Nouvelle Societe

30-04-09

Habana CU (USA)

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Changement de régistre, je vous présente aujourd’hui une « short-short story » de politique fiction.  

Le glas s’est tu, 4 000 000 de Cubains ont défilé devant sa dépouille  et l’élite politique du monde, droite mi-repentante et gauche mi-soulagée, s’est jointe aux philosophes et aux artistes pour assister aux obsèques  du Lider Maximo.  Comme Guise, mort, il a l’air plus grand.  Puis, le monde a recommencé à tourner.  Qu’est-ce qu’on fait de Cuba ?

Comment intégrer Cuba à l’économie et à la politique de l’Amérique ? Cuba, qui a l’air d’une zone sinistrée avec ses maisons Art Déco en ruine et ses oasis de luxe aseptique pour touristes, mais qui regorge de ressources  humaines compétentes – dont des médecins dont on a bien besoin.  Cuba, dont la population, même contestataire et bien lasse du socialisme, n’en est pas moins imbibée jusqu’à la moelle  des principes de solidarité et de justice sociale dont on a soigneusement  protégé les habitants des USA.  Cuba, à qui sa diaspora en Floride confère une importance capitale dans la politique interne des USA. 

Qu’est-ce qu’on fait avec Cuba ? On peut simplement faire tomber toutes les entraves au commerce et aux échanges économiques et culturels entre les USA et Cuba.  Des centaines de milliards de dollars seront rapidement investis à Cuba pour en faire le paradis touristique exotique dont les Américains ont besoin, maintenant que le terrorisme leur a rendu l’étranger bien inhospitalier. Cuba, un paradis: l’ordre règne…

L’ordre règne…, mais règnera-t-il longtemps si on y déverse ces milliards ?  Cuba, avant Castro, était le domaine de la pègre. Comme le sont aujourd’hui quelques îles environnantes qui font aussi souvent office de paradis fiscaux. Les autorités cubaines, privées du grand rêve de Fidel, pourraient être bien vulnérables à la corruption…  Après le communisme, veut-on le banditisme, comme voisin gênant à 90 kilomètres de Key West ?  

Certes pas, mais comment l’éviter ?  En allant surveiller tout ça de très près…  Quelle serait la meilleure façon de gérer ce spectaculaire Klondyke qui va se développer à Cuba ?   ACCUEILLIR CUBA AU SEIN DES USA !

On évite ainsi qu’un pouvoir mafieux ne s’y installe et on s’assure du même coup qu’il n’y aura pas résurgence à Cuba d’une pensée socialiste, car les pouvoirs d’un État dans l’Union américaine sont  limités et, de toute façon, toute velléité marxiste y serait neutralisée par les médias qui seraient alors sous contrôle des grands groupes de presse américains.

En admettant Cuba dans les USA – et sans doute Puerto-Rico par la même occasion – on aurait aussi une expérience pilote, dans les conditions les plus favorables, des effets et des conséquences de l’entrée d’États latinos bilingues dans l’Union.… Le prélude au destin « manifeste » et incontournable des USA.

Bon pour l’image des USA, aussi, car le choix référendaire du rattachement aux USA sera présenté au monde comme le rejet du socialisme, la preuve définitive que si une démocratie eut existé à Cuba, l’hérésie castriste y aurait été dénoncée depuis longtemps…  On justifiera ainsi a posteriori l’injustifiable embargo.  Oncle Sam aura eu raison…

Qu’en diraient les Cubains ?  Je crois qu’ils accepteraient avec enthousiasme.  D’abord, parce que l’image de l’Amérique  au quotidien, relayée aux Cubains par les cousins de Miami, est celle d’un monde plus beau que nature, pas si différent de celui que Voice of America faisait miroiter aux pays de l’Est durant la guerre froide.  Voulez-vous être Américains, s’entend : « Voulez-vous être riches ». Une question à laquelle généralement on dit Oui…

Ensuite, parce qu’à Cuba on aime bien les Américains. La propagande antiaméricaine castriste n’a jamais ciblé le citoyen américain, mais a présenté celui-ci  comme unr victime de son gouvernement odieux. Ce sont des frères à retrouver…  Depuis des décennies, d’ailleurs, les Américains qu’on  a vus a Cuba ont été ceux-la seulement qui étaient bien sympathiques… Il n’y a sans doute pas un pays où l’image de l’Américain moyen ait été aussi bien protégée d’une hostilité larvée qu’à Cuba !

On présentera ce choix comme un rejet du castrisme, mais il est probable que les Cubains resteront fermement attachés à l’idée d’eux-mêmes qu’on leur a inculquée et ne perdront pas de sitôt le sentiment de supériorité morale qu’ils retirent de leurs systèmes d’éducation et de santé. Dans Cuba devenu un état américain, ils préserveraient sans doute jalousement les avantage sociaux qu’ils ont acquis et se verraient comme les pionniers d’une conscience sociale au sein des USA.  

Ils y seraient alors bien utiles, car, “une plus grande conscience sociale”, n’est-ce pas justement la direction que le nouvel Establishment  des USA veut prendre ?  Obama serait-il là,  si la décision n’avait pas été prise de déplacer les USA vers la gauche ? 

Cuba peut être, au sein des USA, l’état pauvre sauvé du  communisme  que le “bon capitalisme” enrichit.  Les mécanismes sociaux cubains pourront être tolérés et même copiés sans vergogne, dès qu’on aura convaincu le bon peuple  qu’en les rendant « libres » on en a exorcisé la malfaisance qui appauvrissait les Cubain sous Castro et que, capitalistes par adoption, ils sont désormais tout à fait acceptables.

Cuba au sein des USA ?   Une fiction, bien sûr, mais ne la donnez pas trop vite pour invraisemblable….


Pierre JC Allard

 

( P.S  Si vous aimez la politique fiction, télédéchargez  « Le Printemps de Libertad » un petit divertissement que j’ai publié au moment du Deuxieme Référendum au Québec).

 

 

29-04-09

Rocard, Twitter et le subliminal

Parce que le monde tourne autour de Washington, on se prive trop souvent d’écouter ce que l’Europe a à dire. Dommage, car c’est encore en Europe qu’on pense le plus.  Ainsi Michel Rocard – qu’il est aussi  inutile de présenter qu’un journal de la vieille – prend sa retraite en tirant une dernière flèche sur la TV qui tue la démocratie.

Rien de neuf. On peut retrouver le même message chez McLuhan et Chomsky, mais il est important de ne pas laisser la familiarité nous le faire oublier. Bravo donc à Rocard de le dire et à Rue 89 de le diffuser. La nostalgie n’a pas que son charme, elle a aussi parfois une valeur de rappel. 

La TV a exclu du débat public tout ce qui ne peut pas s’expliquer en 40 secondes, dixit Chomsky. Ça fait la part belle aux émotions et l’on peut mener les peuples à  la « vérité » comme les moutons à la bergerie, sans besoin de molosses qui les mordillent aux mollets. Nous allons vers une gouvernance plus bienveillante, dont Obama va nous donner l’exemple… si tout le système ne nous explose pas au visage.  Je parle ailleurs d’explosion. Un mot ici du contrôle bienveillant

Rocard a raison…mais prenons note qu’au-delà de la TV, il y a Twitter. Twitter nous fait faire un pas de plus vers le camouflage de la divergence, en permettant maintenant à tout le monde de contribuer au bruit de fond qui submerge faits et opinions dans une mer d’insignifiance.    La force de Twitter, c’est l’effet de perspective qui permet de voir plus gros ce qui est plus près et donc plus important ce que vous êtes que tout le reste.

En parlant de vous, vous pouvez oublier les autres, lesquels  vous le rendent bien.   La société peut être traitée comme un encadrement acquis, décor à vos vicissitudes, plutôt que comme un outil collectif à remettre en question. (To twit = pépier) Créons la forme transitive et « pépions nous » les uns les autres.

Avec le gazouillis de Twitter, la manipulation par la TV est-elle dépassée ? Oh que non !  On peut compléter le « do-it-yourself- kit » de création d’insignifiance que fournit Twitter, en utilisant toujours la TV pour façonner l’esprit même du téléspectateur,  afin qu’il ne colporte que des insignifiances « correctes ».   La TV donc, encore, mais une TV plus efficace.  Rien n’est plus efficace pour faire une pensée correcte que l’approche subliminale.

Le subliminal a suscité bien des commentaires, il y a déjà une quarantaine d’années, puis on a cessé d’en parler, on l’a dénoncé  et on s’en est servi. Discrètement. Pour vendre, d’abord, mais ce n’est que l’aspect anodin  du phénomène. On nous a aussi bâti une pensée.  Par l’éducation et les médias.  Ici, je ne blâme même pas, je constate.

Pourquoi parler à nouveau du subliminal ? Parce que, bien insidieusement, on a franchi dans le conditionnement une autre étape dont on ne parle jamais.    Avez-vous remarqué ces textes qui défilent en bas de l’écran pendant que le commentateur  vous débite son message parlé ?  À quoi croyez-vous qu’ils servent ?     Ils servent à diviser votre attention, de telle sorte que l’on puisse vous endoctriner plus facilement.

Si vous cherchez à lire ces textes, la vitesse de défilement de ces messages hétéroclites est telle qu’un individu normal ne peut pas en suivre le sens tout en écoutant le message parlé… ce qui ne vous empêche pas de l’entendre. Ce message parlé vous pénètre donc sans résistance et votre inconscient l’accepte comme un fait.

Vous pourrez ensuite le contester consciemment, s’il est vraiment en contradiction de votre expérience ou de vos principes, mais le lent travail de sape fera peu à peu son œuvre.  Vous finirez par résoudre vos dissonance cognitives en les réconciliant dans une vision qui sera plus ou moins subtilement différente de celle que vous aviez au départ.

Même phénomène si vous mettez toute votre attention sur le discours. Ce sont les textes écrits qui se graveront alors dans votre inconscient, sans que vous ayez pu faire le filtrage  que vous faites normalement dans la vie quotidienne quand vous êtes assailli par un idée choquante ou absurde.  Cheminez doucement dans la lavande en suivant le pasteur, vous verrez comme on est bien dans la bergerie..

Ce procédé de conditionnement en utilisant la vision périphérique ou la parole au seuil de l’inaudible n’a rien de révolutionnaire ; c’est l’application politique des méthodes de l’hypnose ericksonnienne, dont plus personne ne met en doute l’efficacité.  Personne sauf ceux qu’on a déjà endormis. Dangereux la TV…

http://nouvellesociete.org/6.html

 

Pierre JC Allard

28-04-09

Le plus gros défi d’Obama

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

Avec la crise financières qui évolue a son pas vers une solution qui ne peut-être qu’un autre nom pour la faillite, la situation en Iraq qui se détériore et celles en Afghanistan et au Pakistan qui commencent à n’en faire plus qu’une, la  torture et l’énergie, il ne semble pas qu’Obama ait le temps d’affronter d’autres adversaires.  Il se prépare cependant, si on en croit les nouvelles, à affronter un adversaire encore plus dangereux : l’American Medical Association et tout ce qui gravite autour.

La médecine aux USA est hors de prix et elle ne donne pas des résultats satisfaisants. Un large pourcentage  de la population américaine n’a pas de couverture médicale. Les USA, sur ce plan, ne sont pas un pays développé. Bien humiliant… Obama, suivant Hillary, a promis de régler ce probleme.  Mais a–t-il pensé aux conséquences ? Est-il prêt a engager uine lutte à finir contre le plus puissant lobby des USA ?

Car c’est de ça qu’il s’agit et c’est une remise en question de toute la structure politique américaine.   Que les grands pourvoyeurs d’armes ou de mercenaires moussent leurs intérêts, cela va de soi et l’on a eu quelques guerres pour en témoigner, mais on parle de transactions discrètes, en haut de la pyramide. C’est une ponction sur toute l’économie et dont ce sont surtout les riches qui payent le coût. 

Le lobby médical, lui, est partout. À tous les niveaux.  Sont financés et donc élus les candidats, à tous les paliers, qui soutiennent le système actuel que contrôlent des compagnie  d’assurances en relations incestueuses avec les associations de médecins eux-mêmes. C’est le marché, triangulaire type, où celui qui achète et celui qui vend ont partie liée contre le tiers qui paye.  Le législateur qui pourrait contrôler n’est élu que s’il laisse faire… car son élection dépend des fonds que lui glissent les lobby médicaux

Est-ce dire que tous les médecins participent de cette escroquerie institutionnalisée ?  Bien sûr que non, mais ils en sont les bénéficiaires et ferment les yeux.  Et tout repose, bien sûr, sur la RARETÉ de la compétence médicale qui ne peut qu’aller en augmentant, à mesure qu’elle se ramifie en spécialités et sous-spécialités. 

Tout repose sur l’hypothèse d’un médecin formé en 8 ou 10 ans après l’équivalent du bac, qui doit d’abord tout savoir puis auquel, ensuite seulement, on enseignera la spécialité qu’il exercera. Ce médecin coûte cher.  Cher à former, puis sa rareté lui permettra d’exiger des honoraires fabuleux, que personne ne contestera, puisque  l’assureur qui le paye fait lui-même d’autant plus de fric qu’il pourra en justifier  davantage pour lui-même si le fournisseur de services est plus exigeant !

On a cette situation du « cost plus » qui enrichit les contracteurs de l’État. En bout de piste, c’est Quidam Lambda contribuable  qui en supporte les coûts.  L’Américain, en services de santé, paye plus pour moins que  le citoyen des autres pays d’Occident.

Cette situation ne peut changer que si l’on forme des milliers de médecins, transfomant le marché de la santé  afin que ce soit la demande et non l’offre qui ait le haut du pavé. Considérant l’explosion phénoménales des connaissances en médecine, cela n’est possible que si l’on scinde la profession de médecin et ses spécialités afin que les temps d’apprentissage soient moins longs.   Plus de médecins avec une formation plus courte. Des médecins  payés moins cher…

Les médecins et surtout les associations qui les représentent  n’accepteront pas facilement cette nouvelle donne.  Ils ont le pouvoir politique  des contributions qu’ils distribuent avec une expérience et un art consommé.  Obtenir l’appui du Congres pour remettre ces associations à leur place et donner aux Américains les services dont ils ont besoin semble un défi insurmontable. Or la santé est la première demande de la population d’une société d”abondance

Je suis curieux de voir comment Obama s’en sortira sans prendre de grandes libertés avec les principes de la démocratie représentative…

 

PIerre JC Allard

27-04-09

L’État apothicaire

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:35

La porcine ou mexicaine AHINI déçoit et a bien du mal a tenir son rang dans les priorités des nouvelles de 18 h.00. On a l’impression d’un succès annoncé qui ne lève pas sur Broadway et, à moins d’un coup de théatre, comme une mutation qui la transforme soudain en Peste Noire, elle passera sans doute à l’histoire comme celle du « cochon d’avril » dont on fera gorge chaude pour parler des refroidissents printaniers.

L’hystérie qu’on a créé avec cette grippe a eu l’effet salutaire de ramener l’attention sur l’industrie pharmaceutique. Ce n’est plus tant le virus lui-même qui est important que le problème qu’il met en lumière. Quel est ce probleme ?

Le problème, c’est qu’avec les moyens plus efficaces dont on dispose, la médecine est devenue une vraie science. On peut VRAIMENT guérir les gens et allonger la vue. La santé est donc devenue la première priorité de tout le monde et, les médicaments remplaçant les neuvaines, cette santé a son prix. Qui dit prix dit priorités, une occasion d’injustice et d’immenses profits à faire.

L’industrie pharmaceutique sera, au XXIème siècle.e secteur de l’économie plus important, le plus innovateur, le plus rentable. Elle sera ce qu’était celle des armements au XXe siecle et la religion auparavant : une activité dont découlent la vie et la mort comme des effets et dont la peur est une variable à instrumenter.

La pharmacie est l’avenir de la médecine, car c’est elle qui porte l’effet multiplicateur de l’industrialisation et qui permet donc d’espérer une amélioration radicale des traitements sans une augmentation similaire du facteur travail et donc des coûts qui limiterait l’application concrète des avancés de la science. Il en découle l’exigence éthique de rendre disponibles au plus tôt les médicaments nouveaux pour le traitement des pauvres comme des riches.

Le progrès de l’industrie pharmaceutique, toutefois, repose sur l’expansion exponentielle des connaissances. Elle ne peut se développer au meilleur rythme et ses résultats être appliqués au mieux que si elle s’appuie sur une recherche intensive. La société a donc aussi l’obligation morale que les avancées de la science soient diffusées sans restriction, permettant à tous d’aller plus loin plus vite, plutôt que de reprendre le chemin parcouru par d’autres.

A cette obligation morale de divulguer tous les résultats de la recherche s’oppose, dans une optique d’industrie pharmaceutique appartenant à des intérêts privés, le délai qui doit être consenti et les marges bénéficiaire qui doivent être permises pour permettre l’amortissement des coûts de recherche et une prise de profit raisonnable, tant pour le chercheur que pour l’investisseur qui lui sert de commanditaire.

Cette nécessité incontournable crée un dilemme qui ne peut être résolu que si la recherche est financée par la collectivité et gérée non pas dans une perspective de prise de profit, mais dans celle d’un investissement à fond perdu dont le bénéfice se mesure en services. Cette réalité suggère que l’industrie pharmaceutique passe au plus tôt du secteur privé au secteur public.

Cette prise en charge de la recherche par la collectivité n’a que du bon, car elle permet accessoirement de faire l’économie des frais de marketing liés à une exploitation en mode concurrentiel de la vente de médicaments. Frais de marketing et publicité dont le coût peut excéder celui de la recherche elle-même !

Ne me voyez surtout pas comme un marxiste collectiviste doctrinaire ; l’industrie pharmaceutique est la seule branche d’activité du secteur secondaire dont je préconise la prise en charge par l’État ! L’intérêt public et la nature même de cette activité ne laisse simplement pas ici d’autre solution.

Il ne faut pas qu’on commence à se demander de chaque pandémie – comme on se demande depuis longtemps de chaque guerre – si sa seule raison d’être n’est pas le profit que peuvent en tirer ceux qui ont le pouvoir de les déclancher.

Nationaliser l’industrie pharmaceutique doit être une priorité, haut sur l’agenda de tout parti politique qui se veut de gauche. Il est possible, d’ailleurs, de concilier la responsabilité de l’État dans le domaine de la recherche avec la nécessité de garder au plus haut la motivation des chercheurs et de leur fournir un cadre d’action entrepreneurial, favorable à l’initiative et à la créativité.

Pierre JC Allard

Ah, les cochons !

Après les oiseaux, les porcs.   Nous avons survécu à la grippe aviaire, survivrons-nous à la grippe porcine ?   Le suspense est commencé.  81 décès au Mexique.Une pandémie menace l’humanité.   Le Journal de Montréal m’invite à me faire vacciner “stat”.

Le J de M. me précise que le vaccin contre la grippe porcine n’est pas disponible. Les stocks de ce vaccin sont insuffisants dans les hôpitaux, ce qui ne me surprend, pas, vu qu’il est difficile de stocker un vaccin qu’on cherche encore  - on me dit que les ressources médicales du monde sont mobilisées – contre une grippe qu’on vient de découvrir…

Vaccinons-nous. À défaut d’un vrai vaccin contre la grippe porcine, il y a tout plein de vaccins contre la grippe ordinaire qui traînent sur les tablettes des hôpitaux et ça pourrait toujours aller. Efficace contre la grippe porcine ? On n’en sait rien, mais bah !… Mieux vaut peu que rien, n’est-ce pas ?  La même campagne pour pousser à la vaccination contre la grippe porcine est en cours aux USA et dans tous les pays européens. 81 morts au Mexique. Sur 111 millions de Mexicains. L’humanité va se défendre…

Je suis sceptique.  Une mauvaise habitude. J’ai horrifié bien des gens, au moment de la Grande Peur du Bogue Informatique de l’An 2 000 (Y2K) en disant – tout en admettant que je n’y connaissais rien – que je ne comprenais pourquoi il faudrait ajouter plus qu’une ligne de code pour qu’un ordinateur passe de 99  à 2 000 plutôt qu’à 00.

La crise du Y2K  est venue et est passée, permettant surtout de virer des MILLIARDS de dollars  dans les comptes de ceux qui nous en protégeraient.  Je suis sceptique… Pas seulement sur l’efficacité des vaccins, ce qui est un autre débat dans lequel je n’entrerai pas, mais sur l’opportunité de sonner le tocsin pour tout et pour rien, sans savoir s’il y a vraiment un danger sérieux et sans savoir si le remède qu’on propose est adéquat.

Attention !  Je ne dis pas qu’il ne faille pas chercher des remèdes à tous nos maux, simplement qu’il ne faut pas s’inventer des monstres imaginaires pour faire marcher le commerce.  Bien sûr, il y aura des pandémies. Et quand l’une viendra, on aura beau jeu pour dire qu’on l’avait bien dit, etc… Mais cela dit, je ne suis pas convaincu de la bonne foi de ceux qui crient au loup, car ils ont généralement un nouveau vaccin à vendre qui sera payé par l’État, ou un stocks de vieux vaccins à écouler avant qu’ils ne soient périmés.

Maintenant que la guerre est devenue totalement absurde, je ne vois pas de meilleure candidate que l’industrie pharmaceutique pour prendre le rôle immonde de celle des armements au XXe siècle ou de la religion auparavant.

Ce rôle, c’est celui de  l’exploitation de la peur de l’inconnu, que peuvent susciter  les cyniques qui savent chez les jocrisses qui ne savent pas. C’est toujours en misant sur la peur, dans cette zone grise entre réalité et imaginaire, que se font les grandes fortunes. Les grandes arnaques.

Banques mises à part, il n’y a rien qu’un gouvernement progressiste devrait étatiser plus promptement que l’industrie pharmaceutique.  Si la vie vous intéresse…

 

Pierre JC Allard

 

26-04-09

Le précipité Taliban.

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Précipité: Corps insoluble formé par réaction entre deux ou plusieurs substances en solution  ou par une action physique sur une substance en solution (Man.-Man. Méd. 1977).

Un peu tout le monde – et surtout les USA, premiers concernés – ont semblé pris au dépourvu, il y a quelques  jours, quand les milices taliban sont descendues tranquillement et sans coup férir de la frontière afghane vers Islamabad.  On se demande bien pourquoi.  Il n’y a pas un mois que le gouvernement du Pakistan a capitulé sans conditions, pour s’acheter un peu de paix pour un peu de temps, en livrant aux dits Taliban une province du nord du pays où ils font désormais la loi.

Leur loi. Avec la fermeture des écoles pour filles, la justice de la charyia – avec la menace de lapidation et d’amputation – et des femmes fouettées sur video pour avoit été vues publiquement aux côtés d’un homme qui n’était pas leur propriétaire en titre…  Leur loi.  Les  taliban n”ont pas conquis cette province, on la leur a cédée. Le gouvernement du Pakistan a accepté que s’installe sur son territoire un pouvoir qui ne lui est pas soumis.  

Aucun État ne peut tolérer cette situation et se pretendre encore l’État. De fait, cette province n’est plus le Pakistan. Elle est un État tampon qui n’attend pour se joindre à l’Afghanistan que le retour des Taliban au pouvoir à Kabul. Croit-on que le gouvernement d’Islamabad l’aurait accepté s’il avait eu la moindre chance de l’empêcher ?

Pourquoi s’étonner qu’il ne réagisse pas à l’avancée suivante des Taliban ? Est-ce qu’on va longtemps feindre de croire qu’il suffirait d’une décision politique pour que l’armée pakistanaise reprenne la situation en main ?  La réalité, c’est que  le nationalisme exacerbé qu’on y cultivait depuis 60 ans  et le fanatisme religieux  qui est revenu en force avec le soutien des USA  à ceux qui luttaient en Afghanistan contre la presence soviétique faisait du Pakistan un précipitant. Maintenant il y a eu condensation:  les Talban.  Un précipité au sens strict: un corps insoluble dans la nation pakistanaise.

Ce “corps insoluble” inspire un sentiment d’appartenance plus fort que celui envers l’État à une large partie de la population pakistanaise. Une cinquième colonne omniprésente rend donc vaine toute tentative pour contrer les Taliban.  On ne peut même penser à une situation de guerre civile, car, au contraire des pays du Moyen-Orient où Chiites et Sunnites s’opposent  dont on peut mettre à profit les dissensions, il n’existe pas au Pakistan un autre fanatisme d’intensité  équivalente à opposer aux Taliban.

Il n’y a, face aux Taliban, que des politiciens discrédités par la corruption et le népotisme, don’t la laïcité discrete cadre mal avec les fondements de la nation pakistanaise bâtie sur sa spécificité religieuse dès le depart et avec l’État lui-même qui s’affirme islamique dans sa constitution.  Les Taliban sont le résultat tout a fait prévisible des forces qui ont été mises en action au Pakistan.

Le précipité est devenu la masse. Le gouvernement d’Islamabad ne fait pas marcher l’armée contre les Taliban parce qu’on ne sait pas  - ou l’on sait trop bien -  de quel côté, mise à part une petite garde prétorienne, la majorité des troupes se rangerait si l’on en arrivait à un affrontement. C’est ce que viennent de signifier les Taliban, en marchant sur Islamabad, puis en se retirant à leur convenance et sans que le moindre effort ait été fait pour les y contraindre par la force militaire.

Si les Taliban n’ont pas encore pris formellement le pouvoir au Pakistan, c’est qu’ils ont plus a tirer des concessions qu’on leur fait pour qu’ils ne le prennent pas.   Nous ne connaissons pas ces concessions, mais il n’est pas impossible que les Taliban reviennent au pouvoir en Afghanistan, dans un gouvernement de coalition don’t on polira l’image pour qu’il semble présentable. Il n’est pas impossible que le contrôle du Pakistan même leur soit abandonné, pour autant qu’ils veuillent bien prétendre ne pas avoir ce contrôle et qu’ils ne touchent pas l’arsenal nucléaire.

Le monstre qu’on a nourri grandit.  Il a atteint la taille où il doit être amadoué. Le défi des USA, maintenant, est de faire en sorte que cette défaite apparaisse comme une victoire.   Des cheveux blancs pour Obama.

 

Pierre JC Allard

25-04-09

Vole, pigeon vole..

On a prêté à Lucky Luciano, à Damon Runyion et à bien d’autres, cette phrase que si, dans une réunion entre truands, vous n’avez pas identifié en 10 minutes qui est le pigeon …. c’est sans doute que c’est vous !  On va en voir une application pratique d’ici quelques jours.

Ses créanciers ont donné à Chrysler jusqu’au 30 avril, pour présenter un plan d’affaires qui se tienne et éviter la faillite. On est dans le dernier droit.  Sur la scène, pour le grand finale, il y la compagnie en déconfiture, ses créanciers et le département du Trésor  des USA, bien sûr, mais aussi trois acteurs de soutien : Cerberus Capital Management, le gros ponte des actionnaires de Chrysler, que suivent les petits actionnaires comme les cannetons la cane; Fiat, la firme italienne qui a aussi ses problèmes, mais dont le Président Marchionne est un pro qui pourrait causer une surprise en faisant un « plus » de la multiplication de ces deux « moins » que sont Fiat et Chrysler… et le syndicat United Auto Workers.

Dans cette réunion de truands, à qui a-t-on a prévu de faire porter le chapeau ?   A première vue, le dossier est clair.  En refusant 7 milliards à Chrysler, le Trésor accule la compagnie à la faillite et condamne  ses actionnaires  et créanciers  à absorber la perte. Fiat fera une bonne affaire en reprenant la compagnie à prix d’aubaines et certains des travailleurs garderont leur emplois.

Un scénario de catastrophe contrôlée.  Mais est-ce bien ce qui se passera… ou y a-t-il un autre agenda ? N’est-il pas étrange que le gouvernement des USA – qui est à distribuer 700  milliards à des institutions financières tarées – n’ait pas 1% de cette somme à mettre pour rescaper l’industrie automobile américaine ? Car après la faillite de Chrysler, viendra le même scenario pour Ford et pour GM…

Tout se passe comme si l’on VOULAIT la faillite de Chrysler.  Mais pourquoi ? Dans le contexte actuel, que Cerberus et autres investisseurs perdent ou non quelques milliards est anodin. Rembourser ou ne pas rembourser  JPMorgan Chase, Citigroup, Morgan Stanley and Goldman Sachs  -  qui ensemble détiennent 70% de la dette de Chrysler -  l’est tout autant, puisqu’on renfloue actuellement ces institutions autrement pour des  montants 10, 20, 30 fois plus importants.  À quoi joue-t-on ?

Tout semble indiquer qu’on est a mesurer le tour de tête des travailleurs…  En cas de faillite, leurs plans de pension  et bénéfices sociaux seraient protégés, mais leurs emplois disparaîtraient.  Pourrait-on les inciter a jouer quitte ou double ? Ne serait-il pas possible de proposer a United Auto Workers de devenir l’actionnaire principal de Chrysler et de gérer cette société en forme plus ou moin coopérative, avec le soutien technico-administratif de Fiat ? 

Les travailleurs devenus propriétaires pourraient se consentir des sacrifices qu’ils ne consentiraient à aucun autre acquéreur.  Ils pourraient s’imposer des conditions de travail plus exigeantes, des réajustements de salaire, des mises-à-pied  temporaires, des licenciements au rythme de mises à jour technologiques robotisant des pans complets de la production…  Ils le pourraient : ce serait LEUR compagnie, n’est-ce pas ?

Ils pourraient même – et c’est là que le chapeau leur est enfoncé jusqu’aux oreilles – modifier les conditions de leurs plans de retraite et de leur couverture santé. Ils garderaient, leur emploi… mais en reprenant des conditions de travail d’il y a 30 ans …  À ces conditions, Chrysler – et demain Ford et GM – peuvent redevenir rentables. 

L’industrie américaine tout entière,  suivant la voie ainsi tracée par le secteur automobile, pourrait se rééquiper aux frais des travailleurs et les USA reprendre le leadership mondial de la production. Un plan ambitieux pour un Establishment devenu débonnaire sous la bannière Obama… 

La crise financière qui est à faire disparaître tout l’argent virtuel sans valeur était bien nécessaire, pour que le symbolique coïncide raisonnablement avec le réel.   Cette opération monétaire ne peut suffire, toutefois. On a folâtré depuis le début dans l’imaginaire, mais le temps est venu de toucher la réalité.  On se prépare à sortir le scalpel et à couper dans la chair vive du système de production industriel.  Voyons comment le patient réagira…

 

Pierre JC Allard

24-04-09

Le ballon de Jackie Chan

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

Vous savez ce que c’est un ballon ?  Un ballon politique, s’entend ?  C’est une petite rumeur qu’on laisse suinter dans les médias et dont on suit la fortune dans l’opinion publique. Si lambda n’aime pas, le petit ballon passe à la déchiqueteuse et on n’en parle plus. S’il aime bien, on va plus loin, on planifie, on prépare, on pose des gestes…  C’est le plus près qu’on  puisse passer de la vraie démocratie sans tomber dedans, ce que bien sûr on ne voudrait sous aucun prétexte…

N’importe qui peut faire flotter un ballon, mais le meilleur  candidat est la célébrité pipole, s’exprimant à partir de ses émotions, à mille lieues de tout ce qu’il ou elle pourraient être soupçonnés de connaître. Brigitte Bardot sur la chasse aux phoques en est un bon exemple. Ainsi, si le ballon ne vole pas bien haut, le pipole n’a rien perdu et personne ne lui en tiendra rigueur. Si le ballon monte au ciel, on lui dira merci, mais l’idée pourra être reprise par un pro qui pourra prétendre que c’est la sienne, puisque le premier clown n’était pas accrédité comme créateur légitime d’idées…

Cette semaine, on a fait voler une énorme ballon dans le ciel nuageux de notre monde en crise. On l’a lancé de Chine, aussi loin  que possible de ceux aux USA et en Europe dont on veut vraiment connaître la réaction. De loin, car il faut voir venir…  On a mis à contribution Jackie Chan, plus connu des amateurs d’arts martiaux que dans les milieux de la politologie.

Jackie Chan, a dit, avec une grande candeur, qu’il n’était pas certain que la démocratie soit bien un régime politique  adéquat pour gouverner des Chinois.  ÉNORME.  Il y a bien longtemps que personne n’avait osé dire que la démocratie pouvait ne pas être la seule et unique forme acceptable de gouvernance. On a tué des millions de personne pour que  plus JAMAIS personne n’ose dire ça.  Et voilà ce chinetoque qui vient ouvrir ce panier de crabes… !

Le probléme, c’est qu’il est bien possible qu’une majorité de ce milliard et plus de « Chinetoques » – qui ont 4 fois notre taux de croissance  et qui semblent le faire tout bien – pensent exactement la même chose de la démocratie sans laquelle ils s’en sortent très ben. Gênant.  Possible, même, que beaucoup de gens, non seulement en Chine ou dans le tiers-monde, mais aussi en Occident, ne soient pas totalement fermés à revoir le dossier « Démocratie ». 

Corruption, magouilles, manipulations éhontées de l’opinion publique par des médias inféodés au pouvoir, processus électoraux viciés, désinformation devenue depuis Barnays un science exacte, interventions sans vergogne par la force policière ou militaire, quand le simple conditionnement  et le trucage ne donne pas le résultat programmé… Sommes-nous vraiment en démocratie ?   Et, quel que soit le nom qu’on veuille donner à la gouvernance que nous avons, la crise actuelle ne nous oblige-t-elle pas à poser le constat qu’elle ne fait pas que du bien ? 

Le ballon de Jackie Chan pourrait donc voler plus haut et plus loin qu’on ne le pense.  Quand on commence à se demander si le roi n’est pas nu, il n’y a que le premier regard impudique qui coûte.   Que se passera-t-il, si on commence à se demander sérieusement si la démocratie qu’on encense  à l’unisson est VRAIMENT la moins mauvaise des formes de gouvernements ? 

Quelqu’un veut tester le soutien qu’on croit inconditionnel à la démocratie. On verra d’ici quelques jours si on a ouvert la boite de Pandore

Pierre JC Allard

23-04-09

Durban II. Israël me les casse…

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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A la frontière de l’Inde et du Pakistan, quelque part entre Lahore et Amritsar, il y a Wagha.   Depuis des décennies, chaque soir au coucher du soleil,  l’armée indienne et l’armée pakistanaise s’affrontent.  Chacune sagement de son côté de la frontiere, elles font assaut  de patriotisme. Chants martiaux, déclarations fulminantes, drapeaux au vent, compliments pour les siens et quolibets pour l’adversaires, des MILLIERS de spectateurs viennent jouer à la provocation.   On s’amuse bien…

 La céremonie de Wagha est une tradition. On a rentabilisé une animosité de façade – car on est Punjabi de part et d’autre – en faisant des CD et des videos.  Quand New Delhi et Islamabad s’invectivent, c’est à Wagha qu’on comprend que tout n’irait sans doute pas si mal entre les frères ennemis, s’il n’y avait des intérets étrangers  pour pétroler et leur dire sans cesse qu’ils se détestent.  Mais se voir pour s’insulter n’est pas la meilleure façon de se réconcilier…

Pourquoi cette reunion à Durban sur le racisme ?  Pas que le racisme ne soit pas un problème sérieux, mais a-t-on vraiment du neuf à en dire ?  Quelqu’un va-t-il se lever et defendre le racisme ?  Et s’il n’y a personne de l’autre côté de cette barricade, ne devrait-on pas discuter d’autre chose ? Il y a unanimité à condamner le racisme.  Un “Durban” n’a donc d’autre but que de dénoncer chacun son démon raciste favori, ce qu’ils auraient pu faire chacun chez soi – comme ils le font d’ailleurs tous les jours.  Un Durban n’existe que pour profiter d’une couverture médiatique que le sujet autrement ne se serait pas mérité.

Rien de mal à être sous les projecteurs. L’ennui, c’est que, puisque l’on n’est là que pour être vu, il faut bien se rendre visible…   Visible en n’y allant pas, en n’y allant que pour en partir ou en y envoyant faire des pitreries.  Show business,  au risque de traiter comme une soirée des Oscars un événement  sans doute inutile, mais dont le thème devrait imposer le respect.  Quand on fait du Hollywood avec du sérieux, on se rend ridicule… Ridicule et odieux.

Les Juifs et sympathisants qui sont allé chahuter à Genève se sont rendus ridicules et odieux. Ahmadinejad n’est pas mon leader préféré; il n’est pas ma bête noire non plus… Il fait ce qu’il peut pour gérer un pays qui est devenu le souffre-douleur des Américains, ce qui n’est pas facile.  Allez courir avec le gorille de 800 livres sur le dos !  Et, pour autant que je sache, il n’y a pas de racisme virulent en Iran.  Il y a certes des racistes, il y en a partout, mais l’Iran n’a pas une politique raciste.

Alors se faire un petit succès médiatique  en vociférant comme des cons  pour couvrir la voix du Président de l’Iran n’est pas un geste qui honore Israel.  En fait, ca attire surtout l’attention sur le fait qu’on ne tue pas de Juifs en Iran, alors qu’il y a bien, en Israel et en Palestine, des innocents qui sont tués tous les jours, depuis longtemps…

Alors les Elie Wiesels et assimilés rendraient plus service à la cause juive, s’ils rentraient en Israel y dénoncer les exactions de leur propre gouvernement, plutôt que de rendre inconfortables ceux qui, comme moi, ont parfois dit du bien d’Israel… et de créer des antisémites par centaines en venant ajouter la bêtise et la vulgarité à l’équation.

Petit detail. En 1942, ma mère a gagné un prix littéraire au Canada pour un  article intitulé “Petit plaidoyer en faveur des Juifs”.  C’était en 1942 et la judéité n’avait vraiment pas la cote; on pourrait parler d’appui dans l’adversité…  Petit détail, mon premier associé, lorsque j’ai commencé  a pratiquer le droit, était juif…  et il y en a eu d’autres. Détail encore,  il y a quelques années, j’ai écrit ce texte, que personne ne m’avait demandé

Ces petits details seraient sans aucune pertinence, si je parlais de tout autre sujet.  Parce que je parle d’Israel, c’est moi qui suis presumé avoir le fardeau de prouver que je ne suis pas antisémite.   C’est ça qui me les casse.   

 

Pierre JC Allard

22-04-09

Le temps des miracles

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

Une bonne nouvelle: toutes les grandes banques américaines qu’on croyait moribondes terminent ce trimestre avec des profits! Comme les affaires ne vont pas si bien, que le chômage augmente et que les banques demandent toujours qu’on leur donne du fric, on s’interroge…  Comment ont-elles fait ces profits et, surtout, pourquoi ont-elles le mauvais gout de venir en parler sans meme déposer le chapeau qu’elles nous tendent ?  Miraculeux.

Tout est devenu plus clair, hier, quand le Treasury Department des USA a annoncé, la bouche en coeur,  qu’il n’aurait pas besoin de demander plus d’argent au Congrès pour garder les banques à flot, mais pourrait se débrouiller avec le reliquat des 700 miliards de Paulson.  Comment ? En transformant  les montants que les banques lui doivent déjà en actions ordinaires et en se les appropriant.

Pour l’instant, les montants que le gouvernement USA a avancés aux banques sont des prêts et portent intérêt. Si ces prêts sont transformés en actions ordinaires, toutes sortes de bonnes choses se produisent.  D’abord, les banques auront alors remboursé leurs prêts à l’État en cédant ces actions et, non seulement n’auront plus d’intéreêt à payer, mais, cette dette épongée, ils auront  côté crédit une nouvelle virginité à offrir aux investisseurs. 

Ensuite, l’État se retrouvera avec une valeur en main.  Il se retrouvera avec une participation de contrôle dans les institutions financières. Il aura donc lui aussi une crédibilité financière accrue  et, ce qui n’est pas rien, il pourra prétendre avoir la possibilité de faire barrage à toutes les magouilles que  ces institutions seraient tentées de faire. Vu le passé récent, c’est une idée rassurante, même si on sait très bien qu’il n’en ferait rien.

Cette transformation de la dette en équité  équivaut concrètement à donner à l’État le contrôle de ces  institutions financières. Donc, à poser le geste dont, dès le premier jour de la crise, je disais qu’il était indispensable à la résolution de cette crise. Sans  les “nationaliser”, ce qui est un mot obscène dans le vocabulaire des USA capitalistes, le gouvernement Obama va  en prendre le contrôle. 

Bonne opération, mais qui fait porter le chapeau par les actionaires de ces institutions dont le capital sera significativement dilué. Un sale coup à faire à des copains.   Normal, donc, qu’on rende tout ça moins triste en faisant mousser un peu la valeur de ce capital avant de s’en porter acquéreur.  Et qu’est-ce qui peut faire augmenter la valeur de ces actions dans le contexte actuel où les banques sont en déconfiture ?  Un boursicotage qui permettra de vendre et d’acheter ces actions, de les racheter et de les revendre, encore et encore, sur un marché haussier.

Évidemment, on peut faire un marché haussier à partir de rien, c’est ce qu’on fait depuis 30 ans, mais il n’est pas mauvais d’avoir au moins une excuse pour justifier que ce marché soit à la hausse.  L’excuse ?  Mais les profits qui augmentent, voyons !  Si on marie le projet de transformer la dette en équité et cette hausse providentielle des profits trimestriels, on peut tout à coup voir se créer  une bulle… le temps de tout revendre à l’État.   LE CONTRIBUABLE AMÉRICAIN, À QUI PAULSON  AVAIT DEMANDÉ DE PRETER, VA TOUT À COUP SE RETROUVER L’INVESTISSEUR et porter tout le risque.  Pas tout à fait correct, mais au point où l’on en est…

On comprend ainsi pourquoi les banques mendiantes viennent tout a coup déclarer des profits. Reste à savoir d’où diable peuvent sortir ces profits.  Je parie que, si on allait au fond des choses, on trouverait  des opérations financières purement virtuelles. Les mêmes opérations scabreuses, dissociées de toute réalité, qui ont créé la crise actuelle. On pourrait parler de fuite en avant… 

Les Européens en parlent, qui voient leurs économies mises à mal par tout ce crédit que les USA invente et distribue à toute vitesse et qui ne bénéficieront en rien de cette miraculeuse transformation de l’eau en vin  au profit exclusif des institutions USA…  Comprenez-vous pourquoi, au G 20,  Allemands et Français  ne semblaient pas tellement apprécier  la stratégie  américaine ?

Dans une monde d’argent imaginaire, si on attend un peu, il y a toujours un miracle.  Priez très fort.

 

 Pierre JC Allard

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