Nouvelle Societe

27-05-12

EDUCATION: LA REINE DES VACHES SACRÉES (2/3)

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 11:50


La volonté populaire est-elle bien que 15,5 milliards de dollars soient dépensés chaque année au Québec pour l’éducation ?… Probablement.  Mais La volonté populaire n’est-elle pas une peu… disons, désinformée ?

Au départ – lire, ecrire, compter, savoir résoudre un problème et autres compétences de base, c’est une même formation pour tous. Puisque tout le monde doit en profiter également, il est normal que tout le monde absorbe le coût de ce tronc commun de préliminaires. C’est ce qui se passe quand l’État offre gratuitement une formation générale. Souvenez-vous, cependant, que « gratuit » ne veut pas dire que cette formation de prérequis et des préliminaires ne coûte rien ; seulement que  vous et moi et  tout le monde la paye au prorata de sa contribution fiscale.

La sagesse conventionnelle, aujourd’hui, est qu’il est bon pour une société de donner autant de cette formation générale que ses moyens le lui permettent. Mais il y a éducation… et éducation. Il y a une éducation professionnelle qui sert à  produire des biens et des services.  Tout  le monde, dans une société, devrait collaborer à la production des biens et services: c’est ce qu’on appelle travailler. ..

Pour le faire efficacement, dans une société technique, il faut une formation dite PROFESSIONNELLE . On veut plus d’éducation professionnelle, c’est la clef de l’abondance.  On se dit que ça fera des travailleurs avec une base professionnelle polyvalente et que ça pourra toujours servir …. Alors on en ajoute

Mais il y a un piège.  Plus une société est complexe, plus il y a de connaissance professionnelles spécifiques à acquérir qui doivent être complémentaires. Si on met ces connaissances spécifiques au tronc commun, celui-ci s’allonge – ce qui coûte plus cher – et s’alourdit, ce qui entraîne plus d’échecs et d’abandons. IL EST NEFASTE D’AJOUTER AU TRONC COMMUN DES CONNAISSANCES QUI NE SERONT PAS UTILES A UNE TRES VASTE MAJORITÉ DES APPRENANTS.

Il saute aux yeux qu’il faut plus de formation pour satisfaire les besoins d’une société en évolution technique accélérée, mais ce n’est pas au tronc commun professionnel qu’il faut en ajouter ; c’est aux paliers des diverses options, qui doivent être  de plus en plus finement ramifiées si on veut que puisse être transmise la masse des connaissances qui doit l’être.  Est-ce à dire que l’éducation générale doive s’arrêter là où se termine le tronc commun des connaissances professionnelles utiles ?

Nenni…  Car depuis le Rapport Robbins en Grande Bretagne, il y a près de 50 ans, on a compris qu’il y avait une demande sociale pour l’éducation indépendante de l’activité de production à laquelle elle donne accès. Cette demande peut être satisfaite par l’éducation que nous avons dite « CULTURELLE ».  Cette éducation culturelle, qui est essentiellement pour le plaisir de l’individu, peut néanmoins avoir un impact social positif si elle est dispensée au palier de l’éducation de tronc commun, en permettant un nivellement des schemes de développement personnels générateur d’un sentiment d’appartenance et donc de cohésion identitaire.

Va donc pour la formation culturelle de masse, mais il faut aussi dire à la population puritaine qui boude son plaisir que cette formation est indispensable…  L’est-elle vraiment ?   À défaut de transmettre des connaissances spécifiques utiles, peut-on transmettre une métacompétence qui permettrait d”acquérir les autres ? Un art d’apprendre qui serait une source de pouvoir ?

« La connaissance est le pouvoir », disait déjà Hobbes.  Une connaissance scientifique ou technique qui permet un contrôle de la nature est bien utile, mais en quoi une formation « culturelle » apporte-elle du pouvoir ?  C’est que, dans une société complexe d’interdépendance et de complémentarité, il est parfois moins important de connaître et contrôler les lois de la nature ou les techniques que les  « règles du jeu » qui régissent la production (Économie) et les rapports sociaux (Politique) …

Or, ces règles qui nous font une société ne sont pas “naturelles”, mais humaines et semblent donc bien arbitraires. Le rapport entre savoir et pouvoir, au palier de leur contrôle, n’a pas la rigidité ni la  rigueur de cause à effet d’un plan de travail à son exécution…   Elles intègrent des hypothèses sur le comportement humain; les disciplines « professionnelle» qui veulent nous les expliquer sont donc contestées.

Mais ce n’est pas parce que ces règles ne sont pas  parfaitement connues qu’elles n’existent pas…  L’éducation dite « culturelle » a pour but premier de nous donner  cette connaissance – qui est devenu le plus important des apprentissages – en s’appuyant non pas sur des disciplines “soft” – contestables – mais sur un non-dit transcendant – la culture -  qui en laisserait supposer la maîtrise.

La culture est pour une bonne part discrétionnaire dans sa forme. Elle rend chacun différent, identifie l’individu et détermine ses appartenances, lesquelles lui font un destin.  La culture, sous ces diverses formes, devient ainsi un discriminant au sens strict.  Que cette qualité protéenne  ait, sous tous ses voiles, la faculté  d’aider à contrôler les “règles du jeu” n’est pas évident, mais n’est pas absurde non plus: c’est l’hypothèse de la “tête bien faite”.  Le rapport de cause à effet entre une formation culturelle et une aptitude à contrôler les « règles du jeu » n’a pas la rigueur de celui d’une analyse de tâches à l’acquisition d’une compétence, mais, tout comme la formation professionnelle, l’éducation dite culturelle peut conférer un pouvoir.

Un pouvoir et, surtout, une aura de pouvoir qui impose le respect. En effet, au-delà de son efficacité factuelle qui reste sujette à caution pour permettre un meilleur contrôle des jeux économiques et politiques, la culture a son aura dont l’impact est indubitable qui résulte du consensus quant à cette efficacité. Ceux qui ont été adoubés, ayant reçu la culture comme on reçoit la grâce, jouissent d’un préjugé favorable.

Ceux qui profitent de ce respect  en tirent le pouvoir de faire en sorte qu’il ne s’estompe pas, mais grandisse.  On a donc ici un de ces feedbacks positifs dont on ne sait jamais trop comment sortir…

Tout a commencé par une stratégie inopportune, il y a deux générations, au temps du rapport Robbins, quand les bons pasteurs de l’éducation qui avaient les bons diplômes au départ se sont servi du préjugé favorable à l’éducation pour faire de celle-ci un passage obligé vers n’importe quoi.

Dans un premier temps, on a mis en marche une machine infernale, faisant augmenter constamment les exigences académiques pour TOUTE activité professionnelle, indépendamment des exigences réelles de ses tâches constituantes. On voulait une promotions sociale, mais c’était une évolution perverse, puisque, si l’exigence professionnelle demeure inchangée, ce n’est que le volet culturel de chaque formation qui peut augmenter…  Il est clair que, s’il faut un bac pour le faire et une maîtrise pour coiffer, ce n’est pas demain qu’on rasera grato !

On voulait que l’individu se réalise à tout prix par l’éducation; en fait, on a biaisé l’équilibre du pouvoir en faveur de ceux qui n’ont pas la compétence de produire ou d’offrir des services que veut vraiment la société, mais seulement l’habileté de se coller au processus de production pour en tirer prétexte à un revenu. Ils sont donc devenus de en plus nombreux à traire la vache et de moins en moins nombreux à la nourrir.

C’est dans ce contexte et cet esprit, d’une éducation qui n’a pas à apporter autre chose qu’une satisfaction à l’individu, qu’on a dû affronter la conséquence inéluctable  de l’industrialisation puis de l’automation de la production des biens qui a été de rendre superflue une part croissante  de la main-d’œuvre.

La solution aurait été de donner plus d’une formation professionnelle ciblée permettant offrir les services haut de gamme  pour lesquels il existait une intarissable demande.  En augmentant le nombre de ces professionnels dont la compétence était requise, on aurait satisfait un vrai besoin et l’on aurait pu réduire peu à peu l’écart entre leur rémunération et celle des autres travailleurs, ce qui est la SEULE façon d’améliorer à terme la qualité de vie de tous.

Mais la plus grande partie de l’éducation offerte n’ayant plus de liens directs avec  la production de quoi que ce soit, on n’a pas résisté à la réticence corporatiste de ceux qui contrôlent les professions en grande demande, médecins, ingénieurs, etc et voulaient qu’on en limite les effectifs.  On a choisi la solution de facilité de former des « logues ».   Ainsi sont nées dans la société des confréries de « logues » à préfixes innombrables, souvent sceptiques les unes envers les autres, mais s’accordant un respect mutuel devant les péquenots sans « culture ».

Ces confréries ont formé ainsi un bloc solide pour que se développe indéfiniment une éducation “culturelle”, engendrant des « logues» dont le seul plan de carrière, pour beaucoup, ne peut être que d’en former d’autres ….  L’éducation est devenue ainsi une “génisse gestante sacrée”… que demain on ne pourra même plus traire, tout occupée qu’elle sera à allaiter la super vache sacrée que sera éducation future dont elle aura mis bas.

La semaine prochaine :  «  Pour en finir avec l’éducation : comment abattre une vache sacrée, sans lui faire mal ni en avoir du chagrin… »

Pierre JC Allard

22-05-12

Education: la reine des vaches sacrées (1/3)

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:56


La crise étudiante au Québec, prenant sa source dans une augmentation brutale annoncée des frais de scolarité, a donné lieu à des protestations, puis à des désordres auxquels un gouvernement discrédité par la gabégie et la corruption a trouvé avantageux de réagir de façon musclé pour mettre de son côté la masse de ceux pour qui tout ce qui semble menacer la paix sociale est anathème.  Il en est sorti une autre menace, sur les droits et liberté, celle-là, créant le dilemme d’une crise sociale quelle que soit la direction que l’on prendra.

Dans l’ombre de cette crise sociale, la question initiale des droits de scolarité est devenue quasi marginale, ce qui est bien dommage. Dommage, parce que, ne parlant plus des frais de scolarité, on ne parlera plus du coût de l’éducation  15,5 miliards  cette année  – et on s’empressera d’occulter une question ENORME à laquelle il serait pourtant crucial d’apporter une réponse, si on veut que notre société se développe de façon raisonnable et cohérente : que vaut vraiment cette éducation qui nous coûte si cher.

On peut se demander : en avons-nous pour notre argent et les sommes sont-elles bien distribuées ? C’est la question qui sert de socle à l’argumentaire des étudiants pour contester la hausse des frais qu’on veut leur imputer et on comprend que l’on veuille retarder l’échéance d’en parler. Pourtant, ce n’est là que la pénultième question. Celle qui n’est taboue que parce qu’elle défend l’accès à la dernière, la question qui tue, même si personne n’en parle : que vaut VRAIMENT cette éducation ?

Que vaut-elle dans le sens bien concret de nous apporter les biens et les services que nous voulons ?  Quand on accepte de remettre en question le préjugé que toute éducation est bonne et qu’il n’y en a jamais assez, on constate d’abord que, une fois transmises les valeurs de base morales et traditionnelles qui sont le ciment de notre société, mais dont c’est essentiellement la famille qui est le vecteur, l’éducation que l’on attend de notre Ministère de l’éducation – celle qui nous coûte 15,5 milliards – est de deux types.

Une formation PROFESSIONNELLE, qui prépare le citoyen à jouer un rôle utile dans le système de production des biens et services, pour satisfaire les besoins et les désirs des consommateurs. Il faut joindre, en amont à cette formation professionnelle, tout ce qui lui sert de prérequis, comme lire, écrire et compter. Il faut y ajouter en aval, tous les modules spécifiques – la plupart du temps fournis par des entreprises – qui permettent de faire le pont entre les techniques générales qui peuvent faire l’objet de programmes  d’apprentissages formels et les idiosyncrasies de chaque employeur pour en arriver à un produit ou service bien concret.

Toute cette formation professionnelle a une valeur qui se mesure à son apport direct ou indirect à la satisfaction des désirs des citoyens, ce qui, dans une société de marché comme la nôtre, se confond avec la demande des consommateurs. Cet apport est mesurable. Bien sûr, il y a des hypothèses à poser, des prévisions et des projections à faire et l’on peut se tromper, mais, en principe il est possible, voire théoriquement trivial, de mettre un chiffre sur la valeur de chaque élément de cette formation.

Le deuxième type de formation, celle qu’on peut dire CULTURELLE, sert essentiellement au developpement de l’individu et indirectement seulement à satisfaire une demande de la société. Une demande changeante, dont la priorité peut varier beaucoup durant ce qu’on pourait appeler la  « durée d’utilisation » de cette connaissance, entre le moment où elle est acquise et celui où elle est totalement désuète. Les hypothèses et les prévisions concernant la formation culturelle ne permettent pas de déterminer avec une bonne fiabilité la valeur de ses éléments.

Quand on se demande ce que « VAUT » l’éducation, il faut se demander, considérant le prix de revient de chaque élément de connaissance transmise, si, consulté, le citoyen lambda payeur de taxes serait bien d’accord pour que son gouvernement en assume le coût en son nom. Un gouvernement démocratique devrait s’efforcer de prendre les décisions qu’il croit honnêtement conformes à la volonté des citoyens.

Si la réponse est oui, pour une écrasante majorité de la population, va pour que ces éléments de formation soient gratuits. Si la réponse est non, toutefois, l’option de la gratuité devrait être exclue.  Si elle ne l’est pas, il faut se demander si quelques corporatismes plus ou moins avoués  – ou quelques vieilles habitudes devenue néfastes – ne sont pas à biaiser la décision de l’État en la matière… Et il faut agir en conséquence.

Se demander si l’étudiant ou l’État doit payer un élément de l’éducation  n’a tout son sens que si on se demande d’abord si la volonté populaire est bien que ces 15,5 milliards soient dépensés pour l’éducation… et pas pour autre chose. Or cette question est loin d’être évidente. Nous en parlerons la semaine prochaine.

Pierre JC Allard

16-05-12

Québec Solidaire cherche des candidats

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:58

Québec Solidaire cherche des candidats…

Je vous encourage à saisir l’occasion. Défendre une cause sans espoir est une expérience passionnante de fraternité et de pensée positive. Si vous êtes jeune, ça vous prépare à la vie, si vous êtes vieux ça vous en console. Voyez en lien ici la description de ce genre d’aventures que j’ai pu me permettre deux (2) fois et qui ne coûte pas plus cher qu’un mois de vacances en Floride ou en Europe.

http://nouvellesociete.wordpress.com/une-campagne-en-mauricie/

Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que j’ai vu sur un blogue de Cyberpresse un de ces commentaires qui ont l’air de sortir de nulle part… Ce sont les seuls qui sont intéressants.

Les seuls commentaires intéressants qui y restent, depuis que Gesca a compris que les blogues étaient un échantillon représentatif – non pas des lecteurs, mais des éléments proactifs de son lectorat – et que prévaut donc une censure sélective.

Une censure sélective, sans faire de vagues, mais qui devrait d’ici un an ou deux contribuer à ramener l’internet à la bien-pensance et à l’y ancrer solidement. L’évolution est perceptible, facilement vérifiable et j’en ferai peut-être un jour un bouquin… Aujourd’hui, ce serait prématuré.

Aujourd’hui, j’en suis à identifier les signes prémonitoires, les messages liminaux Voyez celui-ci qui est fascinant. Vendredi 11 mai, en pleine crise étudiante, voici ce que nous dit Ligulaire : « Le mouvement étudiant tient le même discours que Québec Solidaire. Quel pourcentage du vote croyez-vous que QS va obtenir aux prochaines élections? »

Je ne vous dirai pas pourquoi Gesca publie ce commentaire, pourquoi on le fait de cette façon, ce qu’on en attend… et les suites qu’on lui donnera. Ce serait vous encourager à la paresse et puis je pourrais me tromper… Je vous invite donc simplement à y réfléchir, en vous souvenant de FD Roosevelt, qui disait que le hasard n’existe pas en politique et que rien n’y arrive que quelqu’un n’ait préparé…

Donc, pensez-y. Revenant à nos moutons, je vais cependant vous dire ce qui sera l’impact immédiat du message, mais avant, voici la réponse que j’ai envoyée à Ligulaire et qui sera ou ne sera pas publiée

« Quel pourcentage du vote croyez-vous que QS va obtenir aux prochaines élections ? Environ 5% et on dira que c’est un succès. Faites un sondage en faisant comparer les programmes des partis et ils ont 63%. La différence ? les Québécois ne croient pas que QS peut gagner… et ne votent donc pas pour QS. Pourquoi ils ne le croient pas ? Parce que les medias leur disent que c’est impossible… Le Pouvoir en place (financier) contrôle les médias. Si Legault jure qu’il ne changera rien on le laissera peut-être gagner…. Mais évidemment ça ne pourra alors rien changer. Il n’y a plus rien à discuter »

Ma réponse sera censurée ou, plus subtilement, on en diffèrera la publication de 12 ou 24 heures ou le temps qu’il faudra pour que la vague des blogueurs soit venue et ait quitté ce fil. C’est ce que les bien-pensants appelent « Damage control » …

On va tenter d’évacuer ce genre de réponses, parce que le Systeme n’aime pas qu’on remette en cause le processus électoral comme manifestation libre de la volonté populaire. Qu’on prêche pour la Droite ou pour la Gauche, pour le fédéralisme ou pour l’indépendance lui est indifférent. D’abord, parce qu’il est possible de rendre le message pratiquement inaudible en lui barrant l’accès aux médias traditionnels ; ensuite, parce que toute conviction populaire, en ces temps de relative stabilité sociale, étant fragile et superficielle, l’impact de tout message peut être contré par une interprétation de mauvaise foi qu’en feront les médias qui sera vigoureusement diffusée ; enfin parce que des mesures exceptionnelles peuvent être prises qui changeront la donne.

Ici au Québec, aux USA, en France ou n’importe où, tout est parfaitement contrôlé. Il est seulement obscène de parler de cette manipulation… C’est donc parler d’abstention, ou dire que les dés sont pipés au départ par le contrôle médiatique et la corruption qui fait froncer les sourcils. C’est la seule chose dont le Systeme souhaiterait que l’on ne parle pas.

Mais revenons à l’impact du non-dit du message de Ligulaire. Les étudiants à Carré Rouge dans la rue peuvent être des milliers, mais l’on ne veut pas que vous oubliiez qu’ils pensent comme Québec Solidaire. Ils sont donc une infime minorité. Des marginaux et des rêveurs ! Vous ne votez pas pour QS, ce sont des « loosers » ! Comment pourriez-vous soutenir les étudiants en grève ? D’ailleurs ce sont de dangereux extremistes, des « terroristes » qui mettent de bombes dans le métro ! Ce sont eux, jeudi dernier, qui vous ont fait marcher sous la pluie. Avez-vous ressenti dans votre chair, au plus profond de votre grelottement. À quel point leur cause est ignoble ?

Tout ça pour un commentaire sur Cyberpresse ? NON. Tout ça pour des milliers de petites phrases saupoudrées apparemment au hasard sur les blogues, dans les chroniques, dans les articles supposés impartiaux, et surtout aux nouvelles du Téléjournal de RC, de TVA et de RDI. Un bloc solide de manipulation contre lequel la psyché populaire est sans défense.

On vous dit tous les jours, dans tous les médias, que 70% de la population soutient le gouvernement Charest contre les étudiants. Vrai ou faux ? En doutez-vous encore ? Surtout, quand on aura mis les étudiants hors d’état de nuire, souvenez vous bien que Québec Solidaire, ce n’est que la contestation étudiante qui continue sous un autre nom… Et c’est pour ça que QS n’aura que 5 % des voix

Mais je vous invite malgré tout à être candidat pour QS. Car le Bien ne triomphe jamais, mais le Mal recule toujours…. C’est ainsi que ce monde a été bâti, et croyez-moi: on fait œuvre pie et on prend bien du plaisir a trottiner dans la bonne direction.

Pierre JC Allard

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07-05-12

Les Présidentielles, d’un 6 mai à l’autre…

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:00


Vous vous souvenez du 6 mai 2007 ? Je relis avec attendrissement ce que j’écrivais à l’époque, parlant de Bayrou et de Ségolène… Ce 6 mai là, après une victoire, avouons le, bien plus convaincante que celle de Hollande aujourd’hui, Sarkozy partait diner au Fouquet’s avec les copains et un milliardaire canadien règlait l’ardoise. On s’imaginait déjà le yacht de Bolloré. On voyait venir une gouvernance de division, d’injustice et de corruption… On entendait tinter les grelots du bling-bling et on s’attendait au pire.

Aujourd’hui aussi, d’ailleurs, on peut s’attendre au pire, mais pour de tout autres raisons. Les choses ont bien changé. En 2007 on voulait croire que la Droite avec Sarkozy damnerait la France. Aujourd’hui, on peut croire, à tort ou à raison, que cette menace s’est bien réalisée, mais la conjoncture et les événements ayant été ce qu’ils ont été, il devient bien douteux qu’il aurait pu en être autrement. Il en reste donc bien peu pour penser que le coup de barre qu’on voudrait maintenant donner suffira à changer le cap… Bien peu, chez ceux qui réfléchissent un peu, pour croire que la Gauche sauvera cette France que Sarko aurait damnée.

Le croire ce soir, peut-être, dans un moment d’euphorie, mais on peut craindre que cette soirée de réjouissances ne soit la dernière d’une phase de bienheureuse innocence. Le pouvoir d’achat va-t-il augmenter ? Va-t-on créer des emplois ? Le déséquilibre des comptes publics va-t-il se régler, la dette se payer, la corruption cesser ? On voudrais le croire. Mais on peut craindre, hélas, que rien ne change et que la désillusion ne vienne s’ajouter aux autres maux dont la société française est atteinte.

Pas par incompétence ou par mauvaise volonté, mais simplement parce que les outils nécessaires ne sont pas accessibles. Croissance, bravo, mais comment, si la France n’a pas le contrôle de sa monnaie pour financer une expansion industrielle, ni celui de ses frontières pour donner un cadre territorial gérable à cette expansion ?

D’où viendra l’appui pour la croissance, quand The Économist, (qui parle pour la City de Londres, là où est vraiment l’argent), dit que « Monsieur Hollande est dangereux » – ce qui est une courtoise, mais impitoyable déclaration de guerre économique – et que notre vieille alliée, l’Allemagne, ne partage pas du tout cette idée de fuite keynesienne en avant dans la croissance ? Quelles sont les hypothèses crédibles de travail ?

Croit-on pouvoir compter sur les USA, qui ont leur propre agenda en cette année d’élections chez eux ? Aurait-on prévu de spectaculaires renversements d’alliances, mettant en cause la Chine ou la Russie ? Pense-t-on que la société française, scindée presque également ce soir entre Droite et Gauche, a en elle le potentiel d’un accord sacré pour s’en sortir seule ?

Peut-on la rêver unie pour une sorte de Valmy économique, dans une austérité qui lui permettrait d’accepter « de la sueur et des larmes » pour un grand bond en avant… alors qu’elle vient justement de dire non à cette austérité ?

On voudrait le penser, mais il faut admettre que ce n’est pas l’hypothèse la plus probable et que les mécanismes qui ont été mis en place récemment pour attaquer la crédibilité de la France en spéculant sur sa dette n’aideront en rien…

Si une telle attaque a lieu, elle sera immédiate, avec pour premier objectif de faire basculer l’opinion populaire avant les législatives, pour priver la Gauche du consensus solide qui lui permettrait de faire front à ses adversaires de l’intérieur et de l’extérieur. Si un tel revirement avait lieu, on aurait en France une présidence de Gauche et une Assemblé de Droite qui se rendraient réciproquement impuissantes.

C’en serait fait, alors, des espoirs de réforme et c’est la Gauche qui sera blamée pour les maux qui s’ensuivront, au cours d’une longue cohabitation qui imposera que la nation reste à genoux aux pieds de ses banquiers, pleurant doucement avec les Grecs et les Espagnols….

Monsieur Hollande fera-t-il que cela n’arrive pas ? Peut-être, si on le lui souhaite très fort. C’est ce qu’on appelle la grâce d’état.

Pierre JC Allard

28-04-12

Lettre ouverte à Messieurs Charest et Nadeau-Dubois

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 10:00

Il y a 15 ans que j’écris sur la Toile; je le faisais bien avant que le mot «blog» n’existe. Parfois je me répète. Je crois qu’il y a des choses qui méritent d’être redites et je sais qu’une redondance obstinée est la seule pédagogie qui vaille avec ceux qui ont remplacé toute reflexion par la culture en serres de leurs préjugés et leur total dévouement à leurs intérêts personnels. Je vais donc répéter ici des choses que j’ai déja dites. Dites il y a des années et redites il y a quelques semaines.

Je vais résumer beaucoup, ici, parce qu’il y a une crise à régler. Pour les détails, voir ce que j’en écrivais quand il n’y avait encore qu’une solution à apporter calmement à une crise évidente et incontournable qui se préparait, mais que personne ne voulait voir.

Voici.

1, Il faut, dans une société, une éducation générale commune qui serve de socle aux valeurs et à la culture. Une éducation générale commune qui transmette ce qui est  prérequis à toute formation spécifique au travail.   Ce tronc commun va jus’au point où il se scinde et apparaissent des options. La société doit donner gratuitement cette éducation générale à tous et agrandir ce tronc pour donner autant que sa richesse le lui permet. C’est ainsi qu’elle s’enrichira davantage et ses citoyens avec elle.

2. Cette éducation générale doit être complétés, cependant, par DES FORMATIONS SPÉCIFIQUES qui sont toutes nécessairementt différentes, puisqu’elles doivent être complémentaires.  Ces formations distinctes exigent des aptitudes différentes et confèrent des avantages inégaux.  Si la société paye le coût de ces formations, elle donne à certains plus qu’a d’autres, ce qui est fondamentalement INJUSTE.  En fait, elle fait payer par le citoyen à revenu moyen ce qui deviendra le fond de commerce de privilégiés qui gagneront parfois plusieurs fois son revenu.  Si elle investit dans ces formations au seul vu de ce que réclament ceux qui veulent y avoir accès, elle risque aussi que les compétences acquises ne correspondent pas aux besoins de la population et que les plus importants de ceux-ci demeurent insatisfaits

3. Une solution est que les besoins soient estimés, les capacités ajustées à ces besoins et les admissions déterminées par concours. Maisc’est un processus lourd et il n’est pas certain qu’en l’état actuel de la science nous puissions le conduire parfaitement. Une solution efficace plus facile est que les formations spécifiques soient payées entièrement, chacune au prix qu’elle coûte, par ceux qui en profitent et que l’on fournisse à ceux-ci les prévisions sur les besoins qui leur permettront de prendre des décisions raisonnables, tenant compte de la situation comme de leurs motivations.

4. Cette solution efficace n’est juste, toutefois, que si ceux qui ont le goût et le talent de poursuivre des études n’en sont pas empèchés par un manque d’argent. Il faut donc que quiconque veut poursuivre des études puisse disposer d’un revenu qui lui permette de vivre au-dessus du seuil de la pauvreté tout en assumant le coût de sa formation.

5. Tous les citoyens et les jeunes en particulier ne disposant pas de ce revenu, il faut qu’il soit prèté par l’État à l’étudiant. Immediatement. Sans discussions, sans autre condition que de RÉUSSIR les test d’admission puis les examens périodiques qui indiquent sa perséverance dans son projet.

6. Un prêt doit être remboursé. Le prêt consenti pour l’éducation professionnelle et universitaire devrait être remboursé par celui qui en a profité, en versant un pourcentage de son revenu entre l’âge de 45 et 55 ans. C’est la période de sa vie où sa formation aura produit son plein impact sur son revenu et où ce remboursement aura le moins d’effets négatifs sur ses autres objectifs de vie. Ceux qui auront choisi les professions les plus rémunératrices payeront ainsi davantage… et c’est bien ainsi que les choses devraient être.

7. Il y des détails a régler, dont les pourcentages de remboursement, l’exclusion de cette dette de toute faillite, la participation possible du gouvernement fédéral, les intérêts, qui doivent se limiter à une indexation de la dette (car le but n’est pas d’enrichir les banquiers ! ), les conditions pour celui qui, apres un échec, voudrait bénéficier à nouveau d’un prêt, etc, etc. Tout ça est négociable… le principe ne l’est pas.

Le principe, c’est que le premier bénéficiaire d’une formation doit en assumer le coût, mais que la collectivité en bénéficie aussi et que la société a donc la responsabilité de rendre effective la demande de ceux qui veulent s’instruire, en leur prêtant ce dont ils ont besoin pour vivre et étudier.

(Notons, en passant, qu’en traitant  ainsi la formation comme  un investissement, on supprime une dépense énorme et que le budget du Québec se retrouve miraculeusement équilibré… La société y gagne beaucoup)

Ne serait-il pas opportun que les parties en présence nous disent comment elles réagissent à cette proposition, laquelle règlerait cette crise pour laquelle il n’existe présentement aucun terrain d‘entente ?

Pierre JC Allard

20-04-12

Les mercenaires, de l’Irak à l’UQAM

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 11:22

  

  

Montherlant disait – plus élégamment, puisqu’il était Montherlant – que si, dans une querelle, les deux parties vous attaquent à tour de rôle, c’est que vous êtes sans doute un esprit libre… Je vais sans doute avoir fait un grand pas vers la liberté d’esprit avec ce dossier des revendications étudiantes pour la gratuité des étude universitaires, car je ne me suis pas à m’y faire des amis…

J’ai répété, dès le début de cette grève, ce que je disais depuis longtemps : la gratuité des études. universitaires est une mauvaise solution. Ce n’est pas une mesure progressiste, mais élitiste, faisant porter par la classe moyenne le coût de formation et donc les frais d’établissement d’une minorité privilégiée. Mes amis de la Gauche ont grincé des dents…

Quand j’ai dit, cependant, que la gestion provocatrice de la crise par la gouvernement indiquait que celui-ci comptait bien attiser ce conflit pour qu’il en résulte une bavure qui lui permettrait de se faire réélire par une population apeurée, c’est la Droite qui s’est voilée la face, comprenant que ma position dans dossier n’était pas le commencement de ma conversion au libéralisme.

Je restais néanmoins dans une sorte de no man’s land idéologique, puis hier, patatras ! Je suis retombé relaps impénitent dans mes vieux péchés de gauchiste. Car je continue de penser qu’il faut prêter et non donner à ceux qui suivent une formation professionnelle, mais la faute du gouvernement qui ne propose pas sérieusement cette solution évidente devient tout a coup infiniment plus grave que celle des étudiants qui ne la réclament pas.

C’est que le gouvernement vient de faire un pas tragique dans l’escalade. Il a transformé nos étudiants en Taliban. Vous croyez que même si le mot « taliban » signifie bien « étudiants » en arabe et en pashtan, il n’y a rien en commun, entre les fondamentalistes qui explosent les statues du Bouddha et lapident des femmes en Afghanistan et nos étudiants québécois ?

Détrompez vous. Les étudiants de l’UQAM ont maintenant UNE chose en commun avec les Talibans : on leur a donné pour adversaires des mercenaires. Et pas n’importe quels mercenaires : les agents de sécurité de BEST, une filiale de la même société, GARDA, qui fournit des mercenaires en Irak.

De ceux dont on a dit qu’ils étaient responsables du plus clair des atrocités et des exactions. Ces familles décimées, ces femmes violées par douzaines, ces films innombrable où l’on voit et entend ces mecs rigoler en tirant sur tout ce qui bouge… Ce n’étaient pas seulement des mercenaires, les responsables, mais c’était SURTOUT des mercenaires.

Tous les mercenaires ne sont sans doute pas des brutes sadiques – ce serait une impossibilité mathématique – mais peut-on avoir un préjugé favorable concernant la bonne conduite d’individus qui choisissent d’aller brutaliser et tuer au besoin des gens qu’ils ne connaissent pas ? Et qui ne le font pas comme des soldats sous prétexte de défendre une patrie en danger, mais pour gagner pas mal de fric ?

Quand arrivent les mercenaires – à Montréal, comme à Kandahar et à Bagdad – c’est le signe que l’on ne fait plus trop confiances aux forces régulières pour mater l’adversaire avec toute la brutalité qu’il faudrait; un sursaut d’humanité est trop vite arrivé chez un policier ou un militaire honnête qui tape sur un honnête homme …

À ceux qui se battent pour une cause le pouvoir oppose donc des mercenaires. Le bon mercenaire est payé et il fait son boulot sans états d’âme. Le mercenariat a une longue tradition d’excellence dans l’abomination depuis Carthage, mais, ne regardons qu’hier,

Ce sont les agents de sécurité de Pinkerton qui ont tabassé les grevistes pendant les décennies noires de l’histoire syndicale des USA. C’est le même genre de ressources qui tapaient sur les grévistes à Asbestos. Ce sont d’autres mercenaires qui ont fait et défait les gouvernements en Afrique depuis l’affaire du Katanga dans le Congo des années ‘’60. On les appelait « les affreux »…

Encore des mercenaires qui ont tué et massacré sous contrat au Guatemala et au Salvador, puis massivement au Nicaragua : où on a parlé des « Contras ». N’oublions pas la Colombie, où l’on a mis en lignes les « Paramilitaires », payés par les propriétaires terriens, qui ont fait depuis 20 ans chez les paysans 10 fois plus de victimes que la guérilla… Seul le nom change.

Introduire des mercenaires dans un conflit a toujours mené à des bavures… Je ne trouve donc pas raisonnable de mettre au front les agents de BEST contre les étudiants en grève de l’UQAM ou d’ailleurs. Nous en baverons beaucoup et, depuis hier, c’est déjà commencé, avec les profs qu’on veut intimider. Une grave erreur du gouvernement…

Mais est-ce une erreur ? Seule une énorme bavure dans le déroulement de la grève étudiante pourrait arracher à la population un autre mandat pour le gouvernement discrédité de Jean Charest. Alors, quand le gouvernement provoque les étudiants, comme il le fait à Gatineau, par exemple, c’est de la bêtise ou une astuce ?

Je crois que le gouvernement est bête, SURTOUT s’il se croit astucieux. Il devient si évident qu’on a tendu un piége aux étudiants qu’on ne pourra que faire porter au gouvernement la responsabilité des conséquences qui en résulteront.

Or, le gouvernement ne semble pas comprendre que, dans un conflit urbain violent, les techniques modernes modifient radicalement l’équilibre des forces entre la société et l’individu. L’État ne peut pas prendre en otage toute une population où se mêlent ses amis et ses ennemis. Tout affrontement entre insurgés anonymes et les forces de l’ordre – qui ne peuvent jouer leur rôle qu’en s’identifiant – se transforme donc en une lutte inégale entre voyants et aveugles…

Il serait pourtant si facile de proposer un plan RAISONNABLE de financement a long terme… Si un malheur arrive, quel que soit le camp qu’on voudra en accuser, je prétends que Jean Charest en sera le grand responsable.

Pierre JC Allard

11-04-12

LePen et Melenchon; un maquillage coquin pour le Système

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 2:15

Melenchon a la vent en poupe”. “Les jeunes sont avec le FN”… Ils sont gentils tout à coup les médias. Dissonances imprévues ou arythmie ? À quoi on joue ?

La réalité, c’est que les médias en sont à refaire un peu le maquillage de la démocratie pour cacher les cernes de la vieille baderne… N’importe quoi pour stimuler la libido electorale et avoir quelques votes de plus qui permettront de tricher moins quand on en sera aux chiffres pour montrer que la cocotte séduit toujours.

Mais le Système qui fait du lifting me rappelle cette phrase de Guitry “On voyait très bien que son fond de teint était invisible”

De moins en moins de gens croient encore que ces élections soient autre chose qu’une fumisterie et je regarde avec une certaine tristesse ceux que l’on convaincra d’aller voter. Des gens – autrement sains d’esprit – admettent sans sourciller qu’une petite minorité sur cette planéte contrôle le plus clair de la richesse réelle… et tout ce qu’elle veut de la richesse virtuelle qu’elle se crée et distribue à sa discretion. Mais ils vont voter…

Ces mêmes gens constatent que cette minorité à le contrôle total des médias qui façonnent les opinions et celui des forces militaires et policières, incluant leurs services secrets. Ils ne peuvent ignorer non plus que la corruption est partout et ils savent très bien en leur fors intérieur qu’ils ne sont pas eux-mêmes insensibles à de discrets appels du pied. Pourtant, ils vont voter…

Pourtant, mieux que des augures de la Rome antique, ils peuvent se regarder et nous regarder maintenant sans rire, proclamant, la main sur le coeur, que le peuple est roi et que la démocratie va triompher. Ils feignent de croire que, si quelques millions de quidams en décidaient ainsi, cette minorité dominante tyrannique qui mène le monde s’inclinerait loyalement, rendrait les armes et permettrait que viennent les jours de la justice et de la fraternité.

Ces gens nous disent : votez à gauche, votez à droite… Qu’est ce qu’on ne se raconterait pas les uns les autres pour se créer l’illusion que nous ne sommes pas complètement impuissants ! …

J’en parle encore par acquis de conscience, mais ce sera sans doute la dernière fois : je suis résigné à voir s’effilocher notre société. Je suis résigné à voir le people manipulé, comme était sans doute résigné Julien l’apostat, comprenant que le déclin de l’empire était irreversible. En votant à ces elections, on va prouver que le dispositif “démocratique” mis en place par l’oligarchie est sans faille.

Le people votant aura réussi à scotomiser l’évidence que, quel que soit le résultat de cette présidentielle, il n’y aura pas un traître sou de moins pour les riches, ni un sou vaillant de plus pour les autres. À moins qu’on n’ait hypocritement soutiré ce sou à leurs voisins encore plus mal en point. En votant, le people manipulé se sera placé pour être aussi culpabilisé à quia au moment opportum… car ce sera lui qui l’aura voulu, n’estce pas ?….

Regardez la superbe simplicité du dilemme…

Sarkozy a fait tout le mal qu’il pouvait ? Bon. Voici Hollande qui vous en changera … Mais il est clair que Hollande en fera tout autant. Il ne reviendra pas sur les retraites, ni sur les ententes avec l’UE, ni sur les pouvoirs de la BCE, ni donc sur la menace d’un euro qui va au diable. On continuera avec Hollande à tuer et à mourir en Afghanistan, en Libye, peut-être en Syrie… N’ayez aucune crainte, vous ne sentirez rien… Bien sûr… puisque tout va changer pour que rien ne change !… Votez Hollande…

Mais supposons que Hollande ne vous émeuve pas…? Pas de panique, vous pouvez vous émoustiller en votant LePen ou Melenchon au premier tour. Oui, oui, vous pouvez… Ca ne changera strictement rien…. ou ce sera pire. Car supposons un second tour “Hollande-contre-Marine” ou “Sarko-contre-Melenchon…” ? Vous croyez que ce serait une victoire du changement ?

Erreur. Rien ne serait plus jouissif que ce scénario pour le Systeme. Car si un tiers candidat centriste avait atteint le deuxieme tour, il aurait écrasé Hollande comme Sarko… mais l’un comme l’autre de ces deux-là gagnera facilement contre un dangereux “extremiste”. Or ce sont les médias qui vous diront entre les deux tours qui est un extremiste.

Ils le diront ad nauseam et, quelles que soient les médisances ou les calomnies, il sera impossible de les réfuter en temps utile, car les outils pour diffuser la vérité hors des medias traditionnels ne sont pas encore rodés.

Les extremistes auront-ils mangé des enfants, sodomisée des nonnettes, recu du fric du Saint-Siege ou des Chinois ? Peu importe, on trouvera bien ce qui les rend odieux. Les médias trouveront, c’est leur mission. Il est invraisemblable que la presse aux ordres du pouvoir ne puisse pas effrayer le peuple entre les deux tours.

On aurait donc la situation de Chirac-Le Pen en 2002… et au moins 70% des Français choisiront alors la continuité dans l’exploitation tranquille “à la UMPS”, contre tout ce qui pourrait ressembler à une dérive vers la gauche ou vers la droite dites “extrêmes”.

Le Systeme, qui veut bien se contenter d’une pseudo rivalité PS-UMP pour gagner à tous les coups, serait néanmoins fou de joie si Hollande ou Sarlkozy n’arrivait pas au deuxième tour. D’où cette presse qui, sans en avoir l’air, mousse maintenant le FN et Melenchon.

Un outsider au deuxième tour, ce serait l’occasion que le peuple choisisse massivement la “démocratie” – qu’on assimilera au statu quo – et se donne un gouvernement fort par une majorité écrasante. Cette majorité écrasante sera ensuite interprétée comme un mandat clair donnant au pouvoir la légitimité de poser les “gestes necessaires”… c’est-à-dire d’aller encore plus loin dans l’injustice.

C’est à ça que servira votre vote. Il n’y a pas de vote utile en 2012. Ni en France, ni aux USA, ni où que ce soit. Cette année tous les votes sont complices de l’iniquité.

Votez et, dans tous les cas de figure, rien ne changera. L’on pourra penser à Copé en “17, à un socialiste rose-bonbon en “22, à Jean Sarkozy en “27…. Ou à n’importe qui. Ça n’aura plus d’importance. On ne vous a pas dit que l’Histoire était finie ? Votez et ce sera chose faite pour longtemps.

Pierre JC Allard

02-04-12

YHA: L’avant-garde de la postbourgeoisie

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:34

 
 

 
 
J’ai écrit récemment sur Avox et aussi sur d’autres sites, un petit article sur les YHA qui en a étonné plusieurs. « Comment quelqu’un de votre maturité peut-il s’abaisser.… » « YHA ? Du tourisme a bon marché pour adolescents… ». Etc, etc…

Derrière ces commentaires et d’autres, le même non-dit : il est irresponsable et un peu pervers de parler de trivialités pendant que se déroule entre Hollande et Sarkozy une lutte titanesque dont dépend le sort de la France éternelle et donc sans doute de l’humanité … Bon. Et pourquoi pas celui du cosmos ?

Je vais vous dire pourquoi je pense qu’il fallait le faire. Je vais dire pourquoi les élections en France sont une pitrerie … et pourquoi parler du YHA n’est pas trivial. Et pour ne pas bousculer encore davantage les idées établies, je vais même le faire selon le modèle des thèses traditionnelles en Sorbonne : une (1) introduction et deux (2) parties. Mais rassurez vous, ce sera plus court :-)

Introduction : la situation actuelle

La démocratie capitaliste néo-libérale, qui a gagné le derby-démolition idéologique du XXe siècle en éliminant monarchies, dictatures, fascisme, communisme et autres modèles de gouvernance concurrents, se retrouve maintenant seule maîtresse du terrain.

Bravo. Mais elle est maintenant copieusement sifflée par la foule … ! Il semble qu’à peu près tout le monde ait vu en même temps que la démocratie actuelle n’était qu’un leurre permettant aux citoyens de choisir le visage de ceux qui portent le baldaquin du vrai pouvoir.

Il semblerait qu’on ait compris que, médias et corruption aidant, élus de gauche comme de droite dînent au Siècle et sont aux ordres de ce vrai pouvoir, lesquel est financier, n’a rien de démocratique et se renouvelle par cooptation.

L’argent apparaît pour l’illusion qu’il a toujours été, notre civilisation occidentale, qui s’est recroquevillée depuis un siècle, est a disparaître par plaques comme une flaque d’eau au soleil… et qu’on n’a même plus de véritable projet crédible de société !

Le peuple est mécontent. Il grogne. On regarde cette mer depouces pointés vers le bas dans les estrades et on se dit qu’on va bientôt lyncher les vedettes et prendre la voie du désordre. Il faut gerer ce mecontentement. Que faire ?

Partie I La solution des vrais croyants.

Il y a ceux qui croient que si la démocratie actuelle ne convainc plus, il faudrait en mettre plus. On va faire voter les Libyens, les Irakiens, les autochtones de Nouvelle Guinée… Mais, surtout, on va faire voter encore les Français puis les Américains : ça les tient tranquilles.

Il devrait être bien évident que la politique de la France est déjà établie par d’autres depuis longtemps et que ces élections à venir ne la changeront pas. Croire autre chose est bien naïf et voter est donc bien ridicule. Mais on veut tellement y croire…

Alors on se cherche un avantage tangible bien précis à en retirer et on se dit qu’on vote par intérêt : on va en retirer quelque chose pour soi… Ça fait sérieux et on ne badine plus.

Remarquez que ce n’est pas très joli. Car la distribution du butin étant une opération à somme nulle et les riches étant hors-concours, une campagne électorale “par intérêt” devient ainsi uniquement une série de promesses d’avantager Pierre ou Paul – personnellement ou par le biais d’un groupe auquel il appartient – au détriment des autres groupes ou de l’ensemble de la nation. “A nous les vieux … et non aux jeunes ; à nous les malades… et non aux pauvres ; à nous les syndiqués… et non aux sans-travail…”

Ce maquignonnage assez inique pour tirer à soi la couverture serait assez dégoûtant, si l’on ne savait pas que ce ne sont que des bobards. On sait, au fond, que l’on ne prendra vraiment des uns pour donner aux autres que dans la mesure où le Système l’aura jugé conforme à ses intérêts et en se fichant comme d’une guigne de la façon dont vous allez voter… Mais on fait semblant.

La vérité, c’est qu’on sait qu’on vote pour rien. La « lutte titanesque » entre Hollo et Sarko n’est que querelle entre deux canards dans un étang … Si le peuple, visant le noir tue le blanc, il pleurera pour rien, car ces élections ne peuvent rien changer. Et c’est parce que la France est dans ce déni qu’il FAUT parler d’autre chose

Il faut parler d’autre chose, car ce n’est pas un homme ou un parti, c’est la démocratie capitaliste néo-libérale elle-même, avec le mode de pensée qui la sous-tend, qu’il faut remettre en question. Si le Système ne nous satisfait plus, c’est qu’il a été conçu pour répondre à un paradigme qui a changé. Il faut penser AUTREMENT.

L’ancien paradigme, c’est que l’important était de passer de la pénurie à l’abondance. On ne pouvait donc faire mieux qu’une société néolibérale, tout-entière tournée vers la compétition. Une société dite « bourgeoise », avec la richesse possédée comme signe distinctif et comme trophée. La caste gagnante était celle des bourgeois. Le pouvoir venait en prime, discrètement.

On ne pouvait faire mieux que le libéralisme et la démocratie, car quoi de plus performant qu’une démocratie ostentatoire cachant un pouvoir financier immuable ? On pouvait parler de liberté… puis manipuler tranquillement, par la promesse et la récompense. Une manipulation qui n’était pas plus morale, mais était certes plus EFFICACE, que de brandir la menace et le châtiment. C’est cette efficacité qui a conduit à la victoire des USA sur l’URSS.

Pour enrichir une société, pas mieux que le néolibéralisme, mais il y a des zones sombres. Le défi du bourgeois est de posséder plus. Indéfiniment. Ce qui crée la misère autour de lui., car le partage inégal qui est l’enjeu de la compétition, va tendre à créer une infinie pauvreté. Dommage… Mais l’important est de s’enrichir, n’est-ce pas ? Le but était d’atteindre l’abondance…

Ce l’était, mais c’était le paradigme d’hier. Aujourd’hui, l’abondance est là. On fait tout pour le cacher, mais le monde, avec l’industrialisation, peut désormais produire bien plus que pour les besoins de l’humanité. La pauvreté actuelle qui persiste dans un monde devenu d’abondance est donc voulue : c’est une DÉCISION POLITIQUE pour maintenir en place la hiérarchie actuelle du pouvoir.

Mais cette décision est battue en brèche. Dans un monde d’abondance,POSSEDER la richesse ne vaut plus rien : seule la satisfaction compte. Or la corrélation entre possession et jouissance est si imparfaite, que Bill Gates ou Buffet, entre autres, peuvent trouver leur satisfaction à se départir de dizaines de milliards de dollars ! L’abondance a créé un nouveau paradigme. Il faut une nouvelle façon de penser et ces èlections qui semblent “sérieuses” sont une pitrerie. Comme la farce d’Obama et des petits méchants aux USA…

Soyons sérieux : esclaffons nous… et parlons d’autre chose.

Partie II Parlons de “trivialités”.

Dans le nouveau paradigme, ce n’est plus la possession de la richesse, mais la satisfaction qu’elle peut apporter – et dont elle n’est que l’un des facteurs – qui devient le nouvel objectif social formel. Le monde n’est plus unidimensionnel. On peut penser autrement et avoir raison… sans que les autres aient tort.

Les conséquences sont multiples, mais il y a celle fondamentale que les contacts humains sont adoucis. L’espace où la vie est un jeu “à somme nulle” se rétrécit, alors que croit celui où il vaut mieux coopérer.

Bonne nouvelles, car depuis quelques temps, je me demandais si l’évolution conduirait nécessairement à l’élimination des humains que nous jugeons aujourd’hui « normaux » par les psychopathes tels que les décrit Lobaczewski. N’est-ce pas ces derniers qui semblent le mieux armés dans la lutte pour la vie ?

Je ne le crains plus ou, plus prudemment, disons que je ne suis plus résigné à la fatalité du triomphe de la violence et de la cruauté sur le désir d’amour et de paix. Je pense que le monde en devenir exigera tellement plus de collaboration, qu’il deviendra essentiel de penser d’abord à s’allier plutôt qu’a se détruire.

L’égoïsme ne cessera pas d’être à la base du comportement humain, mais la NECESSITÉ de la solidarité apparaîtra si clairement que le comportement de tous en société deviendra de plus en plus correct.

C’est dans cette optique que j’ai cherché à identifier les « contrariants ». Ceux dont le comportement n’est PAS de posséder d’avantage, mais d’optimiser leur satisfaction. Je ne suis qu’au début de cette recherche, mais je vois beaucoup de pistes. Ce sont celles que suivent des gens qui s’intéressent aux trivialités et que dédaignent les “psychopathes” et ceux qui en ont peur.

Le choix de renoncer à plus de revenus pour avoir plus de loisirs – quoi de plus trivial que le loisir ? – en est une manifestation. De même, tout le phénomène de la « simplicité volontaire » qui est loin d’être toujours le choix de la pauvreté est-il vrament trivial … ou absolument essentiel si on veut que cette planète survive ? La vie en YHA en est un excellent exemple.

Ce qui ressort du modele YHA, c’est d’une part une tres grande acceptation de l’autre, ayant pour corollaire un effort constant pour être soi-même « acceptable ». On a ainsi des micro-sociétés qui se policent elles-mêmes avec une grande efficacité et où la vie est sereine. Il y a là des leçons IMPORTANTES à tirer.

Le YHA, c’est aussi, d’autre part, une optimisation des ressources qui, au prix de concessions bien tolérables, permet à chacun un niveau de vie bien supérieur. C’est précisément ce que cherche les missionnaires de l’environnement. Le principe d’utilisation en commun des équipements ne pourrai-il pas être reproduit dans d’autres contextes ? Il faut chercher… et ce n’est pas sans importance.

Pourquoi pas un parc de véhicules qui répondrait aux besoins et même aux caprices de ceux qui le détiendrait en commun … ? Et à un coût bien moindre que celui d’un véhicule par famille ( ou d’un par personne comme ce peut souvent être le cas en banlieue !) Pourquoi pas des services domestiques partagés ? Des services de garderie partagés ?

Dès qu’on pense « libre collaboration » et qu’on ne voit plus “posséder” comme une fin en soi, mais comme un moyen, on peut concevoir un nouveau schème de vie mieux adapté à ce qu’est devenue la cohabitation en société. Les YHA sont un modèle à scruter de près. On aurait tort de prendre leur exemple à la légère. J’y reviendrai.

Pierre JC Allard

26-03-12

YHA – “I have a dream”

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 5:34

En 1956, j’ai connu ma première Auberge de Jeunesse à Aachen ( Aix-la Chapelle). “Tiens“, me suis-je dit, “c’est intéressant… il faudra revoir ça“. Et puis on se laisse distraire… Je viens juste de remettre ça Je viens de passer cet hiver 2011-2012 en auberges de jeunesse (YHA), en Autralie et en Nouvelle-Zélande. 120 nuits, dans une trentaine de “hostels”. Une experience concluante. Je crois que c’est une idée dont l’heure est venue.

Hostelling International est né en 1909, quand Richard Schirmann, un instituteur allemand en randonnée avec ses éléves, a été surpris par un orage, a trouvé refuge dans une école et qu’un fermier leur a donné de la paille pour dormir et du lait pour déjeuner… Schirmann a réfléchi. En 1912, la première Auberge de Jeunesse (Jugenherberge) était inaugurée dans le vieux château d’Altena.

Puis l’idée s’est répandue. Pour l’historique, allez voir le lien: j’ai horreur de bloguer en battologie programmée. http://www.hihostels.com/web/100history.fr.htm Retenir, toutefois, qu’il y a maintenant plus de 4 000 hostels de HI partout dans le monde. 4 000 endroits où l’on peut dormir, se laver, preparer sa propre bouffe dans une cuisine bien équipée. Tout est propre, les prix sont tout en bas de la gamme.

Au contraire du YMCA – dont je ne dis pas de mal, mais qui est autre chose et un peu gênant si l’on n’est pas un homme, ou pas un jeune ou pas un chrétien – il suffit au HI de respecter les autres. Les autres qui sont souvent de sexe, d’âge, de langue, de race ou de culture différente. Plus facile.

En quatre (4) mois – 30 hostels, c’est un gros échantillon – je n’ai vu aucun incident violent, ni même disgracieux dans un hostel HI. Impossible d’extrapoler sans plus l’expérience de l’Océanie à d’autres continents, bien sûr, mais il faudrait voir de près si, ailleurs aussi, ne pourrait pas du respect naitre une autodiscipline, un désir d’entraide et une fraternité. Ce sont ceux qui réagiront à cet article et feront part de LEUR expérience qui permettront d’en juger.

Imaginons un instant que, comme Martin Luther King, nous fassions un rêve. Imaginons que l’on favorise ces rencontres d’égal à égal entre individus qui VEULENT être ensemble, mieux se connaitre et s’entraider, plutôt que de forcer la cohabitation entre groupes par des politiques de migration appliquées dans les conditions d’inégalité les plus abjectes. Est-ce que nous n’atteindrions pas mieux et plus vite l’objectif final qui est que toute l’humanité s’accepte avec ses differences et puisse vivre en paix ? Parce qu’aujourdui, c’est mal barré….

Personne dans un YHA australien ne vous oblige ni ne vous interdit de manger du porc ou de porter un voile. Je suis persuadé, toutefois, que quiconque a fréquenté les hostels d’abstiendra sans discussion des nourritures interdites dans les pays où elles le sont. Il lui semblera NORMAL de se plier aux us et coutumes de la majorité, car ce n’est pas à l’aune des idiosyncrasies locales qu’on doit juger de la valeur humaine de celui qu’on côtoie.

Je ne verrais rien de mal à ce qu’une Occidentale respecte les codes vestimentaires d’un pays islamique – tout en affirmant qu’elle le fait pas respect, et non parce qu’elle en accepte la nécessité – si un pays islamique acceptait qu’elle puisse y voyager et y frequenter des hostels … ! Il est important de ne pas réagir à l’intolérance par la critique – ou pire par la provocation – mais qu’on se borne à montrer bien clairement qui porte la responsabilité de l’intolérance. C’est ainsi que disparaîtra un jour l’intolérance. Quand l’intolérant apprendra a connaitre le tolerant comme un être humain… bien tolerable.

Et ce n’est pas qu’au palier des oppositions culturelles religieuses et donc viscérales que l’individu peut apprendre, au contact de l’autre. La fréquentation de l’autre, perçu comme un individu in se et non comme la simple manifestation de ses appartenances, peut guérir aussi les vésanies légères…

Ainsi, au Canada, il y aurait beucoup a gagner à ce que les Québécois voyagent davantage en terres anglo-saxonnes et à ce que les Canadiens des autres provinces viennent circuler un peu au Québec. Se parler, se connaitre, se dire qu’on s’apprécie, et pas seulement les veilles de référendums.

Le Gouvernement federal pourrait favoriser ces contacts en subventionnant massivement, par exemple, les voyages interprovinciaux par train ou par autobus, quand ils ont une date d’aller et de retour ferme pour un séjour de plus d’une semaine et peuvent donc être presumès pour des fins de tourisme. Le Gouvernement pourrait aussi assumer alors une partie des coûts du séjour dans les hostels de ceux qui se prévaudraient de ces tarifs de voyage à prix réduit.

Subventionner aussi l’accueil des touristes étrangers. Le but en serait de multiplier le nombre de ceux qui voyagen pour augmenter la convivialité, mais aussi de permettre l’essor d’un réseau plus dense de tels hostels qui sera un investissement pour l’avenir.

Un investissement. Car si on fait du Canada la destination privilégiée de ceux qui veulent voyager ainsi à bon compte, on aura fait beaucoup pour que le Canada soit connu et aimé partout dans le monde, mais, la vertu étant parfois sa propre recompense, il n’est pas dit qe cette initiative d’aller chercher un tourisme bas de gamme ne s’avérerait pas aussi à moyen terme une enterprise bien lucrative. Il y a là un marché pour ceux qui pensent fric et leur aide à ce projet sera bien utile…

Pierre JC Allard

18-03-12

Université gratuite: mauvais combat

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:43

 

 
“Il faudrait vivement doubler les frais de scolarité ! Au moins pour commencer… Ensuite, il faudrait les augmenter sérieusement…”  (
 pierre jc allard, circa 2005 … )

 
Je m’étais fait des ennemis en 2005, en contrariant ainsi la sagesse conventionnelle de la Gauche.  On a dit que mon commentaire était “inopportun”. Je suis souvent inopportun. Je suis un “in-opportuniste” littéralement invétéré qui préfère la vérité à Platon… Je sens que je vais me faire encore des ennemis.

Je sens déjà des milliers de petites aiguilles transpercer mon portrait et pas question que je laisse traîner une mèche de cheveux ou une rognure d’ongle. Je sens que tous les pouvoirs de la pensée magique vont s’activer contre moi. C’est comme ça que réagissent les tenants de la pensée magique quand on les contredit.

La pensée magique, c’est celle qui croit et affirme que ce qui est gratuit ne coûte rien, alors que ce qui est gratuit, en fait, est payé par quelqu’un d’autre. Parfois votre voisin, mais bien souvent par VOUS. Quand on comprend que la moitié du revenu brut des citoyens va à l’État bienfaiteur qui, directement ou indirectement, le redistribue, il ne reste qu’à sortir de la pensée magique pour comprendre, aussi, que c’est vous et moi qui payons ce qui est gratuit.

« Eux » aussi – les riches – payent une part de ce qui est gratuit, mais si vous croyez qu’ils en absorbent la grosse part, c’est que vous êtes sous hypnose. Ils sont peu, nous sommes nombreux et c’est surtout nous qui payons. Les choses pourraient être autrement, mais c’est une autre histoire. Hic et Nunc , Here and Now, “Icitte et Astheure,’stie”, c’est surtout le monde ordinaire qui paye. Il paye, entre autres, l’éducation.

Le monde ordinaire, c’est ceux qui gagnent le revenu moyen. Disons le revenu moyen plus ou moins 100 %, pour ratisser large. Disons, encore plus largement, tous ceux qui gagnent entre rien du tout et 100 000 $ par année. Ils sont nombreux. Vous vous sentez chez-vous ? C’est eux – nous – qui payons l’éducation gratuite. On paye toute l’éducation de tout le monde. Oh, on peut demander des frais de scolarité, mais on ne couvre ainsi qu’une petite part des frais réels de l’éducation, l’équivalent d’un ticket modérateur.

Vous en êtes heureux ? Vous êtes d’accord avec cette proposition socialement progressiste ? Tout va bien ?  Tout va bien… Tout va bien… Tout… va… bien….  bbbzzzzzzzzz…     1, 2, 3 Click ! SNAP ! Sortez de la transe.

Ouvrez les yeux. Voyez-vous que, lorsque vous payez l’éducation gratuite du futur ingénieur, du futur MBA, du futur médecin spécialiste, vous êtes en train de financer à fond perdu le fond de commerce que constitue le diplôme du futur professionnel, lequel, dans 5 ou 10 ans et jusqu’à sa retraite, exploitera ce fond de commerce à SON profit ?

À SON profit et non au vôtre, car le futur spécialiste à 200 000 $ par année ne fera de cadeaux à personne. C’est l’État – vous, encore un fois – qui lui payerez alors, bon an mal an, 3, 4, 5 fois le revenu moyen de la population. Vous êtes bien bon. Seriez-vous prêt à payer aussi de vos deniers la construction de stations-services qu’on donnerait clef-en-main à des pompistes, lesquels vous vendraient ensuite l’essence au prix fort ? Non ? Où est la différence ?

Je suis un homme de gauche depuis bien longtemps, mais je nevois pas ce qu’il y a de socialement progressiste à faire payer par la classe moyenne la formation d’une élite qui gagnera plusieurs fois le salaire moyen de cette classe moyenne. Il y a ici un équivoque entre éducation et formation qu’il faut courageusement dissiper. Une vache sacrée à abattre.

-  Il est BON qu’une société paye à tous, toute l’éducation qu’elle donne à tous. Il est socialement progressiste que l’on augmente l’investissement dans ce tronc commun de l’éducation à la hauteur de nos moyens collectifs et en accord avec le consensus social.  Mais…

- Il est MAUVAIS qu’une société prenne sur elle – et fasse donc porter par tous – le coût de la formation spécifique dont l’acquisition bénéficiera à quelques uns seulement.

Une générosité d’autant plus perverse, que les bénéficiaires se situeront dans les classe les plus élevées de revenu. On a ainsi un transfert systématique de richesse, direct ou en moins prenant, des pauvres vers les riches de la société. Ce n’est pas le seul de ces tranferts, hélas, mais celui-ci n’est pas plus vertueux, du seul fait qu’il se camoufle derrière l’étudiant impécunieux pour enrichir à terme le professionnel bien nanti.

On devrait doubler, peut-être tripler, les frais de scolarité pour toute formation professionnelle qui excède du tronc commun. On devrait, en fait, vendre cette formation à l’étudiant au prix qu’elle coûte. Pas plus, pas moins. On ne devrait rien donner à celui qui poursuit des études professionnelles supérieures, car il n’étudie pas pour nous, il étudie pour lui. Il est à bâtir SON avenir. Il travaille activement à SON enrichissement.

Cela dit, même si collectivement ces compétences nous seront ensuite vendues et non données, la société, vous et moi, avons intérêts à ce qu’elles soient disponibles. . Nous devons donc faire en sorte qu’elles soient acquises. Comment pouvons nous faciliter la préparation des ressources humaines compétentes dont nous aurons besoin demain ? En PRÊTANT aujourd’hui à ceux qui ont prouvé leur aptitude et leur ferme volonté à suivre des études universitaires.

Il ne faut pas donner, mais prêter aux étudiants. Il n’y a rien de scandaleux à ce que le jeune professionnel entre dans la carrière avec une dette, tout comme commencerait ses activités avec une dette le fabricant ou le commerçant qui lancerait une affaire aussi rentable qu’un cabnet de dentiste… s’il pouvait trouver aussi facilement qui le finance !

Il faut prêter à l’étudiant, pour poursuivre ses études supérieures, les sommes nécessaire pour qu’il puisse non seulement payer des frais de scolarité qui deviendront beaucoup plus onéreux quand on vendra la formation à son coût, mais aussi pour vivre au-dessus du seuil de la pauvreté durant ses études sans faire autre chose qu’étudier. Etudier est son travail.

Dans une société vraiment juste et socialement progressiste, ce travail d’étudiant pourrait être rémunéré, comme tout autre travail, mais, comme nous l’avons dit, ceci est une autre histoire. Aujourd’hui, il est malsain qu’une caste de travailleurs-entrepreneurs – les étudiants – jouissent d’avantages disproportionnés dont le coût est assumé par les autres travailleurs qui ne sont pas plus riches qu’eux et qui ne sont pas, eux, sur une voie royale vers la bourgeoisie.

Que j’ai tort ou raison, ça se discute. Mais ça ne se discutera sans doute pas.  Il est typique de notre  société couillonne, que le débat sur les frais de scolarité – qui n’est qu’un aspect d’un problème plus large qu’est la garantie de revenu! –  ait été déjà détourné de son thème et s’en écarte de plus en plus.

On est d’abord venu à discuter du “droit” de bruler des voitures pour contester… puis au droit d’un quidam de discuter du droit de l’individu à se révolter contre un pouvoir qui l’opprime… puis au droit du journaliste de dire qu’un  quidam l’a dit…  et on en est aux discussions  sur les droits et les devoirs du journaliste…

Toutes ces dérivées en cascade ne disent pas que des bêtises, au contraire, mais il est emblématique de la pensée erratique divergente  ( voir le concept populaire: “noyer le poisson” ) – qui est devenue le mode mental prédominant au Québec – que rien n’en sortira, puisque ni le sujet initial du débat si les autres auxquels il aura donné lieu ne seront discutés jusqu’à une conclusion.   Tout sur tout se règlera finalement en petits comités… et le peuple causera toujours.

Pierre JC Allard

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