Nouvelle Societe

31-05-09

Montréal, Labeaume et Sim City

Pour ceux qu’amusent les jeux intellos sur ordinateurs, il n’y a pas plus captivant que Sim City. On ne s’attaque pas ici à des devinettes ou à des stratégies primaires: il s’agit de planifier le développement d’une ville ! Budget, règlements, investissements, urbanisme, services… tout est là. Et ça se tient. Faites une erreur de zonage et vous manquez le bateau. Mesquinez sur le service des incendies et le feu dévore des quartiers de votre ville. Allez-y trop fort sur les emprunts et vous finirez en tutelle. Il faut des semaines pour bâtir une Cité Sim.

Bien sûr, si vous êtes un débutant, vous allez vous gourer: on efface tout. Si vous êtes un joueur ordinaire, ca va… Mais, si vous êtes un champion…wow ! Les vrais pros de Sim City ont modélisé les grandes villes du monde et en ont créé d’autres, imaginaires, futuristes, qui n’ont en commun que de respecter les normes d’une saine gestion. Entre le joueur ordinaire et le champion, il y a l’imagination, le feu sacré. Si vous jouez Sim City avec une vision inspirée – tout en équilibrant votre budget et en maintenant vos “citoyens” heureux – vous êtes un champion.

Moi, je m’ennuie de Jean Drapeau. Je m’ennuie de l’imagination et du feu sacré. Et puis, on dira ce qu’on voudra, en ce qui a trait au rapport qualité-prix, la situation financière de la ville n’était pas plus mauvaise à l’époque du Roi Jean. On en avait pour notre argent et, pour ce qui est de faire des “pactes” avec Québec ou Ottawa, le vieux maître ne négociait pas tellement avant… il envoyait la facture. Je ne dis pas que c’est la bonne façon de faire; mais ceux qui l’ont suivi auraient eu avantage à étudier un peu la technique du poker aux pieds du vieux champion… !

Et la fierté, en 1967, pendant l’Expo, on en avait à revendre. Ceux qui n’ont pas l’âge de l’avoir vécu ne peuvent pas savoir ce que ça signifiait, alors, de se dire Montréalais et de SAVOIR que personne n’avait fait, ni ne faisait mieux ailleurs. Nulle part. On était dans le peloton de tête, pas en concurrence avec Cleveland ou Baltimore.

Je m’ennuie d’un temps où nous voulions être les meilleurs. On avait déjà accepté que la revanche des berceaux c’était fini – et qu’on ne serait pas les plus “gros” – mais nous étions convaincus qu’on pouvait être les meilleurs; on se voyait devenir plus “civilisé”. On rêvait d’une ville qui deviendrait plus belle, plus cultivée, une ville de concorde…

Je vois, comme tout le monde, ce que fait le Maire Labeaume à Québec et je suis envieux. Je n’irai simplement pas voter aux élections municipales de novembre à Montréal, si on ne parle que de taxes foncières dans une ville dont la majorité des habitants ne rêvent même pas d’être propriétaires!  Si on ne parle que de dépenser moins, sans un mot sur la nécessité d’offrir plus, de redevenir plus.

Je ne voterai pas, si on propose d’être le maire de Montréal comme si la fonction consistait à en être le comptable ou l’auditeur. Le Maire devrait assumer un rôle de leader. il devrait concevoir le “Projet” qui soit un cheminement vers notre avenir. Ce Projet, il devrait pouvoir l’expliquer, le défendre, nous en convaincre tous…. Il devrait pouvoir le faire accepter à Québec, à Ottawa et à Wall Street. Il devrait pouvoir en proposer de façon cohérente les étapes de réalisation à des conseillers municipaux qui représenteraient leurs électeurs. Le Maire, surtout, devrait être en communication constante avec les citoyens, leur expliquant chaque semaine, via les médias, où l’on en est du Projet et les motivant aux efforts nécessaires pour que ce Projet se réalise.

Le Maire devrait, bien sûr, s’assurer que l’administration municipale dispose de comptables, mais on ne nous demanderait pas de les élire. Un Maire de Montréal, ça respecte les normes d’une saine gestion, mais ça offre aussi l’imagination et le feu sacré. Une flamme, une vision…, c’est ça la différence entre un maire ordinaire et un champion de niveau Drapeau. Et c’est ça qui rendrait les citoyens heureux. On verra ce qu’on nous offre.

 

Pierre JC Allard

30-05-09

Hommage à l’argent

Julien Coupat est libre, Dieudonné aussi. Segolène et Martine se sourient. Melenchon et Besancenot s’observent. Les Sarkozy sont tranquilles. Chacun retient son souffle en attendant les élections européenes, mais personne ne semble manquer d’air… c’est aux USA que ça se passe. La politique est au neutre, le temps de nous laisser préparer un été douillet. Si on en profitait pour parler de l’important ? L’important : l’argent.

Bien sûr, il y a en politique de débats idéologiques de fond. Ce sont ceux qui reposent sur des principes sacrés, ou sur des préjugés acquis par conditionnement avant que ne se développe le jugement chez l’enfant – la distinction entre les deux n’étant pas toujours faciles à faire – mais le plus clair des vraies luttes vise à mettre la main sur le butin.

Ces vraies luttes se faisant entre ceux qui ont le pouvoir, il n’est évidemment pas question d’inviter le monde ordinaire au festin, au-delà de ce qu’on a jugé bon de lui accorder pour qu’il soit tranquille et rende certains services. Tout ce qui a trait au partage de la richesse dans un État de droit moderne développé et démocratique est donc sagement tenu en marge de la démocratie.

Une administration a Bruxelle – qui n’est pas élue, mais nommée – s’occupe de l’ordinaire. Une Banque européenne, dont les dirigeants sont en fait cooptés par les institutions financières, avise les gouvernements des paramètres qu’il devront respecter : masse monétaire, conditions du crédit, taux d’intérêts. C’est çà l’important.

Pour les autres trivialités, comme l’éducation, la santé, et tout ce qui peut concerner le bonheur des gens, les gouvernement sont souverains, sous l’égide de Francfort et la férule de Bruxelles. Tant qu’il reste dans son enclos, l’État démocratique peut gambader en toute liberté.

Nos institutions financières ne peuvent pas en dire autant, car ce qu’elle font ici d’autres institutions le font dans tous les autres pays et, depuis Bretton-Woods (1944), c’est en se concertant qu’elles conviennent des paramètres mondiaux qui encadreront leurs paramètres nationaux.

« Conviennent » est ici un euphémisme. En fait, ces institutions de taille et d’importance inégales, chacune appuyée des forces militaires et paramilitaires des pays dont elles contrôlent le pouvoir politique, ne cessent de s’entredéchirer que pour opposer un front commun aux revendications des populations économiquement exploitées.

La gestion de ces revendication se fait en créant la zizanie au sein des exploités, les prétextes les plus futiles étant les meilleurs, puisque les chances sont alors qu’ils ne frôleront même pas une remise en question du partage de la richesse. Tout ça n’a pas changé depuis que les Verts et les Bleus en décousaient à Byzance, sur fond de scène de courses de chars à l’Hippodrome…

Maintenant on est Gauche ou Droite, en pensant que ça changera quoi que ce soit, ou, encore plus pathétique, en s’imaginant que cette planète pourrait fonctionner sans une Banque Centrale qui dit aux États ce que leurs gouvernement peuvent et ne peuvent pas faire.

La plus triste c’est quand on dit du mal de l’argent… C’est une habile parade de ceux qui bénéficient d’un partage inacceptable de la richesse d’en faire porter l’odieux au rôle dévolu à l’argent dans la société. « A chacun selon, ses besoins »… On veut bien, mais aussi longtemps que les moyens de les satisfaire ne seront pas surabondants, il faudra arbitrer en bout de ligne l’allocation des ressources entre besoins équivalents.

Quand on arrive à ce moment de vérité, il faut bien s’en remettre à des critère et il n’en est pas en théorie de plus équitable que l’argent, puisqu’il est totalement externalisé et ne doit rien à une qualité intrinsèque de la personne même qui conférerait à celle-ci un privilège. Pas de noblesse innée s’opposant à la roture. Pas de races, pas de couleurs, pas de castes qui tiennent. Money talks !… Taisez vous.

L’argent est injustement distribué, mais il est en lui-même absolument équitable. Démocratique. Avec la mort du capitalisme, cette primauté d’un pouvoir au dessus de tous les préjugés va disparaître. La compétence est à remplacer inexorablement le « capital », comme le facteur rare en production. On va voir désormais s’imposer la compétence comme discriminant. Et derrière la compétence, le talent. 

Un discriminant beaucoup plus cruel que la richesse, car on ne peut pas gagner des rangs centiles de Q.I au tiercé ni à Loto-Québec. On regrettera sans doute le « bon vieux temps » où l’on se plaignait du pouvoir de l’argent… Au lieu de vouloir supprimer ce qui pourra rester de pouvoir à l’argent, on ferait mieux de chercher à lui en conserver tant qu’on peut.

Ne cherchons pas à lui enlever ce pouvoir, ce serait une erreur. Ce qu’il faut, c’est assurer une meilleure distribution de la richesse. Si nous ne faisons pas de bêtises, la crise actuelle devrait grandement nous faciliter cette tâche. Profitons en.

 

Pierre JC Allard

29-05-09

Trois pas vers un monde nouveau

Je  n’avais pas prévu cet article.  Je ne viens pas sur le web pour donner le cour d’initiation 101 à la réalité politique, ni même pour informer. Je viens partager mes interprétations et analyses avec celles d’autres dont je présume qu’ils connaissent eux aussi les faits de base. J’ai comparé ailleurs mes interventions à ce qui se discute autour d’un porto, entre gens qui s’intéressent au monde.

Ici, je fais une exception, parce qu’au hasard d’un commentaire sur Agoravox j’ai compris qu’il fallait un rappel. Ça facilitera les débats subséquents.  Je me réfère ici à des articles passés. Mes excuses à ceux qui les ont lus.

D’abord, je voudrais rappeler un fait de base que personne ne conteste vraiment.  Il y a aux USA une classe sociale assez floue d’où est issu ce qu’on nomme l’Establishment. C’est cet Establishment qui contrôle la politique, l’économie et surtout les médias. Il ne faut pas en conclure, toutefois, que ce contrôle vise nécessairement à réaliser de sombres complots. D’abord, il n’est pas monolithique, il est seulement une arène réservée pour des combats musclés entre titans.

Elitiste, oui, mais uni « contre le peuple », non. L’Establishment  se manifeste donc – pas toujours, mais le plus souvent – par des mesures visant le bien des USA… tels que le conçoivent ceux qui y ont la majorité.  Le pouvoir y fluctue et donc les choses changent.  Aujourd’hui, bien des choses changent.

On peut penser que c’est Obama qui les fait changer, mais Obama ne serait jamais devenu Président des USA sans l’appui de l’Establishment. C’est donc une erreur de le voir en conflit avec cette classe sociale. Une autre erreur de penser qu’ il « flip flop » ( change d’avis, pour un oui pour un non, en prenant son café du matin). Ce que fait Obama est programmé depuis longtemps et est l’expression de ce que veut l’Establishment .

Tout le changement que l’on voit aux USA est donc  la manifestation d’une nouvelle « vision du monde »  de cet Establishment qui a compris que les choses ont changé et qu’il faut mettre en place une nouvelle société.  Le mandat d’Obama est d’y parvenir avec pas – ou peu – de sang dans les rues.   Le changement procède en trois (3) étapes.

La première, c’est la reprise en main de l’économique par le politique.   La crise va envoyer à la casse toutes les fortunes sauf les plus colossales, lesquelles sont déjà cooptées dans une nouvelle structure du pouvoir. L’argent ne sera plus la cause, mais la conséquence de l’accession au pouvoir. En ce sens, c’est la fin du capitalisme, que nous connaissons depuis la révolution industrielle.

La deuxième, c’est le transfert aux travailleurs du contrôle de la production industrielle. La compétence remplace le capital fixe comme facteur prioritaire de la production. La troisième, c’est une redéfinition de la démocratie, car celle que nous avons ne donne plus le change et ne joue plus son rôle.  Cette évolution en trois (3) points ne se discute pas tellement, il suffit de lire les journaux.

Ce qui reste bien ouvert à discussions, ce sont les péripéties qui marqueront ces changements et quelques faits divers qui auront une grande portée symbolique. La dématerialisation complète de la monnaie et l’instauration d’un régime de travail-revenu garanti par exemple.

Aussi, il faudra voir si, pour laver l’image des USA à l’interne et à l’externe, Bush et ses comparses seront mis en accusation. N’éliminons aucune hypothèse au départ. Si on a besoin d’un sacrifice humain, Bush pourrait être jugé dans un état où il y a encore la peine de mort !  L’important, cependant, c’est que le monde est à changer comme il n’a pas changé depuis les grandes révolution de la fin du XVIIIe siècle.

Pierre JC Allard

28-05-09

l’Insurrection qui vient

Pour les lecteurs Français, Julien Coupat est déjà une célébrité. Pour les autres, disons que c’est le leader présumé d’un groupe  de jeunes mis en examen en novembre 2008 pour terrorisme. Ils auraient saboté des caténaires pour protester contre le transport vers l’Allemagne par voie ferroviaire de déchets nucléaires ultra-radioactifs.  Arrestation, procès, prison, ils sont tous redevenus libres… sauf Julien Coupat.  On  garde Coupat à l’œil, car on pense qu’il est l’âme  du complot, mais surtout parce qu’on le soupçonne d’être l’auteur d’un livre  qui énerve beaucoup la justice française : l’Insurrection qui vient.

C’est le livre qui est important, car cet « attentat » n’a pas fait de victimes, ne pouvait pas en faire et a été revendiqué par un groupuscule anarchiste allemand qui s’est excusé auprès des voyageurs de les avoir ennuyés !…La culpabilité de Coupat est si peu certaine, que  Gérard Cherbonnier, trésorier de l’Association de défense de l’édition indépendante, s’est offert le plaisir de citer les Dupondt de Hergé : « Pour une fois que l’on arrête un coupable, il est innocent…! »

La culpabilité de Coupat dans l’affaire est mal prouvée, mais n’a qu’un intérêt marginal. Ce qui passionne la France, c’est de savoir s’il a ou non écrit “l’Insurrection qui vient”.  Il nie l’avoir écrit… mais il avoue l’avoir lu. Exactement ce que ferait à sa place quiconque a un peu le sens des relations publiques.

Le livre est TRES BIEN écrit et ne dit rien qu’une majorité des lecteurs pourrait contester. Il est critique, mais fort poliment. Il n’appelle pas à la révolution, il n’en voit simplement pas de possibles, autre que celle naturelle, spontanée et irrépressible qui viendra du peuple. Il n’appelle pas à l’insurrection, il constate simplement qu’elle viendra…. Doit-on lui reprocher de l’annoncer ? Le livre d’ailleurs n’a pas été interdit. Il y a une douzaine de sites sur la Toile d’où l’on peut en tirer copie gratuitement. (CLIQUEZ ICI )

Alors pourquoi veut-on tant savoir s’il l’a écrit ? Parce que quiconque l’a écrit est dangereux. Le livre dit trop vrai. Il dit trop de choses dont la population est déjà convaincue et sur lesquelles elle n’attend plus qu’une signature pour s’y rallier. Si c’est Coupat, on a le nom, la voix, l’image. On a le mec de l’âge du Christ au moment du finale, intelligent, parfaitement articulé, intellectuel de bonne famille – (eh oui, pour les Chefs, ça compte encore, car la France républicaine est un peu royaliste…). L’attentat a fait de lui un homme d’action et un acharnement policier et judiciaire est à lui conférer les stigmates d’un sauveur.

Astuce ou bêtise, on l’a détenu le temps de mettre le livre en évidence. Mise en évidence de grande classe, via  le Monde et le Nouvel Obs garantissant que le petit bouquin deviendra le succès de librairie de l’année sinon de la décennie. On garantit du même coup que l’insurrection sera le concept à la mode pour les vacances et fera un malheur à la rentrée… Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, on propulse l’auteur inconnu ET Julien Coupat ensemble dans la sublimosphère des options crédibles de renouveau politique, au moment où n’y en a vraiment aucune autre en vue.

Si l’émergence du tandem Auteur-Coupat est bien spontanée, le gouvernement à commis cette norme bourde de médiatiser une alternative providentielle capable de polariser la volonté universelle de changement.

Si Auteur et Coupat sont les deux pôles d’une activité qui pourra doser théorie et pratique en alternance, on aura un mouvement dont la force est imprévisible, mais qui, même à son corps défendant, viendra inévitablement trouver une place sur l’échiquier politique… ni à droite, ni à gauche, mais à l’opposé de ce qui est là. Une nouvelle société. Si les deux images se fondent en une seule, il n’y aura pas de « corps défendant » ; on cherchera bien consciemment à y voir apparaître celle d’un Obama pour la France…

En filigrane, toutefois, il y a toujours la possibilité d’une création machiavélique du système  pour aiguiller le ras-le-bol populaire qui s’en vient vers une cour de triage où l’on tentera de le démanteler… Soyons méfiants. Méfiants, mais attentifs, car il y a aussi des triples jeux..

Pierre JC Allard

27-05-09

Festung Amerika

Les frontières n’existent plus. Ce sont des lignes abstraites qu’on traverse a toute vitesse et sans ralentir. Nous vivons dans une ère de progrès constant et de mondialisation. Le monde est devenu tout petit et, de plus en plus, chacun se sent chez soi partout… Si vous vivez en Europe, bien sûr.

Si vous vivez en Amérique du Nord, l’histoire se déroule à l’envers. Commençant lundi 1er juin, il faudra un passeport pour passer du Canada aux USA, ce qui, de mémoire d’homme, n’avait jamais été nécessaire. Soyons justes: vous pouvez aussi utiliser la carte Nexus que vous délivrera le service U.S de protection des douanes et frontières (CBP) après quelque paperasserie et il y a aussi des règles spéciales pour les marins… Mais la tendance est nette et le résultat sera le même: une énorme perte de temps.

On veut vraiment nous emmerder. La Western Hemisphere Travel Initiative (WHTI) est née après les événements du 911, pour répondre à la demande de la population américaine pour des signes visibles de sécurité contre le terrorisme.

On a d’abord ciblé les aéroports. On a vu les files d’attente s’allonger indéfiniment au gré des rumeurs, elles-mêmes grossissant selon le besoin qu’avait le gouvernement Bush d’attiser les ardeurs belliqueuses de la population… ou de faire oublier quelque bêtise.

Ainsi, quand Israël a envahi et pilonné le Liban, on a découvert un complot rocambolesque qui a servi de prétexte pour confisquer dorénavant parfums et shampooings des bagages en cabine, irritant suffisamment les voyageurs pour qu’ils se sentent menacés… et furieux.

Mais l’Américain est un grand amateur de l’automobile. Avec le Canada tout près et cette longue frontière invitante qu’on pouvait traverser sans formalités, la plupart des voyageurs y venaient par la route, échappant au scénario parano et continuant de penser que le monde n’est pas seulement une longue course à obstacles entre fanatiques barbus.

Maintenant, on pourra combler cette lacune. On ne sortira plus des USA sans affronter au retour les Rangers à lunette obscures et à la mâchoire crispée. Les Canadiens ne pourront pas non plus l’éviter. Peut-être seront-ils moins nombreux cet été a Plattsburgh à Burlington et sur les plages du Lake Champlain.

Moins nombreux, puisque 40 à 45 % des Canadiens n’ont pas de passeport. À quoi bon un passeport, puisque la majorité d’entre eux – et tous ceux qui quittaient le pays par voie terrestre -n’allaient qu’aux USA qui n’en exigeait pas ? Maintenant tout ça va changer…

Peut-être seront-ils BEAUCOUP moins nombreux, car cette frontière qu’on ne voyait pas va réapparaître et il n’est pas sûr que, par-delà l’obstacle physique du passeport devenu nécessaire, un obstacle intangible plus dissuasif ne se manifeste pas. Une prise de conscience de la différence, voire de l’étrangeté de ces voisins à lunettes sombres et un peu paranos…

On ne se fait pas des amis en demandant sans crier gare leurs papiers aux gens qu’on connaît depuis longtemps et qui croyaient avoir mérité qu’on leur fasse confiance. C’est une mesure d’un autre âge – l’Âge de Bush – et il serait opportun qu’on y mette fin au plus tôt.

Un choix crucial à faire, car les Américains peuvent vivre dans une forteresse… mais ils pourraient s’y sentir bien seuls. Le nouveau maître du château devrait vite abaisser à nouveau le pont-levis.

Pierre JC Allard

26-05-09

Essai nucléaire en Corée

La Corée du Nord vient de réussir son deuxième essai nucléaire. On en parle ad nauseam et toujours dans le même registre: elle ne devrait pas… Il serait peut-être temps de mettre les pendules à l’heure de cesser de dire des bêtises.

Tous les vendeurs et les séducteurs du monde savent depuis toujours qu’on ne pose que les questions auxquelles la réponse sera OUI. Quand on demande à la Corée – que l’Amérique a déjà inscrite à l’”Axe du Mal” et qui a sous les yeux l’exemple de l’Irak ! – de renoncer à son programme nucléaire, on sait que la réponse sera NON.

À moins que l’on n’ait l’intention de la payer pour qu’elle y renonce – ce qui serait se porter volontaire pour un chantage à durée illimitée – la réponse sera négative. Est-ce bien créer ce chantage, que l’on veut ? Ou veut-on ce “non” pour avoir en poche un casus belli qu’on pourra utiliser quand on voudra? Il est stupide de demander ce sacrifice à la Corée.

Stupide et inconvenantl, car de quel droit ceux qui possèdent l’arme atomique – dont en premiers de cordée les USA qui l’ont utilisée sur des populations civiles ! – pourraient-ils exiger que les autres y renoncent, s’ils ne sont pas prêts eux-mêmes à s’en priver ? Y a-t-il plus raciste que cette suffisance des Américains et autres détenteurs de la “bombe”, affirmant ainsi sans subtilité que EUX sont des gens sérieux qui y ont droit, alors que les Coréens et un jour les Iraniens sont des voyous à qui l’on ne peut pas le permettre ?

Comment donner un vernis de justice et de bonne foi à cette interdiction, quand on sait que l’on a permis à l’Inde comme au Pakistan d’en disposer tout à fait ouvertement, dès qu’on a eu quelques services à leur demander ? Et cela, même s’ils sont sans doute les candidats les plus probables à une guerre en règle qui les opposerait et pourrait leur donner l’occasion de s’entre éliminer…

Pire, comment concilier cette exigence avec l’infinie discrétion qui a accueilli la nouvelle qu’Israël disposait d’une centaine de têtes nucléaires … et l’autorisation tacite d’en posséder qui semble résulter de cette discrétion ? Pourtant, Israël est certes le pays que sa vulnérabilité à une attaque par des voisins qu’on peut supposer sans pitié pourrait le plus aisément conduire à une riposte nucléaire, si le sort des armes conventionnelles ne lui était pas favorable.

Si je puis dormir dans un monde où Pakistan et Israël ont une capacité nucléaire, ( sans parler des “Grands” qui ne sont pas si dignes de confiance ! ), que la Corée ou l’Iran en aient aussi une petite ne me gardera pas éveillé.

Et pourquoi cette loufoquerie de prétendre qu’on craint que les armes nucléaires ne soient vendues à des terroristes par la Corée ou l’Iran, alors qu’on ne semble pas s’inquiéter que puissent le faire des pays comme l’Ukraine ou le Kazakhstan, qui ont prouvé leur parfaite bonne volonté à participer à tous les “commerces” ? Est-on vraiment si sûr que tout l’arsenal soviétique qui s’y trouvait ait été religieusement enlevé par des militaires et fonctionnaires ne pensant qu’au bien de l’humanité ?

Soyons sérieux. Bien sûr, il vaudrait mieux que PERSONNE n’ait des bombes atomiques. Mais la chance raisonnable que cela arrive passerait par la destruction contrôlée des stocks de ceux qui veulent s’en réserver l’exclusivité. Avant qu’on en soit là, il faudra d’abord que le monde change. En attendant, vouloir que la Corée soit la seule à baisser sa garde est faire preuve d’un incommensurable mépris. Un mépris qui n’es pas sans rapport avec les dangers que les États dits “voyous” pourraient bien invraisemblablement nous faire courir.

Pierre JC Allard

25-05-09

Munyaneza, le Rwanda… et la France

La Cour Supérieure du Québec à Montréal vient de condamner Désiré Munyaneza pour son role dans le genocide de 1994 au Rwanda qui a fait au moins 500 000 et plus probablement 800 000 victimes en trois mois. Réalisé avec des moyens de fortune, mais beaucoup de diligence et un grand entousiasme populaire chez les Hutus, ce genocide, en ne se laissant pas distraire par le problème de la disposition des cadavres, a réussi à massacrer ses victims plus vite qu’on n’avait pu le faire meme à Auschwitz, atteignant ainsi le sommet absolu de l’horreur en ce siècle, sinon pour tous les temps.

Munyaneza était le chef d’un groupe de miliciens Interhamwe (Hutus) dans la region de Butare, ayant commis des dizaines de viols et de meurtres de Tutsis. Sa condamnation est un signe bienvenu que le monde s’interesse enfin à punir les coupables. Au Canada, cette decision contre Munyaneza est importante, car c’est la première condamnation en vertu de la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre qui, depuis 2000, permet à la justice canadienne de juger tout suspect d’actes commis à l’étranger, mais retrouvé au Canada. Le jugement fera jurisprudence au Canada, mais, le plus important, toutefois, ce sont les effets qu’il aura à l’étranger et particulièrement en France.

Les Occidentaux, en effet, ne sont pa à l’abri de toute critique en cette affaire… D’abord, la rivalité entre Tutsis et Hutus existait dejà depuis longtemps, mais elle a été exacerbée, au cours de la période de colonisation belge, par le favoritisme officiel des autorités belges en faveur des Tutsis, considérés comme “racialement supérieurs” aux Hutus, ainsi que le permettaient les theories prévalentes à l’époque. Ce préjugé colonial en faveur des Tutsis est une réalité que personne ne conteste.

Ce qui ne fait pas consensus, toutefois, c’est un autre favoritisme au moment même des massacres, dont c’est la France qui est soupconnée et dont ce sont cette fois les Hutus qui auraient bénéficié. Un favoritisme qui expliquerait les zones d’ombre qui persistent concernant le role des organisations internationales durant les massacres, et auquel un autre Canadien, le general Dallaire, aujourd’hui sénateur, a déjà fait allusion.

Alors que le massacre des Tutsis par les Hutus se poursuit et atteint rapidement ses objectifs, en effet, deux forces militaries étrangères sont présentes au Rwanda. Celle des Nations Unies (MINUAR) et une autre dénommée Turquoise dont la France a le contrôle. Ce que ces deux forces ont fait – et surtout n’ont pas fait – lors du génocide – n’a pas été parfaitement élucidé.

Il est admis de tous qu’une guerre civile se déroulait alors au Rwanda, avec ses périodes de virulence et de latence, et que, dans cette guerre, c’est le gouvernement Hutu qui avait la sympathie de la France alors que les rebelles Tutsis avaient celle d’autres pays étrangers dont l’Uganda. Dans quelle mesure ces sympathies – et les intérêts qu’elles recouvraient – ont elle eu un impact sur les activités des intervenants, dont au premier chef celles de l’Operation Turquoise ?

Bien des gens en France s’interrogent et des enquêtes ont été lancées pour faire jaillir la vérité. Il n’est pas impossible que le jugement Munyaneza au Canada stimule la pousuite de ces enquêtes dont les conclusions auront des consequences sur l’opinion publique en France…et ses choix politiques.

Pierre JC Allard

24-05-09

La RACJ … et la fierté

Comme je voyage beaucoup dans des pays où ce genre de questions est posé, on me demande souvent si je suis fier d’être Québécois. C’est une question rhétorique et qui n’engage à rien, comme « Comment allez-vous », prétexte pour vous faire flagorner votre bled natal et en tirer l’excuse pour vous vanter le sien. Evidemment, on dit toujours oui, mais la prochaine fois je vais dire non. Pas cette semaine. Je ne suis pas fier et je ne le serai pas avant qu’on ait changé des choses.

Je ne puis pas me dire fier d’un pays où une Société d’État, dans le cours de ses opérations, fait de la fausse representation, du vol de droit d’auteur et dépose un document à la Cour avec l’intention de tromper. Yves Boisvert de Cyberpresse nous dit que c’est grave. Il est bien pudique; je crois que c’est criminel.

Des fonctionnaires responsables d’une Société d’État ont été partie à la commission d’un acte criminel. Je me dirai fier du Québec quand on aura corrigé les renseignements qu’on a donnés à la justice pour l’induire en erreur. Quand on aura réparé les prejudices causés. Quand on aura puni les coupables.

Que s’est-il passé ? La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) charge Yves Boisvert – pas le journaliste, mais son homonyme, responsable du laboratoire d’éthique publique de l’INRS – de préparer un étude sur les loteries vidéo et le jeu compulsif. Celui-ci s’adjoint trois autres universitaires: Yves Bélanger, Élisabeth Papineau et Harold Vétéré. Ils font et remettent leur rapport. Tout baigne.

Tout baigne, mais la RACJ n’aime pas les conclusions du rapport dont il apparaît, manque de pot, qu’il devra sans doute être versé au dossier d’un recours collectif intenté par les joueurs pathologiques contre Loto-Québec. Beaucoup de fric en jeu… Angst. Que faire ?

Dans un pays sous régime de droit et d’éthique, on respecterait le rapport présenté, en tentant peut être de le contredire. Dans un pays sous régime de magouille – disons régime de bananes, pour être délicat – il y a une autre option. On remplace le rapport qu’on n’aime pas par un rapport qu’on aime – le premier, tout simplement, mais amputé de ce qu’on n’aime pas ! – et on produit ce deuxième rapport au tribunal. TRES indélicat.

On produit le rapport tronqué, changeant simplement le titre sur la page couverture. Au lieu d’une étude sur la gestion des appareils de loterie vidéo mettant en lumière la responsabilité de l’État québécois en matière de jeu pathologique, il ne reste qu’un “Rapport sur la gestion des appareils de loterie video”… qui est essentiellement une analyse de sondage. Et voila !

Un petit subterfuge qui protège les milliards qu’apporte à l’État ce qu’on pourrait appeler la “Regie d’exploitation des vices et assuetudes” : l’organisme qui compense ce que notre fiscalité pourrait avoir de trop progressif, en allant chercher du fric chez les moins riches. Car ce ne sont pas les nantis qui contribuent la plus forte proportion de leur revenu au jeu; ce sont ceux qui n’ont pas beaucoup … et qui ont besoin d’espoir.

Le comportement de la RACJ en cette affaire est immoral et illegal. Raymond Viger, mon collègue sur ce site, s’y connait en moralité... Yves Boisvert – pas le chercheur, le journaliste – s’y connait indubitablement, lui, en légalité. Il accuse ici aussi brutalement que Zola. Il demande si l’on va enquêter sur ce tripotage en haut lieu. Va-t-on lui répondre “en haut lieu” ? Ce n’est pas une question rhétorique, car tout citoyen peut porter plainte. S’il n’y a pas de réponse, on verra à qui la chance et l’honneur de rétablir la dignité du Québec…

Pierre JC Allard

23-05-09

On a égaré USD $ 9 000 000 000 000

Je ne me specialise pas dans le suivi des rumeurs. Quand on annonce l’équivalent politico-économique de la fin du monde, toutefois, il faut bien prêter attention. Une video circule actuellement sur You Tube qui, si elle n’est pas une pure contrefaçon, risqué de provoquer l’explosion quasi instantanée de la société américaine.

On pourrait l’occulter pour ne pas “créer de panique”, mais cette video soutient une rumeur qui se propage sur le Web au rythme de 2 000 téléchargements à l’heure et que personne ne semble en mesure de nier. La question est maintenant d’ARRÊTER la panique. Je cherche présentement à en faite infirmer ou confirmer l’authenticité, mais, en attendant, vue son importance, je crois que cette video doit, sous toutes réserves, être rendue disponible au public français.

De quoi s’agit-il? On voit sur cette video, devant un comité du Senat américain, une inspectrice de la Banque Fédérale de Réserve des USA expliquant, plutôt mal que bien, que PERSONNE ne sait où sont passés neuf (9) TRILLIONS DE DOLLARS. USD $ 9 000 000 000 000. Évidemment, le montant est colossal, mais pourquoi cette admission de l’Inspecteur Sherman est-elle TELLEMENT grave ? Parce qu’il saute aux yeux que tout le monde s’en fout.

Le “bail out” des institutions financières américaines pour un montant cumulatif à ce jour de deux (2) trillions de dollars a ému le Senat, le Congres et la Maison Blanche… mais arrivent tout à coup ces neuf (9) trillions dont non seulement l’on ne sait pas où ils sont allés, mais dont on ne sait pas trop non plus d’où ils viennent… et la nouvelle est accueillie par un haussement d’épaule.

Personne ne les réclame. L’on se doutait déjà que l’argent ne valait plus grand chose, mais on constate tout à coup qu’il n’existe même pas, sauf comme une écriture dans les livres de la FED, car ces neuf trilliona n’apparaissent pas aux livres d’un quelconque débiteur ou créancier. On pourrait les effacer sans gêner personne. C’est sans doute ce qu’on a fait

Ce qui est grave, c’est que si ces 9 trillions de dollars sont imaginaires, le reste de l’argent peut l’être aussi. Or la FED est la banque de reserve. Les autres monnaies, comme l’Euro, ayant le dollar comme monnaie de réserve, le phénomène est global. L’argent dans votre compte en banque peut donc être aussi une pure creation de l’esprit. On savait que sa valeur reposait sur la confiance, mais la disparité entre ce qui dû et ce qui est là prouve que cette confiance a été trompée. Toute cette monnaie ne vaut rien.

A quoi peut-on s’attendre du citoyen ordinaire qui apprend que l’argent dans son compte de banque est une créance sur un débiteur insolvable ? Il n’est pas difficile de prévoir que, si le citoyen fait ce constat, sa reaction inmmédiate sera d’aller retirer tout ce qu’il peut de sa banque, d’acheter tous les biens ayant une valeur réelle sur lesquels il pourra mettre la main, de payer sa consommation en espèces aussi longtems que quelqu’un voudra bien accepter ces espèces et de se préparer au pire.

Peut-il y avoir pire que cette ruée sur le dollar mettant en évidence qu’il ne vaut rien ? Oui. Il y a les mesures d’urgence qui devront être prises pour assurer alors le fonctionnement de l’économie et qui equivaudront à la prise de contrôle complète au moins temporaire de l’économie par l’État. Si cette prise de contrôle avait été planifiée et était mise en vigueur calmement, parallèlement à l’émission d’une autre monnaie, ce serait une solution. Faite en catastrophe, elle ne peut être… qu’une catastrophe. Et seul pourra gérer cette catastrohe un gouvernement qui suspendra les libertés démocratiques.

Si cette video n’est qu’un canular, QU’ON LE DISE VITE ! Si, cependant, il y a là une once de vérité, il faut non seulement que le gouvernement le dise, mais qu’il intervienne AVANT la panique, la ruée sur les banques et tout ce qui s’ensuivra. Une bombe est là. La mèche est allumée. L’État – AUCUN ÉTAT – ne peut ignorer cette menace.

Pierre JC Allard

22-05-09

Les Québécois n’entreront pas dans Gaza

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Une delegation de 17 Québécois – syndicalistes, artistes, travailleurs de l’information, incluant des Québécois d’origine juive montant au front au soutien de la tolérance et de la paix – ont voulu visiter aujourd’hui le territore de Gaza, afin de constater sur place ce qu’est la situation et l’ambiance qui y prévaut.

Plusieurs rencontres y avaient été prévues avec des groupes locaux et une activité artistique avec des enfants palestiniens avait été organisée par “Artistes pour la Paix” Cette visite était prévue depuis quelque temps, car cette délégation parcourt depuis dimanche Israël et les Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie. Ce matin, 21 mai, la délégation s’est vu refuser l’entrée à la bande de Gaza par les autorités israeliennes au point de contrôle d’Eretz et à été refoulée vers la Cisjordanie.

Dommage. Eut-elle été admise, elle aurait été l’une des premières à entrer à Gaza depuis l’intervention israelienne de l’hiver dernier dont les renseignemenst qui circulent soutiennent pour la pluplart qu’elle aurait fait environ 1 500 morts, dont des civils.

On peut regretter, pour toutes les parties concernées, que cette delegation – en provenance d’un pays qui a toujours soutenu la politique israélienne, mais dont il est notoire qu’une partie de la population est sensible aux doléances palestiniennes – n’ait pas été admise à completer son périple. On peut penser qu’elle aurait rapporté les faits avec impartialité.

Cette vision impartiale est ce qui fait gravement défaut actuellement, dans le dossier Palestine, alors que les sympathisants, de part et d’autres, s’en tiennent à leurs positions figées depuis longtemps et ne semblent pas vouloir comprendre ou accepter que l’élection de Obama à la présidence des USA change radicalement la donne. La récente rencontre Obama-Natanyahu, ne peut pas être un simple coup d’épée dans l’eau. “Not now. Not this time…

Personne ne sait comment la relation USA-Israel va évoluer, mais il est clair que le dossier palestinien pèsera lourd dans la besace d’Obama, maintenant que l’opinion publique américaine devra être sensibilisée à une vision plus complexe du monde. Nul ne peut changer les événements qui ont eu lieu en Palestine, mais toute monde a sans doute intérêt à ce que ces événements soient perçus dorénavant sous un nouvel angle, favorisant la paix et un long processus de réconciliation.

Dans cette optique, un rapport de la délégation québécoise – aussi inoffensive qu’une délégation peut l’être – aurait pu être un jalon posé sur la route d’une re-interprétation pragmatique des discours que tiennent Israëliens et Palestiniens depuis trop longtemps. Il est dommage que cette visite n’ait pas eu lieu et que ce rapport n’ait pu être rédigé et diffusé, car il y a souvent à l’approche québécoise face aux problèmes internationaux, une fraîcheur de bon aloi dont aurait pu sortir du bien. Espérons que ce ne sera que partie remise.

Pierre JC Allard

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