il veut comprendre et si on prend le temps de le lui expliquer.

Il y a beaucoup à discuter. Pourtant, on se prépare à des élections où, comme d’habitude, on restera au niveau des insignifiances, en évitant soigneusement tout ce qui pourrait ressembler à une véritable consultation du peuple. Encore une fois, on va demander à la population de choisir ses maîtres au lieu de lui offrir une plus grande maîtrise sur son destin.

On a déjà dit : « Si les élections pouvaient changer quoi que ce soit, elles seraient interdites. » Ne faudrait-il pas plutôt se hâter d’interdire toutes les élections qui ne peuvent rien changer ?

Pierre JC Allard

La boîte a surprises des élections

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:49

Avec les blogues dans l’arène, les joutes électorales ne seront plus jamais jouées avant la dernière échappée, car il devient possible que de vastes pans de l’électorat changent d’allégeance en quelques jours. Pour que des événements politiques imprévisibles arrivent, il suffit d’un message auquel sa diffusion confère une crédibilité et qui vole de blogues en blogues, sans que les médias puissent le discréditer….” (Mars, 2007)

Avant toute chose, aujourd’hui, je vous invite à aller voir le texte écrit il y a 18 mois et dont ce qui précède est un extrait. Il ne s’agit pas de vous dire « Voyez, comme j’avais raison » – ce qui peut vite devenir odieux – mais plutôt de faire toucher du doigt à quelle vitesse folle les choses peuvent changer. Songez qu’il y a moins de deux ans, ce texte était révolutionnaire et controversé…. !

Maintenant, on se bouscule au portillon pour dire en chœur que les choses ont changé, et qu’il n’y a plus rien d’acquis. En France, Bayrou est venu, a monté a décliné et est presque disparu, dans le temps qu’il fallait jadis pour qu’on sache qu’un projet existait. Dans le temps qu’il faut encore au PS, hélas, pour ajuster ses constituantes autour d’une démarche qui lui permettra de boucler ses lacets avant d’aller au bloc de départ. Sera-t-il même dans la course ?

Le Pen, Front National
- Oui, oui, il y a eu Poujade, aussi, c’était l’après-guerre…
– Quelle guerre ?
– Celle que vous voudrez, mon Général !
Quel Général ?
– Vous êtes trop jeune, mon ami, laissez tomber…

Il fut un temps où histoire des idées se mesurait en siècles, puis en décennies; maintenant, ça va plus vite. Maintenant, même quand ils perdurent, les politiques doivent aller et revenir, comme Berlusconi, ou muer avec les saisons, comme Sarkozy qui a compris que le vieux capitalisme est mort et veut tirer toute l’Europe vers … autre chose.

Besancenot klaxonne et dépasse le PS à gauche, mais quelqu’un peut aussi venir à tout moment et dépasser tout le monde à droite … ce qui est plus dangereux.

Avec les blogues, on prend vite la tête du peloton dans la course des idées. Obama est sorti d’une feuille de chou ou de manioc pour devenir le Premier Citoyen du monde, en moins de temps qu’on n’en met a faire un doctorat. Bien sûr, le Système l’a laissé passer et lui a même donné un coup de pouce, mais aurait-il pu l’arrêter ? Quand Palin peut devenir, en quelques mois, la coqueluche du tiers des Américains, où est placée la barre du temps pour qu’une personne vraiment charismatique puisse devenir maitre à penser d’une majorité d’une population quelle qu’elle soit ?

Et ce qui vaut pour une personne vaut pour une idée, un programme, un parti. Nous sommes en démocratie. Une démocratie médiatique où le message repose sur l’image. La diffusion de l’image… qui se fait désormais par les blogues. Le temps où les blogues ergotaient sur les commentaires des journaux cède RAPIDEMENT la place à une nouvelle donne où ce sont les chroniqueurs des médias traditionnels qui viennent polir les pierres que posent les blogueurs.

Dans la campagne électorale actuelle au Québec, je n’ai pas encore vu une chronique imprimée qui n’ait été précédée d’un blogue sur le même thème. Les journalistes professionnels font généralement encore les synthèses avec plus d’élégance, – Comme Sansfaçon dans Le Devoir, que j’ai cité hier sur mon blogue – mais c’est le talent de l’auteur, ce n’est pas la supériorité de l’outil qu’il a en main. Ce sont les medias citoyens qui convainquent.

La surprise Dumont, aux élections de l’an dernier, a été une conséquence directe de cette remise en question des idées préconçues qui accompagne l’essor des blogues. La montée de Harper au Québec avant la campagne fédérale a été une construction des médias traditionnels, soigneusement approvisionnés par les forces conservatrices. Le déclin de sa popularité , au cours de la campagne elle-même, a été à l’image de la levée de boucliers des blogueurs qui a été terriblement efficace, consolidée par l’apparition de sondages qu’on pourrait aussi dire « citoyens ». (« Citoyens », pour ces sondages, n’excluant pas qu’ils puissent avoir été fort habilement et systématiquement manipulés.)

Le résultat de la montée en puissance de l’information citoyenne, c’est la mobilité inusitée de l’électorat qui rend désormais bien aléatoire toute prévision. Le Parti Libéral a lancé cette pérésente campagne, totalement opportuniste, en se fiant à son avance dans les sondages et à rien d’autre. Aux dernieres nouvelles, le PLQ avait 42 % des intentions de vote, le PO 28%. Une position qui semble inexpugnable. Mais ça, c’est une forme de pensée d’avant les blogues…

La stratégie électorale de l’avenir va changer pour tenir compte de cette nouvelle réalité que 10, 15, 20% des sélecteurs peuvent changer d’avis en quelques heures, comme si chacun était harponné et personnellement convaincu par son voisin de palier… Car le voisin de palier ne discutait plus de politique depuis longtemps – sauf pour cause de référendum – mais le blogueur est la pour jaser tous les matins… et il adore ça.

Non seulement il peut parler de ce qui l’intéresse, mais il peut dire avec véhémence que l’insignifiance ne l’intéresse pas. Danger. Tous les rafiots qui pensent pouvoir tenir la mer et rentrer a bon port s’ils ne font pas de vagues pourrait couler corps et biens. Je meurs d’envie de voir l’évolution des sondages (sérieux) au cours de cette campagne qui n’a guère que ce plaisir a offrir.

Pierre JC Allard

Les geôliers de la culture

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:37

J’irai, entre le 19 et le 24 novembre, faire une visite de courtoisie au Salon du Livre. Un must, avec le beaujolais nouveau et les feuilles mortes, pour compléter le triptyque de novembre. Mais je ne boirai qu’une bouteille de beaujolais nouveau et je n’achèterai sans doute pas un livre au Salon. Il y a des vins que je préfère… et il y a de meilleures façons de lire.

Et de meilleures façons d’écrire… J’ai écrit quelques bouquins. J’ai été deux fois exposant au Salon. Ambiance du tonnerre, conversations de haute voltige, clins d’œil complices et œillades assassines. Un petit plaisir qu’on peut se permettre, quand on écrit en dilettante…mais une étape superflue si on croit qu’on a quelque chose à dire et qu’on veut ÊTRE LU… Le livre n’est plus le bon véhicule pour la pensée.

Exemple ? J’ai publié en 1991 un petit bouquin, « Monde ordinaire, c’est a ton tour… » qui a reçu une excellent accueil des médias. Un ami journaliste – le regretté Jacques Giroux – m’avait fait une promotion d’enfer et 49 médias m’ont couvert, sans une seule note discordante, incluant un article trois-colonnes dans La Presse, une demi-page dans le Journal de Montréal, etc. Succès ? Pas vraiment…

J’ai écoulé 1 200 exemplaires de ce bouquins, dont j’ai donné environ la moitié et vendu le reste en opérations commandos de séances de signature, en librairies et au Salon du livre. Bien peu de résultats pour beaucoup d’efforts. Et ce n’est pas une malchance, c’est le sort qui attend presque tous les auteurs de presque tous les bouquins publiés au Québec, à la notable exception du matériel scolaire. On peut vivre de la télévision ou du cinéma, mais sont-ils 20 a vivre au Québec du métier d’écrivain au sens strict ?

Pourquoi si peu ? Parce que l’a littérature est tenue en otage et que la population ne veut pas payer la rançon. La population est parfaitement consciente que ce n’est pas le prix de la création culturelle qu’on veut lui faire payer, mais le prix de l’accès à la culture, comme le proprio qui interdit l’accès a la rivière où l’eau est surabondante pour en tirer une rente.

Vendre un livre, c’est en demander 30 ou 40 dollars. Combien de gens payeront ce prix pour un livre qui parle d’idées ? 1 000 – c’est prouvé – mais, en y mettant des efforts inouis, disons généreusement 3 000. Or, du prix de ce bouquin qu’il lui aura fallu un an pour écrire, l’auteur touchera environ 3 dollars. Est-ce qu’on croit favoriser la culture, quand un auteur touchera 9 000 dollars pour un an de création ?

Alors ceux qui écrivent ne sont qu’une petite minorité de ceux qui auraient quelque chose à dire et la population lit bien peu. Le livre est trop cher, parce que trop de gens gravitent autour de la culture pour s’en nourrir en lieu et place du créateur lui-même. Sont-ils VRAIMENT indispensables ?

Un livre est une admirable petite chose qu’on peut aimer avec passion et qui a eu un grand passé; mais il n’est que l’enveloppe charnelle des idées qu’il contient… L’idée, qui est son âme, peut vivre hors de ce corps qu’est le livre. Pendant que les pages jaunissent, les idées qui l’ont habité peuvent être là pour l’éternité…

Éternelles et bien faciles à saisir. Déçu de mes 1 200 exemplaires-papier, j’ai été consolé depuis 10 ans par 700 000 visites sur mon site Internet. Le livre « Monde ordinaire, c’est a ton tour… » n’en est qu’un des éléments, mais a tout de même été déchargé plus de 10 000 fois…

Ce livre a été lu et apprécié. Il m’a valu des centaines de commentaires. J’ai depuis mis trois (3) autres bouquins en ligne, qu’on peut décharger ici même et qui le sont d’ailleurs chacun, plusieurs fois par jours. J’ai eu un succès au moins d’estime, pour ces livres que n’auront jamais touchés un éditeur ni un libraire. Sauf Serge-André Guay, bien sûr. (Voyez son texte dans la colonne des invités)

Evidemment, ces livres sont lus parce que je n’en demande pas 40 dollars, le lecteur n’a qu’à les prendre. Mais le juste prix n’en est peut-être pas rien du tout. Supposons tous les manuscrits de tous les auteurs sur un site de l’État. On les déchargerait pour le prix qu’en demande l’auteur, normalement 002 à 02 cents du mot, donc deux (2) dollars pour un livre de littérature légère de 100 000 mots, quatre (4) dollars pour une plaquette de 20 000 mots d’une littérature haut-de-gamme.

Du premier il se vendra 50 000, 100 000 exemplaires ou plus et du second, a ce prix, peut-être 5 ou 10 000. Ce ne serait pas la richesse pour tous, mais ce serait l’aisance pour tant de créateurs que la culture en serait libérée.

553 ans après Gutenberg, on permettrait que son âme sorte du corps de l’écrit, sans avoir à payer la rançon à ses geôliers. Ses geôliers que sont justement tous ces cultivateurs du papier dont ce Salon du Livre annuel est la grande fête des moissons.

On se plaint que les jeunes ne lisent pas. Si on veut qu’ils le fassent, il faut tromper la vigilance de ceux qui veulent garder la pensée dans son écrin et qui font tout pour que l’âme ne sorte pas du corps momifié. J’aimerais bien qu’on renomme la Rue St-Urbain « Avenue Henri-Tranquille » et qu’on y mette une plaque commémorative en l’honneur des libraires de naguère… Puis qu’on libère la culture et qu’on laisse le temps suivre son cours.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/12-la-culture-a-la-carte/

http://nouvellesociete.org/703.html

La France de gauche cocue ?

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:36

C’est la foire d’empoigne au Parti Socialiste. À la mort du Grand Charle, on avait dit que la France était veuve. Les frasques des tout petits héritiers de Jaurès nous sortent de la tragédie pour nous conduire au vaudeville: si le PS meurt, la France de gauche est cocue…

Pour bien comprendre le résultat prévisible de ce match nul entre Royal et Aubry, il va falloir faire un retour sur des constats d’un simplisme choquant, mais il y a des moments où la gratification intellectuelle de la complexité coûte trop cher et où il vaut mieux être aussi simple que le plus simple de ceux qui auront à se prononcer sur l’avenir de la nation. Comprendre ce qui arrive exige un regard innocent.

D’abord, comprendre qu’il y a toujours en France quatre (4) espaces politiques dans chacun desquels peuvent coexister une foule de partis, de tendance et de sensibilités qui s’entredéchirent avec délectation, mais dont on peut raisonnablement prévoir qu’ils se réuniront au moment de vérité.

Ainsi, y a en France une Gauche qui veut plus d’égalité et de concertation face à une Droite qui veut plus d’initiative et de discipline. On notera que ces buts ne sont pas vraiment contradictoires ; affaire de priorité, plutôt… Quelques âmes inconstantes, frustrées par les événements ou séduites par le discours des politiciens, passent de gauche à droite ou vice-versa et font virevolter les maroquins, mais c’est sans grande importance.

Mais il y a aussi les extrêmes.L’extrême-gauche pour ceux qui sont prêts à des changement institutionnels majeurs afin obtenir plus d’égalité … et l’extrême-droite qui réunit de temps en temps ceux qui seraient prêts à tout oublier des institutions pour que les problèmes se règlent au mieux et au plus vite.

Mêlez les objectifs de ces quatre (4) groupes, pondérez par la force dont disposent leurs supporters – dont le nombre n’est que l’élément le plus visible – donnez une prime à l’inertie quand tout baigne, à l’impatience quand rien ne va plus et vous trouverez la recette de la gouvernance idéale à laquelle Quidam Lambda espère que le processus démocratique lui permettra d’accéder.

Il l’espère, mais conscient en France, plus que dans les pays anglo-saxons, que ce n’est pas toujours un processus démocratique qui le permet. Contrairement aux USA – où un coup d’État ne se ferait qu’en invoquant le démocratie ! – on peut très bien concevoir que les Français puissent souhaiter ouvertement, au moins pour un temps, autre chose que la démocratie.

Au débat assez inoffensif entre la gauche et la droite institutionnelles qui est l’ordinaire de la politique française, se surimpose donc parfois un autre débat, plus dur, entre ceux pour qui les institutions sont une fin et ceux – les « extremistes » – pour qui elles ne sont qu’un moyen. Des temps en temps, ce débat prend plus d’importance.

Il y a 50 ans qu’on n’a pas vraiment remis en question les institutions. Depuis la chute de l’URSS, le communisme ne joue plus du tout son rôle d’extrême-gauche crédible. Le FN n’a jamais atteint 20% de soutien populaire et personne n’a jamais craint sérieusement qu’il prenne le pouvoir par la force. Les extrêmes sont en dormance.

Ils sont entrés en sommeil profond l’an dernier, quand l’UMP a raqvi la moitié de la cliente lepéniste et que ce qui était à gauche du PS est devenu si marginal qu’il n’y avait plus à y porter attention. Dans ce contexte où tout gravitait vers le centre et loin des extrêmes, s’est développé un Centre qui, au lieu de voir sa vocation comme un arbitrage éventuel entre la Gauche et la Droite pour déterminer une direction de gouvernance, s’est identifié comme une option permanente.

Ce Centre s’est trouvé un porte-parole en Bayrou et a fait l’impasse sur le clivage idéologique Gauche-Droite, posant implicitement pour axiome qu’il existait désormais un consensus social sur ce que l’on attend de l’État. Le débat politique devait donc porter sur les moyens a prendre pour atteindre ces buts désormais incontestés… et sur la compétence et la personnalité de ceux à qui l’on confierait le gouvernail. Une vision politique toute à l’américaine.

Dans le contexte de 2007, Bayrou aurait pu accéder à la présidence. Segolène ne voulant pour rien au monde y renoncer, toutefois, elle s’est niée au sacrifice qui aurait pu stopper Sarkozy. Elle a ensuite habilement manœuvré le PS pour l’amener non vers Bayrou, mais vers l’espace qu’occupait Bayrou. Un espace qu’elle aurait pu occuper et qu’elle se croyait encore capable d’occuper en utilisant les ressources du PS pour reléguer ce dernier au rôle de gentil précurseur… Le pouvoir semblait là.

Le PS de Ségolène, sans le dire, deviendrait un parti du centre et la France de gauche serait cocue

Mais c’était en 2007… En 2008, avec la crise, ceux qui réfléchissent comprennent que l’heure du Centre a passé. Il y aura une radicalisation, une renaissance des idéologies et la France choisira de changer ses institutions. Démocratiquement… ou autrement.

La moitié du PS a dit non à la marche vers le Centre et n’en démordra pas ; ceux avec Segolène qui veulent prendre cette voie ne changeront cependant pas non plus d’avis. Plus ou moins formellement, le PS va donc se scinder en deux clans.

La moitié du PS avec Ségolène se joindra au Modem ou se l’adjoindra, créant une alternative de centre-gauche qui visera à prendre démocratiquement le pouvoir des mains de Sarkozy en 2012. Simultanément, l’autre moitié du PS rejoindra Besancenot et Mélenchon, constituant à gauche une force significative.

Cette force ne pourrait gagner des élections que si la crise se traduisait par un déplacement énorme de l’opinion publique vers la gauche. Bien avant que ce seuil ne soit atteint, cependant, elle peut devenir le lieu de ralliement de ceux qui veulent des changements institutionnels profonds. Si ce ralliement de ceux qu’on peut appeler les « extrémistes » a lieu, ce n’est peut-être pas la France de gauche qui aura été cocue…

Pierre JC Allard

Gesca: divertissements stercoraires

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:34

La saison des divertissements a commencé avec ce cafouillage des élections de novembre qui n’ont pas donné a Harper la majorité qui lui permettrait de remanier l’équilibre social canadien et de résoudre la crise en en faisant porter le poids aux travailleurs, rentiers et autres péquenots. Il fallait vite reprendre ces élections et obtenir cette majorité, mais comment ?

Quelle muleta agiter devant le taureau PLC de Dion, tellement vache que l’on ne sait plus comment l’exciter ? Le bal des menus plaisirs a d’abord présenté un scherzo, un badinage de Harper sur le thème de la suppression de la contribution de l’État au financement de partis politiques. Son grand aria: « Dites, ça vous plairait que je vous les coupe ? » a eu un succès bœuf.

La grosse bête s’est finalement ressaisie – on a dû lui chuchoter à l’oreille – et a même trouvé un stratagème – une Coalition – qui lui aurait permis d’encorner son tortionnaire. L’instinct de comédien étant cependant plus fort en elle que celui de bagarreur, elle ne l’a pas fait; elle s’est juste empressée d’en parler, permettant au matador Albertain de faire une véronique et d’éviter la charge. C’est là qu’on s’est tristement amusé.

Le plus tristement amusant a été la nuée de mozos et peones de l’écurie Gesca, se précipitant dans l’arène pout distraire l’animal et animer le public. Si jamais le jupon d’une presse à ses ordres a dépassé de la robe de l’Establishment, c’est bien cette fois-ci où, pendant deux jours, tous les chroniqueurs et journalistes de Cyberpresse ont été appelé à la rescousse pour venir dire du mal de la Coalition.

Chacun l’a fait en fonction de son talent, parois avec humour, parfois en apportant un argumentaire, mais ils ont tous payé leur tribut. Ceux qui n’ont pas de talents on fait ce qu’ils ont pu. Le texte de Lysianne Gagnon sort du rang.

Ca vaut le détour. Vous y apprendrez que l’addition est une fiction mathématique, que l’on peut ne pas être dans un coalition, mais en faire intégralement partie et que l’approche économique d’un gouvernement ne peut pas créer des situation assez graves pour justifier un putsch. Tant pis si vous crevez de faim ! On vous rappelera que Layton a été rejeté par 82 % des électeurs et ne peut donc pas être ministre, sans vous dire pourquoi Harper pourrait être chef du gouvernement, alors qu’il a été lui aussi rejeté par une vaste majorité (63%) des memes électeurs

Comme il n’y a pas de mal don’t quelque bien ne sorte, Dame Gagnon nous apprend cependant qu’un “deputé conservateur” a infiltré une conférence téléphonique du caucus néo-démocrate… Et vlan pour l’éthique et la simple courtoisie. On se sent fier d’être Canadien.

Le mythe de la liberté rédactionnelle dans les médias propriétés de milliardaires ne s’en remettra jamais. On sait désormais que, si les circonstances l’exigent, tous les journalistes de Gesca monteront aux barricades pour défendre la vision du monde de Paul Desmarais. Ce qui force a se poser la question du bien fondé d’une politique qui permet la concentration des medias entre les mains de quelques individus, dont les intérêts ne sont pas toujours ceux du monde ordinaire. A revoir.

Les médias peuvent être des fauteurs de désordre sérieux, car pendant que Cyberpresse déblatère contre la Coalition, les médias anglophones eux s’en donnent a cœur joie contre les « Trois Québécois » ( Dion-Layton-Duceppe) .. et contre tout ce qui est Québec en général. On est dans le stercoraire, mais on rigole.

Une meilleure blague encore a été la mise en veilleuse du parlement, alors qu’une majorité des parlementaires avaient déjà annoncé que la gouvernement avait perdu leur confiance. « Tactique de république de bananes » disent unanimement les médias américains. On s’amuse bien… Quelle serait la situation si une majorité de députés se réunissaient où que ce soit – un Jeu de Paume, de préférence, mais n’importe quel aréna ferait l’affaire – persistaient et signaient, demandant respectueusement a Sa Majesté de dissoudre ce parlement ?

Évidemment, ce n’était pas le but initial cherché, mais le souffleur ayant bousillé les répliques, la réponse de Sa majesté aujourd’hui serait édifiante. Si elle accédait a cette demande, elle établirait que la décision d’interrompre les travaux parlementaires à la demande de Harper était injustifiée. Si elle la rejetait, elle mettrait fin à la fiction d’une monarchie constitutionnelle. Des années de plaisir…

Pendant ce temps Harper prépare sa future campagne électorale – qui se fera sur le dos des Québécois – et il a encore eu le temps de faire imploser la Coalition en semant la zizanie. Ainsi, le candidat libéral à la chefferie Manley, dont Harper s’était assuré la complaisance en lui confiant un « important mandat », vient de lui retourner l’ascenseur en condamnant la démarche de Dion de l’intérieur même du parti Libéral, ce qui devrait mettre fin a la Coalition et garantir la victoire de Harper….

Grand Capital 1, Peuple 0. La fête continue. Marrez vous bien, et essuyez la cuvette.

Pierre JC Allard

Crise: deuxième round

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 9:15

Paulson – celui qui n’a pas hésité à se mettre à genoux pour quémander 70o milliards de dollars pour ses potes des institutions financières – vient de suggérer assez cavalièrement aux Trois Grands de l’industrie américaines de l’automobile de faire faillite et de ne pas l’importuner. Quelques centaines de milliers d’emplois, peut-être des millions avec les retombés, mais bah…

Que s’est-il passé ? On se met à l’économie ? C’est l’effet d’Obama qui prend les rênes ? C’est que cette fois on ne parle pas des copains ? C’est plus grave que ça; on vient juste de sonner le début du deuxième round du match et ce sont de nouveaux gladiateurs qui viennent de sauter dans l’arène: ceux qui sont la pour y mourir.

La crise financière, c’était un échange de civilités. La crise industrielle, ce sera la mise à mort d’une large part des corporations manufacturières américaines. Elles sont désuètes, superflues, répondent à une situation d’un autre âge.

Elles ont été les premières et elle sont donc les plus vieilles; elles ne sont généralement plus concurrentielles sur le marche mondial et, de toute façon, elles ne correspondent plus aux besoins de l’économie tertiaire.

Non seulement elles emploient deux fois la main d’oeuvre requise – sans doute dix fois, si on regarde vraiment les techniques de production de pointe ! – mais la demande qu’elles prétendent satisfaire est largement artificielle, pour deux raisons:

1) C’est une demande gonflée par une publicité qui conditionne les acheteurs à consommer ce dont ils n’ont aucun besoin. On produit uniquement pour produire, pour faire des profits et pour créer une demande effective. Au grand détriment de la qualité de vie des humains et du respect de l’environnement;

2) Tout ce qui est produit aujourd’hui, l’est avec un oeil sur la désuètude programme, de sorte que l’on fabrique trois fois plus … de produits qui durent trois fois moins longtemps !

Tout cela avec un main-d’oeuvre payée bien cher et pendant que les vrais besoins en services de l’économie américaine – santé, éducation, etc – sont insatisfaits. La réalité, c’est que si la structure de production industrielle des USA n’existait pas, celle que l’on mettrait en place pour en tenir lieu ne produirait sans doute pas la moitié du volume des biens actuellement produits et occuperait sans doute moins de 4% de sa main-d’oeuvre plutôt que 15%.

La crise actuelle va permettre de mettre à la ferraille l’équipement désuet, de modifier les priorités de production qui ne collent plus à ce que veut la population quand cesse l’hypnose publicitaire … et de faire passer au tertiaire ce 10% de la main-d’oeuvre qui traine inutilement dans l’industrie.

Ce qui me porte a penser que si cette crise n’était pas arrivée, il aurait fallu l’inventer. Un sujet sur lequel je ne veux pas m’étendre, mais qui me rappelle qu’il y a une trentaine d’années j’avais écrit, pour une revue USA, un article qui paraissait un peu “science fiction” (voir le lien ci-dessous), mais qui est maintenant à se réaliser.

Reste à voir si ma prévision se réalisera entièrement et si l’on fera ramasser la facture par les travailleurs américains, leurs syndicats et leurs fonds de retraite. Leur offrira-t-on le ”privilège” de leur prêter de l’argent, pour qu’ils fassent fonctionner ce canard boiteux qu’est devenue l’industrie américaine et en tirent des salaires à rabais, jusqu’ à ce qu’elle tombe totalement ruine ?

Si on apprend d’ici quelques semaines que General Motor et les autres se sont vendues à leurs travailleurs, grâce à une aide financière du gouvernement américain, tout le monde applaudira Obama… Mais vous me permettrez une minute de cynisme.

Le reste de l’indusrtie américaine suivra puis, dans deux ans, des industries ultramodernes pourront ré-embaucher les anciens travailleurs qui pourront encore faire l’affaire. Les autres ? C’est la crise, n’est-ce-pas …? Quelques-uns – mais bien peu, rassurez vous – verront alors cette crise sous un jour tout nouveau.

http://nouvellesociete.org/3232.html

Pierre JC Allard

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