Nouvelle Societe

05-03-09

Le syndrome

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:36

Le Capital a choisi la voie du maternalisme. Une aberration qui ne pourrait conduire qu’à une longue marche vers la décadence. Notre société n’avait plus d’espoir et on lui avait enlevé sa raison d’être. Elle allait donc suivre la séquence des symptômes précurseurs habituels des fins de civilisation.

1. Les emplois traditionnels disparaissent progressivement et le chômage – occulté sous divers noms – va continuellement en augmentant. Il n’y aura plus jamais de reprise de l’emploi tel que nous le connaissons.

2. Le budget de l’État étant grevé, d’une part, des charges croissantes du maintien des exclus par la sécurité sociale et, d’autre part, du coût des intérêts sur la dette publique, cette dette publique va inexorablement en augmentant. Elle ne sera jamais remboursée au sens où l’économie classique aurait parlé de remboursement.

3. Ceux qui possèdent la richesse, même si le paiement des intérêts sur la dette publique leur assure artificiellement un rendement présumé acceptable, trouvent de plus en plus meilleur profit à utiliser leurs capitaux pour la spéculation, boursière ou autre, plutôt que pour faciliter des investissements productifs.

4. Le fardeau de cette dette qui va s’alourdissant est supporté par un nombre décroissant de travailleurs (inversement proportionnel à celui des exclus, évidemment), le vieillissement de la population aggravant le phénomène.

5. Parmi ces travailleurs en nombre décroissant qui constituent la classe moyenne, ce sont les plus pauvres qui écopent naturellement davantage de l’alourdissement progressif du fardeau fiscal, puisqu’ils ne disposent pas des abris fiscaux imaginés par les bien-nantis et introduits au système au profit de ces derniers.

6. En faisant reposer ce fardeau fiscal croissant surtout sur les travailleurs salariés et les petits commerçants, on contribue encore davantage à faire basculer les plus faibles de la classe moyenne dans une pauvreté relative, à réduire leur incitation au travail, à augmenter les disparités entre pauvres et riches et à promouvoir l’exclusion sociale.

7. Afin de ralentir la progression de leurs besoins financiers – pour faire face aux coûts croissants de l’exclusion et de l’intérêt sur la dette – les gouvernements réduisent brutalement les services – (justice, éducation, santé, soutien au revenu, etc) – sacrifiant les acquis du passé, créant la misère, détruisant surtout l’espoir d’un avenir meilleur.

8. Cette réduction des services entraîne, en plus d’une baisse de la qualité de la vie, la morosité, le pessimisme, la rupture de la solidarité sociale, le laxisme professionnel, le refus du risque, menant chacun à un repli vers soi et poussant la société au choix de la décroissance. Un choix FATAL, puisque l’économie, devenue très largement virtuelle, n’a d’autre équilibre qu’en mouvement, s’appuyant sur sa propre croissance.

9. Le choix de la décroissance, en plus d’un impact négatif sur la qualité de la vie des citoyens, accélère l’augmentation du chômage et la baisse de la consommation, cette baisse réduisant d’autant la demande pour les capitaux productifs, la richesse s’oriente encore davantage vers la spéculation plutôt que la production

10. Cette spirale de décroissance et de déflation mine la confiance en l’État et détruit le prestige de ceux qui gouvernent. Cette perte de confiance en l’État et cette perte de prestige des gouvernants tend à réduire l’intérêt des personnalités de valeur pour le service public; les charges publiques tendent donc à être occupées, de plus en plus, par des individus opportunistes, ambitieux, moins compétents, moins honnêtes.

11. La baisse de la qualité des homme publics, nonobstant les être exceptionnels qui peuvent encore s’y dévouer, se reflète sur la démocratie elle-même et a pour conséquence la répudiation cynique de toutes les promesses, la corruption, les scandales en chaîne, conduisant à un rejet global de la classe politique par les citoyens. Le processus démocratique devient alors un pur exercice de manipulation de l’information à des fins électorales.

12. La perte de foi en l’intégrité des politiciens et en l’autorité morale de l’État mène à une détérioration de l’éthique sur tous les plans. Bruler des récoltes – ou toute forme de désobéissance civile – apparaît tout à coup comme un geste courageux.

13. De ces phénomènes, comme des lenteurs de la justice, naît un doute sérieux en la capacité même de l’État de faire respecter la loi. Ceci conduit d’abord à une recrudescence de la violence et de la criminalité, puis à la recherche de solutions de rechanges. Port d’armes, gardes privés, villes murées…

14. On assiste ainsi à une mutation des valeurs, celles-ci s’accommodant de la nouvelle réalité qui n’est plus tout a fait celle d’un État de droit. Les modèles d’imitation changent. Les héros de la télévision deviennent des justiciers: les policiers et militaires qui font triompher la justice MALGRÉ les ordres reçus. Le Héros est celui qui fait cavalier seul et qui donne à chacun son dû, en triomphant du système et au mépris de la loi. Quand le mythe du justicier apparaît dans l’imaginaire collectif, c’est que le « système » est devenu l’ennemi.

15. Quand le système devient l’ennemi, une part croissante de la population ne se sent plus solidaire des efforts que doit consentir une société contre les éléments criminels dynamiques pour lesquels le désordre est une opportunité. Sans solidarité globale, se protéger par identification à un clan devient une solution crédible. On assiste donc à une fragmentation de fait de la collectivité, en petites entités en marge de la loi qui génèrent le sentiment d’appartenance que ne peut susciter une société désormais discréditée.

16. Quand ce point de non retour est atteint où l’État ne commande plus la loyauté des citoyens, ces entités hors la loi peuvent agir avec moins de retenue, de moins en moins d’égard pour l’individu. Elles s’affichent, deviennent ouvertement criminelles puis guerroient entre elles. Les services qu’on attend d’une société sont rendus avec de moins en moins d’efficacité, puis plus du tout. On entre en barbarie. C’est ainsi que meurent les sociétés.

Ce scénario n’est pas une fiction. Pour au moins la moitié de l’humanité, il a été mené à son terme et c’est bien ainsi que les choses se passent au quotidien: la fin du monde est arrivée. Pour l’autre moitié – incluant l’Occident – cette évolution est déjà bien en marche et l’on en vit les étapes. C’est le syndrome du désordre. Chaque année, se rétrécit l’espace dans le monde où l’ordre règne vraiment.

Pierre JC Allard

04-03-09

0603moscou

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 3:03
2006 mars: Moscou

Kaleidoscope

Le choix du maternalisme

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:34

En ne tenant pas rapidement la promesse implicite d’une évolution vers un systeme de production où les travailleurs deviendraient des entrepreneurs, le Capital mettait fin l’Âge d’Or. Il mettait fin au retour annoncé vers plus d’autonomie qui était indissociable de la différenciation des tâches liée à la complexification de la production. Il refusait d’accorder au travailleur le pouvoir accru de décision qui découlait de sa complémentarité. Il niait que la compétence était devenue le facteur dominant en production. Il niait l’évidence.

En fait, il supprimait l’espoir, car une aisance relative étant déja acquise, le travailleur voulait une réalisation personnelle dans son travail quotidien qui transformerait son labeur en accomplissement, ce qui non seulement lui apporterait plus de joie, mais améliorerait sa performance.

Les exemples abondaient dans les bureaux de conseilers en organisation et néthodes et des mécanismes ingenieux mis en place au Japon pour faciliter l’identification du travailleur à son travail et à l’entreprise. Des exemples qu’on examinaient avec intérêt, mais sans aller jusqu’à les imiter et à en faire une nouvelle structure de la relation entre capitalisme et entrepreneuriat.

Toujours obsédé par les chiffres dans le miroir de la spéculation, le Capital ne voulait en aucunhe façon perdre son contrôle sur les variables qui optimiseraient la valeur image de son entreprise. Pas question de ceder le pouvoir ultime de faire les choix de production à ceux qui en connaissent les exigences techniques et peuvent atteindre le meilleur rapport des intrants au produit, puisque le produit n’est PAS le but de la production et la satisfation du consommateur l’est encore moins.

Le but de la production est que la valeur de l’entreprise soit en hausse, fluctuante selon les images projetées sur la psyché des analystes financiers, ceux-ci n’accordant qu’une petite part de leur attention à la réaction des clients et une part encore moindre au fonctionnement de la production elle-même. Le Capital ne veut pas de partenaire, il veut des exécutants. Il y a des choses qu’il faudrait avouer à des partanires et qui ne tient pas à dire. Ses priorités, par exemple….

On peut haranguer les travailleurs sur la mission d’entreprise, mais les priorités du Capital apparaissent impitoyablemnent quand on voit que l’industrie pharmaceutique, par esxemple, secteur de progrès constant de la connaissance s’il en est, consacre plus d’argent à sa publicité qu’à la recherche. Il vaut mieux que le travailleur fasse ce qu’on lui dit. Il n’a pas à comprendre les vrais objectifs ni les moyens. Il n’a pas à vouloir faire plus ou mieux. Il n’a pas à être un entrepreneur.

Un des effets les plus visibles de ce refus de l’entrepreneuriat a été la perte immédiate et brutale de motivation des travailleurs, se traduisant par une baisse notable de la qualité de la production. Baisse de qualité transmise sans aucun retard vers les perceptions de la clientèle, puisque le travailleur en est conscient et qu’il EST le consommateur…. Le label « Made in USA » est devenu péjoratif à une vitesse inouï. Japonais, Coréen, Taïwannais… Oui, mais pas Américain. Le travailleur américain sait qu’il produit mal, car il sait qu’on ne le laisse pas travailler correctement.

C’était la preuve irréfutable de l’urgence de procéder au passage de la structure industrielle salariale vers un mode d’entrepreneuriat. Le péché impardonnable du capitalisme a été de ne pas voir que la main invisible lui écrivait des messages sur le mur. C’était le péché contre l’esprit, car c’était ne pas comprendre le rapport entre capital et entreprise et donc entre capitalisme et entrepreneuriat lesquels sont les deux poles entre lesquels il faut ajuster le curseur entre passé et présent pour produire efficacement.

Alors que tout était en place pour une transition sociale paisible par une transformation de la structure de production, le capitalisme, suivant les USA son vaisseau amiral, a choisi de ne rien changer. On a laissé de côté la production. Rien à changer à la façon de produire. Sans intérêt la production.

Au moment crucial du début des années “90, quand la chute du communisme lui donnerait une occasion historique de se transformer sans être sous la contrainte d’aucune menace extérieure, le capitalisme garderait le cap sur ses objectifs d’enrichisement par l’extorsion à partir des matières premières – dont la guerre du Golfe de 1991 a été la manifetation emblématique.

Quitter la production, mais pour aller vers l’extorsion et vers la spéculation effrénée marqué des indélicatesse et des scandales boursiers dont celui des “junk bonds”, simple mise en bouche pour préparer ce qui deviendrait ensuite la bulle informatique, Enron, la titrisation des hypothèques des insolvable…

Au lieu de la voie de l’entrepreneuriat, le modèle où tout le monde est interdépendant dans l’action qui aurait donné un but aux travailleurs et créé un avenir, on a choisi de poursuivre dans la voie du « maternalisme » qui se développait depuis 50 ans. Dans un régime maternaliste, qui s’appuie fortement sur l’assistanat sans exiger d’entreprises personnelles, le capital a tout le pouvoir.

La foule est nourrie à la tétée par l’assistanat, conduite aux bains et aux jeux par une toute petite minorité dirigeante qui, ambitieuse par simple plaisir, continue ses jeux de rôles de pouvoir ou de richesse, sans même la volonté d’exploiter les autres, sans surtout de leur faire du mal, puisqu’elle n’a rien à en tirer que la satisfaction de leur faire faire risette. Mais ce sont des jeux. Tôt ou tard, le nombre des ambitieux décroît…

Quand il décroît, ceux qu’on a infantilisés continuent sur leur erre à vouloir des hochets, jusqu’à ce que la structure industrielle mal gérée ne produise plus les biberons, que l’abondance cesse et que l’impérieuse nécessité reprenne ses droits…. On entre dans le vide sidéral de la décadence..

Pierre JC Allard

03-03-09

Le passage à l’acte

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:32

Il semblait bien, au début des années 80, que l’ouverture des marchés du tiers-monde et la globalisation concomitante de la main-d’œuvre, qui étaient d’abord apparues comme des catastrophes, allaient au contraire résoudre bien des problèmes.

Cette démarche audacieuse allait permettre au Capital de trouver son Eldorado où implanter une structure de production a son goût et aux travailleurs des pays développés de sortir de l’impasse où la monde irréaliste les avaient conduits en devenant des entrepreneurs et en contrôlant un système de production de services et de production industrielle haut de gamme. On aurait ainsi apporté une heureuse fin à la crise perverse, le tiers-monde rejoignant le monde de l’abondance et ce dernier évoluant sans entrave vers une société tertiaire.

Évidemment, tout ce qui devenait possible n’en était pas pour autant réalisé. Il fallait aussi le faire et la création de la nouvelle structure de production en pays développés n’était pas le genre de transformation simpliste dont on pourrait tirer des slogans et espérer que c’est la ferveur populaire qui la conduirait a bon port. Il y aurait bien des intervenants, chacun avec son propre agenda.

Le Capital, c’était les shylocks, mais c’était aussi des millions de petits rentiers, disposant d’un pouvoir politique considérable dans une démocratie vieillissante. Le Travail, c’était des millions de travailleurs avec chacun ses conditions de travail âprement négociées, encadrés par des syndicats aguerris et disposant eux aussi d’un pouvoir non négligeable.

Laissée a elle-même, la « main invisible » ne fait pas que des miracles ; elle a aussi une propension à la délectation morose. Changer le système prendrait du temps. Or les conséquences des gestes posés en globalisant les marchés étaient immédiates. En Europe comme aux USA, les immigrants légaux et illégaux se multipliaient, pendant que se créaient dans le tiers-monde des usines où ce sont des ouvriers occidentaux qui travailleraient…

Le transfert de demande effective vers le tiers-monde, ferait stagner les revenus réels en Occident, ce qui créerait des mécontents. L’enrichissement de pays pauvres se ferait de façon inégale, chaotique et il y aurait là aussi des mécontents. Le Capital voulait bien abandonner le contrôle de la production aux travailleurs, mais la transmission des pouvoirs devrait se faire dans l’ordre et il n’avait pas l’intention de perdre l’initiative pendant la transition. La trêve était terminée. Le signe annonciateur que la « lutte des classes » sortait de son accalmie a été la révolution fiscale de Reagan du début des années “80.

Le Capital a ensuite assuré ses arrières. Les shylocks ont repris le pouvoir des mains de ces managers professionnels qui pensaient la production comme une fin en soi et redistribuaient la richesse « à la Keynes ». Utilisant l’arme imparable de la corruption, le grand capital a simplement soudoyé les managers en leur offrant des participations au capital-action des entreprises que ceux-ci géraient, transformant ainsi les managers eux-mêmes en capitalistes.

Dès que la rémunération d’un manager n’est plus un salaire, mais une part des profits, il devient un entrepreneur, ce qui est excellent. Quand, toutefois, cette rémunération ne dépend plus de sa performance en production, mais de la valeur des actions de la compagnie, la compagnie cesse d’être essentiellement pour lui une entreprise de production pour devenir une entreprise de gestion de capitaux à laquelle la production ne sert que de faire valoir.

Quand la valeur des actions qu’il possède peut lui procurer en intérêts un revenu supérieur à son salaire, le manager en vient vite à ne plus se percevoir comme un travailleur ou un entrepreneur, mais comme un capitaliste. Avec des options de stocks multipliant leur revenu par dix, les managers sont devenus des capitalistes. Ils ont changé de camp, ils ont ramené le pouvoir avec eux dans le camp des propriétaires. La politique de redistribution de la richesse a été abandonnée avec horreur.

Cette victoire acquise, c’est la politique qui a jeté son glaive dans la balance pour affermir la position du capital. Le travail de sape que les USA menaient depuis longtemps pour abattre l’URSS a finalement porté fruit, quand Gorbatchev est arrivé au pouvoir. Dès 1989, avec la chute du Mur de Berlin, le « péril communiste » est disparu. Trahis, leurs leaders subornés, leur économie sabotée, la population de l’URSS réduite à la misère, les Terribles Soviétiques ne représentaient plus une menace crédible. En 1991, l’URSS était dissoute.

Or, sans cette menace crédible à l’Est, les travailleurs étaient désormais sans défense et une alternative de gouvernance à gauche en Occident n’existait plus. Les “gauches” du monde n’étaient plus, face au capitalisme, que des bandes d’écoliers bavards. On pouvait pendre les meneurs, soudoyer leurs lieutenants, ridiculiser les autres et disperser les badauds.

La Chine ? On s’en occupait. On lui créerait des emplois. On l’amadouerait en important ses produits et en lui exportant donc de la demande effective : la demande effective de nos propres travailleurs. Ceux-ci n’apprécieraient pas, mais, après l’effondrement du communisme, la volonté de pouvoir absolu des shylocks pouvait revenir sans retenue aucune. Il ne restait plus sur cette planète qu’un seul vrai pouvoir, celui du capitalisme.

La trêve était bien terminée. Les managers capitalistes, reprenant l’atavisme des vieux shylocks, n’ont plus vu que le profit immédiat. L’équilibre dynamique keynésien? Un mythe ! Instabilité ! Danger ! Pour prouver qu’une bicyclette n’est pas en équilibre, il suffit de mettre les freins sans tenir le guidon. On a appliqué les freins, cessant la redistribution de richesse qui avait créé l’Âge d’Or.

Bien sûr, la bicyclette a cessé de rouler. On a stoppé net la croissance en termes réels du pouvoir d’achat, alors même que les progrès de la technologie permettaient de produire plus et EXIGEAIENT plus que jamais que l’on consomme davantage. Le moment de totale arrogance du Capital n’a cependant pas duré longtemps.

La contrainte technique inhérente au capitalisme industriel – cette relation de dépendance envers le consommateur et la demande effective – ne cessant pas pour autant d’exister, l’enrichissement réel du capitaliste s’en est trouvé, lui aussi stoppé net. Même pour le Capital, c’est l’Âge d’or lui-même qui était terminé.

Pierre JC Allard

02-03-09

Le travail au pouvoir

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:29

Le Capital a fait son deuil de la production. Les travailleurs vont devenir les nouveaux propriétaires des entreprises. Le facteur travail va pouvoir hisser son drapeau sur un secteur de production conquis…. et occupé.  Il faut comprendre, en effet, que c’est le capital monétaire qui va quitter la production.  La structure de production reste inchangée quand le Capital la quitte.

Le capital réel – le capital fixe qui est présentement dans l’industrie – ne peut évidemment pas la quitter.  C’est quand les travailleurs prendront formellement possession des entreprises que le remplacement des vieux équipements par de nouveaux viendra peu à peu s’harmoniser avec les changements radicaux de structure et de comportements que ses nouveaux propriétaires voudront alors introduire. En attendant, ils vont occuper le secteur production. Meublé et garni.

C’est le capital monétaire qui va partir et cette migration des ressources monétaires hors du secteur de production ne sera pas le cataclysme qu’on pourrait anticiper. Le capital monétaire – qui symbolise les industries, mais dont la réalité propre est « dans le miroir » – y gagnera à la présence des travailleurs sur la ligne des acquéreurs potentiels de la structure industrielle. Un fait, d’ailleurs, qui ne sera pas étranger à la bonne grâce que mettront les capitalistes à les y accueillir….

Vendre le secteur de production aux travailleurx sera un gain pour les capitalistes. Ils ne doivent se faire trop d’illusions, cependant, sur l’impact que pourra avoir cette vente sur les « réajustements » que devra vivre l’économie monétaire. Paradoxalement, la réalité n’aura pas le pouvoir de changer l’illusion. Les déséquilibres « virtuels » devront bien se régler dans l’univers des illusions…

Le départ du Capital de la production ne signifie pas qu’on produira sans capital. Ce sont les travailleurs qui, y investissant leur compétence – le capital désormais de loin le plus important – accepteront d’en financer aussi le capital fixe devenu accessoire. On leur fera crédit… Un apport externe en capital sera encore possible, surtout au moment de l’achat ou du lancement de l’entreprise, ou avant une expansion significative de ses activités, mais il sera exceptionnel. Les capitalistes vont quitter la production.

Le drapeau du travail va flotter sur un secteur de production pacifié, car la complexité croissante irréversible de la production exige la complémentarité… et le consensus. Ce sont ces exigence qui conduisent à la montée en puissance des travailleurs dont sortira cette structure où tous les travailleurs seront des entrepreneurs. Des partenaires consentants, chacun prenant une partie de la valeur de la production, selon l’évaluation faite par consensus entre eux de l’apport de sa compétence.

Les mécanismes mis en place pour en arriver à ce consensus seront évidemment négociés et présentés de façon ingénieuse, voire astucieuse, mais les ententes financières entre les travailleurs eux-mêmes obéiront à de nouveaux principes généraux. Ainsi, leur contribution à l’achat des équipements ne sera pas prétexte à leur concéder une participation plus grande aux profits, ni au processus de décision.

Les travailleurs ne tireront pas un bénéfice de leur investissement monétaire; ce ne sera que leur droit d’accès au revenu qu’ils retireront de l’entreprise comme travailleurs-entrepreneurs. C’est l’évaluation consensuelle de son apport en compétence qui déterminera la part des profits qui échoira à chacun. Les décisions ponctuelles seront prises par qui a la compétence de les prendre et les décisions corporatives par consensus, puisque chacun est présumé remplir une fonction essentielle. Les dissidents quitteront.

Le syndicalisme trouvera dans cette nouvelle structure une nouvelle mission. Il ne sera plus un instrument de lutte contre le capital, mais d’arbitrage entre travailleurs, les protégeant du chantage qu’ils pourraient exercer, les uns contre les autres, au gré des fluctuations de leur indispensabilité.

En plus de ramener la paix sociale, de favoriser l’entrepreneuriat qui est incontournable au fonctionnement d’un systeme de production complexe et de permettre une redistribution relative de la richesse, la prise en charge de la production par les travailleurs aura aussi deux (2) autres avantages non négligeables.

A court terme, les travailleurs qui seront devenus propriétaires des entreprises s’en occuperont ; les roues de l’économie réelles continueront donc de tourner, quels que soient les soubresauts que pourront subir les marchés financiers. C’est une idée rassurante. À moyen et long terme, le résultat de ce changement de propriétaires va être de mettre fin à la mauvaise habitude de produire pour produire.

Une habitude néfaste, car produire pour produire, en effet, crée ce paradoxe, qu’on y réussit d’autant mieux que la production est inutile et ne satisfait pas la demande. Il en est résulté, durant des décennies, une inefficacité voulue, se traduisant par un gaspillage éhonté des ressources humaines et matérielles.

Un énorme gaspillage dont personne n’a eu cure, puisque le véritable but de la production était simplement de produire pour assurer la stabilité sociale, par la rentabilisation du capital et la distribution à la classe laborieuse de revenus permettant la consommation. Produire pour produire afin de protéger le capital a créé une abondance monétaire fictive au détriment de la satisfaction des vrais besoins.

Maintenant que les ressources humaines en se spécialisant sont redevenues rares, que la compétence est devenue le capital le plus précieux et que les travailleurs-entrepreneurs – qui sont les détenteurs de ce capital-compétence ! – vont contrôler la production, ils n’auront aucun intérêt à travailler plus pour moins. Ils ne penseront plus l’efficacité en termes de production, mais de satisfaction. La recherche de l’inutile va prendre fin.

On va réduire l’assuétude envers la consommation de biens superflus qui détourne de la satisfaction des vrais désirs et oblige à un travail inutile. On va renouer avec cette réalité, que la véritable efficacité ne se mesure pas en biens produits et en services offerts, mais en satisfaction apportée pour la moindre consommation possible de travail et autres ressources naturelles.

En donnant aux travailleurs-entrepreneurs le contrôle de la production, on remet l’humanité en marche vers l’abondance réelle, celle qui correspond à la satisfaction croissante de ses besoins et de ses vrais désirs. Dans un système de production sous contrôle des travailleurs – qui sont aussi les consommateurs – on peut spontanément revenir à une “simplicité volontaire”.

Pierre JC Allard

Le travail au pouvoir

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:41

Le Capital a fait son deuil de la production. Les travailleurs vont devenir les nouveaux les propriétaires des entreprises. Le facteur travail va pouvoir hisser son drapeau sur un secteur de production conquis…. et occupé. Il faut comprendre, en effet, que c’est le capital monétaire qui va quitter la production. La structure de production reste inchangée quand le Capital la quitte.

Le capital réel – le capital fixe qui est présentement dans l’industrie – ne peut évidemment pas la quitter. C’est quand les travailleurs prendront formellement possession des entreprises que le remplacement des vieux équipements par de nouveaux viendra peu à peu s’harmoniser avec les changements radicaux de structure et de comportements que ses nouveaux propriétaires voudront alors introduire. En attendant, ils vont occuper le secteur production. Meublé et garni.

C’est le capital monétaire qui va partir et cette migration des ressources monétaires hors du secteur de production ne sera pas le cataclysme qu’on pourrait anticiper. Le capital monétaire – qui symbolise les industries, mais dont la réalité propre est « dans le miroir » – y gagnera à la présence des travailleurs sur la ligne des acquéreurs potentiels de la structure industrielle. Un fait, d’ailleurs, qui ne sera pas étranger à la bonne grâce que mettront les capitalistes à les y accueillir….

Vendre le secteur de production aux travailleurx sera un gain pour les capitalistes. Ils ne doivent se faire trop d’illusions, cependant, sur l’impact que pourra avoir cette vente sur les « réajustements » que devra vivre l’économie monétaire. Paradoxalement, la réalité n’aura pas le pouvoir de changer l’illusion. Les déséquilibres « virtuels » devront bien se régler dans l’univers des illusions…

Le départ du Capital de la production ne signifie pas qu’on produira sans capital. Ce sont les travailleurs qui, y investissant leur compétence – le capital désormais de loin le plus important – accepteront d’en financer aussi le capital fixe devenu accessoire. On leur fera crédit… Un apport externe en capital sera possible, surtout au moment de l’achat ou du lancement de l’entreprise, ou avant une expansion significative de ses activités, mais il sera exceptionnel. Les capitalistes vont quitter la production.

Le drapeau du travail va flotter sur un secteur de production pacifié, car la complexité croissante irréversible de la production exige la complémentarité… et le consensus. Ce sont ces exigence qui conduisent à la montée en puissance des travailleurs dont sortira cette structure où tous les travailleurs seront des entrepreneurs. Des partenaires consentants, chacun prenant une partie de la valeur de la production, selon l’évaluation faite par consensus entre eux de l’apport de sa compétence.

Les mécanismes mis en place pour en arriver à ce consensus seront évidemment négociés et présentés de façon ingénieuse, voire astucieuse, mais les ententes financières entre les travailleurs eux-mêmes obéiront à de nouveaux principes généraux. Ainsi, leur contribution à l’achat des équipements ne sera pas prétexte à leur concéder une participation plus grande aux profits, ni au processus de décision.

Les travailleurs ne tireront pas un bénéfice de leur investissement monétaire; ce ne sera que leur droit d’accès au revenu qu’ils retireront de l’entreprise comme travailleurs-entrepreneurs. C’est l’évaluation consensuelle de son apport en compétence qui déterminera la part des profits qui échoira à chacun. Les décisions ponctuelles seront prises par qui a la compétence de les prendre et les décisions corporatives par consensus, puisque chacun est présumé remplir une fonction essentielle. Les dissidents quitteront.

Le syndicalisme trouvera dans cette nouvelle structure une nouvelle mission. Il ne sera plus un instrument de lutte contre le capital, mais d’arbitrage entre travailleurs, les protégeant du chantage qu’ils pourraient exercer, les uns contre les autres, au gré des fluctuations de leur indispensabilité.

En plus de ramener la paix sociale, de favoriser l’entrepreneuriat qui est incontournable au fonctionnement d’un systeme de production complexe et de permettre une redistribution relative de la richesse, la prise en charge de la production par les travailleurs aura aussi deux (2) autres avantages non négligeables.

A court terme, les travailleurs qui seront devenus propriétaires des entreprises s’en occuperont ; les roues de l’économie réelles continueront donc de tourner, quels que soient les soubresauts que pourront subir les marchés financiers. C’est une idée rassurante. À moyen et long terme, le résultat de ce changement de propriétaires va être de mettre fin à la mauvaise habitude de produire pour produire.

Une habitude néfaste, car produire pour produire, en effet, crée ce paradoxe, qu’on y réussit d’autant mieux que la production est inutile et ne satisfait pas la demande. Il en est résulté, durant des décennies, une inefficacité voulue, se traduisant par un gaspillage éhonté des ressources humaines et matérielles.

Un énorme gaspillage dont personne n’a eu cure, puisque le véritable but de la production était simplement de produire pour assurer la stabilité sociale, par la rentabilisation du capital et la distribution à la classe laborieuse de revenus permettant la consommation. Produire pour produire afin de protéger le capital a créé une abondance monétaire fictive au détriment de la satisfaction des vrais besoins.

Maintenant que les ressources humaines en se spécialisant sont redevenues rares, que la compétence est devenue le capital le plus précieux et que les travailleurs-entrepreneurs – qui sont les détenteurs de ce capital-compétence ! – vont contrôler la production, ils n’auront aucun intérêt à travailler plus pour moins. Ils ne penseront plus l’efficacité en termes de production, mais de satisfaction. La recherche de l’inutile va prendre fin.

On va réduire l’assuétude envers la consommation de biens superflus qui détourne de la satisfaction des vrais désirs et oblige à un travail inutile. On va renouer avec cette réalité, que la véritable efficacité ne se mesure pas en bien produits et en services offerts, mais en satisfaction apportée pour la moindre consommation possible de travail et autres ressources naturelles.

En donnant aux travailleurs-entrepreneurs le contrôle de la production, on remet l’humanité en marche vers l’abondance réelle, celle qui correspond à la satisfaction croissante de ses besoins et de ses vrais désirs. Dans un système de production sous contrôle des travailleurs – qui sont aussi les consommateurs – on peut spontanément revenir à une “simplicité volontaire”.

Pierre JC Allard

01-03-09

Le fric tous azimuts

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:26

Sa présence en production au sens strict, n’apportait plus rien au Capital. Dans le tertiaire, il était le partenaire junior, car le facteur dominant était la connaissance, inappropriable. Dans le secondaire, le travail-compétence exigerait tant, que la rente sur le capital fixe ne pourrait plus être amorti qu’en allongeant la rotation du materiel, donnant un avantage précaire mais insurmontable a ceux qui commenceraient à zero en s’équipant a neuf. Un mauvais scénario pour le capital en place…

Il fallait passer la main aux travailleurs, le capital n’ayant plus sa place en production que comme créancier extraordinaire d’entreprises autogérées dont les travailleurs auraient la propriété et assureraient le financement courant. Que deviendrait le capitaliste entrepreneur actuel ? Il aurait deux (2) chemins à suivre.

Le « petit » capitaliste-entrepreneur – plus entrepreneur que capitaliste – ne verrait le changement que s’il élargissait ses activités et se butait à l’esprit d’entreprise de ses propres employés. Il deviendrait alors, via la sous-traitance, un maillon d’une immense chaîne d’entrepreneurs sous-traitants à laquelle viendraient s’arrimer la vaste majorité des travailleurs.

Le « gros » capitaliste-entrepreneur, celui dont le revenu venait plus des intérêts sur son capital – et donc d’une décision d’investissement – que de sa gérance d’un production, allait se voir peu à peu privé, mais sans trop s’en inquiéter, de cette gérance qui n’était pour lui qu’une fonction d’appoint. Il se trouverait alors à un autre carrefour et pourrait choisir entre trois (3) voies.

La première voie est de devenir un pur shylock. Il achète des obligations de l’État ou investit dans d’autres placements dits « de père de famille » et vit uniquement de ses intérêts, sans risques et sans ambition, comme un riche rentier. Il est inutile, mais inoffensif. Une Nouvelle Société ne lui confisquera pas ses biens, mais il est prévoir qu’une inflation planifiée – et annoncée – fera en sorte que soit progressivement remise en circulation sa richesse devenue totalement passive.

La seconde, pour le capitaliste qui prend son baluchon et quitte la production, mais sans perdre son ambition, c’est de retourner à ses vieilles amours…. Il peut se replier vers la forme d’exploitation antérieure à la révolution industrielle : la perception d’une rente sur la ressource naturelle. Une vraie rente, sur un fond indestructible comme jadis la terre et les points d’eau. Il n’y a pas à contrôler la production, il suffit de contrôler par la force les ressources qui servent d’intrants à la production.

Cette rente sur la ressource naturelle n’est pas dépendante du facteur travail, car associer les matières premières pour leur donner une utilité plus grande n’y entre pour rien et ne vient qu’après. Pour percevoir la rente, c’est défendre l’accès qui est tout. C’est une extorsion pure, qui repose sur la force. L’extorsion a toujours été la voie royale vers la richesse.

Ce retour vers la pure extorsion de ses serfs par leur seigneur est illustré aujourd’hui par la rente sur le pétrole, mais elle a toujours existé, particulièrement sur les produits agricoles. On a un peu négligé cette approche, depuis la révolution industrielle, parce que la dépendance sur travail humain en rendait l’application lourde, mais, avec la mécanisation progressive de l’agriculture, on va pouvoir y revenir en parfaite quiétude.

Le Capital commence seulement à augmenter la rente sur les ressources naturelles pour compenser le manque à gagner en production. Le phénomène va s’élargir et continuera jusqu’à l’on ne sait où… Produire ? Bon pour les gagne-petit. S’enrichir par l’industrie n’a été qu’un intermède découlant d’une certaine fascination pour la technologie. Amusant, mais l’extorsion fait plus sérieux.

La troisième option du Capital est celle de la spéculation. Pas la spéculation triviale, liée à l’achat et la revente de quoi que ce soit, car dans un économie d’abondance elle se confond avec le commerce. Le commerce qui est un service et a donc sa valeur travail, mais où le capital ne joue plus un grand rôle, car il n’est la que pour couvrir les risques et, dans une économie transparente, le risque vient de l’aléatoire et est assurable, remplaçant la spéculation par l’actuariat. La vraie spéculation a maintenant lieu sur autre chose : le passage du réel au symbolique.

Une économie d’interdépendance exige des échanges bien au-delà du troc. Elle exige donc, pour que soient facilités ces échanges, que l’utilité (valeur réelle) de tout bien ou service qui peut satisfaire un désir soit exprimée en monnaie (valeur symbolique). Cette conversion est indispensable et quiconque contrôle les conditions de cette conversion possède un pouvoir quasi illimité. C’est l’Etat qui en théorie exerce ce contrôle et détient ce pouvoir.

Les variables qui déterminent le succès d’une spéculation sont toutes aujourd’hui directement ou indirectement sous le contrôle de l’État. Même si c’est une catastrophe naturelle qui déclanche une occasion d’affaire, c’est la réaction de l’État pour faire face à la catastrophe qui sera au coeur de la spéculation qui en résultera.

Toutes les roulettes sont mises en mouvement par l’État et seuls peuvent y gagner les amis de ceux qui les font tourner. Seuls ceux qui agissent de connivence avec l’État peuvent désormais spéculer et gagner. Les gros pontes jouent toujours avec la banque. Ceux qui jouent en s’en remettant au hasard ou même à leur honnête sagacité pour spéculer seront vite ruinés.

Quand le capitaliste quitte la production pour spéculer, en amenant avec lui les symboles de la richesse corporative pour les affecter à sa spéculation, il est le vrai bourdon dans la ruche, car cette activité de spéculation est oiseuse ; elle ne produit aucune richesse et ne sert qu’à départager les capitalistes entre eux aux frais des autres, mais il y a plus grave.

S’il agit avec une raisonnable intelligence, il ne peut que viser a contrôler tout ce qui est en son pouvoir des activités de l’État, du procesus de créations de monnaie, de la gestion des ressources natuelles qui ultimement repose aussi sur la force de l’État. Il ne peut que s’engager sur la voie de la corruption.

Pierre JC Allard

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