Communication et information sont dans le rapport du moyen à sa fin ou du contenant au contenu. Acceptant l’incontournable conclusion du principe de MacLuhan, que les outils dont on dispose pour communiquer ne sont pas innocents dans le choix de que qu’on choisit de transmettre, nous les présentons ici comme les deux aspects de la réponse à un même besoin.
Une société a un besoin essentiel d’information, tout comme l’individu a besoin de renseignements. On pourrait sans doute établir une bonne corrélation, entre d’une part le volume et la qualité de l’information qui circule dans une société et, d’autre part, son développement économique et la liberté dont on y jouit.
Le citoyen a DROIT à l’information. L’État a le devoir de l’informer; la responsabilité, même, dans une Nouvelle Société, car si une information est cachée sans raison valable, celui qui en subit un préjudice pourra réclamer un dédommagement de l’État qui aura failli à sa mission de la diffuser.
La première question est de savoir à quelle information le citoyen a droit, la seconde de déterminer comment elle lui sera transmise, précisant quels seront ceux qui la lui transmettront.
Qu’est-ce qu’un citoyen a le droit de savoir ? L’individu a le droit absolu de connaître tout ce qui le concerne et tout ce qui peut avoir un impact sur l’environnement physique, politique et économique dont il est partie prenante. Tout ce qui pourrait raisonnablement et légitimement influer sur son comportement et ses décisions.
Sont donc publics, d’abord, les documents d’archives, le patrimoine artistique et littéraire, les connaissance scientifiques et techniques, les procédures judiciaires et tout ce qui touche le fonctionnement de l’État et des autres entités de gouvernance et d’administration. Les auteurs et détenteurs de brevets sont généreusement rémunérés autrement – nous en verrons ailleurs le détail – mais rien n’est gardé sous le boisseau.
Au palier événementiel, tous les faits, les documents, les commentaires qui concernent la population en général sont publics. Le reste est privé. Ne nous y trompons pas, le reste c’est beaucoup. C’est presque tout, car il n’y a pas tant d’éléments de la vie des inconnus qui peuvent raisonnablement et légitimement influer sur ce que vous faites de la vôtre.
Chacun a droit à sa vie privée. Plus nous sommes interdépendants, plus il devient important de rendre supportable cette promiscuité que l’évolution nous impose, en gardant le contrôle d’un quant-à-soi. Une bulle aussi vaste que chacun le souhaite, sous réserve de la curiosité qu’il suscitera s’il en sort et qui devra alors être satisfaite… La règle par défaut est qu’on ne parle de personne sans son accord.
Ceux qui jouent un rôle public sont considérés comme ayant donné cet accord. Quiconque occupe une charge publique où une fonction qui découle d’un mandat reçu du public – l’administrateur d’une compagnie cotée en Bourse, par exemple – doit accepter que sa vie devienne un livre ouvert pour tout ce qui a trait à ce rôle et à ces fonctions. Pour le reste, il a le droit de ne PAS être livré en pâture à la curiosité des autres.
Ceux qui n’occupent pas de telles charges ou fonctions ont le droit que RIEN de soit révélé de leur vie. Ils peuvent faire l’impasse sur la publication dans tous les médias, même de leur nom ou de leur image. «Blackout » – (ou “Impasse”, au Québec) – sera alors le mot-clef… et on sera sérieux. L’insulte et l’injure seront toujours soumises aux règles du droit ordinaire, mais il s’y ajoutera que transgresser la règle du « blackout » donnera lieu à des dommages dissuasifs – et à une amende exemplaire – sans qu’il soit nécessaire de même prouver un dommage.
Si l’individu pose un geste ou exprime une idée dont les conséquences peuvent concerner des tiers, ceux-ci ont le droit d’en savoir tout. Quand il s’agit de l’ordre public – un crime, par exemple, ou une déclaration de nature politique – c’est tout le monde qui est concerné et tout ce qui y est pertinent peut donc être dit, écrit, publié … La règle demeure, toutefois, que tout ce qui est diffusé doit être VRAI et, si un individu est mis en cause, PERTINENT.
Ceux qui sont dans la mire de la population – ou voudraient l’être et cherchent la notoriété – s’empresseront de donner leur accord à ce qu’on parle d’eux. Il y aura une page sur le site Internet de l’État pour donner cet accord et ce qui concerne ces volontaires suffira à alimenter le voyeurisme populaire.
Ils ont droit à la transparence comme à la discrétion, mais le choix ne sera pas divisible. On ne pourra pas permettre la divulgation d’un événement et non d’un autre, ni autoriser le média X à parler de soi et l’interdire au média Y. On ne peut refermer les volets sans un avis de 6 mois, ni dans les 30 jours d’une déclaration publique qu’on a faite. On ne peut mordre puis aller se cacher…
Où sera diffusée l’information ? Essentiellement, sur Internet, média vers lequel téléphonie et télévision convergent. Les médias écrits ne disparaîtront pas, mais, à moins que leur forme n’en fasse des œuvres d’art, ils seront vus comme une coquetterie et feront froncer les sourcils des environnementalistes. Il restera surtout sur papier des revues, mensuelles ou trimestrielles, équivalent des documents qu’on aurait imprimés pour référence si on les avait eu en ligne.
Qui informera ? Tout le monde. L’État mettra gratuitement à la disposition de chaque citoyen un site et un courriel qui deviendront son adresse officielle et son contact vers le monde. Quiconque le souhaite pourra écrire et aussi vendre sa prose à ses propres conditions sur Internet. L’État mettra en place un système pratique pour récupérer et transmettre à l’auteur les sommes que les lecteurs auront accepté de lui verser.
Tout monde a le droit d’infomer ; l’État, lui, en a l’obligation. Il fournira sur son site, entre autres, toute l’information au soutien de la vie politique et, comme nous le verrons en détail ailleurs, il entretiendra un dialogue constant avec les citoyens qui sont aussi ses administrés… et les utilisateurs des services qu’il doit leur offrir. Nous allons vers la transparence.