Nouvelle Societe

28-02-09

0602valencia

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 3:59
2006 fevrier: Valencia

Pierres anciennes et neuves

0601riodejaneiro

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 3:35
2006 janvier: Rio de Janeiro

Purification

Les adieux du Capital

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:25

Avec la complexité croissante de la production et la copmplémentarité qu’en exigeait l’optimisation, la position de force du facteur compétence en production est devenue telle que celui-ci pouvait accroître indéfiniment ses exigences. Tout l’argent gagné à produire serait tôt ou tard réclamé par les travailleurs-entrepreneurs, ce qui tendrait à réduire à rien la rémunération du capital dans la production.

À moins que rien, même, contraignant alors le capitaliste à s’appauvrir constamment en termes réels, pour protéger l’image de son investissement dans le miroir de la spéculation. Il devrait se désinvestir au profit des travailleurs, ce qu’exemplifierait parfaitement la faillite éventuelle de l’industrie automobile américaine et son rachat pas ses employés.

Pris au piège de devoir concéder des avantages exorbitants a ses travailleurs et de ne pouvoir vraiment contrôler un système de production dont le facteur dominant est la compétence, le Capital a choisi de s’en créer un au tiers-monde qui, pour l’avenir prévisible, serait encore à forte intensité de capital.

Du même coup, il choisissait de sortir de la production en Occident et de laisser les travailleurs gérer eux-mêmes le système de production entrepreneurial qu’il fallait y mettre en place. On mènerait une bataille d’arrière-garde, mais on laisserait le contrôle de la production traditonnelle aux travailleurs. Le capital quitterait la production sans regrets, car ce n’est plus le capital, mais la compétence, qui contrôlerait de fait la production et une production qu’il ne contrôle pas a bien moins d’intérêt pour le capitaliste.

Contrairement à ce que le passé aurait pu laisser croire, le Capital s’est préparé à rentrer sous sa tente sans trop se plaindre. Le Capital a vu tout à coup cette décision sous un jour nouveau et compris qu’il y avait trois (3) bonnes raisons qui rendait inutile sa présence en production.

La première, c’est que l’équation de la demande effective l’obligeait déjà, depuis longtemps – afin que la production puisse être vendue, l’équilibre maintenu et la valeur du capital préservée – au transfert vers les consommateurs de toute la valeur marchande de la production. Tout le profit était dans le miroir monétaire. Des travailleurs-entrepreneurs en contrôle de la production épargneraient peut-être plus, accumulant un capital, mais ce capital serait traité comme tout autre capital. Le prédédent était déjà créé…

Lorsque la compétence s’était propagée et que la contagion avait atteint le palier où c’est le travailleur lambda qui pouvait avoir des exigences, l’abondance qui allait de paire avec cette compétence avait permis de le convaincre que, ses besoins immédiats étant satisfaits, il devrait agir comme un micro-capitaliste. Il ne devrait pas exiger plus de revenu disponible pour consommation. il devrait exercer plutôt son pouvoir pour obtenir des bénéfices marginaux, des contributions à des programmes de santé et de retraite, etc. Il pourrait alors s’enrichir sans que l’équilibre de la demande effective en soit modifié. Ce message avait été entendu.

La deuxième raison qui permettait au capital d’accueillir maintenant avec sérénité cette montée en puissance du facteur travail, c’est que ces travailleurs micro capitalistes qu’on créerait viendraient simplement se joindre aux rentiers de tout acabit qui s’étaient déjà multipliés pour devenir le périmètre de défense éloigné du capitalisme. il y avait déjà des légions d’autres petits capitalistes qui étaient là pour servir de tampon entre le vrai capital et un facteur travail qui deviendrait trop exigeant : les actionnaires minoritaires.

Si la part du travail des travailleurs-entrepreneurs devait augmenter, ce n’est pas shylock qui subirait une perte – il détenait des obligations et les corporations étaient ses débitrices – c’est l’actionnariat qui porterait la chapeau, par une dévaluation de son capital propre. Le grand capital, comme toujours, resterait à couvert. On retrouvait, en fait, la situation du vieux shylock propriétaire terrien qui prenait sa livre de chair quoi qu’il advienne, puis laissait son affranchi en fermage absorber le choc des aléas de la production.

Si le revenu d’exploitation ne permettait pas de couvrir ce qu’il faudrait donner au travailleur-entrepreneur qui apporterait désormais à la production l’investissement direct de sa compétence, c’est la perte de valeur du portefeuille des petits porteurs qui compenserait l’écart. L’enrichissement des travailleurs devenus aussi entrepreneurs ne se ferait normalement qu’aux dépens de l’investissement silencieux des petits détenteurs d’actions. Évidemment, c’était un ligne de repli ; on se battrait un peu avant d’en arriver là…

Il y avait une bonne chance de ne pas en arriver là, car la troisième raison de la complaisance du capital était que la réalité n’était plus qu’un accessoire de la spéculation. Si les équilibres n’étaient pas maintenus dans les faits, une correction monétaire – « dans le miroir » – serait facile, car la création de monnaie était totalement discrétionnaire et reposait entre les mains d’un pouvoir politique inféodé au pouvoir financier.

La ligne des directives pouvait être embrouillée à plaisir pour des effets de manche, mais, qu’on passe ou non par le biais d’une banque centrale, c’est toujours le coup de téléphone des grands propriétaires de capitaux aux politiciens qui ferait démarrer la presse à billets. D’autant plus facilement que la « presse » était devenue virtuelle et les billets de simples annotations à des livres eux-mêmes dématérialisés… Dans ce contexte, laisser le contrôle de la production aux travailleurs n’était plus critique ; si quelqu’un en prenait trop, l’excédent serait résorbé par la fiscalité et une inflation appropriée.

Pourquoi parler du pouvoir du travail qui devient le facteur dominant en production, si la position du capital apparaît aussi inexpugnable ? Parce que, justement, nous parlons de production. Nous ne disons pas que le capital a perdu ou perdra son contrôle de la société, c’est une autre affaire; nous disons que l’importance relative accrue de la compétence, en relation au capital fixe, prive le capitaliste d’un contrôle efficace du processus de production lui-même.

Même a l’abri de ses vicissitudes les plus graves, Shylock se sentait inconfortable, dans un système de production devenu une « boîte noire » hermétique pour le capital. Quand sa lassitude deviendrait trop grande – l’industrie automobile en étant toujours le meilleur un exemple – la réaction du capital serait de sortir de la production, une activité où son contrôle allait s’étioler. Il ferait ses valises… et il partirait. Il savait où aller. Il pouvait maintenir sa dominance par d’autres moyens.
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Pierre JC Allard

27-02-09

La concurrence sélective

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:23

L’ouverture au tiers-monde allait permettre d’y construire un système de production sous contrôle du capital, puisque ce systeme serait constitué d’activités se situant encore largement en-deçà de ce seuil d’entrepreneuriat où le capital perd sa mainmise au profit de la compétence. Sous l’apparence d’une production à grande intensité de travail et conçue uniquement pour la demande étrangère, c’était bien bâtir la structure qui correspondait aux propres besoins du tiers-monde.

C’était une structure similaire à celle qu’il avait fallu mettre en place en Occident au début de l’industrialisation et elle suivrait inévitablement, sous l’égide du capital, le chemin vers une industrialisation à intensité croissante de capital qu’avait suivi l’Occident. Il faudrait bâtir une demande effective au tiers-monde – et la vente des exportations vers le monde développé y pourvoirait – mais, cela fait, on pourrait ensuite y produire de l’utile pendant des décennies, voire des siècles, avant que ne soit atteint le point de saturation de la demande qui, dans les pays développés, avait forcé la tertiarisation et créé la crise perverse de l’abondance

Il semblait que l’introduction de cette production venue d’ailleurs rendrait superflus les travailleurs des pays développés, mais ce n’était qu’une illusion, peut-être un leurre. Les importations d’Asie ne rendraient superflus en pays développés que les travailleurs qui l’étaient déjà. Les biens industriels que le tiers-monde pourrait vendre à prix imbattable aux pays développés – en plus de quelques colifichets marginaux – se serait uniquement ceux dont on avait artificiellement augmenté les coûts de revient en Occident en y maintenant une main-d’œuvre inutile pour des fins de création d’emplois et de demande effective.

Les importations allaient remplacer les productions domestiques dont les coûts de revient avaient été ainsi gonflés et c’est l’ouverture des marchés du tiers-monde qui serait accusée d’avoir chassé les travailleurs occidentaux de leurs emplois. On ne pourrait en blâmer directement le Capital, puisque le coupable était là, bien visible : il avait les yeux bridés.

Un leurre, peut-être, cependant, car quand ces emplois auraient été supprimés, on ne se priverait pas de substituer une machine au travailleur asiate qui aurait remplacé le travailleur occidental que la politique sociale avait obligé à tenir indemne de la mécanisation. Au contraire, ce srait faire œuvre pie, de protéger la production nationale des invasions étrangères !

On pourrait alots permettre que les processus industriels soient optimisés… et on découvrirait qu’il y a bien peu de tâches en industrie qu’une machine issue d’unetechnologie de pointe ne puisse pas faire à meilleur coût qu’un travailleur, même un travailleur étranger mal payé… Rien ne s’opposerait plus à ce que l’on puisse, sans états d’âme ni émotions, rationaliser la production industrielle en la mécanisant totalement, comme on aurait pu le faire depuis longtemps.

Il y aurait un éxode quasi-total des travailleurs occidentaux hors des tâches programmables du secteur industriel, car celles qui, pour des raisons stratégiques, subsisteraient en pays développés seraient rapidement mécanisées. Il vaudrait mieux délocaliser les autres vers le tiers-monde, puisque c’est là qu’existerait surtout la demande pour ces tâches simples. Ce serait faire le simple constat de la supériorité du capital pour effectuer des tâches mécanisables.

Le corollaire évident, toutefois, était que le Capital devrait renoncer au contrôle de toute production reposant sur des tâches inprogrammables. L’initiative pour accomplir les tâches requises au palier de complexité atteint en pays développés exigeait que ce soit des travailleurs-entrepreneurs qui y soient maîtres et le capital ne pourrait y intervenir que de loin. C’est tout un nouveau système de production constitué de tâches au-dela du seuil d’entrepreneuriat qu’il fallait bâtir en pays développés, une structure complémentaire à la production à forte intensité de capital qui se développerait au tiers-monde.

Les travailleurs de l’Occident devraient être MASSIVEMENT recyclés vers des tâches plus complexes : les tâches au-dela du seuil où la compétence prend le pas sur le capital comme facteur dominant de la production. C’est de ce recyclage qu’on parlait depuis que la mécanisation avait rendu la production industrielle triviale. On avait accepté les pires absurdités de la crise perverse pour eviter de le faire. Maintenant, avec l’ouverture au tiers-monde, on le ferait.

Il fallait compléter la pirouette dans le monde irréaliste, car ne pas disposer dans les pays développés d’une structure de production au-delà du seuil d’entrepreneuriat qui soit complémentaire à celle du tiers-monde créerait un niveau INSUPPORTABLE d’absurdité. Bâtir cette complémentarité, au contraire, ramènerait le système global à la réalité d’un vrai travail pour une production utile – pour les vrais besoins et les vrais désirs – et l’on pourrait dispenser une vraie rémunération correspondant aux efforts fournis, conformément aux principes de la justice commutative. Un monde à l’endroit.

Ce qui ne veut pas dire que ce monde à l’endroit serait juste. Seulement que les forts abuseraient des faibles en suivant des règles encadrées par des lois et en utilisant des moyens que leur rationalité rendrait au moins prévisibles. En exportant les emplois de moindre niveau vers le tiers-monde – ou en les confiant chez-nous à des immigrés, – on spécialiserait les pays développés et leur main-d’œuvre vers les emplois inprogrammables, les emplois « nobles ». Il n’était pas dit que ce partage ethnocentriste inspiré de l’économie libérale classique correspondrait longtemps aux aspirations des peuples du tiers-monde, mais ça, c’était un problème pour demain…

Remettre le monde à l’endroit pour travailler vraiment et produire de l’utile n’empêcherait pas, non plus, de maintenir les aspects « positifs » du monde irréaliste : l’argent n’y vaudrait toujours que ce que le pouvoir voudrait qu’il vaille et le rapport entre travail et rémunération serait encore fixé pour optimiser la consommation de ce qu’il serait le plus avantageux pour le capital de produire. Assainie de ses aspects les plus outranciers, toutefois, la vision du monde « irréaliste», conçue au départ comme une brève période de transition, pourrait sur le plan financier devenir la norme. Indéfiniment…

Comprenant que ce nouveau paradigme ne signifiait pas qu’il dût renoncer a son pouvoir sur la société, mais seulement l’exercer par d’autres moyens, le Capital, en s’investissant désormais prioritairement dans le tiers-monde, pouvait mieux accepter de laisser aux travailleurs des pays développés le contrôle de la production au-dela du seuil d’entrepreneuriat. Pas sans un combat d’arrière-garde pour chaque ru et chaque lieu-dit qu’il abandonnerait, cependant.

Pierre JC Allard

26-02-09

Hors de l’impasse

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:21

Le scénario totalement à sens unique et profitable au seul capital que laissait entrevoir la globalisation des marchés allait devenir, au contraire, une opportunité pour les travailleurs. Pour ceux du tiers-monde à qui l’on ouvrait une porte vers l’abondance, bien sûr, mais aussi pour ceux des pays développés, car on allait finalement les sortir de l’impasse où les avait acculés, le refus de leur définir un nouveau rôle dans un système de production en évolution.

C’était une impasse que maintenait le Capital, depuis des décennies, en voulant non seulement maintenir sa propriété du système de production, mais aussi en garder le total contrôle. Une prétention qui n’avait aucun sens, car le capital ne peut avoir ce contrôle total sur la production que pour la part de celle-ci consiste en tâches répétitives qui peuvent être mécanisées.

Quand le travail atteint et dépasse le seuil au-delà duquel il n’est plus la matière première « énergie » ou un simple algorithme, mais doit devenir un apport de créativité et d’initiative, les exigences de chaque poste de travail s’accroissent et se différencient. C’est la compétence qui devient l’élément crucial de l’activité de production. La complexité croissante de la production en fait un processus plus mature où elle reprend comme avant l’industrialisation la forme d’une séquence ininterrompue de micro-décisions.

Le travailleur interchangeable que manipulait le capitaliste-entrepreneur se transforme alors en un micro-décideur qui doit assumer à chaque moment la responsabilité d’un entrepreneur. Au-delà de cepoint, qu’on pourrait appeler le « seuil d’entrepreneuriat », c’est celui qui agit qui doit décider et sa décision ne peut plus être soumise à un nihil obstat préalable. C’est le travailleur alors, inévitablement, qui prend le contrôle réel de la production.

Cela est évident au secteur tertiaire, mais est vrai aussi même au secteur secondaire. La dominance du capital sur la production s’estompe et c’est au contraire de dernier, sous sa forme de capital fixe, qui est tenu en otage par le travail. Le rapport des forces change entre les facteurs de production et une nouvelle définition du rôle du travail devient alors nécessaire.

Peut-être pour mieux maintenir la primauté du secteur secondaire où il était totalement investi face à un tertiaire envahissant, le Capital, n’a pas voulu prendre acte de ce changement du rapport des forces. Il a voulu garder s’en tenir à un régime strict de salariat d’où était exclu le partenariat avec des travailleurs-entrepreneurs qu’on aurait pu soupçonner de désirs coupables d’autonomie.

Cette décision n’a pas empêché le rapport des forces de basculer, à mesure que le travailleur, devenu décideur par sa compétence, prenait peu à peu le contrôle réel de la production. Le phénomène s’est manifesté d’abord au palier des managers. La vision populaire les a perçus tout de suite comme des capitaliste, mais ils n’en étaient pas. Ils ne vivaient pas de leurs intérêts, ils participaient activement à la production. Il s’agissait seulement de travailleurs assumant de facto une fonction entrepreneuriale et dont l’apport était essentiel. Si essentiel, qu’ils pouvaient dicter leurs conditions…

Ce sont ensuite les professionnels de haut niveau, avocats, comptables, architectes, ingénieurs, ceux occupant des fonctions de nature tertiaire au sein de l’industrie, souvent travailleurs autonomes plutôt que salariés, qui sont apparus irremplaçables et difficiles à intégrer dans la structure de salariat. Membres de groupes bien restreints, ils ont vite eu le haut du pavé pour négocier leur rémunération.

Puis, la complexité augmentant, ce sont tous les travailleurs hautement spécialisés qui les ont rejoints pour confirmer la dictature de la compétence et tenir eux aussi le propriétaire du capital en otage. La position de force du facteur compétence en production est devenue telle, que le travailleur a pu accroître indéfiniment ses exigences et que la rémunération réelle du capital dans la production a décliné.

Pourquoi le capitaliste propriétaire des équipements ne renonçait-il pas à vouloir gérer la production ? Parce qu’on avait donné la priorité au miroir. Il n’y renoncerait pas même si le résultat d’exploitation devenait négatif – contraignant alors le capitaliste à s’appauvrir constamment pour protéger son capital fixe que le travail tenait en otage ! – car son espoir de gain avait cessé de dépendre de ce résultat d’exploitation, découlant plutôt de la valeur que donnait la spéculation à son capital investi. Le triomphe de l’illusion

Cette mainmise que maintenait le capital sur la production allait créer une double dysfonction dans la gestion des ressources humaines. D’abord, des travailleurs qui auraient pu évoluer vers l’autonomie et l’entrepreneuriat, d’abord dans l’industrie – en sous-traitance, par exemple – mais éventuellement dans le secteur tertiaire, se retrouveraient indéfiniment prisonniers d’une structure de salariat où ils étaient mal utilisés. Ces travailleurs étaient privés du statut d’entrepreneur dont ils auraient eu besoin pour être vraiment motivés et produire avec efficacité, alors que, comme salariés, ils avaient le pouvoir d’exiger sans cesse plus et coûtaient donc de plus en plus cher. Trop cher.

Ensuite, le coût trop lourd de cette main-d’oeuvre poussait les employeurs à réduire au maximum le nombre de leurs employés, même au détriment d’une productivité optimale au palier de l’exploitation, aggravant un chômage auquel le système allait réagir par des contraintes aux licenciements et aux mises-à-pied. Pour maintenir la paix sociale et alimenter la demande effective, le monde irréaliste protégerait ainsi des emplois qui souvent auraient dû être mécanisés, faisant de tout un segment de l’emploi un simple volet inavoué d’une structure envahissante d’assistanat.

Souffrant de cette double dysfonction, l’industrie des pays développés s’est retrouvée avec une main-d’œuvre en carence d’entrepreneurs… mais un surplus de pseudo exécutants dont le profil ne correspondait plus à celui dont se serait doté un vrai système de libre-entreprise. Au lieu de faciliter la transition inévitable de l’emploi industriel salarié vers un travail autonome dans le secteur tertiaire – particulièrement en garantissant une sécurité du revenu pour les travailleurs déplacés – on avait créé l’impasse.

C’est à cette impasse qu’allait mettre fin l’ouverture des marchés du tiers-monde, car la création d’une structure alternative de production tendrait à faire disparaître toutes ces distorsions de la main-d’œuvre des pays développés.

Pierre JC Allard

25-02-09

La fin de la trêve

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:19

En délocalisant sans crier gare les entreprises des pays développés vers le tiers-monde – et en permettant l’immigration d’une main-d’œuvre à bon marché vers les pays développés – on annonçait que la production migrerait vers « ailleurs » et que le nouvel objectif ne serait plus un équilibre production-consommation au sein des pays développés, mais la construction d’un marché global reproduisant les conditions des débuts de l’industrialisation en Occident.

C’était un geste bien téméraire du Capital, car malgré la saturation des besoins en produits industriels et la demande insatisfaite pour des services, malgré la supercherie qu’il supposait, malgré le caractère de plus en plus illusoire des facteurs le permettant, le modèle de surproduction avait atteint, pendant des décennies, son but de garder production industrielle et donc le capital au coeur de l’économie. Surtout, il l’avait fait à la satisfaction quasi générale : on vivait un Âge d’Or.

En ouvrant les frontières à la main-d’œuvre du tiers-monde, on allait mettre fin à la trêve entre Capital et Travail qui avait permis cet Âge d’Or, puisqu’on allait enlever ses vieilles tâches au travailleur sans lui en offrir de nouvelles. Durant les années de surproduction, en effet, on n’avait en rien réglé le déséquilibre croissant entre la demande et la capacité de production du système industriel, ni surtout la question épineuse de la réaffectation des travailleurs dans ce système, maintenant que le rapport de forces entre les facteurs de production s’était radicalement transformé.

C’était une décision brutale. D’abord, on commencerait par fabriquer dans le tiers-monde certains produits pour le marché des pays développés. Le vrai but, toutefois, serait de passer au plus tôt à la satisfaction des besoins en produits industriels des pays émergents eux-mêmes. On pourrait alors recommencer à produire pour satisfaire de vrais besoins. On le ferait ailleurs, voilà tout… ce qui serait l’issue logique à la crise perverse de surproduction et la fin du monde irréaliste.

Reprenant ailleurs les choses à neuf, on pourrait produire indéfiniment pour de vrais besoins, car le système de production mis en place dans le tiers-monde – concrètement, en Orient – ne répéterait certes pas l’erreur qu’avaient commise les capitalistes du XIXe siècle de mettre en place des capacités de production sans prévoir leur amortissement et leur mise au rancart au rythme de la satisfaction de la demande.

Ailleurs, tout serait plus facile. Sur ces marchés du tiers-monde où l’on aurait besoin de tout, le capital, comme au bon vieux temps, produirait ce qui l’arrangerait, tandis que sa compréhension maintenant bien rodée du « postulat des deux richesses » lui permettrait de bâtir une demande effective à sa convenance par une simple création de monnaie.

Il pourrait le faire sans courir le risque d’une inflation globale, puisque les effets d’une bavure – nul n’est parfait – pourraient être circonscrits à l’une ou l’autre des marches de l’empire. Un jour, le baht thaïlandais pourrait s’effondrer, le lendemain la rupiah indonésienne, ou l’un ou l’autres des divers « pesos » latinos, mais le véritable « argent », celui où le capital existe comme capital n’en serait même pas touché.

Les besoins en gadgets et produits industriels de remplacement des économies développées matures pourraient être comblés par une fraction de cette production réalisée surtout en Orient. La main-d’oeuvre industrielle de l’Occident deviendrait un simple appendice de celle que le capital recruterait « ailleurs », utilisant cette main-d’oeuvre sur place ou se la faisant livrer à domicile.

À quelques réserves stratégiques près, on pourrait alors, en Occident, mettre fin peu à peu à cette production insensée de toutes ces choses dont on n’avait nul besoin. Une production si futile qu’elle laissait le capital à la merci d’une demande artificielle, maintenue sous perfusion par un conditionnement publicitaire qui confinait a l’hypnose. On pourrait aussi stopper le transfert accéléré de richesse auquel menaient les politiques keynésiennes des managers et qui créait chez la classe dirigeante la peur que son pouvoir ne s’effiloche.

Cette évolution, bénéfique au capital, ne le serait pas, cependant, pour les travailleurs. Prendre cette voie était vraiment rompre la trêve et leur déclarer la guerre, car les travailleurs occidentaux ne joueraient plus leur rôle de partenaires. Ils ne seraient même plus des agents actifs de la production.

Comme consommateurs, ils continueraient de servir de cibles au jeu de la production, mais leur importance relative diminuerait, au fur et à mesure que le pouvoir d’achat du tiers-monde augmenterait. Comme citoyens, ils serviraient aussi toujours de pions dans l’autre grand jeu – le jeu politique – auquel se divertissent les puissants de ce monde, mais ils seraient essentiellement entretenus par des mesures d’assistanat. Pas nécessairement « la fin de l’Histoire »…, mais certainement sa mise en veilleuse.

Traiter la main-d’œuvre comme une ressource globale était une décision politiquement si néfaste et économiquement si hasardeuse, qu’on peut se demander si un régime vraiment démocratique aurait eu le courage de la prendre. L’aurait-on fait, si des milliers d’entrepreneurs individualistes en Occident, sans solidarité ni conscience sociale, n’avaient saboté la trêve en exportant leurs capitaux et leurs savoir-faire vers le nouvel Eldorado, renvoyant simplement à l’assistanat leurs travailleurs que les délocalisations rendaient surabondants ?

Pourtant, on l’a fait. Peut-être a-t-on ici une manifestation de cette « main invisible » chère aux penseurs libéraux, car cette décision brutale s’est finalement avérée bénéfique, sortant le système de sa complaisante torpeur. Pour agréable qu’ait été l’Âge d’Or des Trente Glorieuses, en effet, il n’en reposait pas moins sur les piliers chancelants d’une production de l’inutile et d’un travail largement superflu, orienté vers la création d’une richesse de plus en plus irréelle et distribuée au mépris de toute équité. S’ouvrir au tiers-monde pourrait être le remède de cheval conduisant à la guérison.

Que ce soit cette miraculeuse main invisible ou un stratège astucieux qui ait été à l’origine de la manœuvre, le résultat net a été qu’en bousculant brutalement ce système de production qui se tenait sur la tête, on lui a fait compléter sa pirouette dans l’absurde et on l’a forcé à retomber sur ses pieds, lui offrant au moins une chance de retrouver un nouvel équilibre.

Pierre JC Allard

24-02-09

Eldorado

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:17

Toutes les sociétés semblent avoir eu le mythe d’une terre lointaine d’où peut venir la richesse ou la solution des problèmes. Il y a eu l’Atlantide, Shangri-la, le Klondike… l’Eldorado… Après la décolonisation, les pays dits « en voie en développement » ont été perçus par les entrepreneurs des pays développés (WINS) comme un Eldorado. Toute une génération de managers/gerfauts – pour qui Sao Paulo ou Bamako n’étaient pas des réalités bien distinctes de Saturne ou de Bételgeuse – sont partis à la quête du Graal des marchés du tiers monde, en y investissant non seulement des sous, mais de grandes ambitions… et leur amour propre.

Développer des marchés au tiers-monde n’avait aucun sens, mais, puisqu’on y était, n’y avait-t-il au tiers-monde une valeur à prendre plutôt que de rentrer bredouille ? Mais, oui, bien sûr… Du travail! À première vue, aller chercher du travail au tiers-monde paraissait encore plus bête que d’aller y vendre, car le système de production capitaliste des années 70, toujours dépendant d’un équilibre production–consommation reposant sur la demande effective, semblait n’avoir besoin de rien moins que d’une main-d’oeuvre à bon marché !

Ne produisait-on pas déjà pour rien, des produits inutiles, payés en monnaie sans valeur dans un monde devenu irréaliste ? Ce n’est plus tant de travail ni de produits qu’on avait besoin, désormais, que d’excuses pour produire ! Une importation de travail défierait toute logique. Elle serait contreproductive, car en faisant une razzia sur la main-d’œuvre du tiers-monde, on « gaspillerait » en pays païens les occasions de travail – et donc de distributions de revenus – qu’on s’évertuait à inventer dans les pays développés.

En important des produits ou des travailleurs du tiers—monde, on allait rompre cet équilibre entre production et consommation que, depuis vingt ans, on devait bâtir minutieusement jour après jour. Pourtant, on l’a fait. Pourquoi l’a-t-on fait ?

L’explication la plus simple est que l’entrepreneur est un individualiste, ce qui n’est pas vraiment une surprise… En cas de détresse, les entrepreneurs peuvent penser comme une classe – ils l’avaient fait en acceptant le New Deal – mais les Trente Glorieuses n’avaient pas des airs de crise. Donc, chacun y est allé pour soi.

Dans une vision macro, c’était une aberration pour le Capital de recourir à cette main-d’œuvre, surtout d’Asie, puisque tout l’équilibre production-consommation en Occident en serait affecté ; mais, pour chaque entrepreneur parfaitement égoïste, quelle aubaine ! Ce qui, pour le Capital, semblait une entreprise saugrenue est apparu à chaque capitaliste en mal d’expansion comme la terre promise.

Un de ces cas d’écoles où l’intérêt des individus s’oppose à celui de leur groupe. Chacun a voulu se convaincre qu’utiliser la main-d’œuvre du tiers-monde pouvait être une panacée, capable d’y créer à court terme une consommation effective et d’y permettre la croissance des marchés industriels. On n’a donc plus voulu voir que du bien à le faire.

Seulement du bien. Le travailleur asiate qu’on ferait travailler produirait une richesse réelle. Le revenu qu’on lui donnerait – bien peu, mais plus que ce qu’il recevait auparavant – lui permettrait de consommer davantage, mais il consommerait d’abord des denrées de base locales; il ne serait pas l’acheteur-cible pour les biens industriels qu’il produirait et qui seraient vendus ailleurs, en pays développés.

Puisque la vente de ce qu’il produirait ne dépendrait pas de sa propre consommation, la contrainte de garder effective sa demande n’existerait pas. Il travaillerait pour moins cher, aujourd’hui et sans doute demain également. La différence entre son salaire et ce qu’il aurait fallu payer pour obtenir ce même travail en pays développé serait un gain net à séparer entre le capitaliste, l’entrepreneur, les intermédiaires et même les consommateurs des pays développés, puisque le travailleur occidental pourrait acheter le même produit moins cher et en avoir autant tout en travaillant moins.

On peut poursuivre ce scénario idyllique en prévoyant que le travailleur oriental qui s’enrichit – lentement – pourra aussi consommer un jour ce qu’il produit, que le prix de ce produit augmentera alors et que les revenus supérieurs générés par sa production permettront au travailleur d’Asie l’achat des biens produits en Occident. Les productions d’ici et là tendront à devenir complémentaires et les revenus des travailleurs du tiers-monde rejoindront ceux des travailleurs des pays développés. On va vers le paradis des lendemains qui chantent, version économie libérale, improvisation moderne sur un thème de Ricardo. Les investisseurs ne demandaient qu’a faire leurs valises.

Pour le tiers observateur de bonne foi, cependant, il y avait des zones d’ombres. Quand on cesse d’être hypnotisé par le miroir monétaire, on voit que le résultat de cette opération est que dans le tiers-monde l’on PRODUIT plus et que l’on CONSOMME plus. Dans les pays développés, même si un jeu financier permet qu’on consomme tout autant, l’on travaille moins Qui s’enrichit et qui s’appauvrit vraiment… ?

On peut dire que le travailleur en Occident s’enrichit « en loisir », mais la distinction peut être bien subtile entre loisir et chômage… Pour que le travailleur occidental s’enrichisse vraiment, il faudrait, quand son travail part pour Cythère, qu’il soit promu à produire autre chose et que sa nouvelle affectation lui permette de créer désormais une plus grande valeur ajoutée. Des services. Lui en donnerait-on l’occasion ? Il y a bien longtemps qu’on le lui refusait…

Si on ne garantissait pas la promotion professionnelle du travailleur en pays développé et sa réaffectation pour qu’il demeure complémentaire au travailleur du tiers-monde et en retire un enrichissement correspondant, c’est le revenu du travailleur d’Occident qui baisserait et tendrait vers celui des travailleurs d’ailleurs.

Or, c’est la demande effective en Occident qui était la raison d’être de la production en Orient ! Si, ayant favorisé l’émergence d’une capacité de production en Asie on laissait la demande de l’Occident s’étioler et ne plus être effective, on entrerait dans un VRAI cycle infernal de production inutile et de demande insatisfaite. Une crise globale. Il fallait prévoir…

Il aurait fallu prévoir, mais chaque entrepreneur voulant prendre une longueur d’avance au starting block pour la course à la main-d’œuvre bon marché du tiers-monde, on s’est plutôt bousculé pour délocaliser les industries. Pour l’équilibre, on verrait plus tard…

Pierre JC Allard

23-02-09

Le chant des sirènes

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:13

L’équilibre précaire du monde irréaliste des années ” 70 apportait des jours heureux, mais c’est alors qu’est venue la tentation. Même optimisée par l’assistanat, la consommation des travailleurs et non-travailleurs locaux a semblé tout à coup au Capital un retour bien modeste pour toute cette capacité de production dont on disposait et qui augmentait sans cesse. La richesse suintait vers les travailleurs et l’importance croissante de la compétence les rendait insolents. Si on cherchait de la demande effective ailleurs ?

C’était en grande partie pour que la paix sociale facilite l’exploitation du tiers-monde qu’avait été conclue la trève entre le capital et le travail qui avait permis les Trente Glorieuses, mais de quelle « exploitation » parlait-on ? L’on n’était plus dans une vision du monde des siècles d’avant l’abondance et l’on ne pourrait plus voir des galions rapportant l’or de Cipango. Des incursions au tiers-monde devraient avoir lieu, bien sûr, pour s’en approprier les matières premières, mais, cela fait, que pouvait-on tirer du tiers-monde ?

Qu’est-ce qui nous manquait pour que les roues tournent plus vite, que l’on produise encore plus et que le Capital ait encore plus de pouvoir ? De nouveaux MARCHÉS. Une plus grande demande effective, pour vendre plus de ce qu’on produisait et dont les consommateurs occidentaux étaient repus. C’était pourtant une évidente absurdité.

Une absurdité de penser qu’après des décennies ou des siècles de colonisation plus ou moins affichée, les pays du tiers-monde n’étaient pas déjà “optimalement exploités” et qu’on y trouverait une demande vraiment effective, condition préalable à l’objectif d’en tirer un profit réel. Le laxisme intellectuel qu’avait favorisé le bien-être né des Trente Glorieuses peut-il expliquer qu’on n’ait pas vu que ces nations étaient déjà réduites au niveau de subsistance et qu’on avait devant soi une énorme auberge espagnole dont on ne tirerait que ce qu’on y apporterait ?

Comment ne pas faire le constat qu’à tout paiement reçu du tiers-monde devrait correspondre, directement ou via des institutions financières internationales, un virement correspondant vers le tiers-monde, financé par les fonds publics ou privés d’un pays développé ? C’était le citoyen français, américain, anglais qui, par ses taxes et ses impôts – en bout de piste, par son travail – payerait entièrement les biens et les services exportés des WINS vers le tiers-monde.

Après chaque transaction, il ne resterait qu’une part de la somme en jeu entre les mains d’un industriel ou d’un fournisseur de services du pays exportateur, – la plupart du temps sous forme d’un crédit avalisé par l’État de son propre pays d’origine – tandis que le reste devrait être assimilé à un don au pays acheteur. On ne tirerait donc des exportations vers le tiers-monde qu’un prétexte pour que les travailleurs des pays développés transportent vers les populations des pays sous-développés une part de leur production et, vers les industriels des pays exportateurs, une part de ce qui autrement aurait été un revenu additionnel pour leur propre consommation. Une mauvaise affaire…

Mauvaise affaire qui, d’ailleurs, évoluerait de mal en pis suivant l’un ou l’autre de deux mauvais scénarios.

Le premier scénario serait que ces pays du tiers-monde ne se développent pas et continuent à n’offrir, en contrepartie des produits industriels que les pays développés leur exporteraient, que les seuls biens dont la fabrication repose sur l’utilisation intensive du facteur travail. En ce cas, les WINS perdraient les occasions de travail non-mécanisé qui subsistaient encore en Occident et dont on se servait pour justifier la distribution de revenus.

Même ce sacrifice serait vain, d’ailleurs, car dans un contexte d’industrialisation globale croissante la part du travail non-mécanisé dans la production globale ne pouvait que diminuer ; il y aurait de moins en moins de produits que des travailleurs sans formation des pays du tiers-monde pourraient produire et vendre à meilleur prix qu’une exploitation industrielle de pointe en pays développé.

La balance des comptes entre les pays développés industrialisés et ces pays du tiers-monde évoluerait donc de plus en plus au désavantage de ces derniers. Un avantage spécieux, car les termes d’échange étant déjà établis pour permettre toute l’exploitation possible des pays pauvres par les pays riches, on ne pourrait leur vendre plus qu’en leur prêtant sans cesse davantage, sans espoir de profit réel ou même une chance crédible de remboursement.

On vendrait au tiers-monde tous nos surplus. Il nous les payerait avec l’argent qu’on lui prêterait. On prêterait au tiers-monde tout ce qu’on pourrait, mais on annulerait périodiquement cette dette – (ou on ne l’annulerait pas, simple jeu de relations publiques) – mais, de toutes façons, il ne nous rembourserait jamais, puisqu’ils ne dégagerait jamais un profit réel pour le faire.

On toucherait donc indéfiniment un intérêt sur l’argent prêté, ce qui ferait un profit virtuel sur un écran, mais il ne sortirait jamais un seul grain de riz réel du tiers-monde en remboursement des sommes prêtés. Pendant qu’on jouerait au Monopoly sur les ordinateurs, on aurait prêté à ces pays plus que l’équivalent de ce profit virtuel et leur dette se serait encore alourdie…!

Poursuivre la conquête des marchés du tiers-monde conduisait donc à l’hérésie contre le dogme capitaliste de donner quelque chose pour rien. Exactement ce que les efforts pour créer du travail illusoire en Occident cherchaient à occulter. Vendre dans le tiers-monde n’avait aucun sens. On créerait une péréquation constante entre États pauvres et riches, ajoutant simplement une nouvelle dimension exotique à l’assistanat domestique. Une autre victoire de l’illusion sur le réel. Ce premier scénario serait mauvais, mais le second serait pire…

Le deuxième scénario serait que ces pays si, se développent et s’industrialisent, comme hier le Japon, maintenant la Corée, demain la Chine. Ces pays deviendraient alors une partie du problème de surproduction systémique du secteur industriel plutôt qu’une solution. Non seulement ils exporteraient leurs produits vers les pays développés à des prix défiant toute concurrence, mais cet avantage concurrentiel inciterait les industriels des WINS à délocaliser leurs usines vers le tiers-monde, aggravant les problèmes de l’emploi et détruisant l’équilibre entre production et consommation qu’on maintenait déjà a grand peine dans les pays développés.

Vendre au tiers-monde ? Un appel grossier à venir se briser sur les récifs. Il faudrait être fou… pourtant, on s’est empressé de le faire.

Pierre JC Allard

22-02-09

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Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:09
2005 decembre: Sicileé Oliennes

Sur un volcan

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Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:51
2005 novembre: Tunisie – Malte

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